Too big to save?

Publié le par Bernard Sady

Un article très intéressant de François Leclerc me servira de "Petite chronique hebdomadaire de la crise" pour ces deux semaines.


Cet article, publié le 13 juillet, est intitulé "L'actualité de la crise : « Too Big To Save ? »".



Dans son introduction, François Leclerc explique la difficulté à s'y retrouver dans la somme des informations économiques diffusées par les différents médias. De plus, en cette période troublée, elles sont souvent contradictoires... La semaine dernière, c'était le pessimisme qui régnait et les bourses plongeaient (le CAC 40 passait vendredi dernier sous les 3000 points...). Cette semaine, c'est au contraire l'optimisme...


Il conclut cette introduction : « C'est pourquoi, n'ayant pas le bénéfice d'être bardé de trop de certitudes, se méfiant de celles des autres, on se met à la recherche non plus de faits, car on est déjà noyé dedans, mais de raisonnements. On piste de bons raisonneurs, afin de souffler un peu et de comprendre où l'on va. »



Et il nous propose neuf personnalités du monde économique qu'il est intéressant de suivre selon lui.


Le premier est Joseph E. Stiglitz dont il nous dit qu'il est « hélas un peu empêtré dans son statut de consultant international ». Mais François Leclerc a « dernièrement retenu que, selon lui "Les Nations Unies prennent la situation en main". C'est en effet le titre de l'un de ses derniers articles en syndication, aux lendemains de la Conférence du 23 juin dernier de l'ONU sur la crise, prenant hélas un peu ses désirs, et les nôtres, pour des réalités. Mais il a eu le mérite d'être sans doute le premier à voir dans la concentration bancaire en cours un grand danger pour l'avenir. » Cet article est consultable sur le site des Echos : « Crise économique : les Nations unies prennent la situation en main ».


Ensuite, c'est Paul Krugman. François Leclerc écrit qu'il « tient salon avec mordant dans les colonnes du New York Times », et qu'il a « été un instant suspecté par certains de complaisance politique avec la nouvelle administration, après avoir été un critique au vitriol de la précédente, mais il s'est ressaisi. » Et il donne sa dernière chronique dans le New York Times qui « s'intitule "Ebouillanter la grenouille" et fait référence à cette histoire bien connue, selon laquelle quand on chauffe progressivement l'eau de la marmite dans laquelle on y a plongé une grenouille, celle-ci ne s'aperçoit pas de l'élévation progressive de la température de l'eau, pour finir ébouillantée. Devinez qui est la grenouille et ce qui nous attend, selon Paul Krugman, tant du point de vue économique qu'environnemental ? »


Puis c'est le tour de Wolfgang Münchau qui commente « de manière très critique » la « finance et l'économie allemandes » dans le Financial Times. François Leclerc donne la conclusion de sa dernière chronique "Berlin a porté un coup à l'unité de l'Europe", « évoquant le jugement de la Cour constitutionnelle allemande, qui a décidé anticonstitutionnelle toute future politique fiscale européenne commune, comme tout commandement militaire : "Le jugement de la Cour reflète le climat politique nationaliste et post-Bismarckien en cours à Berlin. Pour le moins, tous ceux qui sont liés par une union monétaire avec l'Allemagne devraient beaucoup s'inquiéter."  Il n'est pas le seul à prédire de fortes tensions au sein de la zone euro et à s'interroger sur les conséquences du chacun pour soi qui prévaut de plus en plus en Europe. »

Le quatrième est Martin Wolf, toujours dans le Financial Times. François Leclerc cite une chronique du 30 juin : « Pour son titre sans aucune équivoque, malgré l'article plus emberlificoté qui suit: "L'approche d'une réparation prudente des banques ne marchera pas". Sa conclusion ? "C'est le gradualisme, pas le radicalisme, qui est aujourd'hui une option risquée." »


