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Mardi 1 juin 2010 2 01 /06 /Juin /2010 22:21

Lorsque j’ai publié un premier billet sur le réchauffement climatique en prenant timidement le parti des climato-sceptiques, je ne savais pas dans quel débat j’allais entrer...

 

Je ne m’étais pas intéressé au réchauffement climatique auparavant, car on ne peut tout suivre. C’et sur l’incitation d’un de mes fidèles lecteurs que je me suis lancé.

 

 

Et depuis ce billet du mois de février, la situation a quelque peu évolué.

 

Il y a eu le livre de Claude Allègre qui a provoqué une levée de boucliers impressionnante avec comme point d’orgue l’appel des 400 fin mars 2010 à Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement et de la recherche. Pour vous faire une idée du ridicule de cet appel, je vous conseille de le lire intégralement et de lire ensuite les conclusions qu’en tire Pascal Ordonneau dans “Les Cercles” de “LesEchos .fr”.

 

Pour vous mettre l’eau à la bouche, voici le “résumé” qu’il fait de cette lettre :

« Nous scientifiques du climat…nous les 400, rémunérés principalement par les crédits publics…nous dont les pairs sont les vrais juges, les seuls juges, les juges authentiques de la qualité de nos dires et de nos trouvailles, décrétons que sont indignes de toute considération scientifique, de tout honneur national, qu’il s’agisse de médailles, de mérite et de légion d’honneur, indignes de tout argent, sous forme de crédit, de bonus ou de CSD, les sieurs X, Y, et Z, ci-devant dénommés et identifiés, et requérons des pouvoirs publics et, en particulier, de notre tutelle, de laquelle pour notre propre cause nous nous sommes depuis longtemps affranchis, qu’ils les dégradent, déplacent et déportent, pour avoir tenu des discours non approuvés, non conformes, et contraires à notre conception de l’éthique et de la conscience scientifique….. »

 

 

Et puis, même Sarkozy (qu’est-ce qu’il y connaît ?) « a ardemment défendu les scientifiques du GIEC, en butte aux critiques des climato-sceptiques » selon Les Echos du 11 mars 2010

 

 

Mais depuis, le soufflé est retombé et c’est plus sereinement que le débat continue, mais ce n’est pas à l’avantage des “réchauffistes”…

 

 

Je ne peux citer tous les nombreux articles qui dénoncent la fragilité des hypothèses “réchauffistes” et la faible contre-argumentation des ennemis des climato-sceptiques… En dehors des insultes, il n’y a pas de véritables arguments…

 

 

J’ai retenu l’interview de Marcel Leroux dans un petit bulletin “Afrique réelle” que m’a fait passer un autre de mes fidèles lecteurs.

 

Marcel Leroux, décédé en août 2008 (donc avant toute cette polémique...) a été « professeur Emérite de Climatologie à l’Université Jean Moulin Lyon III, fut le directeur du LCRE (Laboratoire de Climatologie, Risques, Environnement) du CNRS (UMR 5600, Lyon). Membre de l’American Meteorological Society et de la Société Météorologique de France, il est l’auteur de plusieurs ouvrages climatologiques fondamentaux ».

 

Une première citation résume parfaitement son point de vue : « Le réchauffement global est une hypothèse issue de modèles théoriques et fondée sur des relations simplistes, qui annonce une élévation de la température, proclamée mais non démontrée. Les contradictions sont nombreuses entre les prédictions et les faits climatiques directement observés, l’ignorance délibérée de ces distorsions flagrantes constituant une imposture scientifique. »

 

Ensuite, ce qui est très intéressant, c’est qu’il donne l’origine de cette thèse “réchauffiste” :

« La manipulation, car il y a manipulation, débute en 1988, quand les Etats-Unis vécurent  dramatiquement une sécheresse accompagnée de vents de poussière, qui évoquaient pour eux les tristes années 1930 du dust-bowl (célèbre dans la littérature par “Les raisins de la colère” de J. Steinbeck). J. Hansen, de la NASA, présenta en juin 1988 devant le Congrès une courbe sur  laquelle il ajouta astucieusement a des moyennes annuelles, une moyenne établie sur les 5 derniers mois, ce qui eut pour effet de faire grimper artificiellement la courbe thermique des Etats-Unis. Ce procédé malhonnête déclencha alors la panique climatique (déjà préparée de longue date par les mouvements écologistes) qui conduisit rapidement (en 1989) a la création du GIEC. A partir de cette date, le nombre de prétendus climatologues augmenta de façon vertigineuse (le plus souvent autoproclamés, ou désignés par les gouvernements, comme cet expert national chargé du changement climatique qui est… physicien nucléaire !). Le climat devint l’affaire des organisations écologistes, de journalistes dits scientifiques, des médias et des politiques. Dans le même temps tout fut hyper simplifié, et devint même ultra simpliste : l’effet de serre, et notamment le CO2, est (sans discussion possible) le facteur unique du changement climatique et de tous les phénomènes météorologiques ! Il faut préciser que le GIEC, dans ses différents rapports (1990, 1995, 2001 et 2007), établit les bases scientifiques du climat (cf. www.ipcc.ch), mais de façon très orientée. Car il n’existe pas de consensus parmi les scientifiques, et tous les sceptiques sont  systématiquement écartés, ce qui évite ainsi officiellement tout débat. Ces rapports scientifiques servent à des délégués désignés par les gouvernements, et dénommés experts (donc des politiques ou des scientifiques politisés), a établir (comme a Paris en février 2007) le Résumé pour Décideurs (Summary for Policymakers). C’est à l’occasion de ces réunions que sont orchestrés, avec force simplifications et marchandages, voire mensonges éhontés, les coups médiatiques destinés à impressionner l’opinion, comme en 1995 lorsque fut introduite (hors débat scientifique) la phrase, toujours non prouvée, de la responsabilité de l’homme dans le changement climatique. On est alors très loin du climat lui-même ! Mais c’est ce document qui fait autorité, qui est diffusé et exploité par les politiques et par les médias qui surenchérissent dans le catastrophisme du réchauffement… avec la même assurance et la même vigueur que dans les années 1970 lorsqu’ils annonçaient le retour d’un nouvel âge de glace ! »

 

 

Autre article : j’ai été frappé par la calme assurance de Michel Wohrer, normalien, agrégé de physique et ingénieur des mines, démontant la thèse centrale des réchauffistes de manière implacable dans Les Echos du 21 mai dernier


Si vous êtes pressé, vous lirez le très bon résumé publié par Les Echos. Mais si vous êtes très intéressé par le sujet, vous lirez tout le dossier de Michel Wohrer dans lesechos.fr/lecercle.

