Petite chronique hebdomadaire de la crise - semaine 26

Publié le par Bernard Sady

Plutôt que de faire des articles épisodiques traitant de la situation économique, je vais essayer de faire en fin de chaque semaine une "Petite chronique hebdomadaire de la crise". L'objectif est de donner à mes lecteurs une vue synthétique des principaux évènements économiques de la semaine passée, ainsi qu'une vue prospective sur ce qui pourrait se passer.


Voici donc cette première "chronique".



En introduction, je dirais que cette semaine, le monde de l'économie hésite entre optimisme et pessimisme. C'est que, selon l'adage populaire "un pessimiste est un optimiste qui s'est renseigné"..., il commence à s'informer... Les hauts et les bas de la bourse le montrent. Pourquoi ? Tout simplement parce que tout ce petit monde se rend compte que les quelques signes de "reprise" ne sont dus qu'aux vastes plans de relance mondiaux. C'est comme si le malade, après une grave crise d'anémie était sous perfusion de vitamines pour lui redonner de la vigueur. Et effectivement, le malade montre des signes de regain d'énergie. Le problème, c'est que si on débranche la perfusion, le malade risque de retomber, car il est incapable de se tenir debout tout seul. Autre problème plus grave : le stock de vitamines est limité à un ou deux ans et le soutien ne pourra pas durer autant que les impôts...




Examinons maintenant les points marquants de cette semaine.



France

 

Le discours de Nicolas Sarkozy devant le Congrès.


C'était lundi dernier à Versailles.


Les différents thèmes abordés font penser plus à une liste à la Prévert (burka, réforme territoriale, outre-mer, jeunesse, Internet, discrimination, licenciements, retraite, environnement, taxe carbone, investissement, réforme de l'état, prisons...) qu'à une orientation de politique générale, alors que cela se voulait être la vision de la France de "l'après-crise".


Ce qui en a été retenu sur le plan économique est surtout l'annonce d'un grand emprunt, lancé « soit auprès des français, soit auprès des marchés financiers » pour financer des investissements à venir... dont on ne connaît encore rien. Ils vont être décidés dans les semaines à venir par le nouveau gouvernement...


Mais « le débat fait déjà rage sur la définition des "investissements d'avenir" » comme le titrent Les Echos de vendredi...


Les critiques envers ce discours et surtout envers ce nouvel emprunt sont venues de la gauche, mais également de tous les bords. Toutes mettant le doigt sur l'augmentation de la dette...


Par exemple, Dominique Seux, dans Les Echos du 23 juin, constate avec bon sens que « la "bonne" dette est encore de la dette ».


Il explique : « Pas question d'un plan de rigueur sur les impôts ou les dépenses pour redresser des comptes publics catastrophiques, une rigueur qui, je cite, "a toujours échoué". Au contraire, il faut investir, dans l'éducation, la jeunesse, les technologies vertes. A moyen terme, c'est gagnant, cela tire la croissance et fait rentrer des recettes dans les caisses.

« Il y a plusieurs types de dépenses : les temporaires, qui disparaîtront la crise passée, par exemple les aides aux chômeurs ; celles qu'il faut limiter, les gaspillages, la bureaucratie, la dérive des dépenses de retraites - et ça c'est courageux de s'y attaquer. Et puis, surtout, il y a les bonnes dépenses qui préparent l'avenir, financées par l'emprunt annoncé. Au total, la thèse, est : oui à la relance par l'investissement pour éviter la récession et la rigueur.


« Une thèse séduisante, sur le papier, mais il faut passer du concept au concret. Car derrière, il y a une question : que deviennent les déficits et la dette publics ? Si les économies sur les « mauvaises » dépenses, les dépenses de fonctionnement, sont supérieures aux nouveaux investissements, bravo, bien joué, les déficits baisseront. C'est pourtant peu vraisemblable parce qu'aucune nouvelle piste sérieuse d'économies n'a été évoquée hier. Le plus probable est donc que les dépenses nouvelles seront supérieures. Les déficits resteront très élevés d'ici 2012.

