Le réchauffement climatique, foutaise ou réalité ?

Publié le par Bernard Sady

Un fidèle lecteur m’a fait part d’une conférence à laquelle il a assisté, faite par un “climato-sceptique” concernant le réchauffement climatique.


Je lui ai dit que ce n’était pas mon “truc” (on ne peut pas traiter de tout…), mais comme cela a un impact sur nos entreprises, avec le développement durable et surtout la taxe carbone, j’ai décidé de m’y intéresser.

 

Et effectivement, il y a de quoi dire. C’est tellement énorme, qu’il a fallut beaucoup de courage aux sceptiques pour faire part de leurs doutes. Toute la communauté scientifique était sur la même longueur d’onde : le réchauffement auquel nous assistons (c’est mesuré !) est dû à l’activité de l’homme. Il faut donc prendre des mesures, sinon nous courrons à la catastrophe.

 

Ce que remettent en question les sceptiques, c’est d’abord le constat de ce réchauffement.

 

Un très bon article de Laetitia Mailhes dans les Echos du 18 février 2010 « Réchauffement : ce que disent vraiment les climato-sceptiques », résume bien ce doute :

 


 

« Trois semaines avant le sommet international dans la capitale danoise, les climato-sceptiques, ceux qui doutent de la validité du bilan établi en 2007 par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), se sont brutalement invités dans le débat. La polémique provoquée par une supposée manipulation des résultats scientifiques orchestrée par les chercheurs du Climat Research Unit (CRU) de l'université britannique d'East Anglia, inspirateur des travaux du Giec, a propulsé sur la scène publique un débat longtemps circonscrit à l'univers confiné des laboratoires. Les médias se sont immédiatement emparés du “Climategate”. »

 

D’abord, qui sont ces scientifiques qui « remettent en cause la thèse officielle du Giec ? Sont-ils de simples “négationnistes” - l'un des termes particulièrement mal choisi dont on les a affublés -à la solde des grands lobbys industriels américains ? A entendre l'un d'entre eux, le célèbre physicien Freeman Dyson, membre du prestigieux Institute of Advanced Studies de l'université de Princeton, le sujet est beaucoup moins caricatural. “Les modèles climatiques sont impuissants à décrire le monde dans lequel nous vivons. Le monde réel est boueux, désordonné et mû par des facteurs que nous ne comprenons pas encore”, écrit-il. A l'instar de la plupart des sceptiques, Freeman Dyson admet que le carbone issu de l'activité humaine contribue à un réchauffement de la planète. Mais à quel degré et avec quel impact, il affirme que nul ne saurait le dire. »


Car en effet, « au coeur du problème gît l'insuffisance des données. Les premières stations météorologiques sont apparues en 1849. Or ces données n'ont pas été recueillies ni archivées avec la rigueur scientifique qui s'impose, dans la mesure où la science du climat n'a pas émergé avant les années 1970. Il a encore fallu attendre 1979 pour que les analyses satellites fournissent une source fiable d'informations. Les climatologues se sont lancés alors dans une exploration effrénée de ce nouveau champ scientifique, sans toujours appliquer avec suffisamment de constance le critère de reproductibilité qui permet de confirmer toute nouvelle découverte. “Personne n'avait le temps ni la motivation d'archiver correctement les données car il importait avant tout d'explorer. En outre, on avait plus de chances de promouvoir sa carrière en faisant avancer la recherche qu'en vérifiant le travail déjà accompli par ses collègues, indique Judith Curry. Chemin faisant, l'intégrité scientifique a été négligée et beaucoup de mes collègues sont aujourd'hui sur la défensive car ils craignent de voir leur travail remis en question.” »


Effectivement, un jour ou l’autre, la vérité éclate au grand jour… Et il faut dire que l’hiver que nous venons de traverser, incite plutôt à ces remises en question…


Quels sont ces travaux soumis à révision ? Tout simplement l’affirmation du réchauffement climatique depuis la révolution industrielle….

« Face à l'insuffisance des éléments nécessaires pour établir l'ampleur du réchauffement actuel, les climatologues ont recours à des informations indirectes, ou “proxies”, pour reconstruire l'historique du climat (paléoclimatologie). L'analyse des cernes d'arbres, de forage ou de carottes glaciaires sont les méthodes les plus employées. Or la reconstruction climatique des derniers mille ans élaborée à la fin des années 1990 sous l'autorité du climatologue américain Michael E. Mann suscite particulièrement la controverse. Elle a été réalisée grâce à l'analyse de cernes de sapins de Sainte-Lucie et de pins de Balfour, des arbres volontiers multimillénaires qui poussent dans le Sud-Ouest américain. La courbe ainsi obtenue, baptisée la « crosse de hockey » en raison de sa forme, qui montre une hausse prononcée des températures depuis le début de la révolution industrielle, constitue un argument central du rapport publié en 2001 par le Giec. »

 

Climat - crosse de hokey


Et comment cette étude a-t-elle été biaisée ?