 

Je résume rapidement.

 

Son introduction : « En tant que membre de la société civile et “honnête homme” sans idée préconçue sur le sujet, j'ai tenté de comprendre et d'apprécier la démarche et les conclusions du Giec sur le changement climatique. Dans un contexte de débats enflammés, je me suis attaché à lire les travaux du groupe de travail n° 1 du Giec - relatif aux aspects scientifiques -et de nombreuses contributions techniques sur les conclusions de ce groupe de travail. Cette masse de textes est imposante mais scientifiquement pas inaccessible. J'en suis sorti étonné de la fragilité des conclusions du Giec et par contraste frappé du poids des décisions publiques qui ont été prises sur une base aussi fragile. »

 

Après avoir dénoncé les simplifications excessives du GIEC, voici son argumentation principale : « Le point le plus fragile et pourtant le plus essentiel de ces systèmes a trait à leur analyse du cycle de l'eau dans l'atmosphère. En effet, dans les modèles, le réchauffement est la conséquence non seulement de l'augmentation de la teneur en CO2, mais surtout de la modification du cycle de l'eau, vapeur d'eau et nuages, qui est supposée constituer une “contre-réaction positive” qui vient amplifier le réchauffement de la planète. Au terme d'une analyse détaillée, je suis parvenu à la conviction que l'existence de cet effet amplificateur n'est pas démontrée par les travaux du Giec. Privé de ce point, tout l'édifice est fragile : si la modification du cycle de l'eau a au contraire pour effet d'atténuer les effets du CO2, c'est l'écroulement de la thèse du Giec. Or, les modèles sont trop imprécis pour que l'on puisse vraiment savoir dans quel sens va la “contre-réaction” globale du cycle de l'eau. C'est dire que les prévisions alarmistes du GIEC pour le XXI e siècle sont probablement infondées. »

 

Et voici qui rejoint les propos de Marcel Leroux : « La démarche du Giec est avant tout une démarche “top-down”, où le diagnostic, établi par la résolution du 6 décembre 1988 des Nations unies, a précédé les mesures détaillées et le travail approfondi des climatologues. Elle consiste à dire, en se fondant sur la théorie, que les gaz à effet de serre (notamment le CO2) émis par les hommes ont forcément un impact sur l'évolution de la température moyenne de la Terre. Cette approche n'a pas varié depuis la création du Giec et depuis le premier rapport (FAR) en 1990 : le Giec a une thèse et ses travaux depuis vingt ans ont consisté à l'étayer. » Surprenante démarche “scientifique”…

 

La conclusion est empreinte d’une grande sagesse : « récents “compagnons de route” des défenseurs des économies d'énergie et du développement des énergies renouvelables, les tenants des thèses du Giec, en monopolisant l'attention sur le CO2, ont fait perdre de vue les raisons beaucoup plus solides et essentielles qui justifient aujourd'hui, comme il y a trente ans, au lendemain des chocs pétroliers, de chercher à brûler moins d'hydrocarbures : c'est un “gâchis”, car on brûle des molécules complexes, que la nature a mis des millions d'années à produire, c'est cher car la ressource est devenue rare, et enfin cela rend vulnérable stratégiquement.

« Il faudra donc veiller, si la thèse de la responsabilité des gaz à effet de serre dans le réchauffement climatique venait à perdre sa crédibilité, à ce que “le bébé ne soit pas jeté avec l'eau du bain”, et pour cela rappeler publiquement que c'est indépendamment de toute considération sur le CO2, qu'il est impératif de brûler moins d'hydrocarbures. »

 

 

Le réchauffement climatique va faire encore couler beaucoup d’encre, mais c’est certainement avec plus de prudence que les tenants de cette thèse vont maintenant s’exprimer… et prendre du recul…


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Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 20:11

La souffrance au travail se retrouve dans toutes les industrie et parfois dans des sociétés où on s’y attendrait le moins.


C’est ainsi que la souffrance au travail se retrouve à Disneyland Paris et à la CGT…

 


Commençons d’abord par le monde de Mickey.


Un article de Renée Reixludwig sur le site intelligence-rh.com explique que tout n’est pas si rose dans le « monde magique, sucré, rempli de gentils lutins colorés » : « depuis le début de l'année, plusieurs salariés de Disneyland Paris se sont suicidés et un salarié a fait également une tentative de suicide sur son lieu de travail. »

 

 

 

L’exemple le plus frappant :


« “Je ne veux pas retourner chez Mickey, je t'aime, pardon les enfants.” Ces mots, gravés sur le mur d'une des pièces de son domicile où il s'est donné la mort par pendaison, sont le message d'adieu laissé par Franck Claret, salarié d'Eurodisney à sa famille. Franck travaillait à Eurodisney depuis plus de dix ans et était chef de cuisine du restaurant California Grill, un des hôtels les plus huppés du complexe touristique.

« Selon plusieurs responsables syndicaux, il devait reprendre le travail le jour même de son suicide, après un arrêt maladie prolongé d’un congé. Agé de 37 ans, Franck était père de quatre enfants. Selon le syndicat FO, ce manager avait demandé sans succès, sa réaffectation à un autre établissement du groupe aux horaires moins contraignants, car “il ne pouvait plus concilier son rythme de travail avec sa vie de famille”. »

 

 

L’explication :


« Disneyland Paris qui ne fait pas exception est le pur produit d'un capitalisme “broyeur d'hommes” ».

 

« Le rapport 2008 du service santé d'Euro Disney pointait parmi les 14 500 « cast members » du parc la « multiplication des pathologies liées à l'usure et à l'hypersollicitation », ainsi que la progression, « en fréquence et en gravité », des accidents du travail (AT).

 

 Et ça ne s’améliore pas :

 

« Depuis, c'est pire, malgré le renforcement des effectifs médicaux et paramédicaux. “En matière d'AT et de maladies professionnelles, la situation s'est nettement dégradée”, confie à L'Express le Dr Farshad Majidi, responsable du service médical. Le taux d'AT est désormais plus élevé à Euro Disney Paris que dans le bâtiment et les travaux publics, révèle le rapport 2009. “Ce niveau s'explique par la dangerosité de certains métiers, comme celui de cascadeur, et par le vieillissement de notre population, assure Bruno Fournet, directeur santé et sécurité à Euro Disney. Et nous déclarons tous les accidents, même bénins.” »

 

La réaction des responsable est partout la même, le déni :

 

« Sur le taux élevé d'accidents du travail à Disneyland, M. Archambault dit que la compagnie était au courant du problème et essaie d'améliorer son record mais la plupart des incidents ont été relativement “mineurs”.

