Nouveau job : la candidature spontanée (1)

Publié le par Bernard Sady

« Par ces temps de crise, les offres d'emploi vous semblent fondre comme neige au soleil. Pas question pour autant de vous croiser les bras en attendant que le poste parfait arrive tout seul dans votre boîte mail. La solution : envoyer des candidatures spontanées. »

 

C’est ainsi que commence le dossier établi par Séverine Leboucher pour le Journal du Net il y a quelques jours "Les secrets d'une candidature spontanée réussie".

 

Elle précise : « Mais qui dit candidature spontanée ne dit pas lettre stéréotypée envoyée en publipostage à des dizaines - voire des centaines pour les candidats les plus tenaces - d'employeurs potentiels. La règle d'or de la candidature spontanée réussie tient en effet en un mot : personnalisation ! »

Ce « qui se décline en 12 principes simples, sur la forme comme sur le fond. »

Même si on peut avoir l’impression que poser une candidature spontanée est comme lancer une bouteille à la mer, en cette période de crise, il ne faut négliger aucune piste. En respectant certains principes, on peut arriver à décrocher un emploi.

Examinons les principes que propose notre auteur.



Des candidatures personnalisées, sinon rien

Ce premier principe vous évitera de perdre du temps et de l’argent à envoyer des candidatures qui iront directement à la poubelle…

Voici donc le premier conseil de Séverine Leboucher : « Le candidat n'a pas pris la peine de se renseigner sur vous : pourquoi vous intéresseriez-vous à lui ? "Il faut s'interdire l'envoi massif de lettres bateau : elles agacent le recruteur, assure Thierry Verdier. La lettre doit comporter un minimum de 'J'ai noté que', 'Je me suis intéressé à vous parce que'."

 

Cerner où postuler

Il est important de bien choisir les secteurs d’activité dans lesquels vous allez postuler. Ils dépendent de votre formation et surtout de la conjoncture. Il vaut mieux prendre des secteurs porteurs et non des activités en pleine crise (comme l’automobile).

Voici deux dossiers du Journal du Net qui vous permettront de faire le point et de vous donner quelques idées.

Le premier traite des « secteurs qui recrutent malgré la crise » : la gestion des eaux et des déchets, la gestion du patrimoine, les grands projets du secteur public, le matériel médical, les énergies renouvelables, les services à la personne, les magasins de proximité…

Le second traite des « métiers d’avenir pour les cadres ».

Une fois les secteurs déterminés, vous ciblerez « 4 ou 5 entreprises dans chaque secteur : celles qui vous font rêver mais aussi les plus dynamiques. Trouvez pour cela quelques données sur leur santé financière et suivez leur actualité récente. Essayez de repérer les entreprises qui développent des projets-clés en rapport avec votre métier ou vos compétences. Ne négligez pas les PME : moins connues, avec un process de recrutement souvent moins rodé, elles peuvent rencontrer plus de difficultés à accéder aux bons profils. Les candidatures spontanées leur sont donc très adaptées » conseille Séverine Leboucher.

 

Savoir à qui s'adresser

Troisième principe : il faut bien cibler votre interlocuteur. Voici les différents cas que propose Séverine Leboucher :

« "En principe, on adresse sa candidature au DRH, note Thierry Verdier. Mais il faut savoir être opportuniste : si vous avez un prétexte pour écrire au directeur commercial et que vous cherchez un poste dans ce métier, vous pouvez lui écrire en direct." L'avantage ? Si votre profil lui plaît, il pourra peser fortement sur la décision de vous embaucher.

« Dans une petite PME, jusqu'à 200-300 salariés, il y a rarement un service dédié au recrutement : adressez-vous directement au manager qui serait votre n+1 ou n+2. Dans les plus petites, vous pouvez même envoyer votre lettre directement à la direction générale.

