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Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /2009 20:38

Mon dernier billet sur le changement avait pour but d’expliquer, à la suite de Pfeffer et Sutton, qu’il fallait se poser un certain nombre de questions avant d’engager un changement afin de « prendre de meilleures décisions quant aux changements à opérer, à différer ou à éviter carrément. »

 

Une fois que vous êtes convaincu de la nécessité absolue de réaliser un changement, il faut y aller.

Vérifiez seulement auparavant que les quatre conditions de succès suivantes sont bien respectées.

 

 « Le changement se produit si :

 

  1. 1. « Les individus sont insatisfaits de la situation actuelle. » Nos auteurs ajoutent : « Si cette condition n’existe pas, créez-là. » Ce premier point est en effet crucial. Pourquoi changer si on est satisfait de la situation actuelle ? Mais attention à ne pas “manipuler” vos salariés… Cela se retournera un jour ou l’autre contre vous…

  2. 2. « La direction dans laquelle ils doivent agir est claire (du moins le plus souvent) et s’ils restent concentrés sur cette direction. ». Pfeffer et Sutton précisent : « N’hésitez pas à communiquer au maximum autour de ce changement, à expliquer le plus clairement possible en quoi il consiste, pourquoi il est nécessaire et ce que vous attendez dès à présent de vos collaborateurs. Si vous ne rabâchez pas le même message, verbalement ou par écrit, il ne restera pas gravé dans leur esprit. » Ce sera d’autant plus aisé que vous aurez bien pris le temps de réfléchir à la nécessité de ce changement à partir des huit questions vues dans le billet précédent…

  3. 3. « L’on montre que l’on a confiance dans ses chances de réussite, même si l’on affiche une confiance excessive (à condition de se remettre régulièrement en cause et d’actualiser son savoir). » Explications complémentaires : « Affichez une confiance insolente sur les chances  de réussite de ce changement pour montrer qu’il mérite les efforts, le temps et l’argent que vous et vos collaborateurs allez lui consacrer. Créer une prédiction autoréalisatrice est un puissant moyen d’augmenter vos chances de succès, indépendamment du taux de réussite des autres entreprises. Toutefois, pour éviter les risques d’une confiance aveugle, réunissez régulièrement vos collaborateurs afin qu’ils expriment leurs doutes et leurs incertitudes et intègrent les nouvelles données disponibles à leurs connaissances et leurs pratiques existantes. »
  4. 4. « L’on accepte que le changement soit un processus difficile marqué par des moments de confusion et d’inquiétude qu’il faut supporter. » Précisions : « Acceptez le fait qu’un changement s’accompagne inévitablement d’erreurs, de contretemps, de malentendus, d’énervements et de rumeurs effrayantes, aussi parfaitement planifié et exécuté soit-il. Considérez les pépins comme inévitables, tirez-en des enseignements, partez du principe que tout le monde a les meilleures intentions et attachez-vous à essayer de résoudre les problèmes au lieu de trouver des boucs émissaires. Préférez la recherche de solutions au jeu de massacre. »

 

 

Si vous voulez en savoir plus vous consulterez les pages 176 à 183 de « Faits et foutaises dans le management ».

 

J’en ai fini avec Pfeffer et Sutton.

 

Mais il y a d’autres aspects du changement que j’aborderai dans de prochains billets.


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Commentaires

Bonsoir Bernard,
Comment changer la donne quand tout le monde est satisfait, sans manipuler. Il faut jouer fin, réunir
et laisser le "Groupe" s'exprimer librement, donc être tolérant, tout en en amplifiant ses certitudes sur la marche à suivre je commence à comprendre la difficulté
de bien mener son entreprise, c'est le contraire de la gestion à l'aveugle sans connaissance des ses hommes comme on le voit aujourd'hui
si souvent.
Et surtout cette "souplesse" devant les inévitables contretemps et difficultés d'adaptation aux nouvelles méthodes, comme à la pêche
il faut savoir donner du mou pour bien ferrer ensuite...
Commentaire n°1 posté par Jean-Michel le 11/11/2009 à 23h40
Oui, il n'est effectivement pas facile de ne pas manipuler pour provoquer l'insatisfaction. Mais on peut très bien montrer une situation meilleure vers laquelle les personnes voudront aller. Car souvent, on se satisfait de notre situation, mais si on nous montre mieux, alors, nous voudrons y aller, et en attendant, nous serons insatisfaits...
Réponse de Bernard Sady le 15/11/2009 à 22h15
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