« Le problème est que derrière ce nouveau concept, les "bons" déficits, c'est toujours la même hausse de la dette que l'on vend. Sauf à faire le pari du retour de l'inflation pour effacer les dettes, le pari est extrêmement risqué. »


Effectivement, d'autant que le lendemain de ce discours, mardi, la Cour des Comptes faisait paraître son rapport sur les finances publiques.



Le rapport de la cours des comptes et la dette


Ce rapport, publié mardi, a fait l'effet d'une véritable bombe, prenant à contre-pied le discours de Nicolas Sarkozy devant le congrès.


Si vous souhaitez consulter l'intégralité de ce rapport, il est ici.


Laurent Banguet reprenait dans les Echos l'essentiel de ce rapport dès mardi soir :


« La crise n'explique que la moitié du déficit public colossal prévu cette année et une hausse des impôts est inévitable si la France ne réduit pas considérablement ses dépenses, avertit la Cour des Comptes dans un rapport sur les finances publiques publié mardi.


« Une décision difficile à faire accepter à l'électorat et que Nicolas Sarkozy a d'ores et déjà balayée lundi, lors de son discours devant le Congrès.


« Le déficit public de la France (Etat, sécurité sociale et collectivités locales) est passé de 2,7% du PIB en 2007 à 3,4% l'an dernier et il devrait atteindre 7% en 2009.


A noter que dimanche, lors du Grand jury RTL-LCI-Le Figaro, Eric Woerth avait déclaré que le déficit serait de 7 à 7.5% en 2009 et en 2010...


Laurent Banguet continue : « La crise économique "explique une part seulement" de cette dégradation, a insisté le premier président de la Cour, Philippe Séguin, en présentant à la presse le "rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques", traditionnellement remis au Parlement avant le débat d'orientation budgétaire.


« "Une autre part résulte de tendances de fond comme la baisse des impôts" ainsi que d'une maîtrise des dépenses très insuffisante, a-t-il souligné.


« Au total, la Cour des Comptes estime le déficit chronique ou "structurel" de la France à environ 3,5% du PIB (contre 1,4% en moyenne dans la zone euro), ce qui "montre bien que l'essentiel du problème était fin 2008 d'origine non pas conjoncturelle mais structurelle", selon M. Séguin.


« "Des réformes beaucoup plus ambitieuses sont donc absolument nécessaires. Si la maîtrise des dépenses s'avérait insuffisante, une hausse des prélèvements obligatoires serait inévitable", a-t-il prévenu.


« Privé de toute marge de manoeuvre budgétaire par le déficit record et la récession qui frappe la France (-3% prévu cette année), le président Nicolas Sarkozy a pourtant martelé lundi devant le Congrès son opposition à toute "politique de rigueur".


« Une politique qui retarderait la "sortie de crise" et aboutirait paradoxalement à une hausse du déficit, a assuré le chef de l'Etat.


« Pour financer les "priorités" du gouvernement, M. Sarkozy a ainsi préféré annoncer un "emprunt national" dont le montant et les modalités restent à préciser.


« Rédigé bien avant son discours, le rapport de la Cour des comptes n'évoque pas la question, mais vient tout de même rappeler que la France emprunte déjà tous les jours sur les marchés financiers, notamment pour financer son déficit.


« En 2008, la dette a ainsi augmenté de 118 milliards d'euros et la France a payé plus de 54 milliards d'euros pour en payer les intérêts, c'est-à-dire plus que le produit de l'impôt sur le revenu. Cela représente environ 2.000 euros par an et par Français ayant un emploi, a souligné M. Séguin, craignant un "emballement de la dette".


« "C'est ce qu'on appelle l'effet boule de neige : les charges d'intérêt deviennent si importantes qu'il faut emprunter de plus en plus pour les payer et rembourser le capital", a-t-il expliqué.


