Les entreprises dégraissent...

Publié le par Bernard Sady

Un article des "Echos" du 27 octobre explique que « les entreprises s'arment pour réduire les effectifs ».

Conséquence directe de la crise financière s'étendant à l'économie réelle, les chefs d'entreprise voient leurs carnets de commandes se réduire comme peau de chagrin... Elles diminuent donc la voilure. Ceci est très sensible sur les investissements dont beaucoup sont gelés et sur les effectifs.

La première étape concernant les effectifs a été de réduire les intérimaires et les CDD. « Un signe inquiétant pour Jean-François Roubaud, le président de la CGPME. "Les entreprises ont commencé, cet été, par réduire l'intérim. On passe actuellement au second stade, le gel des embauches. L'étape suivante, qui pourrait arriver vite, ce sont les licenciements économiques", expliquait-il il y a quelques semaines ("Les Echos" du 13 octobre). »

Mais précise "Les Echos", « C'est l'étape suivante, dans laquelle la France commence à basculer. Pour les entreprises, l'objectif est alors de dégraisser en licenciant un minimum. »

L'objectif est donc d'utiliser toute la palette des moyens légaux mis à la disposition des entreprises :

  • - Les grandes encouragent les départs volontaires contre chèques sonnants et trébuchants...
  • - La rupture conventionnelle, lancée en juillet.
  • - Le licenciement pour faute grave, ce qui a comme résultat d'encombrer les prud'hommes...
  • - La CRP (convention de reclassement personnalisé) et le CRP (contrat de transition professionnelle) en cas de licenciement économique.
  • - Le chômage technique.
  • - Les dispositions prévues dans les accords de réduction du temps de travail.

Pour ce dernier point, "Les Echos" montre un optimisme naïf : « une telle souplesse est permise par les accords en vigueur sur le temps de travail, qui dévoilent aujourd'hui tout leur intérêt en période difficile. » Et François Chérèque ajoute : « La RTT défensive va devenir un outil fondamental ».

Mais c'est se voiler la face, car ces souplesses sont très limitées et vont rapidement arriver à leurs limites, même s'il faut, bien sûr, les utiliser. Penser que la RTT va être le remède anti-licenciements dans cette crise dont n'avons encore rien vu est plus que léger...

 

A noter un autre articles des "Echos" de ce même jour sur le chômage en Espagne... « Le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 217.200 lors du troisième trimestre pour toucher 2,59 millions de personnes, soit 11,3 % de la population active » alors que le gouvernement tablait  sur un taux de 10,4% à la fin de cette année...

Le taux pourrait monter jusqu'à 12% en fin d'année : « En l'espace d'une année, on dénombre 806.900 demandeurs d'emploi en plus. Et tout le monde, gouvernement en tête, reconnaît que le pire est encore à venir. »

Nous n'en sommes pas là en France, mais il ne faut pas croire que la crise va épargner la France à la manière du nuage de Tchernobyle...

Que faire alors ? Je n'ai pas de solution miracle...

Il faut d'abord être conscient que la crise va durer toute l'année 2009 au minimum. Pendant cette période, il me semble que les entreprises doivent faire le dos rond et réduire la voilure.

Elle devront donc vivre sur leurs réserves. La tendance de ces dernières années à renforcer les fonds propres dans les entreprises familiales est finalement une très bonne chose. Ce sont les entreprises qui ont les fonds propres les plus élevés qui réussiront à passer la crise sans trop de dégâts. Il est un peu tard de s'en préoccuper maintenant. Toujours la même fable de "la cigale et de la fourmi".

Dans une crise de ce type, il ne sert à rien de produire pour le stock. Il faut adapter le volume de production à la demande et il est préférable d'arrêter de produire comme le font Peugeot et Renault plutôt que de stocker.

Il est nécessaire ensuite de réduire tous les coûts (matière, énergie, consommables, maintenance, etc.). En commençant par le superflu et le gaspillage (il y en a toujours dans les entreprises). C'est l'occasion, même si c'est un peu tard, de "penser lean" : mettre en place les 5S ou créer des groupes de travail pour traquer les gaspillages...

Concernant les  effectifs, il faut être prudent et essayer de se passer d'abord des contrats temporaires et limiter les embauches au strict nécessaire. S'il n'y a pas d'autres solutions, il faudra se résoudre à diminuer les effectifs. Mais attention à ne pas toucher au cœur de ces effectifs, car lorsque l'activité repartira (et elle repartira un jour), toutes ces compétences seront indispensables.

Publié dans Economie

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