 

 « “Nous n'acceptons pas que ces événements tragiques (suicides) puissent être directement liés à Disneyland Paris”, a dit M. Archambault. “Mais nous reconnaissons que, avec la crise financière, nous sommes tous soumis à un stress accru.” »

 

Et derrière les sourires affichés lors de la parade, ce sont parfois des drames qui se cachent.

 

Les syndicats devraient défendre les salariés et il est vrai que chez Mickey, ils sont pratiquement inexistants :

 

« Selon Cyril Lazaro, militant syndicaliste chez Mickey, “un tel bilan marque l'inexistence des organisations syndicales, la non existence du dialogue social, l'incompétence du recrutement, la porte ouverte aux abus en tous genres de la part des ressources humaines et des petits chefs.” »

 

 

Mais encore faudrait-il que pour défendre correctement les salariés, les syndicats soient exemplaires… Ce qui n’est pas toujours le cas.


L’Expansion de mai 2010 fustige la “CGT capitaliste”… (pages 90-95)

 

« Facturer des honoraires pour assurer la défense de son client ? Un procédé normal de la part d’avocats ou de conseils. Moins de la part de cégétistes ! C’est pourtant ce qui se serait passé en 2007, à l’union locale de Castres, où des “camarades” auraient prélevé sans barguigner des pourcentages sur les indemnités que recevaient les plaignants. Voilà une pratique qui bafoue les valeurs de fraternité de la CGT. Elle en est même tellement éloignée qu’elle est… illégale ! »

 

Voilà pour ceux qui font appel à la CGT pour les défendre.

 

Mais la CGT a également des salariés au travers des divers Comités d’Entreprise qu’elle gère.

 

Et là, comme le dit l’Expansion : « le syndicat n’a rien à envier aux patrons voyous »…

 

Explications :

 

« Lorsqu’en 2001 Philippe Chabin, secrétaire d’un comité d’établissement (CE) de la SNCF, détecte une “anomalie” dans la répartition de la dotation que lui verse la SNCF, il n’imagine pas dans quel engrenage il met le doigt. “Tous les ans, 200 000 euros s’égaraient dans la nature. J’ai voulu alerter les instances fédérales de la CGT”, raconte ce cheminot, syndiqué depuis 1985. La CGT est en effet majoritaire dans la quasi-totalité des 26 comités d’établissement de la SNCF. Trop zélé, Philippe Chabin ? Sans doute. “En 2006, j’ai été écarté des listes électorales par la CGT. J’ai perdu mon poste de secrétaire du comité d’établissement. Dans la foulée, des salariés CGT du CE qui m’avaient soutenu ont eu des problèmes.” Telle Malika Duraud, assistante aux ressources humaines et cégétiste convaincue. A l’instar de la trentaine de salariés qui travaillent dans ce comité, elle n’a pas un statut de cheminot, mais un contrat de droit privé. Elle est donc vulnérable. “On a voulu supprimer mon poste, puis on m’a mise au placard, témoigne-t-elle. J’ai subi toutes sortes de brimades. Fin 2008, on m’a notamment demandé de travailler entre Noël et le jour de l’An, alors que les bureaux étaient fermés.” A qui se plaindre, quand l’employeur et le syndicat sont tous les deux cégétistes ? Seule solution : saisir les prud’hommes. Fin 2009, les sages rendent leur verdict : “Les instances dirigeantes se sont servies de leur autorité patronale pour la faire craquer, elles méritent le titre de patrons voyous”, écrivent-ils carrément,  avant de condamner le comité d’établissement à lui verser 15 000 euros pour “harcèlement moral” – décision qui fait actuellement l’objet d’un appel.

 

« “Ce sont des pratiques que la CGT ne tolérerait pas si elles émanaient d’un dirigeant d’entreprise, s’emporte Philippe Chabin. Et encore, si elles ne concernaient que quelques individus, mais on trouve des cas similaires dans d’autres comités d’établissement, notamment à Lyon ou à Tours.”

 

« Aujourd’hui, Malika travaille toujours au CE. A mi-temps. “J’ai écrit à Bernard Thibault. Il ne m’a jamais répondu, raconte-t-elle. Pourtant, il doit savoir ce qui se passe, puisque sa femme travaille au comité central d’entreprise (CCE) de la SNCF.” Mais ce CCE, qui regroupe plus de 300 personnes, donne-t-il le mauvais exemple ? Une vingtaine de cadres et de salariés y auraient été licenciés ces dernières années. Fin 2009, sa direction a même été épinglée par les prud’hommes pour trois cas de harcèlement. Là encore, les décisions sont en appel. “Il y a eu discrimination à l’égard de ces anciennes cégétistes qui avaient créé un syndicat dissident”, explique leur avocat, Me Burget. La CGT condamnée pour non-respect des pratiques syndicales ? Un comble ! »

 

Mais ce n’est pas tout :

 

« A la Caisse centrale  d’activités sociales, la structure (contrôlée par le CGT) qui gère les œuvres sociales d’EDF-GDF Suez, ce n’est pas mieux. “Climat délétère”, “relents de stalinisme mâtiné de management dur”, rapportent les témoins. Grève des salariés, mises au placard, licenciements brutaux, et même un suicide, fin 2009. »

 

La conclusion de l’article est cruelle, mais méritée :

 

« Pour une CGT qui fait de la souffrance au travail un cheval de bataille et qui, fin mars, s’est engagée aux côtés du Medef et des autres syndicats pour lutter contre la violence au travail, ces exemples font désordre. “Mieux prévenir le harcèlement, le réduire et, si possible, l’éliminer”, préconise l’accord. Il y a du boulot. Même à la CGT. »


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Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /Mai /2010 21:20

C’est la mauvaise aventure arrivée à trois employés de l’entreprise Alten qui se sont répandus en (faibles) critiques au sujet de leur entreprise sur le “mur” de leur profil Facebook et qui ont fini par être licenciés…

 

 

Sébastien Jean a fait une bonne étude de cette affaire sur le site intelligence-rh :

 

« Un week-end de décembre 2008, lors d’une discussion privée sur leur mur Facebook respectif, les trois salariés échangent des propos critiques envers leur hiérarchie et un responsable des ressources humaines. S’estimant peu considéré dans l’entreprise, l’un d’entre eux ironise sur un “club des néfastes”. “Bienvenue au club” avaient alors répondu les deux autres salariés.