« Fin 2008, la dette publique atteignait 1.327 milliards d'euros (68,1% du PIB), soit 47.400 euros par Français actif.


« Si rien n'est fait, "les Français devront donc payer plus pour rembourser plus", a résumé Philippe Séguin.


« Selon des estimations de la Cour, à l'horizon 2012, le déficit serait encore supérieur à 6% et la dette approcherait 90% du PIB. Elle pourrait même atteindre 100% en 2018 et 200% avant 2040, d'après les projections faites par la Cour. »


Comme bien souvent, ce rapport sera vraisemblablement classé sans suite. Mais nous voilà prévenus.



Le remaniement ministériel


Le remaniement ministériel a été annoncé en catastrophe mardi soir après le vaudeville "Frédéric Mitterand", ce dernier ayant annoncé lui-même dans la journée qu'il serait à la culture... Cela commence par une belle cacophonie...


Mais sur le plan économique, rien n'est changé. Christine Lagarde reste ministre de l'économie et Eric Woerth reste au budget... On ne change pas une équipe... qui perd... 



Les chiffres du PIB


La baisse du PIB est confirmée à -1,2% pour le premier trimestre. Pour la suite, Les Echos de vendredi donnent les chiffres de l'INSE : « Le PIB français devrait encore refluer de 0,6% au deuxième trimestre et de 0,2% au troisième, avant de se stabiliser au dernier trimestre. Au total, l'année 2009 se solderait par une chute de 3,0% du PIB, le repli de l'activité le plus marqué depuis 1949. Un chiffre conforme à celui du gouvernement et à la prévision de l'OCDE pour 2009. »



Les chiffres du chômage


Diffusé jeudi, ils annoncent une "décrue de l'augmentation"... Seulement 36 400 chômeurs de plus à fin mai ( à comparer avec 100 400 en janvier, 79 900 en février, 63 400 en mars et 58 500 en avril)...


Les Echos de vendredi expliquent : « Il y a un an, l'annonce aurait été perçue comme une mauvaise nouvelle. Mais après les hausses record du chômage qui se sont accumulées depuis le début de l'année, la progression enregistrée en mai apparaît comme une embellie. Selon les statistiques rendues publiques hier par Pôle emploi, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi et n'ayant pas travaillé dans le mois, a augmenté de 36.400 - contre 58.000 en avril et plus de 300.000 sur les quatre premiers mois de 2009. Il a atteint un total de 2.543.100 en France métropolitaine (+ 1,5 % sur un mois). Si l'on y ajoute les chômeurs ayant travaillé occasionnellement (catégories B et C), ce nombre monte à 3.625.3600, en hausse de 54.100 (+ 1,5 % aussi). »


Ce qui n'a pas empêché un communiqué de (presque) victoire de notre ministre : « Christine Lagarde, s'est félicitée hier d'une "décélération pour le quatrième mois consécutif" du chômage qui est un "signe encourageant", mais elle a averti qu'"on n'est pas sorti du tunnel pour autant et qu'on continuera à avoir des chiffres difficiles". »


On n'est jamais trop prudent. Il risque de ne pas se passer grand-chose pendant les deux prochains mois de "trêve estivale", à moins que certains "patrons-voyous" n'en profite pour fermer des usines en catimini. Par contre, la rentrée risque d'être difficile.

Les Echos confirment cette inquiétude : « la prudence reste d'autant plus de mise que les statistiques de mai montrent une stagnation des reprises d'emploi déclarées, qui avaient bondi de 12,3 % en avril, ce qui pourrait être un signe que le marché aurait tendance à se figer, avant une rentrée de septembre qui pourrait être difficile. »


C'est également ce que redoute la Caisse des Dépôts selon ce que rapportent Les Echos de jeudi : « les entreprises françaises devraient connaître une "situation difficile" en septembre du fait de l'épuisement de leurs réserves de trésorerie, a estimé jeudi le directeur général de la Caisse des dépôts (CDC), Augustin de Romanet.


