Situation économique catastrophique à la veille du G20...

Publié le par Bernard Sady

Ces dernières semaines, les médias se faisaient l'écho de quelques signes "encourageants" qui semblaient montrer que la sortie du tunnel de cette crise était enfin en vue...

Hélas, ces "bonnes nouvelles" ont été balayées hier, par l'OCDE et la Banque Mondiale qui publiaient leurs nouvelles prévisions de croissance pour 2009 et 2010.


Les Echos expliquent : « le ton est résolument pessimiste. La Banque mondiale et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui ont publié hier leurs nouvelles prévisions de croissance, ne sont guère rassurantes. Pour l'institution multilatérale, l'économie mondiale sera en récession cette année, le produit intérieur brut devant reculer de 1,7 %. C'est le premier repli enregistré depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, indique-t-elle.

« Les pays membres de l'OCDE seraient fortement touchés, puisque la prévision fait état d'un recul de 3 % du PIB - avec une contraction de 3,3 %. Seuls les pays émergents continueraient d'afficher une croissance (2,1 %, contre 5,8 % l'an passé). Mais, comme le souligne la Banque mondiale, deux autre zones seront fortement affectées : l'Europe centrale et les pays latino-américains. Pour le premier groupe, le PIB reculerait de 2 % après une hausse de 4,2 % en 2008. [...] Quant aux pays latino-américains, dont le PIB devrait reculer de 0,6 % après une progression de 4,3 %, ils payent fort cher leur grande dépendance à l'égard des Etats-Unis. »



Il faut remarquer qu'il y a un peu plus d'une semaine, le FMI prévoyait une contraction de l'économie mondiale comprise entre 0,5 et 1%... De semaine en semaine, les prévisions se dégradent....


Pour la France, l'OCDE prévoit une baisse du PIB de 3,3% en 2009 et -0,1 en 2010, alors que « le gouvernement français table, lui, sur une diminution du PIB de 1,5% en 2009, puis une croissance de 1,0% l'an prochain ».



Le chômage va continuer à progresser : dans l'OCDE, de 6% en 2008, il monterait à 8,4% en 2009 et 9,9% en 2010 ; aux USA, il passerait de 5,8% en 2008 à 9,1% en 2009 et 10,3% en 2010 ; et pour la zone euro, de 7,5% en 2008, il bondirait à 10,1% en 2009 puis à 11,7% en 2010...

Plus précisément, on apprenait ce soir que  « le secteur privé aux Etats-Unis a détruit 742.000 emplois en mars, indique une étude du cabinet de conseil en ressources humaines ADP publiée mercredi. L'ampleur des pertes nettes d'emplois estimées par ADP est bien pire que le scénario des analystes, lesquels attendaient que l'étude fasse apparaître 663.000 suppressions de postes. ADP a de surcroît révisé en hausse son estimation des pertes du mois précédent à 706.000, au lieu des 697.000 annoncées initialement. »


Sans oublier les déficits publics des Etats qui explosent...


Le G20, qui espérait pouvoir commencer son communiqué par « une reprise de la croissance de l'économie mondiale d'ici à la fin de 2010 » se trouve face à une crise sans précédent, face à laquelle, hélas, il ne semble pas avoir de solutions...

Publié dans Economie

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bougerolles 17/04/2009 10:51

la crise est certainement l'occasion de voir autrement et de mettre toutes les bonnes volontes et les intelligences dans la reconstruction de qq chose de nouveau et de meilleur, quitte a sortir du cadre des prejuges et des paradygmes

Bernard Sady 17/04/2009 23:40


Je me méfie énormément de tous ceux qui veulent construire "qqc de nouveau" et surtout de "meilleur". Cela se termine souvent très mal... Robespierre, Lénine, Staline, Hitler ont tous voulu voulu
faire qqc de nouveau et de meilleur...
Il me semble préférable de regarder dans l'histoire, les périodes où l'homme a pu être heureux, en tirer des règles et les appliquer. Je sais que ce n'est pas très glorieux, mais au moins, il n'y
aura pas de grandes catastrophes...
Et là, c'est vrai qu'il faut sortir de la "pensée unique" et des préjugés...


bougerolles 17/04/2009 10:50

il ne faut pas confondre une citation de sheakespeare avec une insulte neanmoins si vous vous sentez insulte c'est qu'il faut peut etre nettoyer vos ecuries

Bernard Sady 17/04/2009 23:30


Désolé, je n'avais pas reconnu Sheakespeare...


bougerolles 16/04/2009 09:21

aux pauvres le bonheur, aux riches le travail et la reussite...mais le bonheur, le ventre vide ca ne resiste pas longtemps, et les disparites d'ecart (de 1 à 500) entre le smic et certains hauts salaires ne sont pas explicables; le rôti coûte la même chose mais n'a pas le même impact sur ce qui reste pour finir la semaine-les pauvres doivent ils se contenter d'abats?les riches s'entretiennent et entretiennent leur train de vie sans travailler vraiment en tondant les gens qu'ils exploitent et, de plus, sans les rendre heureux-ils manifestent leur mecontentement...etes vous sourds ou avz vous qq chose de pourri entre les oreilles (something crotten maybe mais c'est pour le royaume de danemark)