« “Durant le débat sur la ratification du protocole de Kyoto par le Canada, fin 2002, je me suis intéressé de près à ce que nous savions sur l'historique des températures des derniers deux mille ans, indique Steve McIntyre, un Canadien qui a fondé le blog “sceptique” de référence ClimateAudit.org. J'ai demandé à Michael Mann de me donner accès à ses données ; il m'a répondu qu'il ne se souvenait pas où elles étaient. Lorsque son assistant m'a dit qu'il lui faudrait un peu de temps pour les rassembler, j'ai compris que son travail n'avait pas été soumis à un audit indépendant et rigoureux.” La question la plus troublante sur la “crosse de hockey”, révélée au public par le “Climategate” mais connue depuis longtemps de la communauté scientifique, concerne la décision prise par Phil Jones, célèbre climatologue du CRU et collègue de Michael Mann dans le cadre du Giec, de remplacer les « proxies » des cernes d'arbres pour la période postérieure à 1961 par les températures enregistrées directement sur le terrain. »


C’est là que se révèle l’esprit partisan de ces pseudo-scientifiques : « les paléoclimatologues s'étaient aperçus que les “proxies” indiquaient une baisse des températures sur cette période, alors que les instruments modernes montraient un réchauffement. »

Quand une série de valeurs ne “convient” pas, on la remplace par une autre… Ce n’est pas très scientifique…


Et voici le scandale révélé dans toute son ampleur : « Les auteurs du rapport du Giec de 2001 ont décidé de ne pas faire mention de ce “détail” pour ne pas obscurcir leur conclusion : le XX e siècle est le siècle le plus chaud du millénaire et les années 1990 sont la décennie la plus chaude du siècle. »


Ce qui a conforté les sceptiques dans leur position : « De leur côté, les sceptiques en ont conclu qu'il était raisonnableremettre entièrement en cause la fiabilité des analyses de cernes d'arbres comme base d'une reconstruction de l'historique du climat. Battant du même coup en brèche la démonstration de Michael E. Mann et la thèse du Giec. » de


D’autant que « leurs critiques ont été validées en 2006 par deux enquêtes de la National Academy of Science et d'un trio de statisticiens, mandatées par le Congrès américain. La première a estimé que les faiblesses de la méthode n'avaient pas un impact majeur sur les résultats portant sur les quatre derniers siècles, mais que les conclusions étaient de moins en moins convaincantes au fur et à mesure que l'on remontait dans le temps. Parallèlement, le statisticien Edward Wegman a estimé, dans son témoignage au Congrès, que les travaux de Michael Mann étaient obscurs et incomplets”. »


Et qu’en est-il des prévisions ?

« Simultanément, les sceptiques considèrent les modèles climatiques prévisionnels avec circonspection. Ils exagèrent la réalité actuelle et les scénarios pour le futur, estime John Christy. Il souligne que trop de facteurs restent insuffisamment compris pour écrire le futur avec certitude. Par exemple, l'impact des nuages commence à peine à être étudié sérieusement. Les oscillations climatiques décennales des océans et les cycles d'activité solaire sont encore ignorés des modèles climatiques. “Il est urgent que les gouvernements investissent afin d'accélérer la recherche, insiste John Christy. Il est dangereux d'établir des politiques à long terme quand on ignore encore tant de choses.” »


Ma conclusion : loin de moi l’idée de refuser tout effort pour la planète. Respecter la nature et ne pas gaspiller les ressources de notre terre, et en particulier l’énergie, sont indispensables. Mais affirmer que nous assistons à un réchauffement climatique, alors que rien n’est prouvé, relève tout simplement de l’escroquerie.



Si encore, ces conclusions restaient dans les tiroirs de nos scientifiques. Mais nos dirigeants s’en servent pour nous imposer des nouveaux impôts…


Le même jour, dans les Echos, un article explique que « En dépit de l'échec des négociations internationales de Copenhague et des déclarations mettant en doute le travail des experts du Giec, le gouvernement français tente de se doter d'une stratégie d'adaptation au changement climatique. »


Car cela va coûter très cher : « En théorie, selon les calculs de l'ONU, les dépenses pour faire face dans le futur aux conséquences du changement climatique sont colossales et devraient atteindre chaque année entre 44 et 166 milliards de dollars (de 32 à 121 milliards d'euros). Ce qui correspondrait à des coûts de 1 à 6 milliards de dollars (de 0,7 à 4,38 milliards d'euros) par an en France. »