« "Je pense que la situation difficile pour les entreprises, ça va être à la rentrée de septembre", a déclaré M. de Romanet lors de son audition devant la commission des Finances du Sénat.


« "Pour beaucoup d'entreprises saines, les difficultés de trésorerie ne sont pas encore arrivées", a-t-il expliqué, ajoutant que "le matelas de réserve qu'elles avaient n'est pas en mesure de durer plus de douze mois", la crise financière s'étant aggravée en septembre 2008. »



Les chiffres de la consommation


Les Echos du 24 juin expliquent qu' « en mai, les dépenses des ménages en produits manufacturés ont cédé 0,2 % par rapport à avril, indiquent les chiffres publiés hier par l'Insee. »


Mais, cela n'empêche pas Christine Lagarde de se transformer en Pythie de la crise... : « Je pense qu'on va avoir un mois de juin qui va relancer la machine consommation, je pense qu'on va avoir des chiffres qui vous surprendront » a dit notre ministre à Reuters lors d'une visite mercredi au grand magasin Printemps du Boulevard Haussmann à Paris à l'occasion de l'ouverture des soldes d'été.




Etats-Unis


Le Produit intérieur brut n'a reculé que de 5,5% en rythme annuel au premier trimestre, selon les chiffres officiels définitifs publiés jeudi à Washington par le département du Commerce. Cette baisse de l'activité a finalement été inférieure de 0,2 point à l'estimation précédente du ministère. Elle est également moins forte que ne le redoutaient les analystes, qui l'estimaient à 5,7%. Cette baisse vient après le plongeon du PIB de 6,3% au dernier trimestre 2008. Les autorités américaines et la plupart des économistes "optimistes" escomptent une sortie de crise des USA d'ici la fin de l'année...


Un nouveau scandale de rémunération des traders : « Après Morgan Stanley et UBS, c'est au tour de Citigroup, pratiquement ressuscité par les « stress tests » de la Réserve fédérale, de justifier ainsi son projet de relèvement significatif des salaires de certains de ses cadres en pleine période de repentance. Discrètement annoncé il y a quelques jours en interne, le projet d'augmenter de 50 % le salaire fixe de ses banquiers d'affaires et de ses traders, en vue de compenser la baisse des bonus, suscite des remous. Quelques semaines après la décision de Barack Obama de confier la supervision des rémunérations des bénéficiaires d'aides fédérales au « contrôleur d'Etat » Kenneth Feinberg, l'initiative soulève aussi des interrogations au Congrès. » (Les Echos du 26 juin)

Comme le dit le sénateur démocrate Christopher Dodd, en première ligne sur la réforme de la régulation financière : « Ils n'ont vraiment pas compris ».



La réunion de la FED en milieu de semaine n'a rien décidé ou a plutôt décidé de ne rien changer... C'est ce que prévoyait François Leclerc lundi dernier sur le blog de Paul Jorion dans un billet intitulé : « Même les meilleurs expédients ont une fin »


Il explique : « Hier, nous étions environnés des "jeunes pousses" annonciatrices d'une proche relance, sortant du cauchemar et de la panique des mois précédents. La bourse remontait, les banques annonçaient d'importants profits, puis s'engageaient aux Etats-Unis dans le remboursement des aides publiques. Les actifs toxiques étaient partout repoussés sous les tapis, la gigantesque pyramide chancelante des produits financiers "structurés" ignorée, bien que loin d'être totalement démantibulée.


