"Digital Natives" un terme marketing pas tout à fait désintéressé...

Publié le par Bernard Sady

Guillaume Serries vient de publier dans le Journal du Net un article qui présente quelques intérêts : "Digital Natives, les nouveaux travailleurs du numérique".

 

 

Après avoir défini ce que sont ce Digital Natives (« ces enfants qui ont toujours connu Internet et sont complètement habitués aux appareils et logiciels numériques »), il donne l'origine de terme et c'est ici que ça commence à être intéressant...

 

C'est Marc Prensky, « consultant américain en TICE (nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication pour l'Enseignement) », qui a « inventé ce néologisme ». Et l'élément intéressant, c'est qu'il est « également le directeur général et fondateur d'une entreprise qui vend des jeux vidéos éducatifs »... Il n'y a bien sûr aucune relation de cause à effet...

 


Ensuite, Guillaume Serries décline les notions que Marc Prensky a développé autour de ce concept.

 

« Marc Prensky pense qu'à force de stimuler des zones de leur cerveau sur des actions d'acquisition de la connaissance spécifiques, de type hypertexte, les Digital Natives ont développé des compétences différentes en matière de raisonnement, qui ne correspondent pas du tout au raisonnement démonstratif classique. Ils auraient des raisonnements sérendipiens. »

Le Digital Native aurait donc le cerveau structuré différemment... Une bonne chose ou un recul de l'intelligence humaine ? Il y a quelques mois, un débat avait lieu sur Internet au sujet des affirmations de Don Tapscott sur l'apprentissage 2.0. J'y reviendrai bientôt.


« Par ailleurs, le Digital Native selon Marc Prensky est performant lorsqu'il est connecté au réseau, mais devient complètement inefficace pour réaliser des actions hors ligne, et sa capacité de concentration est alors réduite au minimum. Mais le côté positif de ce mode de fonctionnement serait qu'une fois en ligne, le Digital Natives est doué de capacités multitâches, effectuées en simultané. »


« Enfin, la gratification immédiate et le plaisir immédiat seraient les clés de fonctionnement des Digital Natives, du fait de leur habitude à l'instantanéité du réseau Internet. En conséquence, ils préfèreraient le visuel et le graphique au textuel, et l'interactivité au travail solitaire. »

Marc Prensky a développé la notion de Digital Immigrants, « c'est-à-dire l'ensemble des travailleurs qui ont du se faire à l'informatique, et dont son usage n'a rien de naturel. Il explique cette difficulté par le fait que, selon lui, passé un certain âge, le cerveau ne mute plus, et la plasticité de l'organisme ne joue plus autant que chez les Digital Natives. »


« La thèse finale de Marc Prensky consiste à démontrer que face à l'évolution technologique et à la réduction de la plasticité des individus avec le temps, l'école se doit de proposer des outils numériques aux jeunes enfants afin de leur donner les meilleures chances de réussite dans un monde du travail désormais numérique. Son outil premier pour ce faire, ce sont les jeux vidéos, véritable clé de voûte du programme éducatif de Marc Prensky. » Qui a dit "intéressé" ?



Ensuite Guillaume Serries tente une critique des thèses de Prensky : « Les Digital Natives, une vaste fumisterie ? » Mais ici, c'est le point le plus faible et le moins convaincant. Dommage.


Il n'en retient que deux concepts.


Celui des Digital Immigrants opposés aux Digital Natives car « ce sont bien des Digital Immigrants qui ont forgé pour une grande partie l'univers numérique dans lequel nous vivons et travaillons, ce qui invalide l'argument qui voudrait qu'ils aient des difficultés à vivre dans cet univers. »


Et celui même de "Digital Natives", car « ce terme rentre parfaitement dans l'argumentaire marketing de Paul Prensky pour vendre les jeux vidéos éducatifs de sa société ».



Par contre, il pose une bonne question qui nous intéresse particulièrement : « Les Digital Natives peuvent-ils changer quelque chose à l'entreprise ? »


Sa réponse n'est pas très claire et reste décevante :


« Il faut d'abord préciser que cette population n'est pas une population d'experts techniques. Loin d'être des " geeks ", ils sont avant tout des consommateurs de contenus numériques. Pas de compétences techniques à chercher de ce côté-là donc. » D'accord sur ce point. C'est une différence d'avec la génération précédente qui avait une attirance "technique".


« Mais en revanche, ces nouveaux professionnels s'avèrent aptes à utiliser les outils tels que les flux RSS, les blogs, les wikis ou encore les mashups., bref, autant d'outils neufs d'acquisition de la connaissance. Ils seraient donc tout à fait compétents en matière d'autoformation, ce qui permettrait aux entreprises de réaliser des économies de ce côté. »

Ce serait le seul gain ? Des économies de formation ? Et pas d'inconvénients ?


Et notre auteur termine en attirant notre attention sur les problèmes de sécurité que nos Digital Natives pourraient être amenés à provoquer par leurs pratiques : « Enfin, côté sécurité, leurs habitudes de communication sans frontières (sites Internet, réseaux sociaux, concurrence,...) peut heurter non seulement la culture d'entreprises, mais aussi poser de nombreux problèmes au niveau du contrôle de l'entrée et de la sortie des informations du Système d'Information de l'entreprise. De quoi convaincre les RSSI si ce n'est de croire au concept de Digital Natives, au moins de se montrer regardant sur les usages numériques dans leurs entreprises. »


Les « outils neufs d'acquisition de la connaissance » tels que « les flux RSS, les blogs, les wikis ou encore les mashups » seront-ils un "avantage concurrentiel" pour les entreprises ?

Les problèmes de sécurité, seraient-ils les seuls posés par cette nouvelle génération ?


J'étudie cette question depuis plusieurs mois. J'essaierai d'apporter quelques éléments complémentaires de réponse sur ce phénomène dans mes prochains billets.

Publié dans Entreprise 2.0

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Anonyme 27/12/2015 05:45

Bel article, merci pour le partage.

Vanessa 27/05/2015 22:33

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