Gérer les "emmerdeurs"...

Publié le par Bernard Sady

Le dossier central du numéro de juin de L'Entreprise vient d'être mis en ligne sur LEntreprise.com.

Dans la lignée de « Objectif Zéro-sale-con » de Robert Sutton, il donne quelques conseils pour savoir comment réagir face à des "emmerdeurs"...

Corine Moriou, l'auteur du dossier nous dit tout d'abord « qu'environ 10% de la population adulte est constituée de personnalités difficiles. » Ce qui fait que chacun d'entre nous doit avoir à supporter au moins quelques-uns de ces "emmerdeurs"...

Une autre information importante que nous délivre Corine Moriou, c'est « qu'il est impossible de modifier une personnalité, car celle-ci s'est formée au travers des chocs émotionnels de l'enfance. » Par contre, il est possible de faire prendre conscience de mauvais comportements et ainsi de les rectifier. La différence est importante et laisse un espoir : les comportements peuvent toujours évoluer et s'améliorer.

Il est clair qu'après avoir lu cet article, vous ne serez pas devenu psychologue, ni expert en personnalités difficiles. C'est en lisant plusieurs articles ou livres (il en existe de très bons), ou encore en faisant des stages que vous arriverez petit à petit à mieux maîtriser ces personnalités. Mais c'est surtout en appliquant que vous apprendrez le mieux. Prenez un "cobaye" et entraînez-vous...

Voici le résumé de ce dossier qui, je l'espère, vous donnera envie d'aller plus loin.

 

Corine Moriou présente sept personnalités difficiles et donne quelques conseils.

 

L'obsessionnel

« Pinailleur, éternel insatisfait, anxieux, il coupe les cheveux en quatre et se noie dans les détails. A tel point qu'il est débordé et désorganise tout un service. »

Avec ce type de personnalité, on peut essayer de faire prendre de la hauteur pour passer des détails à une vue plus générale. Ou encore, on peut donner des consignes précises.

 

La langue de vipère

« Colporteuse de rumeurs, la langue de vipère mise sur une réaction en chaîne : « Si mes collègues perdent de la valeur, j'en gagnerai », raisonne-t-elle inconsciemment. Souvent par besoin de reconnaissance, car elle n'est pas sûre d'elle. »

Il est d'abord nécessaire d'être à l'écoute de « radio moquette ». Ne pas hésiter à faire remarquer les dégâts causés. Et aller plus loin si nécessaire. En tous cas, à ne pas laisser contaminer le service ou l'entreprise.


Le manipulateur

« Dans le monde du travail, la manipulation est parfois devenue un mode de management. » Dans le même genre, mais au-delà des manipulateurs, il y a les menteurs et les mythomanes.

Une solution : « Dites oui à ce qu'il vous demande, mais ne faites pas ce qu'il vous demande. Il finira par comprendre que la flatterie n'a pas eu de prise sur vous. »

 

Le passif agressif

«Le passif agressif fait obstruction, obéit en soupirant, laisse traîner les choses, boude, saborde, voire fait la grève du zèle. »

Ne permettez pas qu'il se relâche, demandez-lui son avis et incitez-le à die ce qui ne va pas.


Le paranoïaque

« Excessivement méfiant, il ne fait confiance à personne et interprète les événements les plus anodins comme lui étant hostiles. »
Solution : « La carte de la confiance est primordiale. Vous devez exprimer très clairement vos intentions et vos directives en respectant scrupuleusement les formes (courtoisie, ponctualité) et en faisant référence aux règlements et aux procédures. »

 

Le lunatique

« Le lunatique vous fait tourner en bourrique. Il est charmant un jour, horripilant le lendemain. Très efficace une semaine, il est totalement inactif, voire apathique la semaine suivante ».
Un lunatique a en général une puissance de travail sur laquelle on peut capitaliser... les bons jours. Mais il faut aussi « lui rappeler qu'il a une mission à remplir qui est incontournable, quelle que soit son humeur ».

J'avoue que j'ai beaucoup de difficultés avec ce type de personnalité...

 

Le pervers

« Le pervers est, sans doute, le cas le plus difficile. »
Je trouve la définition très claire : « faire du mal lui fait du bien ». Mais les résultats sont dramatiques : « il met à feu et à sang tout un service et n'a ni remords ni culpabilité. Les salariés démissionnent ou tombent malades et la médecine du travail s'en mêle. Parfois, il est trop tard. »
La seule solution est de se séparer de ce pervers. Car avec la législation sur le harcèlement moral, « au pénal, le salarié harcelé peut épingler à la fois le coupable et l'employeur qui n'a pas pris toutes les précautions pour assurer sa protection ».

Ce n'est pas toujours simple de se séparer de ce type de personnalité, car si on veut le licencier, il faut démontrer la faute, ce qui n'est pas toujours évident. Il faut un dossier en béton. Cela se construit. Avant tout, il faut décider de se séparer du salarié pervers.

Une autre solution est la séparation à l'amiable avec une transaction. Mais attention, car la législation est en évolution actuellement. Par contre, c'est souvent une bonne solution : il vaut mieux « un bon arrangement qu'un mauvais procès »...

 

En guise de conclusion, notre auteur nous incite à être prudents lors des embauches : passer par un cabinet de recrutement peut être une garantie (pas à 100%, hélas) pour éviter les pervers et détecter  les personnalités difficiles. Vous embaucherez alors en connaissance de cause, car même si certaines personnalités sont difficiles à vivre, vous pouvez avoir besoin des compétences (pas celles des pervers qu'il faut absolument éviter).

Publié dans Relations humaines

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