La crise financière : deuxième round...

Publié le par Bernard Sady

Un article de François Vidal dans les Echos du 15 janvier dernier (« Banques : le deuxième choc ») explique que « l'annonce surprise de lourdes pertes de la part d'une grande banque [...] apporte un démenti sans appel à tous ceux qui pensaient que les banques avaient déjà essuyé le pire et pouvaient désormais, grâce aux recapitalisations publiques massives accordées à nombre d'entre elles, se concentrer sur le métier de base, le financement de l'économie.»

 

L'auteur affirme qu' « une chose est sûre, le volet financier de la crise est loin d'être refermé. Et la capacité des banques à distribuer du crédit loin d'être restaurée. »


Car le premier choc des « actifs toxiques » n'est pas encore terminé.


Mais surtout « un second choc se prépare » : « sous l'effet du ralentissement économique en cours, la qualité des portefeuilles de crédit aux entreprises et aux particuliers se dégrade à grande vitesse dans les livres des banques. La faillite du canadien Nortel annoncée hier ou celle du chimiste américain Lyondelbasell la semaine dernière en témoignent. Du coup, la constitution de nouvelles provisions massives sont à prévoir dans les mois à venir pour refléter, cette fois, la progression du nombre des défaillances. »


La conclusion de François Vidal n'est pas réjouissante : « Pour autant, ce double choc va de nouveau consommer une bonne partie des fonds propres bancaires et, sans doute, nécessiter de nouvelles recapitalisations. Hier à Londres, Ben Bernanke, le patron de la Fed n'en faisait pas mystère : « Davantage d'injection de capital et de garanties pourraient devenir nécessaires pour assurer la stabilité et la normalisation des marchés du crédit. » Le prudent conditionnel du banquier central n'est déjà plus de mise. »

 


La crise financière a provoqué la crise économique, qui elle-même aggrave la crise financière... Un cercle vicieux infernal... Jusqu'où ?

 


La Commission Européenne vient de revoir ses prévisions pour les années 2009 et 2010 : après une prévision de croissance pour 2009 à 0 ,1% en novembre dernier « la Commission européenne s'attend à un recul du produit intérieur brut de 1,9% en 2009. »  Ce qui provoquera une hausse du taux du chômage qui « devrait en effet augmenter de près de trois points dans la zone euro, passant de 7,5% en 2008 à 10,2% en 2010 ».

Cependant, pour cette même commission, « la reprise devrait se profiler en 2010, mais elle sera timide : Bruxelles estime la croissance à 0,4% l'an prochain, au lieu de 0,9% en novembre dernier ».

 

 

Espérons que la Commission Européenne ne dégrade pas encore une fois ses prévisions dans trois mois...

Publié dans Economie

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Jeanne 20/01/2009 10:59

Voici une carte explicative des effets de la crise en France:

http://www.mediapart.fr/club/edition/sur-la-route-de-la-crise/article/140109/sur-la-route-de-la-crise-nos-etapes

Bernard Sady 20/01/2009 20:05


C'est une manière originale de présenter les effets de la crise. mais il y manque une vue plus synthétique.