 

« L’affaire aurait très bien pu en rester là, puisque ces propos étaient privés et tenus en dehors d’un cadre professionnel. Mais, une autre de leurs “amies” facebook a rendu cette discussion publique, ce qui a permis à la direction de l’entreprise d’en prendre connaissance. Rapidement, cette dernière décida de notifier aux trois salariés leur licenciement aux motifs “d’incitation à la rébellion” et de “dénigrement de l’entreprise”. »

 

L’affaire est devant les Prud’hommes de Boulogne-Billancourt.

 

 

Ensuite Sébastien Jean étudie cette affaire sur le plan du droit.

 

 

Au-delà de savoir si l’entreprise peut licencier des salariés sous prétexte qu’ils auraient porté des critiques envers elle, la première leçon à tirer de cette histoire est qu’il faut se méfier de ce qu’on raconte sur les réseaux sociaux, même si c’est dans un espace « privé ». Il faut toujours envisager que ce qu’on écrit peut se retrouver sur le web public…

 

La deuxième leçon est qu’il faut se méfier des “amis” qu’on accepte sur Facebook. Certains ont fait de la course au nombre d’amis leur sport favori… Mais parmi tous ces amis, il y en a vraisemblablement certains qui ne vous veulent pas que du bien… Et d’autres qui par maladresse ne vous apporteront que des ennuis…


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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 21:01

Après avoir vu « l’effet de gel » et « l’escalade d’engagement », voici la « dépense gâchée », une nouvelle “auto-manipulation” présentée par Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois dans leur « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens » que je continue de commenter.

 

 

Vous avez acheté deux stylos plumes : le premier, bon marché, écrit très bien, ne bave pas et se tient bien entre les doigts. De plus, son look est moderne et correspond bien à votre personnalité. Le second, beaucoup plus cher, écrit mal, est trop gros entre les doigts et a un look des années 30… Lequel allez-vous utiliser ? Le second à plus de 50% de chances…

 

Surprenant, mais explicable… Encore un phénomène d’auto-manipulation…

 

 

Pour nous aider à comprendre ce phénomène à l’origine de « quelques ratés de notre vie quotidienne », nos deux auteurs donnent en exemple une aventure arrivée à leur héroïne, Madame O.

 

« Le repas était déjà bien avancé lorsque Madame O. et sa belle-sœur s’inquiétèrent de la façon dont elles allaient bien pouvoir passer leur soirée. Leurs maris étant en déplacement, elles pouvaient, pour une fois, en faire à leur tête. Et elles n’entendaient pas s’en priver. Elles hésitaient entre un important meeting de leur mouvement politique et le dernier film d’un cinéaste à la mode. L’intérêt du meeting résidait dans la prise de parole, vers 22heures, de monsieur Michel Brède qui devait fixer la stratégie et les objectifs de la future campagne électorale de MUL (le Mouvement d’Union Libérale de Dolmatie). Il résidait aussi, et peut être tout autant, dans la probabilité très élevée d’y rencontrer Alphonse et Antonin, ces joyeux drilles avec lesquels on ne s’ennuie jamais. Quant au film, Au nom de la robe, il témoignait des réelles difficultés d’insertion des jeunes infirmières dans les structures hospitalières dolmates. Cruelle alternative ! Si elles optèrent en définitive pour une soirée cinéma, ce n’est guère que parce que la belle-sœur de Madame O. disposait, ce soir-là d’une entrée gratuite. Les voilà donc assistant à l’un des films les plus assommants de ces dix dernières années : scénario languissant, dialogues insipides, sans parler de la bande son : inaudible !

 

« Rapidement la belle-sœur de Madame O. fit valoir qu’il était ridicule de perdre d’avantage de temps, le discours de monsieur Brède devant commencer d’ici peu. Mais Madame O., qui avait dû pour sa part payer son billet, répondit qu’une telle conclusion était un peu prématurée, et qu’à son avis, l’action ne tarderait pas à se dessiner. C’est ainsi, qu’après moult tergiversations, Madame O. assista seule, et jusqu’au bout, à la projection, bien que le fin du film fût plus décevante encore que le début le laissait craindre. »

 

Nous laissons Madame O. pour qui les aventures ne sont pas terminées lors de cette journée mémorable… Nous la retrouverons dans la prochaine “auto-manipulation”.

 

Dans cette première aventure, c’est parce qu’elle avait payé sa place (elle avait investi une somme non négligeable…) qu’elle a voulu rester.

 

 

Et voici l’explication : la dépense gâchée est « un phénomène qui apparaît chaque fois qu’un individu reste sur une stratégie, ou sur une ligne de conduite, dans laquelle il a préalablement investi (en argent, en temps, en énergie) et ceci au détriment d’autres stratégies, ou lignes de conduite plus avantageuses. »

 

Conclusion : comme pour l’escalade d’engagement, il faut se méfier des décisions de rester sur une stratégie ou une ligne de conduite qui ne répondrait pas à la logique. Mais c’est humain…

 

C’est le constat de nos auteurs après la présentation d’une expérience dans laquelle des étudiants devaient choisir entre deux séjours de ski pour lesquels ils s’étaient inscrits le même week-end par erreur et bien sûr, le séjour le moins intéressant était le plus cher… : « Un consommateur rationnel choisirait le Wisconsin [le WE le plus intéressant]. L’argent des deux week-ends étant de toute façon dépensé, ce consommateur se trouve dans la situation de quelqu’un qui doit effectuer un choix entre deux possibilités qui lui coûtent le même prix : 100 dollars + 50 dollars, soit 150 dollars. La sagesse veut alors qu’il choisisse celle qui présente le plus d’avantages pour lui. C’est d’ailleurs ce qu’impliquent les théories économiques. Ces théories présupposent, en effet, un décideur rationnel qui, connaissant les coûts et les bénéfices de chaque action possible, ne manquera pas d’opter pour celle qui correspond à l’utilité ou à l’intérêt maximum. »

 

Voici en effet, les résultats de cette expérience : « de nombreux étudiants interrogés par Arkes et Blumer ne se montrèrent pas plus rationnels que Madame O. puisque, contre toute logique, la majorité d’entre eux (54%) optèrent pour le Michigan, c’est-à-dire pour le week-end le plus cher et non pour le Wisconsin, le week-end le plus prometteur. »

 

Lorsqu’il décide, l’homme n’est pas toujours (jamais ?) rationnel… Non seulement il a des sentiments qui interfèrent dans ses décisions, mais en plus, il s’auto-manipule…


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Samedi 22 mai 2010 6 22 /05 /Mai /2010 23:58

Linternaute propose un quiz de vingt questions sur quelques mots d’esprit d’écrivains célèbres.