« Les grands groupes, en revanche, disposent souvent d'un site dédié au recrutement. Chez Areva par exemple, tout passe par Internet : "nous n'avons pas à proprement parler d'espace pour les candidatures spontanées mais se créer un dossier candidat revient à cela, explique Jérôme Eymery, responsable du recrutement. Nous réorientons tous les autres types de candidatures vers le site." »

 

Réussir son accroche

Votre cible reçoit vraisemblablement de nombreuses lettres comme la vôtre. Il va falloir se distinguer et « accrocher » son interlocuteur.

C’est la première phrase ou le premier paragraphe du texte qui accompagne votre CV qui seront les plus importants. Ils nécessitent donc beaucoup de réflexion.

« Plusieurs solutions s'offrent à vous : vous pouvez tout de suite mentionner le point fort de votre CV - par exemple si vous avez une compétence rare - ou impliquer votre interlocuteur. Vous pourrez alors l'interpeller sur un enjeu actuel de son entreprise et auquel vous pouvez apporter votre contribution : 'j'ai appris que vous souhaitiez développer vos activités en Russie. Ma connaissance du russe et mon expérience sur votre secteur pourraient vous être utiles'. »

Nuance importante : « "Il faut s'interdire les candidatures problème du genre 'Bonjour, je suis en recherche d'emploi'', insiste Thierry Verdier. Il faut au contraire privilégier les candidatures solution : 'Vous avez tel besoin, j'ai telle compétence'." »

Et personnalisez au maximum : « n'hésitez pas à impliquer personnellement votre destinataire : vous l'avez rencontré à un salon, vous avez lu son dernier livre, sa dernière tribune, sa dernière interview ? Glissez-le intelligemment. »

 

Ecrire une lettre concise et efficace

Une fois votre interlocuteur “accroché”, il ne faut pas le décourager ou le rebuter par la suite de votre lettre…

Séverine Leboucher conseille : « Dans votre lettre d'accompagnement, trois éléments doivent apparaître : moi (ce que j'ai fait), vous (ce qui m'intéresse chez vous), nous (ce que nous pouvons mutuellement nous apporter). Le tout à disséminer tout au long du texte. "Il faut rester concis, souligne tout de même le directeur de 1001Talents. 10 à 15 lignes, pas plus, au risque sinon de faire peur : quelqu'un qui ne sait pas être synthétique n'est pas adapté au mode de travail actuel." »

Elle précise : « Attention, la partie 'vous' n'a pas vocation à être une apologie de l'entreprise mais doit plutôt mettre en lumière des éléments tangibles qui justifient votre candidature : 'vous accordez une grande importance à la relation client : c'est justement ma spécialité'.

« Comme pour une lettre de motivation classique, préparez des phrases toutes faites pour chacune de vos compétences et argumentez en puisant dans vos expériences. Selon ce que vous souhaitez mettre en avant, optez pour l'une d'elles. »

 

Soigner sa conclusion

Encore un effort et votre lettre sera parfaite : vous ne devez pas négliger votre conclusion.

Vous devez avoir en permanence dans la tête que l’objectif de votre candidature est de « rencontrer votre interlocuteur ».

Pour cela, Séverine Leboucher conseille : « Obtenir un rendez-vous avec votre interlocuteur est l'objectif premier d'une candidature, a fortiori spontanée. Dans ce cas précis, il peut s'agir plus d'une prise de contact que d'un entretien d'embauche. Si votre contact est un opérationnel et qu'aucun poste n'est disponible, vous pourrez a minima glâner des informations sur le fonctionnement interne de l'entreprise, le process de recrutement, les projets en cours... Beaucoup de conseils en somme. Restez donc ouvert dans votre formulation : vous pourrez le rencontrer pour "échanger" plus que pour "présenter en détail vos compétences". Ne vous focalisez pas non plus sur le terme "emploi" mais montrez-vous ouvert "à tout type de collaboration". Enfin, n'oubliez pas que votre candidature sera peut-être tout simplement stockée dans une CVthèque. Le recruteur vous préviendra alors, en précisant que vous pouvez refuser ce stockage. Option que, bien entendu, vous avez peu d'intérêt à choisir ! »


La suite dans un prochain billet.

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