Et voici un des exemples de ce qui est prévu et ce à quoi il va falloir s’adapter : « la question de la survie des stations de ski. Les Alpes comptent 660 domaines devenus la première activité économique de la région. Depuis quarante ans, la hausse des températures y a été supérieure de plus de 50 % à la moyenne. Aujourd'hui, les stations s'équipent de canons à neige, gourmands en eau et émetteurs eux aussi de gaz à effet de serre en raison de l'énergie utilisée. Avec un réchauffement supérieur à 2 degrés, une centaine de stations devront faire face à une pénurie de neige. A 4 degrés supplémentaires, si les calculs sont justes, ne seraient capables de fonctionner que celles situées au-dessus de 2.000 mètres, soit une centaine. »


Finalement, « le gouvernement s'est fixé comme objectif de se doter d'une stratégie d'adaptation au changement climatique d'ici à l'an prochain. »


Comme pour la grippe H1N1 ?

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fix 25/02/2010 10:33


C'est un debat tres interressant en fait pour deux raisons:
- le debat scientifique a proprement parler.
- le debat epistemologique.

Je crois que la pensee "scientiste" qui a impregne tout le 20eme siecle est en train d'exploser en vol. En effet la science a toujours ete percue comme infaillible. Vous savez ce debat entre foi et
raison. D'un cote la foi (j'inclus la superstition, les croyances etc...) repousse dans le domaine prive et deconsidere socialement. De l'autre la science unique moteur du progres erigee
pratiquement en dogme et qui ne fait pas debat par definition (souvenez vous darwin, le preservatif). Si il y a debat, c'est fatalement un debat science contre foi. D'ou les climato-sceptiques ne
peuvent pas etre scientifiques par definition. Cependant jusqu' a maintenant la science passait au dessus de la tete du commun des mortels. Or depuis l'ere Bush (et plus l'ere Obama), La science
devient un instrument politique. Ce sont les Norman Neureiter ou Sir David King. En France un conseil scientifique se profile (manque de chance, un des presenti pour ce genre de boulot est un
climato-sceptique, deja president du conseil scientifique de la ville de Paris). Les politiques ont compris qu'il s'agissait d'un moyen de pression supplementaire dans la gouvernance. Qui va
s'eriger contre un nouvel impot puisqu'il se discredite par definition (il est contre la science, la belle affaire).
La commission s'est aussi doter d'une DG pour cela (DG-JRC). Evidemment le risque c'est de creer une science aux ordres.... Ce qui est le cas largement aujourd'hui. Souvenez vous du scandale des
bio carburants etouffes rapidement. Un rapport du JRC confidentiel pour la commission donnait un avis tres defavorable pour une politique des bio carburants... Baroso finalement decide du
contraire. Finalement le rapport a fui, d'ou le scandale.
J'ai aussi par exemple entendu de mes propres oreilles que le rapport sur l'impact du rechauffement climatique sur les oceans ne devait pas contenir en conclusion que ca influait negativement sur
les reserves halieutiques car ca generait la commission europeenne et les etats sur la negociation des TACs avec les pecheurs...

Un autre point que j'aimerais soulever est le fonctionnement de la recherche.
Un scientifique pour avoir droit de s'exprimer doit etre reconnu par ses pairs. Partant de ce principe, un systeme de peer-review est etabli dont voici les principes:
- la reputation d'un scientifique est proportionelle au "nombre", et non a la qualite, de publications (il y a un chercheur russe qui a officiellement quelques 10.000 de publications!!!)
- la reputation est proportionelle aux nombres de citations de ses publications
- la reputation d'un scientifique est proportionel a la reputation du journal qui le publie. Il existe une classification des journaux scientifiques en fonction des sujets....
- la reputation d'un journal est proportionel aux nombres de scientifiques reputes qu'il publie (vous me voyez venir)
- les fonds de recherche (de l'etat en general) sont alloues plus facilement aux scientifiques reputes.
- Chaque journal a un commite de scientifiques qui accepte ou rejete les papiers proposes par des scientifiques.

D'ou les regles suivantes qu'on apprend a tout jeune scientifique (j'ai personnellement pratique certaines):
- Citer les publications des reviseurs de ton papier (ca augmente leur cote)
- Citer des publications du journal qui va te publier (ca augmente la cote du journal)
- Avoir des conlusions dans le sens du vent (comme ca tu vas avoir plus d'argent pour financer, les journaux le savent bien, et donc ca pourrait augmenter leur cote ulterieurement). J'ai vu des
publications sur l'observation par satellite se terminer par des dissertations sur l'antiracisme, l'egalite homme-femme, les droits du pays du sud et j'en passe.

Voila dans le cas du climat, une serie de scientifiques reputes en main avec le pouvoir et les interets financiers boycottent:
- les sceptiques refusant systematiquement leur publication dans les quelques journaux reputes dont ils sont les reviseurs.
- les journaux sceptiques (disont plutot ouvert a tout) en publiant rien du tout chez eux, donc leur cote n'a aucune chance de monter...

