Trophée des usines 2009

Publié le par Bernard Sady

La 15ème édition du trophée des Usines, organisé par l'INSEAD, le WHU (Institut du Management Allemand) et L'Usine Nouvelle vient de décerner ses récompenses.


Comme le dit Jessy Picard dans L'Usine Nouvelle du 04 juin dernier, « Qu'elles soient allemandes, françaises ou espagnoles, les cinq entreprises lauréates ont développé un modèle d'entreprise étendue où le dialogue avec les fournisseurs et les clients est la règle. »


Il précise : « Les dirigeants de ces usines n'hésitent pas à sortir de leur atelier pour dialoguer. "Outre l'excellence des gagnants dans la mise en place d'une stratégie claire, la grande nouveauté cette année réside dans la performance des lauréats en matière de coopération », explique Christophe Loch, professeur de management à l'Insead et membre du jury. »


Les champions de cette année sont :

  • Pour la France : SDMS, une petite entreprise (132 personnes) grenobloise high-tech spécialisée dans la chaudronnerie pour le nucléaire, l'énergie ou l'espace.
  • Pour l'Allemagne : Siemens Healthcare, spécialisé dans les dispositifs médicaux de radioscopie.
  • Pour l'Espagne : Martinez Loriente, abattoir particulièrement performant.


Voici en détail les éléments qui font la performance de ces trois entreprises.



Commençons par « SDMS, le champion français de l'ingénierie collaborative ».


Une première question : « Le secret de cette entreprise familiale ? Un positionnement sur une niche technologique de la chaudronnerie pour des secteurs exigeants comme l'énergie, la défense ou le spatial. »


Un concept : « Afin de répondre aux spécificités de ses clients, SDMS mise sur l'ingénierie collaborative et la production à la demande. »


Cette collaboration se fait d'abord avec les clients : « Chez SDMS, les clients ne restent pas enfermés des journées entières dans un bureau, entourés de commerciaux et d'ingénieurs. Ils parcourent les ateliers et passent du temps avec les techniciens et les ouvriers. Cette façon de procéder est un outil pour le management. "Les salariés sont directement confrontés aux clients. Nous n'avons pas besoin de faire de longs discours sur la priorité au client. Ils le comprennent d'eux-mêmes", explique Louis Landrot. »


Et cela va très loin : « Arrivée à certains points clés du processus, la fabrication s'arrête. Le client vérifie que le produit est conforme et valide le passage à l'étape suivante. Une méthode recommandée par les gourous du "lean développement", qui prônent la segmentation en petites étapes dans les procédés de fabrication. »


La collaboration est également interne. La description en est absolument anti taylorienne : « L'organisation n'est pas cloisonnée entre un bureau des méthodes composé d'ingénieurs et un atelier avec des opérateurs. Tous les salariés contribuent à l'amélioration continue des processus. Les techniciens, dûment formés en interne, sont intégrés à la recherche et proposent des idées nouvelles sur des techniques de soudage. »


Il ne semble pas qu'il y ait d'informatique collaborative, mais des logiciels de CAO : autocad, solidwworks et cosmosworks comme le site de SDMS le précise.


Chez SDMS, la collaboration se fait sur le terrain. Pas la moindre notion de 2.0 et pourtant, SDMS semble particulièrement performante... grâce au "lean"...


La formation est essentielle et 6% de la masse salariale y est consacrée : « L'entreprise attache beaucoup d'importance à la qualification des salariés, qui sont tous formés en interne et qui peuvent évoluer dans la société. »

Ce qui permet d'avoir une excellente ambiance : « Pour les dirigeants de SDMS, ce dispositif contribue à un bon climat social au sein de l'entreprise, dont l'effectif est passé de 90 salariés en 2000, à 132 en 2009. »

Même le secrétaire du CE le reconnaît : « "La direction est accessible et nous pouvons parler de tout. Nous apprécions particulièrement de ne pas être considéré comme des numéros", témoigne ainsi Roland Chaléat, technicien contrôle et secrétaire du comité d'entreprise. »


Cependant, SDMS n'est pas encore "arrivée" : « il reste beaucoup de travail pour que l'entreprise soit complètement "lean". Notamment sur l'ergonomie des postes de travail et sur la communication des consignes de sécurité. »


Les objectifs pour les années à venir en matière de mangement ?

« Nous allons travailler sur la formalisation de nos savoir-faire. Pour l'instant, ils ne sont pas encore tous répertoriés dans des manuels. Il devient nécessaire de capitaliser et de transmettre nos acquis techniques aux générations futures. En matière de sécurité, nous allons travailler aussi sur l'affichage des consignes aux postes de travail. » Louis Landrot président de SDMS.



C'est vraiment très encourageant de voir une telle sociétés française réussir en tournant résolument le dos à Taylor, tout en gardant les pieds sur terre et sans tomber dans le mythe du 2.0...


Il est heureux que SDMS ait eu ce trophée. Je souhaite qu'elle devienne un exemple pour de nombreuses PME françaises.

La suite des autres lauréats dans un prochain billet.

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