 

J’ai eu 10 sur 20… Pas facile, et j’y suis surtout allé par déduction.

 

Mais quelques mots d’esprit à retenir…


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Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 20:18

Je continue la présentation des techniques de manipulation présentées dans le « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens » de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois.

 

 

Après avoir vu l’effet de gel qui fait qu’après avoir pris une première décision, nous poursuivons dans la même voie, voici une première application particulière de cet effet : l’escalade d’engagement.

 

Cette première “auto-manipulation” (on se manipule soi-même) se retrouve dans la gestion des entreprises. Que ce soit dans la poursuite d’un projet onéreux qui n’en finit pas de ne pas se terminer… ou d’une nouvelle machine dont la mise au point s’éternise et pour laquelle il faut sans cesse engager des nouvelles dépenses…

 

Nous avons tous vécu ce genre de dysfonctionnement dans lequel un décideur s’est enferré alors que manifestement il n’y avait aucune raison objective, bien au contraire.

 

 

Voici la définition qu’en donnent nos auteurs : il s’agit « d’un processus relativement spécifique qui consiste à s’engager plus avant dans un cours d’action qui s’est révélé jusqu’alors infructueux. » Il s’agit de « l’escalade d’engagement », « cette tendance que manifestent les gens à “s’accrocher” à une décision initiale même lorsqu’elle est clairement remise en question par les faits. »

 

 

Pour illustrer cette escalade, nos auteurs livrent les résultats d’une expérience « troublante » menée dans une Business School américaine :

 

« Certains étudiants de cette Business School furent priés de se mettre dans la peau d’un cadre de direction devant prendre une importante décision financière : affecter un fonds exceptionnel de développement à l’une ou l’autre des deux filiales de la compagnie. A cette fin, on leur remettait un dossier concernant la compagnie et son environnement économique. Cette première décision prise, les étudiants étaient amenés à imaginer que, plusieurs années s’étant écoulées, ils avaient à en prendre une seconde. Il s’agissait cette fois de répartir une nouvelle somme d’argent entre les deux filiales de la compagnie. Mais, avant qu’ils ne prennent cette seconde décision, les étudiants étaient informés du fait que la première n’avait pas permis d’obtenir les résultats escomptés. Un nouveau dossier révélait, en effet, très clairement, que les résultats économiques de la filiale qui avait bénéficié du fonds exceptionnel de développement ne s’étaient pas améliorés, bien au contraire ! »

 

Résultat ? « Staw constata qu’assez curieusement, nonobstant les informations pourtant très parlantes qui leur étaient fournies, les élèves managers avaient tendance à mieux doter la filiale à laquelle ils avaient affecté le premier investissement, et partant, à adhérer à leur première décision financière.

 

« Bien sûr, on pourra objecter que ces étudiants ne sont pas aussi déraisonnables que nous le laissons entendre. Chacun sait qu’il n’est jamais de saine gestion de fermer brutalement le “robinet” après l’enregistrement des premiers mauvais résultats.

 

« Cette objection est cependant sans fondement. Pour nous en convaincre, Staw réalisa une autre condition expérimentale. Elle montre très clairement que la seconde décision des étudiants est bien le résultat de la stricte adhérence à la première et non le fruit de la sagesse. »

 

Voyons cela :

« Dans cette seconde condition, les étudiants devaient cette fois imaginer qu’ils étaient conduits à remplacer au pied levé leur directeur, prétendument mort dans un récent accident d’avion. C’est ce directeur qui avait, lui-même, décidé quelques années plus tôt d’affecter le fonds exceptionnel de développement à l’une des deux filiales de la compagnie. Les étudiants n’avaient par conséquent dans cette condition qu’à prendre la seconde décision financière, décision consistant comme précédemment à répartir entre les deux filiales une nouvelle somme d’argent. A l’instar des étudiants de la première condition, ils étaient informés que les performances de la filiale ayant bénéficié du fonds exceptionnel de développement étaient décevantes. »

 

Résultat cette fois-ci ? « Comme nous l’avons laissé entendre, Staw constata que les étudiants n’adhéraient en rien à la décision prise par leur ancien directeur : ils affectaient, bon sens oblige, moins d’argent à la filiale qui avait fait l’objet de la dotation initiale. Ces étudiants étaient donc, contrairement aux étudiants de la première condition expérimentale, capables d’utiliser rationnellement les informations qui leur avaient été fournies, quitte à revenir sur une décision financière antérieure, il est vrai arrêtée cette fois par un autre. »

 

CQFD…

 

Nos auteurs précisent : « après avoir pris une décision – qu’elle soit justifiée ou qu’elle ne le soit pas, là n’est pas notre propos – les gens ont tendance à la maintenir et à la reproduire, quand bien même elle n’aurait pas les effets attendus. C’est dire à quel point l’effet de gel est tributaire de l’acte même de décision et non des raisons qui ont pu motiver cet acte. »

 

 

Raisonnables les managers qui prennent les grandes décisions stratégiques qui ont une incidence directe sur la vie de nos entreprises ? Pas si sûr…

 

Conclusion : nous verrons ultérieurement les moyens d’éviter cette auto-manipulation. Pour le moment, retenons qu’il faut faire preuve d’humilité lors de nos prises de décision, car elles pourraient (elles le sont…) être très orientées par cet effet de gel…

Un homme (ou une femme) averti en vaut deux...


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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 23:12

Après avoir rapidement introduit le sujet de la soumission, de l’autorité et de la manipulation, je vais présenter les principales techniques de manipulation développées dans le très intéressant « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens » de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois.

 

Comme le précisent les auteurs, l’objectif n’est pas de vous encourager à manipuler votre entourage… Mais plutôt de connaître ces techniques pour éviter de vous faire avoir, autant sur le plan personnel que sur le plan professionnel.

