Quand je serai grand(e), je ferai... - 3ème partie : Une pratique de l'évolution

Publié le par Bernard Sady

Après avoir commenté les deux premiers chapitres (ici et ici) de l'essai d'Alexandre Adjiman « Quand je serai grand(e), je ferai... », voici le chapitre qui est certainement le plus intéressant : « Une pratique de l'évolution ».

 

Dans ce chapitre, Alexandre Adjiman va nous proposer des solutions pour nous préparer à « pouvoir redire à tout âge « Quand je serai grand, je ferai... ».

 

Mais avant, il explique qu'« il n'y a plus d'abris, mais que ça ne fait rien ». Car pour lui, « les jeunes d'aujourd'hui ont des chances bien plus grandes que leurs parents, de trouver du travail et d'être moins frappés par le chômage durant leur vie professionnelle, quelles que soient leurs aptitudes professionnelles et leur caractère. Pour cela il faut leur expliquer les nouvelles règles du jeu, afin qu'ils s'organisent pour vivre avec elles, plutôt que contre elles, ou dans leur ignorance. »

Je passe sur l'optimisme d'Alexandre Adjiman, car ce n'est pas parce qu'il y a une « plus grande facilité à communiquer et à voyager » qu'« il y a plus d'opportunités de travail qu'hier ». La crise actuelle avec son cortège de suppressions de postes en est un cruel démenti.

Je passe également sur un passage où notre auteur fait un aparté sur le métier d'enseignant et la pédagogie.

 

Revenons à notre propos : il est important de « se préparer à évoluer », car un accident de la vie est vite arrivé.

Alexandre Adjiman s'est « donné deux critères » pour faire ses propositions : elles ne doivent pas « concerner uniquement les titulaires du bac plus quelque chose, mais tout le monde, quel que soit le niveau de formation » et elles ne doivent pas « non plus concerner les seules décisions prises à l'adolescence, mais permettre de refaire un choix à tout moment de la vie, voire plusieurs fois dans la vie ».

Et il en est « arrivé à la conclusion que pour pouvoir refaire, à tout âge, un nouveau saut comparable à celui que l'on a fait une première fois dans sa jeunesse, il faut posséder ce que j'appelle un "élastique" par référence à celui que l'on s'attache à la ceinture avant de sauter dans le vide depuis un pont. » L'image est bien trouvée d'autant que « pour être suffisamment solide, cet élastique se compose de plusieurs fils, et chacun d'entre nous peut fabriquer le sien, en fonction de ses possibilités, de ses expériences, et de ce qu'il croit utile pour son futur ».

La question qu'on doit se poser est de savoir si nous avons « un bon élastique, un élastique dans lequel [nous avons] suffisamment confiance pour sauter en cas de danger ».

Car Alexandre Adjiman ne croit pas au dicton qui dit "qu'il suffit de vouloir pour pouvoir". « Le volontarisme c'est bien, mais c'est souvent inefficace sans une préparation. En revanche, si l'on s'est préparé à "pouvoir", vous serez sûrement d'accord pour dire qu'il est alors beaucoup plus facile de "vouloir" ! ». (Je retiens cette phrase, car elle s'applique dans de nombreux cas, en particulier lors de cette crise. J'y reviendrai.)

Car, cet élastique est préparé et amélioré tout au long de sa vie professionnelle : « nous sommes les seuls décisionnaires dans la confection de cet outil ».

 

Voyons les différents brins que nous suggère Alexandre Adjiman :

  1. Parler plusieurs langues. Déjà, s'exprimer correctement en anglais serait déjà un premier pas (tiens, c'est ma résolution de l'année...). Mais parler plusieurs langues est encore mieux et permet d'ajouter « plusieurs cordes à son arc ».
  2. Développer son intelligence émotionnelle. Alexandre Adjiman précise de manière opportune ce que cela veut dire : « développer son intelligence émotionnelle consiste à faire en sorte que notre émotion ne dicte pas son comportement à notre raison. Cela suppose que l'on apprenne à reconnaître immédiatement la naissance d'une émotion en soi, et que l'on soit préparé à l'orienter dans la bonne direction en fonction de la situation.
  3. Aimer lire. Car contrairement à la radio ou la télé, « les livres vous apportent une réflexion sur les sociétés, les systèmes éducatifs, la formation, sur les découvertes faites dans le domaine de l'esprit, du comportement, ou tout simplement sur ce qui se passe ailleurs dans le monde du travail par exemple. De très nombreux sujets ne sont pas traduits en images, et font très peu l'objet d'émissions ».
  4. Avoir une passion. Vous pourrez ainsi devenir expert professionnel dans votre domaine de prédilection.
  5. Avoir une double ou triple formation, ou des expériences professionnelles dans des domaines variés. En particulier, il est souvent nécessaire d'avoir en plus d'une compétence technique, une compétence en management des hommes et parfois une compétence en gestion. Par exemple, en ce qui me concerne, j'ai d'abord acquis une expérience de direction d'usine (avec ses aspects relations humaines et gestion) puis une expérience dans les systèmes d'information.
  6. Etre un "couteau suisse". C'est-à-dire « avoir plusieurs cordes à son arc ». Et plus un couteau suisse est gros, plus il est cher...

 

La conclusion du chapitre :

« Réfléchissez à votre élastique et décidez, seul(e) ou en prenant conseil, de ces atouts qui donneront à votre profil toutes les chances de saisir ces opportunités plus facilement, et d'être grand(e). »

A nous de jouer maintenant. La balle est dans le camp de chacun...

 

Il me restera à commenter les deux derniers chapitre de cet essai, « Les "non-jobs" » et « Entreprendre », ainsi que la conclusion « Un secret ».

 

Je ne vous ai pas dit où vous procurer cet essai. Le mieux est d'aller sur le site consacré à l'ouvrage www.quand-je-sera-grand.fr et de le commander. Sinon, il est sur amazon.fr ou sur numilog.com en version numérique.

 

 

Publié dans Nouveau job

Commenter cet article