Les ch'tis, c'étaient les clichés... ou le ridicule ne tue plus...

Publié le par Bernard Sady

Elise Ovart-Baratte chargée d'enseignement à l'IEP Lille-II, et chercheuse en histoire contemporaine à Lille-III, persiste et signe sa critique contre le film « Bienvenue chez les Ch'tis » en publiant un livre « Les ch'tis, c'étaient les clichés » chez Calmann-Lévy.

Je l'avais déjà "épinglée" dans un billet en avril. Cette militante socialiste, « secrétaire de section du Vieux-Lille et ancienne chargée de com de Martine Aubry » (Libération) a réussi à écrire quand même 150 pages pour dénoncer les « poncifs anti-Nord » véhiculés par le film et surtout les 600 000 euros de subvention votés par les socialistes et le FN au conseil régional...

Et on affirme que le PS n'a plus d'idée...

Heureusement que le ridicule ne tue plus...

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Gari 04/09/2008 22:54

Avez-vous lu ce livre ? Que lui reprochez-vous ? "Bienvenue chez les Ch'tis" est intouchable ?

Bernard Sady 17/09/2008 01:13


Bonjour Gari
Non, je n'ai pas lu le livre et je ne le lirai pas... Par contre, j'ai lu les quelques recensions qui en ont été faites. Libération par exemple dans son édition du 16 août 2008.
Je cite : "Elle étrille en particulier le patron de la région, le PS Daniel Percheron. Elle lui reproche d'avoir longtemps négligé la question de l'image, pour enfin s'en occuper de la pire façon :
en assurant la promotion d'un film "qui allait reforcer les poncifs anti-Nord".
Je laisse les querelles internes au PS du Nord, mais dire que le film "renforce les poncifs anti-Nord" montre qu'elle n'a strictement rien compris à l'humour... C'est au contraire en appuyant sur
les défauts d'une communauté qu'on la rend sympathique et qu'on évite de se prendre au sérieux. C'est comme si on reprochait à Louis de Funès d'avoir "renforcé les poncifs anti-juifs" en jouant
dans "Rabbi Jacob" ou d'avoir "renforcé les poncifs anti-gendarmes" en jouant dans la série des "gendarmes à Saint Tropez". On pourrait en dire autant sur pratiquement tous les films
humoristiques.
Je continue à citer l'article de Libé : "Ce qu'elle reproche au film? D'abord, le héros quitte le Nord : "S'il l'a tant aimé, pourquoi repart-il?" Ensuite les postiers nordistes sont présentés
comme des gens "pas intelligents", et puis "prompts à picoler", "quasi obèses", et qui parlent patois tout le temps. Et le deuxième degré alors? Justement, elle pense que seuls les Nordistes
peuvent le percevoir, et assure que le film aura des "effets boomerang" désastreux, dont l'affaire de la banderole du PSG est le premier."
Il y a beaucoup de gens qui sont venus dans le Nord pour raisons professionnelles et qui en sont repartis quelques années après malgré l'amour de cette région qu'ils ont découverte. J'en suis un
exemple. Quant à avoir peur d'un effet boomerang à cause d'un humour du second degré mal compris, il faut avoir l'esprit tordu. La banderolle du PSG n'est que l'effet d'une "bande de cons" très
minoritaire et qui a été condamnée par tout le monde. Si maintenant, il ne faut plus rien faire sous prétexte d'effet boomerang...
Je continue sur la dernière partie de l'article de Libé qui se termine en apothéose... : "La deuxième partie du livre raconte les problèmes d'image de la région, objet de la thèse de son doctorat.
Là, on est dans la com pure. A la lire, il faudrait s'interdire de dire que les habitants du Nord-Pas-de-Calais sont parmis les plus pauvres, les plus chômeurs, et à la santé la
plus mauvaise en France. Elle sait que c'est vrai, mais, dit-elle "il ne faut pas le mettre en avant, si on veut attirer les investisseurs, et ainsi sortir les gens de ces situations
révoltantes".
Quand je disais qu'heureusement le ridicule ne tue plus...
Mais je vous rassure, pour moi, ce film n'est pas intouchable. Il y a certains points que j'ai moins appréciés. De là à en faire un livre sous prétexte qu'il "renforce les poncifs anti Nord", c'est
vraiment aller trop loin. Au contraire, il y a de quoi être fier d'un film faisant rire sur le Nord et qui a fait plus de 20 millions d'entrées... Le nombre des spectateurs est la meilleure
réponse à ce livre. Il sera d'ailleurs intéressant de savoir combien d'exemplaires madame Ovart-Baratte va en vendre. Certainement pas 20 millions...