 

 

Avant de présenter les techniques telles que l’amorçage, le pied dans la porte ou la porte au nez, nos deux auteurs présentent d’abord quelques pièges liés à la décision. Et c’est dès les premiers mots de l’introduction qu’ils en donnent un exemple emblématique :

 

« Imaginez que, vous promenant sur le boulevard Paul Vaillant-Couturier, vous ayez besoin de téléphoner. Malheureusement, votre portable est resté à la maison et vous n’avez pas d’argent sur vous. Il vous faut donc, impérativement, 20 centimes d’euros. Que faire ? Peut-être, si vous parvenez à surmonter cette fausse pudeur qui nous empêche parfois de faire appel aux autres pour sortir de quelque embarras, penserez-vous que le plus simple est encore d’arrêter le premier passant pour demander cette somme. Vous risquez d’être déçu et de trouver autrui bien peu serviable. Pourtant, si au lieu de demander 20 centimes vous aviez demandé l’heure, nul doute qu’on vous l’aurait volontiers donnée. Alors, suivez ce conseil : commencez par demander l’heure, ce qu’on ne pourra pas vous refuser, puis, avant que le quidam ait tourné les talons, dites-lui que vous avez besoin de téléphoner et qu’il vous faut pour cela 20 centimes. Nous pouvons vous assurer qu’en procédant ainsi vous aurez moins de risques d’être déçu par l’égoïsme de vos semblables. »

 

Une blague, me direz-vous…

 

Non, c’est tout simplement une technique de manipulation qui a été étudiée scientifiquement et dont les résultats sont impressionnants :

« Lorsque la requête était formulée directement, une personne sur dix seulement acceptait de donner la somme demandée ; il s’en trouvait quatre fois plus lorsque l’expérimentateur avait préalablement demandé l’heure. »

 

Bien sûr (et heureusement), le résultat n’est pas automatique, mais statistique. En demandant l’heure avant, vous avez quatre fois plus de chances d’obtenir les 20 centimes d’euros.

 

Pourquoi ? Tout simplement, parce que votre interlocuteur, ayant répondu positivement à une de vos demandes, est engagé et par cohérence avec sa première attitude (qu’il ne pouvait socialement refuser, et c’est là que se situe la manipulation), continue à répondre positivement.

 

Un premier point à bien comprendre est l’effet de gel, qui va permettre d’expliquer les résultats de l’exemple ci-dessus et qui est à la base des autres techniques de manipulation.

 

Cet effet de gel traduit l’ « idée d’adhérence à la décision prise. » « Tout se passe, effectivement, comme si la décision – notamment lorsqu’elle est prise en situation de groupe- gelait le système des choix possibles en focalisant l’individu sur le comportement le plus directement relié à sa décision. »

 

Une première décision, entraîne, par cet effet de gel, bien souvent, des prises de décision ultérieures allant dans le même sens.

 

C’est Kurt Lewis, en 1947, qui a découvert cet effet au travers d’une expérience devenue célèbre : il s’agissait de comparer « l’efficacité de deux stratégies visant à modifier les habitudes de consommation de ménagères américaines (acheter des bas morceaux de boucherie, plutôt que des pièces nobles, du lait en poudre plutôt que du lait frais, etc.). On se souvient que la première de ces stratégies était une stratégie persuasive, les ménagères étant amenées à suivre des conférences vantant la qualité et les bienfaits des nouvelles denrées. La seconde de ces stratégies consistait, à l’occasion d’un travail de groupe, à inciter les ménagères à prendre la décision de consommer ces mêmes nouvelles denrées. La très nette supériorité de la deuxième stratégie » peut s’expliquer par, selon Lewin, « les vertus de la seule prise de décision. En d’autres termes, si les ménagères placées en situation de groupe sont celles qui achètent le plus de bas morceaux ou de lait en poudre, ce n’est pas parce qu’elles sont davantage convaincues de la valeur de ces aliments, mais parce qu’elles ont été amenées à prendre la décision d’agir ainsi. »

 

Et nos auteurs précisent : « nous parlons, ici, de l’adhérence au comportement même de décision et non de l’adhésion aux raisons bonnes ou mauvaises qui sont censées orienter ce comportement. »

 

C’est ainsi que si l’on vous demande l’heure, et que vous la donniez, vous avez fait un premier acte positif. Vous serez amené naturellement à en faire un second si l’on vous demande une autre chose immédiatement. Pour rester cohérent avec votre première attitude : vous avez répondu positivement à la requête d’un individu, si ce dernier vous présente une nouvelle requête, vous allez vraisemblablement répondre positivement.

 

Cet effet de gel est la base des techniques de manipulation… et d’auto-manipulation…

 

C’est ce que nous verrons dans les prochains billets.


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Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /Mai /2010 22:52

Dans sa chronique hebdomadaire des Echos, Eric Albert aborde aujourd’hui le problème du maillon faible.

 

 

Il part de la crise grecque, la Grèce étant le maillon faible économique de la zone Euro :

« La situation de la Grèce, qui préoccupe ses partenaires européens, nous renvoie à une situation qui résonne dans la vie de l'entreprise : on réalise que l'un des maillons de la chaîne de production de valeur est défaillant et menace les résultats de l'ensemble. »

 

Et les réactions, en Europe ou dans l’entreprises sont les mêmes : « D'un côté, le fort, dont la tentation est de pousser à l'exclusion, de l'autre, ceux qui savent qu'ils pourraient être dans la même situation que celui qui a été désigné et qui se gardent de tout commentaire. Enfin, ceux qui parlent beaucoup, disent ce qu'il faut faire et tardent à agir. » Cela sent le vécu…

 

Tout naturellement, Eric Albert pose la question « de l'attitude à adopter face aux difficultés majeures d'un collaborateur ou d'une équipe. »

Problème auquel est confronté tout manager un jour ou l’autre…

 

La première réaction n’est pas la meilleure : elle « est souvent influencée par la colère et l'incompréhension : comment les personnes en cause peuvent-elles être aussi irresponsables et peu professionnelles ? On pense spontanément sanction et éviction des “coupables”. »

Car cette réaction « crée une règle implicite de la sanction systématique face à l'erreur. Souvent, en marquant les esprits par son caractère brutal et sans nuance, elle reste dans l'imaginaire collectif pendant des années comme la menace qui pèse sur celui qui a failli. Les effets induits sont connus, dissimulation des erreurs et recherche autour de soi de qui pourrait être désigné comme “plus mauvais”. »

 

Les préconisations d’Eric Albert font penser à la TOC… appliquée aux relations humaines… : « Quel que soit le “moule” dans lequel on s'efforce de faire entrer les collaborateurs, la population d'une entreprise est plus ou moins le reflet de la société dans laquelle elle évolue. Si les managers aiment se concentrer sur la partie la plus performante et développer les hauts potentiels, ce sont les moins performants qui donnent le tempo de l'ensemble. » Comme Herbie dans “Le But”, donne la vitesse de la colonne de scouts.

 

« C'est pourquoi, c'est vers ceux qui ont le plus difficultés que doivent se porter principalement l'attention et les efforts des managers. » C’est ce que fait Alex, le héros du “But”, lorsqu’il doit mener à bon port sa troupe de scouts : il se préoccupe principalement de Herbie, le plus lent de la troupe.

