Quelques bribes de graphologie

Publié le par Bernard Sady

La graphologie n’est plus beaucoup utilisée dans le processus de recrutement, étant remplacée par les tests psycho techniques.

Mais cette technique permet toujours de cerner une personnalité pour peu qu’on ait une page de son écriture.

Si certaines caractéristiques sont évidentes, d’autres doivent être analysées avec prudence.

Sans vouloir faire de vous un expert en graphologie, le Journal du Net a publié deux dossiers sur ce thème. Le premier fin juin 2008 “Comprendre les bases de la graphologie” et le second fin novembre 2009 “Graphologie : ce que votre écriture révèle”.

 

 

Voici d’abord la définition : « Littéralement, la graphologie signifie science de l'écriture. Aujourd'hui considérée comme une branche des sciences humaines, la graphologie est avant tout une méthode d'approche de la personnalité qui s'insère dans le champ de la psychologie. Comme toute science humaine, il ne s'agit pas d'une démarche qui débouche sur une conclusion figée. » 

Puis l’utilisation et les précautions à prendre : « L'analyse commence par une observation méticuleuse de l'écriture, à travers l'expressivité du geste, la représentation de l'inconscient, le symbolisme des formes et de l'espace. "La graphologie n'est qu'un test parmi d'autres pour évaluer une personnalité, elle ne doit pas se substituer à l'entretien mais lui apporter un complément", explique la graphologue Céline Bailleul. "L'analyse graphologique se fait toujours en fonction d'un poste précis à pourvoir.[…] Il ne s'agit pas de juger la personne mais de voir si elle correspond à un poste. »


Il y a plusieurs éléments à observer lorsqu’on étudie une écriture.



Utilisation de l’espace


L’écriture grande

« Une écriture grande représente souvent une extériorisation amplifiée, un besoin de s'affirmer, de prendre de la place. 

« "Enthousiaste, il a le goût de la grandeur. Orgueilleux, il se sent supérieur en tout, appelé à une mission réelle ou fantasmée, ce qui dans le premier temps peut être une excellente motivation. Il faut juste faire attention à ce qu'il laisse un peu d'oxygène aux autres", explique Martine Tardy.

« Ainsi une écriture grande peut tout aussi bien être symptomatique d'une audace, d'une ambition que d'un orgueil mal placé, d'une vanité. Un tel jugement se fera sur la base de l'analyse des autres éléments de l'écriture. »


L’écriture petite

« Dans le cadre d'une petite écriture, on a souvent affaire à quelqu'un qui n'est pas obsédé par sa propre personne, quelqu'un qui se place plus dans l'observation que dans l'action, par opposition à une grande écriture. Cela dénote parfois une minutie, un travail plus important de la pensée.

« Ainsi, cela peut traduire "soit un sentiment de soi sous évalué, soit une prédominance des intérêts intellectuels, ce qui pousse l'individu à se concentrer", estime Martine Tardy. »

 

Les trois zones de l’écriture

Une chose essentielle à prendre en compte dans l'analyse graphologique est la situation de l'écriture dans l'espace. Le graphisme de l'écriture comprend trois zones.

« La hampe est la partie supérieure de l'interligne utilisée pour les lettres comme t ou d. Dans la symbolique graphologique, elle représente l'esprit. Si les hampes sont accentuées dans le graphisme, cela implique un intérêt certain pour le monde des idées, une quête vers l'intellect. Une hampe prononcée pourra ainsi être symbole d'un idéalisme, d'une ambition importante. »

« La zone médiane est la partie centrale qui comprend 13 lettres comme a ou r. Elle représente la sensibilité. Si elle domine, cela peut laisser penser que la personne agit davantage en fonction de ses sentiments et se montre réceptive aux autres. Elle correspond aussi au sentiment de soi.