« Aujourd'hui, nous replongeons insensiblement dans le marasme. Les doutes réapparaissent, autour d'un consensus désormais largement établi : la reprise sera très limitée, quand elle voudra bien intervenir, et ses conséquences douloureuses. Car l'accent est mis sur deux nouveaux dangers nous menaçant, l'accroissement des déficits publics d'un côté, l'inflation qui pourrait repartir de l'autre, alors que nous sommes toujours en récession mondiale. Avec, comme seul constat possible, en guise de faible soulagement, que la situation empire moins vite. Phénomène vite traduit comme signe annonciateur de la reprise, en le sollicitant un peu.


« Le moral des financiers et des économistes, et de ceux qui les observent, est une chose. La réalité des faits en est une autre. Tout tient de ce point de vue en une seule constatation, dont la portée n'est pas mince : la Fed est désormais à court de munitions. En d'autres termes, les solutions monétaires qui sont sa raison d'être, ainsi que les instruments dont elle dispose, ont atteint leurs limites. Elle ne peut plus baisser ses taux, déjà au plancher, et hésite beaucoup à poursuivre sa politique de création monétaire, devant ses conséquences et les craintes que celle-ci suscite par anticipation.


« Que se passe-t-il donc ? Les taux des bons du Trésor sont les fautifs. Ils montent, et la Fed n'y peut plus rien, après avoir essayé d'enrayer leur hausse. Semaine après semaine le Trésor engage sous les regards un peu inquiets des observateurs de nouvelles adjudications, afin de financer le gigantesque déficit du budget américain, faisant accéder la dette publique à des sommets jamais atteints. Ne pouvant qu'amplifier un phénomène déjà alimenté par la crainte de l'inflation (et de la dévalorisation du dollar qui pénaliserait les détenteurs des bons). »

Et en fin de semaine, la bourse chutait, car les statistiques diffusées vendredi venaient de montrer que les américains se mettent à épargner...



Grande-Bretagne


La sortie de crise ? Selon Les Echos de jeudi, « Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mervyn King, a reconnu tout bonnement, hier, qu'il était "moins sûr que jamais, parce que ce n'est pas le modèle d'une récession se transformant en reprise que nous avons vu depuis 1930". Et d'avouer une "vraie préoccupation" concernant la vitesse à laquelle l'économie britannique peut se redresser, compte tenu de la difficulté d'obtenir du crédit bancaire. »



Japon


Le Japon risque de perdre son rang de deuxième économie mondiale au profit de la Chine.



C'est aussi la déflation qui menace.


Le Journal du Net commente le 26 juin : « Les prix à la consommation au Japon ont connu une chute record en mai (-1,1% sur un an), illustrant la gravité de la déflation dans la deuxième économie mondiale confrontée à la déprime de la consommation et à une dégradation du marché de l'emploi.


« Cette baisse des prix hors denrées perissables pour le troisième mois d'affilée est la plus forte depuis que l'indice a commencé à être calculé en 1971. Elle a surpassé toutes celles enregistrées entre 1997 et 2006, quand le Japon avait déjà connu une très longue période de déflation après l'éclatement de la bulle spéculative immobilière et boursière du début des années 1990.


« Selon les chiffres publiés vendredi par le ministère des Affaires intérieures, le recul sans précédent de mai s'explique essentiellement par la chute des prix des carburants, des loisirs ainsi que des produits électroniques.


« En moyenne, un ordinateur portable était par exemple 48,6% moins cher en mai qu'un an plus tôt, un voyage organisé à l'étranger 14,8% et un plein d'essence 26,4%.


« "Nous nous dirigeons vers un territoire de profonde déflation. Le pire reste à venir", a commenté David Yen, économiste à la Société générale, qui prévoit une "accélération spectaculaire de la déflation au deuxième semestre". »



Chine


Face à la dérive protectionniste de la Chine, Bruxelles et Washington ont lancé une procédure devant l'OMS.