Ensuite, c'est Robert Reich, « professeur à Berkeley et ancien secrétaire d'Etat au travail dans l'administration Clinton ». Ce dernier « vient de produire un bref et définitif article sur son blog (http://www.robertreich.org), qui pourra être plus tard reconnu comme prémonitoire. "Quand la reprise va-t-elle intervenir ? Jamais", annonce-t-il d'entrée de jeu. Il explique ensuite que la reprise ne peut pas intervenir, car cela signifierait que les choses peuvent redevenir comme avant le crash. "Aussi, au lieu de se demander quand la reprise va commencer, nous devrions nous demander quand la nouvelle économie débutera." » Et François Leclerc de conclure « On attend la suite. ». Je viens d'ajouter le blog de Robert Reich à mes flux RSS. C'est effectivement très intéressant. Le dernier billet du 16 juillet titre « Goldman and JPMorgan -- The Two Winners When The Rest of America is Losing »...


Le suivant est Simon Johnson, « professeur au MIT et ancien chef économiste du FMI ». François Leclerc écrit qu'il « développe souvent sur son blog (http://baselinescenario.com) les points de vue les plus acérés et globaux, ne se contenant pas de parcourir la situation financière et économique. » Et il commente son dernier billet qui est « consacré au projet d'Agence de protection des consommateurs de l'administration Obama. Il compare le timide soutien dont ce projet bénéficie avec celui, massif, dont a été entouré le plan PPIP de rachat des actifs toxiques des banques, en très petite forme aujourd'hui. Mettant en cause les intentions gouvernementales, au vu de ce que cette attitude augure à l'arrivée, une fois que ce projet sera passé par le Congrès, il rappelle comment l'administration américaine avait finalement pris le taureau par les cornes, à la suite de la crise de 1929, en faisant adopter en 1934 le Security Exchange Act, qui réglementait le marché secondaire des valeurs. Tout cela a depuis été détricoté. » J'ai également ajouté ce blog à mes flux RSS.


L'avant dernier est Willem Buiter, « professeur à la London School of Economics and Political Science ». François Leclerc écrit qu'il est « très introduit dans les arcanes des banques centrales européennes ». Il a publié « sur son blog hébergé par le Financial Times un long billet très fouillé intitulé : "La création monétaire et l'encouragement du crédit ne fonctionnent pas, voilà pourquoi". »


Enfin, le dernier est Ambrose Evans-Pritchard, « du Daily Telegraph ». François Leclerc commente son dernier article : « "L'Europe creuse sa propre tombe économique, alors que la BCE ne répond pas". Le sous-titre est encore plus explicite, s'il en était besoin : "Dans un monde de pécheurs, la banque centrale européenne joue les gardiens de la vertu, mais ses actions dévastent les finances publiques de pratiquement tous les pays qui sont l'objet de ses attentions". Reconnaissant sans difficulté que la Grande-Bretagne doit faire face à ses propres désordres (le français châtié ne rend pas bien compte du « mess » anglais), il conclut ainsi : "D'un point de vue stratégique, le mélange européen de déflation monétaire et de déficit budgétaire effréné n'est rien de moins qu'une folie". Nous voilà prévenus. »



Et la conclusion de ce billet de François Leclerc est directe et sans détours : « Le puits que cherchent à combler les gouvernements des pays occidentaux, ainsi que les banques centrales, n'est-il pas tout simplement trop profond pour être comblé ? La politique qui est suivie a-t-elle, dans ces conditions, une chance d'aboutir ? Le système financier, dans son ensemble, n'est-il pas en réalité "too big to save", trop gros pour être sauvé ? » C'est une jolie formule en forme de parodie de la célèbre "too big to fail" chère à nos "amis banquiers"...


C'est en tous cas très inquiétant même si cela confirme ce que nous savons déjà.


D'autant que nos gouvernants font comme si ils maîtrisaient la situation.



Je vais arrêter ici les chroniques économiques jusque mi-août. Sauf s'il se passe des évènements importants durant cette période de vacances.

En attendant, n'hésitez pas à aller sur le blog de Paul Jorion lire les billets de François Leclerc.

Publié dans Economie

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