Le Japon s'enfonce dans la crise...

Publié le par Bernard Sady

Dans mon billet précédent sur la crise, je n'avais pas parlé du PIB du Japon, car les chiffres n'étaient pas encore connus...

Ils sont tout simplement catastrophiques...



Pourtant, les premiers chiffres parus cette semaine, portant sur la production industrielle, étaient encourageants. Michel de Grandi, dans Les Echos du 20 mai, expliquait : « La production industrielle japonaise a montré les premiers signes d'un rebond en mars après six mois de baisse. Les autorités ont confirmé, hier, le soubresaut de 1,6 % déjà observé avec les résultats préliminaires publiés fin avril. Il ne s'agit pas encore d'une embellie, puisque, par rapport à mars 2008, la chute est de 34,2 %. Mais une tendance semble s'amorcer. »

(Le graphique ci-contre et celui-ci-dessous ont été publiés par Les Echos.)




Le 20 mai, c'étaient les chiffres du PIB qui étaient publiés... Michel de Grandi, décrit la situation dans Les Echos de ce jour : « L'enthousiasme suscité la veille par le léger rebond de la production industrielle a été de courte durée. Le chiffre, tant redouté, d'une chute de 4 % du PIB de janvier à mars de la deuxième économie mondiale a été confirmé par le gouvernement amenant l'extrapolation sur une base annuelle, à - 15,2 %. Du jamais vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. »


Comment expliquer une telle chute ?


Le Japon avait surtout misé sur les exportations : « Extrêmement touché, le Japon l'est surtout par ses exportations qui ont encore plongé de 26 % durant la période allant de janvier à mars. Aidées par la faiblesse du yen, ce sont elles qui, jusqu'en 2008, ont assuré plus de 50 % de la croissance de l'Archipel. Et ce, bien qu'elles entrent pour moins de 20 % dans la formation du PIB. »


Mais avec la crise, le résultat est terrible : « Cette politique résolument exportatrice d'un pays à la population vieillissante produit aujourd'hui des effets catastrophiques. Car le Japon ne peut pas compter sur la consommation des ménages qui, au premier trimestre, a reculé de 1,1 %, après - 0,8 % au cours du trimestre précédent, pour soutenir son économie. A présent, alors que toutes les grandes entreprises sont tombées dans le rouge et ont mis en place des plans drastiques de réduction de leurs coûts, aucune embellie non plus n'est à attendre des dépenses en investissement qui ont plongé de 10,4 %, bien plus que les - 6,7 % du dernier trimestre de 2008. Beaucoup d'entreprises ont annoncé réduire leurs dépenses en R&D et ne vont donc pas se lancer dans des programmes d'investissement. »


Et au final : « Personne parmi les experts privés ou les conjoncturistes du gouvernement n'attend aujourd'hui de réelle reprise. Pour beaucoup, l'économie a certainement touché le fond et va rester ainsi pendant plusieurs mois. Du coup, les prévisions pour le deuxième trimestre font déjà état d'un nouveau recul probable de quelque 3 %, en attendant les premiers effets des plans de relance. »


Cette chute est d'autant plus importante que le Japon est la deuxième économie mondiale...

Tout laisse à penser que si nous avons effectivement touché le fond (ce qui n'est pas sûr...), l'économie mondiale et pas seulement le Japon, risque d'y rester un moment...


Publié dans Economie

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