« Le jambage, la partie inférieure (j ou p) symbolise l'aspect matériel, concret. Si le jambage ressort fortement dans le graphisme, cela peut signifier qu'on a les pieds sur terre, qu'on est plus réaliste qu'idéaliste. Le jambage accentué représentera le besoin de puiser dans des réserves, se ressourcer. »


L’écriture horizontale

« Une écriture horizontale et harmonieuse indique un certain équilibre et une maîtrise de soi. »


L’écriture montante

Une écriture montante « peut indiquer l'optimisme, la confiance en soi. » Et aussi « le signe, selon Martine Tardy, "d'un enthousiasme passager, d'une tendance à s'exalter si c'est fréquent, voire de l'utopie." » 


L’écriture descendante

Une écriture descendante permet de « déceler du pessimisme voire du découragement. » ou « de la fatigue ».


Les marges

« La norme scolaire définit une marge classique à un cinquième de la page. "La marge de gauche symbolise notre relation au passé et celle de droite notre relation avec l'avenir, le monde extérieur", explique Martine Tardy.

« Tout excès dans ces domaines peut donc être analyser comme une difficulté à tirer un trait sur le passé dans le cadre de la marge de gauche et à appréhender le futur dans le cadre de la marge de droite. Si un texte est long et a tendance à buter sur le bas de page, la marge inférieure peut aussi avoir une portée symbolique. "Lorsqu'elle est faible on peut avoir affaire à un impulsif, un passionné qui ne se donne pas le temps et bute sur le bas de page", ajoute Martine Tardy. »


Le blanc et le noir

« Dans l'étude spatiale, la place des espaces et des marges est significative. Ils font partie intégrante de l'écriture. L'analyse graphologique observe ainsi les noirs et les blancs, l'écrit et le non écrit. La façon dont l'écriture occupe la page (de manière dense ou aérée par exemple) représente l'espace personnel.

« Ainsi, "la dominance du noir montre le besoin de prendre possession de l'espace, d'agir, d'imposer sa marque. Lorsque le blanc l'emporte la vie inconsciente domine ainsi que le besoin de solitude, de rêve, cela peut aller jusqu'à l'isolement, la peur des autres et du monde", explique Martine Tardy, graphologue. »

« Un espace bien occupé, à savoir une écriture aérée, peut refléter une certaine rigueur dans le travail, la personne doit avoir les idées claires. Mais si elle est trop espacée, excessive, cela implique une tendance à l'isolement. Une écriture serrée reflèterait quant à elle une personne active, impulsive mais aussi attentive et sensible. »

 


La forme de l’écriture

« La forme de l'écriture a ceci de particulier qu'elle est la partie la plus consciente de l'écriture. Elle est en effet directement influencée par notre vécu. La forme de notre écriture se ressentira donc de l'apprentissage que nous avons fait de la vie et mesurera souvent l'originalité mais aussi l'esprit d'indépendance de la personne. »


L’écriture arrondie

« Dans ce cas, l'écriture arrondie, souple est plus accueillante. Elle reflète une personne plus affective. C'est d'ailleurs souvent une forme très féminine.

« Pour Martine Tardy, elle est synonyme de "charme, séduction, douceur, générosité quand le trait qui l'accompagne est nourri, chaud ou avidité avec des enroulements et un trait plus sec manquant de vie." »


L’écriture anguleuse

« "Une écriture anguleuse indique plutôt une tendance au courage, à la rigueur", expose Céline Bailleul. Mais aussi, souvent rigide, elle peut exprimer une grande combativité mais aussi une difficulté d'adaptation au changement. »

 

L’écriture en guirlande

« La forme des lettres est souvent ce qui saute le plus aux yeux, elle traduit aussi le degré d'affranchissement des modèles scolaires. L'écriture en guirlande, qui se caractérise par des m et des n tracés comme des u, en est un bon exemple.

« "L'effort d'écriture est ici moins important, se caractérise par une facilité, une aisance et une souplesse du geste. On associe souvent à ce type d'écriture des personnes se plaçant dans l'écoute, l'adaptation sans heurts", explique Catherine Dutigny.