Comme le disent Les Echos du 24 juin : « Entre quotas, taxes à l'exportation ou prix minimum à l'exportation, la Chine utilise une batterie d'outils visant à limiter la sortie du territoire national d'une vingtaine de matières premières qu'elle considère comme stratégiques. Bauxite, indium, phosphore, carbonate de magnésium, molybdénite, les minéraux en cause dans cette affaire n'évoquent rien à l'oreille des non-initiés mais ils jouent un rôle dans certaines industries, notamment dans les semi-conducteurs et l'aéronautique. Derrière cette procédure à l'OMC, c'est donc la question de la compétitivité de l'industrie chinoise qui est posée : en gardant pour elle une partie de ses matières premières, la Chine faciliterait artificiellement - par rapport aux principes du libre-échange - la vie de ses industries. »



Monde


Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE donne son point de vue sur la crise dans Les Echos de mercredi dernier : « La crise n'est pas finie ».


Il explique : « Les "Perspectives économiques de l'OCDE", qui sont publiées aujourd'hui, tablent sur une récession prolongée. Nos économies ne semblent toutefois plus en chute libre ce qui, après une année de prévisions on ne peut plus sombres, est une bonne nouvelle.


« Les gouvernements doivent néanmoins garder le cap, et ne pas se laisser abuser par des "frémissements" de reprise, qu'ils prennent la forme d'enquêtes de confiance ou d'un raffermissement des prix de l'énergie ou des actions. Pour encourageants qu'ils soient, de tels signes ne sont peut-être que le résultat des vastes plans de relance budgétaire mis en place ces derniers mois et, dans le cas des prix du pétrole, sans doute aussi d'une part de spéculation. Il en faut plus pour convaincre de la réalité de la reprise.


« Soyons clairs, la crise a porté un rude coup à nos systèmes économiques, laminant la confiance, la richesse et le potentiel productif de pays entiers. Nous devons nous attendre à un gonflement du chômage et à un recul probable des investissements, ce qui se répercutera partout sur la performance économique, y compris sur les marchés émergents.


« La crise sociale aura des conséquences coûteuses et se traduira par un alourdissement de la pression fiscale. Plus de 11 millions de personnes ont perdu leur emploi dans la zone OCDE dans les douze mois qui ont précédé avril 2009, chiffre qui pourrait dépasser les 25 millions d'ici la fin 2010. Les ressources publiques seront sollicitées à l'extrême en vue d'atténuer l'impact de la crise, de venir en aide aux chômeurs, de préserver les emplois existants et d'en créer de nouveaux.


« Il n'est guère surprenant que les pouvoirs publics souhaitent voir ces frémissements se confirmer rapidement, pour pouvoir envisager un désengagement de ces interventions d'urgence et alléger le poids de la dette. Mais il est impératif que ces "stratégies de retrait" soient correctement mises en oeuvre. Comme le rappelle la Réponse stratégique de l'OCDE, un désengagement hâtif pourrait être contre-productif pour les marchés et pour la confiance. »



François Leclerc explique de son côté que « l'été sera chaud et orageux » sur le blog de Paul Jorion.

« "Inquiétudes à propos de risques systémiques dans le secteur des CMBS", c'est sous ce titre un peu elliptique que le Financial Times vient de publier, le 22 juin, un important article d'Aline van Duyn. Car elle vient de rompre le silence qui régnait jusqu'alors sur la forte épineuse question de la poursuite de la crise du marché de la dette hypothécaire, abordée confidentiellement par certains blogs pointus (dont celui-ci). Cette question est désormais évoquée dans des colonnes qui font autorité, devant le danger de la rechute en grand de la crise financière qui pourrait en résulter. »



Tout cela rejoint ce qu'avançait le LEAP mi-juin avec ses prévisions des « trois vagues scélérates » : le chômage massif, les faillites en série, la crise des bons de trésor, du dollar et de la livre.



Et comme si rien ne s'était passé, « le vent de la dérégulation souffle à nouveau », comme le dit François Leclerc toujours sur le blog de Paul Jorion.

http://www.pauljorion.com/blog/?p=3480



Ils n'ont vraiment rien compris...

Publié dans Economie

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