Bernard Sady 16/04/2009 22:20


Complètement d'accord avec le scandale des très hauts salaires, à condition de les dénoncer aussi dans le show business...
Cependant, il ne faut pas généraliser : les très hauts salaires ne représentent qu'une très faible partie des chefs d'entreprise. Cf mon billet sur le sujet.
Il faut arrêter d'utiliser la caricature à la Zola : "le bonheur le ventre vide, ça ne résiste pas". C'est pareil pour l'opposition riches / pauvres : les situations réelles ne résistent pas un tel
manichéisme... Dans nos sociétés occidentales, la pauvreté a très fortement diminué et la protection sociale fait qu'il n'y a pratiquement plus personne qui meurt de faim (cette pauvreté existe
chez les sans-papier qui ont fuit la pauvreté de leurs pays d'origine). C'est vers les peuples du tiers monde qu'il faut maintenant se tourner pour voir la véritable pauvreté.
Dans notre société occidentale, il y a des inégalités et il y en aura toujours, sauf à vouloir retourner vers un socialisme à visage inhumain tel qu'on a pu le voir en URSS... Est-ce ce que vous
préconisez?
Quant au style de votre dernière phrase, même si j'accepte la polémique, il frise l'insulte et ne fait avancer le débat en rien...


Michel 08/04/2009 22:40

Bonsoir,

La citation "s'ils n'ont pas de pain qu'ils mangent des brioches" à bien débouché, non pas sur une "certaine révolte", mais sur un peu plus de deux siècles de chaos de tous ordres (capitalisme sans frein, communisme, nazisme, mondialisme, etc.), en aggravant les problèmes plutôt qu'en les réglant.

Il faut en effet se souvenir que l'auteur de ce "mot" est Jean-Jacques ROUSSEAU qui écrit dans ses Confessions : «Je me rappelai le pis-aller d'une grande princesse à qui l'on disait que les paysans n'avaient pas de pain, et qui répondit : Qu'ils mangent de la brioche !». Une décennie plus tard, la propagande républicaine plaçait calomnieusement ce mot dans la bouche de Marie-Antoinette, reine de France, pour mieux la tuer.

Et enfin, pour bien clarifier cet épisode de l'histoire (la "certaine révolte"), il ne faut pas oublier que Necker avait préparé "les émeutes" en affamant le peuple, ce que la propagande républicaine omet soigneusement de préciser.

Il ne faut pas non plus oublier que ceux qui organisent les révoltes le font dans un but bien précis : celui de prendre la place des gens qu'ils renversent, quand à la masse de manœuvre que constitue "le bon peuple", en général elle continue de crever de faim. Sur ce sujet je me permet en général de renvoyer au film de Sergio Leone "Il était une fois la révolution..." qui, s'il est bâclé, ne mâche pas ses mots.

Bernard Sady 14/04/2009 22:42


Merci Michel de ces précisions. "Il était une fois la révolution..." est effectivement une bonne illustration de ce que sont les révolutions...


bougerolles 02/04/2009 13:07

le salaire s'il permet juste la survie de l'outil sans permettre la satisfaction des autres besoins(appartenance, reconnaissance, lien social et les arts par exemple)n'est pas suffisant surtout au regard de la fracture effective et des inegalites profondes (que gangne un dirigeant versus que gagne un ouvrier et ; que leur permettent leurs salaires respectifs- sachant que le kilo de viande coûte la même chose pour les deux ou, que les pv a payer n'auront pas la meme incidence sur le budget; surtout si ce budget est presque entierement dedie a l'alimentation et aux frais engendres par le logement- frais qui d'une certaine maniere sont incompressibles)je rappelle que le "s'ils n'ont pas de pain qu'ils mangent des brioches" a debouche sur une certaine revolte...

Bernard Sady 14/04/2009 22:41


Le salaire ne permet certainement pas la "satisfaction des autres besoins : appartenance, reconnaissance, lien social, etc...". Vos propos semblent faire référence à Maslow et sa fameuse pyramide.
Cependant Maslow n'a pas parlé du salaire comme moyen de satisfaire les besoins plus "élevés" que les besoins de base (nourriture et sécurité). Ensuite, c'est la reconnaissance et l'appartenance à
une communauté qui sont importants, et là, le salaire a une importance très faible. Si vous avez un salaire très élevé, mais que votre patron vous considère comme moins que rien, cela ne viendra
pas combler votre besoin de reconnaissance. Et si vos collègues vous laissent de côté, votre besoin d'appartenance ne sera pas satisfait. Le salaire, même si c'est important, n'est pas tout.
Quant au pain et à la brioche, je laisse la parole à Michel et à sa réponse très bien documentée.