 

« Lorsque ce n'est pas le cas, ces derniers prennent le risque d'une entreprise à deux vitesses. Irrémédiablement, le fossé se creuse entre ceux qui, considérés comme performants, sont auréolés de toute la gloire et les récompenses, et les autres, auxquels on se contente de dire qu'ils n'ont qu'à faire comme ceux qu'ils envient. » C’est ce qui passe lors de la progression de la colonne, lorsqu’Alex décide de mettre les rapides devant et Herbie derrière, avec lui.

 

« C'est parce qu'une cordée d'alpinistes progresse au rythme du plus lent que les attentions doivent porter vers lui. » C’est bien ce que fait Alex, et c’est sa solution finale : attacher les scouts comme dans une cordée…

 

 

La conclusion d’Eric Albert : « La cohésion de l'entreprise repose en grande partie sur cette capacité à accompagner ceux qui sont le plus en difficulté. Nous avons tous notre Grèce ; à nous de faire en sorte qu'elle ne nous fasse pas couler. »

 

L’analogie avec Herbie peut se poursuivre : en déchargeant Herbie de ses lourdes provisions l’ensemble de la colonne peut progresser plus rapidement. C’est en améliorant le maillon le plus faible que l’ensemble de l’entreprise progressera.

 

 

Mais il ne faut pas oublier que le système a une influence importante sur les attitudes : « La loi des systèmes foireux est plus forte que la loi des nazes ».

 

C’est également en agissant sur le système “Entreprise” que l’ensemble des individus et des équipes progresseront et feront progresser l’entreprise.


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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 22:53

« Il n’est guère que deux façons efficaces d’obtenir de quelqu’un qu’il fasse ce qu’on voudrait le voir faire : l’exercice du pouvoir (ou des rapports de force) et la manipulation. »


C’est ce qu’affirment Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois dans leur livre « Le petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens ».

 

 

Après avoir abordé dans un précédent billet le problème de l’exercice du pouvoir, venons-en à la manipulation.

 

La transition entre l’autorité et la manipulation est toute trouvée par nos deux auteurs :

« Malheureusement, tout le monde ne dispose pas du pouvoir suffisant, ou des moyens de pression nécessaires, pour obtenir ce qu’il souhaite d’autrui. Des esprits chagrins avancent même que ceux qui en disposent ne sont qu’une minorité. Est-ce à dire que, dans leur grande majorité, les gens n’attendent rien de personne ? Certainement pas. Plus souvent qu’on ne le dit, nous souhaitons voir se comporter d’une façon déterminée (et avantageuse pour nous !) des gens sur lesquels nous n’avons ni pouvoir, ni moyens de pression. Il peut même arriver que nous ayons envie de voir notre patron rompre avec ses habitudes. Bien sûr, on peut alors se contenter d’une simple requête, voire s’en remettre aux aléas de l’argumentation ou de la séduction. Mais reconnaissons que ces stratégies d’argumentation ou de séduction requièrent des compétences ou des attributs que tout le monde n’a pas. Argumenter relève d’un art difficile et ne séduit pas qui veut. Il est, d’ailleurs, bien connu que ces compétences et attributs nécessaires à la persuasion et à la séduction sont, la plupart du temps, l’un des privilèges des positions sociales et statutaires les plus confortables : s’il est courant de voir un P.-D.-G. ventripotent convaincre ou séduire l’un ou l’une de ses subordonnés, il est plus rare que l’inverse se produise. Aussi, argumentation et séduction ne sont-elles pas pour l’homme de la rue les moyens les plus sûrs de parvenir à ses fins. »

 

La conclusion vient d’elle-même :

« Que faire alors, sinon manipuler ? La manipulation reste, en effet, l’ultime recours dont disposent ceux qui sont dépourvus de pouvoir ou de moyen de pression. Elle présente, en outre, l’avantage de ne pas apparaître comme telle, autrui ayant le sentiment d’avoir agi librement sur la base de ses idées ou de ses valeurs, ce qui est moins négligeable qu’il n’y paraît de prime abord. »

 

 

Et nos auteurs donnent un exemple de manipulation dans le management  qui va nous permettre d’aborder un problème fondamental du management actuel :

« Un formateur de nos amis nous avouait utiliser deux arguments distincts pour vendre  ses stages de formation au commandement ou à l’animation de groupes de travail. Aux contremaîtres, il proposait d’acquérir un mode de commandement plus humain et plus adapté aux motivations nouvelles des travailleurs, plus responsabilisant, jouant la carte de l’autonomie. Tout autre était son discours à l’égard des dirigeants. A ces derniers, il proposait un mode de gestion du potentiel humain dont il pouvait garantir qu’il ne modifierait pas pour l’essentiel le comportement des subalternes mais qui présentait l’avantage de donner aux gens le sentiment d’avoir eux-mêmes décidé ce qu’ils font, ce qui constitue encore la meilleure façon de stabiliser les modes de fonctionnement de l’entreprise. »

 

 

Dans La Tribune du lundi 03 mai dernier, il y avait un long article dont le titre m’avait interpellé alors que je préparais ce billet : « Des employés responsables et libres de décider sont plus productifs »…


Il s’agissait de l’interview d’Isaac Getz, « professeur à ESCP Europe, lauréat du prix académique de Syntec Conseil en Management », qui  a publié un long article dans la revue « California Management Review, vol. 51, n° 4, summer 2009 » intitulé : « Liberating Leadership : How the Initiative-Freeing Radical Organizational Form Has Been Successfully Adopted ».

 

Les quinze entreprises  étudiées par Getz manipuleraient-elles leur personnel pour qu’il soit plus productif ?

 

Je reviendrai sur l’article de Getz, mais pour le moment, je retiens une de ses réponses faite à La Tribune.

A la question « Les Freedom Inc. Sont-elles plus performantes ou plus rentables ? », il répond : « Oui, bien sûr. D’abord parce que l’effectif est mobilisé pour faire tourner l’entreprise, pour qu’elle satisfasse les besoins de ses clients et de ses partenaires. Concrètement, cela se traduit par moins, voire pas de rebuts, pas de perte d’efficacité ou de productivité, plus de créativité et donc, au final des résultats plus performants. Les dirigeants des Freedom Inc. ne sont pas des philanthropes, ils adoptent ce modèle d’organisation, car il est bon pour la croissance de l’entreprise. »

 

Un certain nombre d’articles et de livres commencent à remettre en cause les pratiques du « management participatif », comme étant des pratiques manipulatoires.

