Quand je serai grand(e), je ferai... - 1ère partie : Le "job-divorce"

Publié le par Bernard Sady

Je commence cette nouvelle année 2009 en vous présentant : « Quand je serai grand(e), je ferai... ». C'est le titre d'un essai d'Alexandre Adjiman qui arrive à point nommé dans cette période de crise financière et économique accompagnée de son corollaire, le chômage.

C'est au hasard d'une coquille relevée sur le site zérofauteortographe.fr et signalée à Alexandre Adjiman que ce dernier m'a fait parvenir son ouvrage dédicacé. Je ne pouvais pas faire moins que de le commenter sur mon blog.

Je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'avance A. Adjiman, mais son essai présente des idées très intéressantes.

Je ne peux que le conseiller à ceux qui s'intéressent à l'emploi, ou qui sont susceptibles de changer de travail à court terme.

 

Entrons dans le vif du sujet.

 

Cet essai fait un peu moins de 120 pages, est très bien écrit et se lit facilement. A. Adjiman a prévu une marge à droite pour les droitiers et à gauche pour les gauchers. Mais je ne me suis toujours pas résolu à écrire sur un livre. J'ai trop de respect pour les livres pour oser les maculer de mon écriture...

Cinq chapitres découpent cet essai. Ce billet est consacré au premier chapitre.

 

1er chapitre : Le « job-divorce ».

Dans ce premier chapitre, A. Adjiman explique tout d'abord qu'on peut avoir le coup de foudre pour son job, mais que c'est relativement rare.

Il est beaucoup plus réaliste et nous rappelle que c'est entre 13 et 20 ans que presque 50 ans de notre vie vont être déterminés. C'est un constat terrible, mais réel : « si je suis très bon en maths, si je réussis mon bac avec mention « Bien » ou « Très bien », je vais de façon presque automatique présenter les classes préparatoires aux grandes écoles [...] si je suis moins bon dans les disciplines scientifiques, ou si je n'ai pas le fameux « bac » dans la poche, j'irai peut-être dans les filières plus ou moins « courtes », du CAP ou du BTS [...]. Enfin, en fonction de la plus ou moins grande difficulté à choisir, je pourrai m'orienter vers une université pour une formation générale, et retarder ainsi la décision [...]».

D'où « le rôle des parents dans la conception qu'ils ont du métier de leurs enfants est souvent primordial ».

Pendant des années, on a cru qu'on pourrait exercer toute notre vie le même métier.

Cependant, nous devrons vraisemblablement changer de métier un jour ou l'autre.

« Mais ce qui est vraiment nouveau au 21ème siècle, c'est la rapidité et l'ampleur avec lesquelles les nouveaux métiers et les nouveaux secteurs professionnels naissent. Et aussi la rapidité avec laquelle il faut changer la façon d'exercer son métier. »

 Ensuite, A. Adjiman fait une digression philosophique sur le travail : « Je travaille donc je suis ? ». Après avoir cité le philosophe Michel Lacroix : « la question du sens de la vie n'est plus résolue d'avance : chacun doit se construire sa réponse », il pose la question : « puisque nous avons désormais plus de possibilités qu'au siècle dernier de changer de métier, puisque les choix sont plus nombreux [...], ne pourrait-on pas décider que notre choix initial, celui que nous avons fait à l'adolescence, ne pourra plus s'imposer à nous toute notre vie ? »

« Je propose d'adopter définitivement une attitude qui consiste à ne plus considérer notre choix initial de formation et de métier comme un choix définitif ». C'est ici tout l'intérêt et la richesse de cet essai.

Enfin, pour conclure ce premier chapitre, A. Adjiman fait un « plaidoyer pour la légalisation du job-divorce ». Après avoir constaté les difficultés que nous avons à envisager de changer de métier, il nous « suggère de profiter de certaines croisées de chemins (licenciements, restructurations, naissance de nouvelles technologies et de nouveaux métiers, opportunités diverses), pour avoir une réflexion sur son métier, et plus généralement sur la vie qu'il  nous procure. » Les freins au changement de métier sont mêmes socialement plus forts que le fait de changer de mari ou de femme... Il reconnaît cependant avec raison que le fait de « changer complètement de métier est pourtant certainement moins lourd de conséquences que de briser son couple. Mais ça ne se fait pas... Pas encore. Divorce du couple oui, divorce du job non. »

 

Et A. Adjiman nous incite à ne pas avoir peur de changer de métier. « Les opportunités de faire ce que l'on veut de sa vie grâce et avec son métier, sont largement supérieures aujourd'hui à celles d'il y a seulement 10 ans. » Les recruteurs évoluent aussi.

Bref, A. Adjiman conclut sur « l'existence d'une possibilité de gérer sa vie professionnelle de façon plus active et responsable que par le passé. » Car enfin, « le job-divorce est "autorisé", possible, presque recommandé dans certains cas. Nous pouvons remettre en cause nos choix d'origine sans avoir peur. »

 

 

Dans un prochain billet, nous verrons le deuxième chapitre qui a pour titre « Quand je serai grand(e), je ferai... ».

Publié dans Nouveau job

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