Chaque peuple a sa culture

Publié le par Bernard Sady

Dans un billet récent, j’avais affirmé que « les européens ne sont pas les américains. Un américain accepte facilement de se faire critiquer et tiendra compte de ces critiques. L’européen ne l’accepte pas. » Jean-Michel, un fidèle lecteur a réagi à ces propos et après quelques échanges, j’affirmais : « Les américains resteront les américains et les européens resteront les européens... ». Ce à quoi Jean-Michel répond en commentaire d’un autre billet : « Vous m'affirmez que les Américains resteront les Américains, moi je ne suis sûr de rien, comme beaucoup, je suis pris de vertige devant l'accélération de l'histoire, permise par la combinaison des technologies informatiques et des réseaux de communications, exemple l'emploi des smartphones, des i-phones en entreprise. »

 

Je maintiens que chaque peuple a ses propres caractéristiques fondamentales, sa propre culture. Et que cette culture traverse les siècles avec peu d’évolutions malgré les progrès technologiques…

 

Pour compléter mon argumentation, il n’y a rien de tel que de donner un nouvel éclairage sur cette question. Et pour cela, je citerai un blogueur voyageant régulièrement d’un côté et de l’autre de l’Atlantique : Xavier Aucompte. Voici donc un extrait d’un de ses billets très explicite publié sur b-r-ent.com :

 

Concernant l’Entreprise 2.0, « l'Amérique n'est pas en avance, le Québec n'est pas en retard et la France doit arrêter de prendre en référence les Etats-Unis. Ce n'est ni négatif, ni positif comme jugement. C'est tout simplement que nos modes de vie, nos façons de travailler, nos façons de communiquer et avoir des relations humaines sont totalement différents.

« L'entreprise américaine ne sera jamais celle française car le salarié, le manager, le directeur et les clients ne sont en rien les mêmes. Tout ce qui marche aux Etats Unis ne marche pas obligatoirement en Europe.

« La force de certaines entreprises américaines est d'avoir trouvé un modèle reproductible partout comme Mac Donald. Mais le géant Suédois Ikea a su faire encore mieux. Et les français restent les premiers ou dans les trois premiers de nombreux secteurs d'activité.
« En cela, arrêtons de regarder les chiffres et tendances américaines pour nous faire nos propres théories et usages. Ainsi, pour l'entreprise 2.0, la lecture des blogs américains est toujours super jouissive mais n'est le plus souvent pas applicable et même trompeur pour nos entreprises françaises.

« Ne refaisons pas les erreurs du passé en appliquant un jour des visions anglaises, puis allemandes, puis japonaise et ensuite américaines et inversement. La non prise en compte de la réalité salariale et sociétale nous amène aujourd'hui à un management créant du stress, créant de la désorganisation, créant plus de moins value que de plus value.

« Après la vague Microsoft qui continue, les biens pensant vous poussent à faire du Google parce que c'est chouette, sympas, pas couteux, applicable pour tous... Mais quelle est la réalité derrière ? Quel modèle pousse t'on en utilisant ces outils ? A quel moment parle-t-on du salarié ? A quel moment parle-t-on de la réalité de l'entreprise ? A quel moment la spécificité française est-elle une entrée ?

« Au Canada, je préconise une organisation qui est en accord avec la réalité locale. En France, je fais de même. Et ce sera partout la même chose. La solution unique et industrielle de la même façon partout n'existe pas. C'est donc encore plus vrai pour les outils. C'est donc encore plus vrai pour de nouveaux usages. »

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’il y a des caractéristiques profondes pour chaque peuple qui traversent les siècles. Ce qui ne veut pas dire que certaines caractéristiques plus superficielles n’évoluent pas. Par exemple, le langage évolue, les modes culinaires aussi. Mais les américains ont été marqués depuis la création des USA par la conquête de l’ouest. Ils sont restés très “cow-boy” (ils tiennent à la liberté de la vente des armes…) et sont profondément migrants. Ils n’hésitent pas à déménager et traverser le pays. Les européens sont des sédentaires et sont très attachés à leur village ou leur quartier natal. Bien sûr, certains américains ne déménagent jamais et certains européens ont la bougeotte, mais ce sont “les exceptions qui confirment la règle”.

 

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xavier aucompte 28/10/2012 10:36


Cet article est dans la même ligne que celui-ci (http://b-r-ent.com/news/l-entreprise-francaise-ne-doit-pas-se-tromper-en-copiant-l-amerique#comment_3).
L'esprit est bien dans la construction d'un nouveau modèle, essayer de copier le modèle américain et prendre ses outils est une erreur. Cela ne veut pas dire qu'il faut s'opposer à ce modèle mais
prendre le meilleur qui s'adapte et convient à la réalité européenne.

Jean-Michel 20/11/2009 15:47


Rebonjour,

Juste un addendum sur les objets communicants smartphones et autres
smarteries d'entreprises :

Comment les objets communicants transforment la société ?


http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/science_publique/index.php

Voilà :-)


Jean-Michel 20/11/2009 01:47


D'accord Bernard,
Nous sommes plus casaniers que les Américains, c'est un fait, nous n'avons jamais eu à accomplir une conquête de l'Ouest, et en plus nous sommes marqués par un centralisme jacobin, qui a subi
une
"cure de décentralisation".
D'accord aussi pour en venir ensuite à l'idée que la négligence de cette culture locale va générer des tensions inutiles et un stress
qui risquent de tout faire rater.
Et les exemples ne doivent pas manquer...


Bernard Sady 22/11/2009 23:00


Je vois que nous parvenons à un accord.
En tous cas, merci de vos observations, suggestions ou désaccords qui m'obligent à approfondir ma réflexion.