Vers la rupture du système monétaire international...

Publié le par Bernard Sady

Le dernier communiqué du LEAP du 16 avril dernier explique qu'après "l'échec" du G20, « la rupture du système monétaire international se confirme pour l'été 2009. »



Et c'est par la Chine que ça devrait arriver :


« La prochaine étape de la crise sera déterminée par un rêve chinois. En effet, à quoi peut bien rêver Pékin pris, d'après Washington, dans le "piège Dollar" de ses 1.400 milliards d'actifs libellés en Dollars US ? D'après les dirigeants américains et leur cortège d'experts médiatiques, à continuer à être prisonnier et même à renforcer cette condition carcérale en achetant toujours plus de Bons du Trésor et de Dollars US.


« Pourtant, tout le monde sait à quoi rêve vraiment un prisonnier ? A s'évader bien sûr, à sortir de sa prison. Aussi, pour LEAP/E2020, il ne fait aucun doute que Pékin cherche sans relâche désormais à se débarrasser au plus vite de cette montagne d'actifs "toxiques" que sont devenus les Bons du Trésor US et la devise américaine sous laquelle la richesse de 1 milliard 300 millions de Chinois est emprisonnée.


Le LEAP affirme que « Pékin creuse discrètement depuis plusieurs mois "des tunnels et des galeries" dans le système économique et financier mondial afin de s'évader du "piège Dollar" d'ici la fin de l'été 2009 ».


Et la conclusion est impressionnante : « sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s'ouvrira alors la période à partir de laquelle le "chacun pour soi" deviendra la règle du jeu international, dans la droite ligne d'un G20 de Londres dont le communiqué final se lit comme la "chronique d'une dislocation géopolitique annoncée" ».


Irréaliste ? Cela commencent pourtant à se voir : « le mois d'Avril 2009 (principal mois de collecte des revenus fiscaux aux Etats-Unis) va rendre désormais impossible à masquer. La cessation de paiement des Etats-Unis à l'été 2009 est en effet d'une actualité toujours plus brûlante avec un déficit public désormais totalement hors de contrôle sur fond d'explosion des dépenses (+ 41%) et d'effondrement des recettes fiscales (-28%) comme l'a anticipé LEAP/E2020 il y a plus d'un an : pour le seul mois de Mars 2009, le déficit fédéral s'est monté à près de 200 Milliards USD (très largement au-dessus des prévision les plus pessimistes), soit à peine un peu moins de la moitié du déficit pourtant record de l'ensemble de l'année 2008. Et le même phénomène se répète à tous les niveaux de la structure publique du pays : état fédéral, états fédérés, comtés, villes, ... partout les recettes fiscales s'évanouissent entraînant de manière accélérée l'ensemble du pays dans une spirale déficitaire que personne (Washington en premier chef) ne maîtrise plus. »



Et pendant ce temps, « Washington ménage Pékin sur les devises », comme le titrait un article des Echos du 17 avril dernier.


Cet article expliquait qu' « après avoir lancé en janvier dernier, avant même son entrée en fonction officielle, que le président Barack Obama estimait "que la Chine manipulait sa devise", le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a finalement indiqué, hier, dans un rapport publié par ses services, que ni les autorités de Pékin, ni aucun autre partenaire commercial des Etats-Unis n'avait "manipulé leurs taux de change dans le but d'éviter d'avoir à ajuster sa balance des paiements, ou pour obtenir indûment des avantages comparatifs" ».


Mais l'article des Echos précise que « le yuan reste, pourtant sous-évalué » et que « refusant de rompre avec les positions de l'administration Bush sur ce dossier sensible, la nouvelle équipe du département du Trésor justifie sa décision en pointant que "les autorités chinoises ont redit en janvier 2009 leur engagement en faveur d'une plus grande flexibilité du taux de change" du yuan que celui-ci s'est "apprécié de 16,6 % en termes réels entre juin 2008 et fin février 2009", que le rythme d'accumulation des réserves de change chinoises semble ralentir et que "la Chine a mis en oeuvre un gros plan de relance budgétaire" ».



De son côté, Pierre-Olivier Rouaud constate dans l'Usine Nouvelle du 16 avril : « l'assurance du président chinois Hu Jintao au G20. La Chine y a tout gagné. Des louanges pour sa relance XXL (460 milliards d'euros), un renforcement de son poids au FMI... et surtout le fait que personne ne s'est mêlé de ses affaires. Notamment ce qui est pourtant l'une des causes de la crise : ses formidables excédents commerciaux. Alors triomphante la Chine ? Bien sûr. Et personne ne se féliciterait de voir le dragon tousser. Cela n'exclut pas quelques questions. Réputé à bout de souffle voilà encore trois ans, son système bancaire serait devenu le premier du monde. A confirmer. Et s'il ne s'est pas gavé de produits toxiques, résistera-t-il au dégonflement de la bulle immobilière ? »

Et concernant les énormes déficits des USA, Les Echos du 20 avril précisent que les prévisions budgétaires des USA « tablent sur un déficit record de 1.750 milliards de dollars en 2009 ».


Même si « le président américain Barack Obama a ordonné lundi à son gouvernement de trouver 100 millions de dollars d'économies dans son budget au cours des 90 prochains jours, en guise d'exemple de rigueur financière », cela ne changera pas fondamentalement ce déficit prévisionnel qui risque au contraire de se creuser encore plus, en fonction de l'aggravation de la crise... pour aboutir à la cessation de paiement...

Publié dans Economie

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Bruno 22/04/2009 11:25

article pasionnant, merci!
En tout cas, même s'il faut garder de l'optimisme, celà donne les faits de ce côté dont personne ne parle: comment les états unis peuvent-ils pomper tout l'or du monde et notemment de la Chine et garder le système à l'équilibre? Et comment se remmettent-ils à consommer, paraît-il que l'immobilier se porte beaucoup mieuxla bas?

Bernard Sady 23/04/2009 23:50


Les Etats-Unis ont le dollar et y tiennent. C'est ce qui leur a permis de vivre à crédit aux crochets du reste du monde pendant des années.
"Le dollar est notre monnaie, mais votre problème", la célèbre phrase de John Connaly en 1971 est toujours d'actualité...
Ils ont réussi au G20 à bloquer ce qui les gênait. Et ils ont mis en avant le FMI qui est entièrement acquis à leur cause...
Quant à l'immobilier aux USA, les indicateurs sont contradictoires... Aujourd'hui, un article des Echos titrait : "Etats-Unis : recul plus fort que prévu des reventes de logements en mars". En
fonction des jours, ce sera positif ou négatif. ce qu'il faut conserver à l'esprit, c'est que tant que le problème des actifs toxiques n'est pas règlé, une reprise ne pourra être pérenne.