Je commence une nouvelle série de billets sur la TOC (Théorie des Contraintes) qui me semble au moins aussi intéressante
que le lean. Ces deux concepts peuvent d'ailleurs être parfaitement complémentaires.
L’été dernier, j’ai lu “Réussir n’est pas une question de chance” de Eliyahu M. Goldratt, qui est la suite du “But” l’ouvrage phare de Goldratt et qui donne des informations complémentaires très intéressantes. Dans la foulée, j’ai relu “Le But”, que j’avais lu il y a pratiquement 20 ans. Puis j’ai lu deux autres ouvrages de Goldratt, “Un an pour sauver l’entreprise”, qui est mal traduit, avec beaucoup de fautes et est moins intéressant. Et “Critical Chain” sur la gestion de projet. Une bonne cure de TOC…
Particulièrement intéressé par “Critical Chain” (j’ai quelques projets à mener…), et n’en ayant pas saisi toutes les
subtilités, j’ai recherché un stage de formation sur la gestion de projet et la TOC.
Il n’y en a pas en France… Il a fallu que j’aille au Luxembourg…
C’est donc fin octobre que je suis allé passer 2 jours dans les locaux du Centre Henri Tudor à Luxembourg pour participer à une formation sur la gestion de projet et la TOC.
Dans ce centre, il y a une équipe qui travaille essentiellement sur la TOC.
La première journée a été consacrée à la TOC, car il est effectivement important d’avoir bien compris les fondements de cette théorie pour l’appliquer à la gestion de projet.
C’est très intéressant de revoir cette théorie de manière systématique, alors que je ne l’avais vue jusqu’ici qu’à travers les romans de Goldratt. J’ai compris beaucoup d’éléments qui ne m’avaient pas sauté aux yeux et qui sont essentiels.
Avant de revenir sur les fondamentaux de cette théorie et ensuite sur son adaptation à la gestion de projet, voici quelques informations glanées au cours de cette formation.
Goldratt est venu au Luxembourg pour présenter la TOC aux industriels luxembourgeois, mais comme tout américain, il a pris les patrons luxembourgeois de haut et les a vertement critiqués. Mais les européens ne sont pas les américains. Un américain accepte facilement de se faire critiquer et tiendra compte de ces critiques. L’européen ne l’accepte pas. Il est sûr de son management. Résultat, la TOC ne s’est pas répandue au Luxembourg.
Il me souvient d’un consultant canadien qui a commis la même erreur face à un public français… Résultat identique…
La TOC est mise en œuvre beaucoup plus dans les pays du sud que dans les pays du Nord. C’est surprenant. Mais il est vrai que la TOC oblige à une telle remise en question que
Le But a été traduit en japonais et les japonais semblent l’appliquer avec succès, ce qui pourrait leur donner un nouvel avantage concurrentiel dans les prochaines années. Nos formateurs en étaient inquiets.
Si la TOC est efficace, pourquoi n’est-elle pas aussi répandue ? Selon nos formateurs, c’est parce que les entreprises qui la mettent en œuvre sont tellement impressionnées par les résultats qu’elles n’en font pas de publicité pour conserver leur avantage concurrentiel.
Mais il y a deux autres explications. D’abord les patrons et les managers sont tellement occupés qu’ils n’ont pas le temps d’étudier sérieusement cette théorie. Ensuite, cette dernière va tant à l’encontre des idées reçues dans le management qu’il faut une bonne dose soit de témérité, soit d’inconscience pour se lancer dans un tel projet…
Depuis quelques temps, quelques consultants associent la TOC au Lean SixSigma, et on parle de TLS… Nos formateurs étant des inconditionnels de la TOC crient au scandale… [voir la mise au point de Jos Schaefers dans les commentaires]
Voilà pour ces quelques nouvelles.
Dans un prochain billet, je vous dirai ce qui m’a paru important dans la TOC. Puis je vous en dirai plus sur la GPAT (gestion de projet assistée par la TOC)…
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