 

Par exemple dans son livre « Extension du domaine de la manipulation », Michela Marzano écrit :

« La perversion du management ne consiste-t-elle pas à faire volontairement adhérer les salariés à leur propre asservissement ? »

 

Et Jean-François Dortier commentant ce livre dans “Sciences Humaines” de mars 2010 écrit : « Cet essai au vitriol contre les pièges du nouveau management reprend une analyse désormais bien rodée. Depuis trente ans, un nouveau mode de management s’appuyant sur les valeurs d’autonomie, d’individualisme et l’épanouissement aurait réussi cet exploit : supprimer la domination hiérarchique au profit d’une domination invisible. Les salariés, en quête d’autonomie, de responsabilité et d’épanouissement, seraient devenus les victimes consentantes d’une “nouvelle servitude” ».

 

Tout cela ne serait-il au final qu’une opération de manipulation savamment orchestrée au service de la productivité des entreprises ?

 

J’ai pratiqué cette forme de management participatif et en ai été un fervent supporter… Ai-je manipulé ? A l’insu de mon plein gré ?

 

 

Avant d’aborder les différentes techniques de manipulation, il faut répondre à cette question qui devrait interpeler tout manager…

 

Reprenons d’abord la définition de la manipulation donnée par Joule et Beauvois : « obtenir d’autrui qu’il fasse de lui-même ce qu’on souhaite le voir faire en utilisant des moyens détournés ».

 

Selon cette définition, il semble bien que rendre les employés responsables et libres pour qu’ils soient plus productifs relève de la manipulation…

 

Par contre, rendre les employés responsables et libres parce qu’ils sont des hommes et que c’est une marque de respect de ces hommes, et que par surcroit, cela  les rend plus productifs, ce n’est pas de la manipulation.

 

La limite entre manipulation et respect des hommes est très faible, voire nulle. Entre respect et manipulation, ce peuvent être les mêmes actes. Pour un employé, c’est presqu’impossible de faire la différence. C’est d’ailleurs une caractéristique de la manipulation : la personne qui est victime ne s’en aperçoit pas.

 

La différence entre le respect et la manipulation est dans la motivation de celui qui agit.

 

 

Je prends un autre exemple vécu.

 

J’ai mis en place les ‘5S’ dans des usines que j’ai dirigé il y a une dizaine d’années. J’ai expliqué cette technique et formé moi-même l’ensemble du personnel.

 

Pour l’étape ‘rangement’ par exemple, j’aurais pu avoir le choix entre plusieurs attitudes :


- Décider moi-même des emplacements pour chaque matériel et l’imposer du haut de mon autorité : résultat peu efficace.

 

- Décider moi-même des emplacements pour chaque matériel, animer des groupes de travail et leur faire adopter les emplacements par moi décidés : résultat très efficace car les employés ont l’impression de décider eux-mêmes.

 

- Laisser le personnel décider de lui-même des emplacements, après leur avoir donné les règles de ce qu’est un bon emplacement : résultat très efficace, car les employés ont décidé eux-mêmes.

 

Les résultats entre la deuxième et la troisième possibilité sont identiques. Manipulation ou pas, c’est pareil. La différence ? J’ai obtenu ce que je voulais par la manipulation et c’est très efficace. Alors que dans le dernier cas, j’ai fait réellement confiance au personnel, persuadé qu’il était le mieux placé pour décider des emplacements où ranger le matériel utilisé tous les jours…

 

Mais il y a toujours une justice : un jour ou l’autre, les employés s’aperçoivent qu’ils ont été bernés et manipulés. Et à ce moment-là, c’en est fini de la confiance, et c’est encore pire qu’avant…

 

D’où l’échec de nombreuses méthodes dites “participatives” mises en place uniquement pour améliorer les résultats financiers et la performance de l’entreprise.

C’est certainement une cause de l’échec des cercles de qualité en France. Je l’ai vécu…

 

Conclusion, si je fais du participatif car cela va améliorer les résultats financiers de mon entreprise, c’est de la manipulation : je mets mes employés au service d’une cause (les résultats financiers) sous prétexte d’une autre (la responsabilisation), alors que je doute que mes employés se seraient “défoncés” pour mes résultats financiers…

 

Par contre, si je fais du participatif par respect de mes employés, ce n’est pas de la manipulation, et j’aurai vraisemblablement (mais ce n’est pas automatique) des résultats financiers meilleurs, car mes employés seront plus impliqués (c’est une conséquence).

 

Mais, je peux très bien avoir des résultats financiers (même à long terme…) si je ne responsabilise pas mes employés et si j’ai un style de management très directif, centralisé et “autocrate”, voire contre les hommes et femmes de l'entreprise... La preuve ? France Télécom…

 

Et pour finir avec l’interview d’Isaac Getz, il est dommage que ce dernier suggère que les entreprises qu’il a étudiées manipulent leur personnel, alors qu’il est vraisemblable que la plupart responsabilisent leur personnel par respect d’abord et qu’elles en récoltent ensuite les fruits. J’y reviendrai.


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Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 19:55

Rémi Karcher s’est fait un nom à La Poste et sur le web, grâce à un mail mémorable (17800 réponses sur Google pour la requête "rémi karcher"...).


En effet, dans le cadre de la restructuration de la poste, il a demandé directement par mail à ses collaborateurs de faire la chasse aux vendeurs avec mauvais résultats « jusqu’à épuisement (rapide) des espèces qui ne sont pas protégées »… autrement dit, ceux qui ne sont pas syndicalement protégés…


Autant dire que ce mail est arrivé (mais il fallait s’en douter…) entre les mains de Sud qui en a fait un tract vengeur…

 

Voici ce tract qu’un ami, salarié de la Poste, a bien voulu me transmettre.


  Voir le Fichier : Remi_KARCHER.pdf

 

 

Les leçons à en tirer :

1. Il faut se rappeler qu’en écrivant un mail, ce dernier peut se retrouver entre les mains de personnes dont vous n’auriez pas souhaité qu’elles le voient… Dans certains cas, il peut même se retrouver sur le web, comme le mail de Rémi Karcher… Alors, avant de cliquer sur le bouton « Envoyer », il vaut mieux tourner sept fois sa souris sur son tapis…

 

2. Il y a de quoi s’inquiéter pour La Poste qui semble suivre le même chemin que sa cousine France Télécom… C’est quand même terrible de voir nos entreprises nationales se déliter de cette manière et se retourner contre leurs salariés.

 

Que La Poste doive évoluer, certes, mais pas n’importe comment !


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