Quelques exceptions comme le francais vincent parisot qui a fait sa reputation (il est tres bine cote) dans un domaine autre que la climatologie, et est venu plus tard a la climatologie comme il
explique. Et la il fait serieusement c... le milieu scientifiques climatofou francais et anglais


Bernard Sady 08/03/2010 22:41


Bonsoir Fix

Merci de cette contribution. Je retiens en particulier :
- le scientisme en train d'exploser en vol
- le fonctionnement de la recherche qui veut qu'on publie en fonction de l'air du temps...


Roland 22/02/2010 09:08


Merci jean-michel,quand je dis croustillant, c'est une note d'humour par rapport à la situation ridicule dans laquelle est entrain de se mettre le Giec,mais par ailleurs c'est dramatique car ,
comme le signalait Courtillot dans la conférence à laquelle j'ai assistée:si lui,Courtillot, et ses collègues finissent par démontrer la légèreté et l'inexactitude des conclusions du Giec(qui ont
tout de même servit de moteur aux grands rassemblements médiatiques de Kyioto et Cophenague,et leurs conséquences politiques...)ce serait une catastrophe pour le monde scientifique en
général qui entrainerait une décrédibilité par rapport aux travaux de recherche en général.
  Maintenant, vous avez tout à fait raison pour dire que Courtillot n'a peut-être pas la science infuse dans ce domaine, mais il a au moins un mérite à mes yeux,celui de remettre en cause des
conclusions que tout le Monde avaient admises comme définitivement entérinées et prouvées....C'est très grave à mes yeux.Et à partir de maintenant,la balle est dans le camp du Giec......Mais...?


Bernard Sady 22/02/2010 22:55


Bonsoir Roland,
Ta conclusion est la bonne : c'est maintenant au Giec de répondre des accusations portées contre ses entourloupes... Et comme tu le dis, ce qui est inquiétant, c'est toute la décrédibilisation de
la science qui risque de découler de ce qui restera peut-être comme une des grandes supercheries de l'histoire...
Mais la polémique entre les pro et les anti n'est pas prêt de s'éteindre... Un article du Monde d'aujourd'hui, page2, critique les climato-sceptiques en les comparant aux "munichois" et aux
supporters de l'URSS face au monde libre. Des réactionnaires, quoi! Quand on en est à ce type d'arguments, c'est qu'il n'en reste pas beaucoup d'autres...


Jean-Michel 21/02/2010 19:15


Bonsoir,
Merci Roland pour vos indications, mais je n'ai pas le coeur à m'amuser avec vous, si je vous suis avec le mot "croustillant"...Je l'ai d'ailleurs expliqué précèdemment . D'autre part vous dites
bien "trés motivé" en ce qui concerne Vincent Courtillot, et justement j'ai passé mon temps à l'entendre sur beaucoup de médias. Alors "trés motivé" est exact.
Maintenant, motivé par quoi ? Ce lien peut commencer à éclairer la question :

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2928

Je suis donc en droit de consulter d'autres avis, pour dénoncer le GIEC, avec d'autes motifs et d'autres liens. Peut-être moins médiatisés aussi.
J'ai expliqué que garder mes distances dans un esprit d'équité reste pour moi
un impératif.


Roland 21/02/2010 10:26


Merci bernard d'être allé à la pêche sur ce sujet qui risque effectivement d'avoir des conséquences sur nos charges d'entreprise dans les mois qui viennent.Mais ce n'est pas fondamental.Pour
répondre à Jean-Michel,le climato-sceptique qui nous a présenté ses travaux,Vincent Courtillot,est très motivé pour faire tomber les masques,le Giec ayant refusé l'accès à ses documents,et renvoyé
Vincent Courtillot et ses collègues russes à chercher eux-mêmes les données dont ils avaient besoin.Ce qu'ils ont fait et qui lui permet d'expliquer très clairement dans une conférence d'une heure
le résultat de leurs travaux et la légèreté des conclusions du Giec qui servent tout de même de support à tous les chefs d'états de la planète pour instaurer une "taxe carbone".Je vous renvoie à
une conférence faite à Nantes avec débat,sur youtube ou daylimotion,Vincent Courtillot y répond à des partisans du Giec,....c'est croustillant!


Jean-Michel 21/02/2010 00:08


Bonsoir Bernard,
Vous avez bien résumé la situation, il nous faut le bon diagnostic,
et ce n'est pas de l'hystérie que de l'exiger, c'est au contraire un esprit de "bon père de famille" vis à vis de notre brave planète, loin de toute religion écologiste
fanatisée, et défavorable à l'homme.
Mais le temps presse, vu le rythme de consommation mondial, et les libéraux
veillent à ce que rien ne change...dans leurs courbes à eux.