« Ce geste d'accueil est ainsi symptomatique d'une grande faculté de réceptivité du scripteur. »


L’écriture continue

« L'école nous apprend à écrire en liant les lettres les unes aux autres. En grandissant, chacun fait évoluer son écriture et exprime ainsi sa personnalité. Dans le cas d'une écriture liée, on peut interpréter une certaine continuité dans la pensée, dans l'activité, mais peut-être aussi un besoin de convaincre.

« On observe parfois des personnes dont l'écriture est caractérisée par une liaison à outrance des lettres et même parfois des mots.

« "La liaison c'est le lien. Cela peut-être le besoin de lier les choses entre elles et/ou d'entretenir des liens avec les autres", explique Catherine Dutigny.

« Poussée à outrance, lorsque la liaison dépasse les 7 lettres, "on peut l'assimiler à une forme de sophisme, une volonté de ne pas casser le lien à tout prix, au risque de tomber paradoxalement dans l'illogisme", ajoute-t-elle. »

L’écriture juxtaposée

Une écriture juxtaposée (avec peu de liaisons entre les lettres) incite à penser que la personne est créative, intuitive et fait preuve d'une grande réflexion. On peut aussi l'interpréter comme une forme d'inhibition, de ralentissement dans l'activité. »

 

L’inclinaison

« En graphologie, la gauche représente souvent le passé et la droite l'avenir.

« Si une personne a tendance à incliner ses lettres vers la gauche, on pourra penser qu'elle est tournée vers son passé, qu'elle se base sur son vécu et a peut-être du mal à se projeter vers l'avenir.

« Si l'écriture penche vers la droite, cela indique une certaine ouverture sur le présent et l'avenir, mais aussi une ouverture sur les autres, un besoin d'aller de l'avant.

« Martine Tardy note ce phénomène intéressant qu'est l'irrégularité dans les inclinaisons et dont on peut déduire que "l'individu est tiraillé entre plusieurs tendances contradictoires, n'arrivant pas à se positionner ni à prendre de franches décisions, préférant des solutions de compromis." »


La pression forte du trait

 « La pression que l'on applique sur la feuille en écrivant renseigne sur l'intensité des instincts, leur constance et leur orientation. 

« Si le trait est appuyé, on remarquera une certaine énergie, une forte personnalité, une volonté puissante. Si la pression est très irrégulière, cela peut se voir comme une résistance aux difficultés. »


La pression faible du trait

« Dans le cas d'une écriture légère, peu appuyée, on peut penser que la personne fait preuve de délicatesse, de discrétion mais on peut également l'interpréter comme un manque de tempérament.

« "L'écriture légère effleure le papier en douceur soit par manque de stabilité soit par souci de préserver son indépendance et de garder sa vitesse d'intervention ; il s'investit moins, mais réagit plus vite. Réceptif, hypersensible, il peut avoir une intuition développée", ajoute Martine Tardy. »


L’épaisseur du trait

« Dans l'étude de la pression, il convient aussi d'étudier la qualité du trait. S'il est épais, il reflètera plutôt la sensualité, une importance de l'instinct. S'il est fin, le scripteur maîtrisera davantage ses émotions. »


La calligraphie

« L'écriture calligraphique est cette celle que l'on nous enseigne à l'école. Ainsi, si l'écriture s'en rapproche beaucoup, cela dénote un certain "manque de personnalisation prouvant la docilité du scripteur face aux règles, sa soumission aux principes établis", analyse Martine Tardy. »

 

La typographie

« "La typographie correspond elle à un geste de simplification de l'écriture, une rationalisation qui, si elle devient excessive peut devenir trop schématique, désincarnée", pour Catherine Dutigny. »

La vitesse de l'écriture

Il n'est pas aisé pour le graphologue, qui n'est pas présent chronomètre à la main lorsque le scripteur se met à l'oeuvre, de juger de la vitesse d'écriture d'une personne. Néanmoins, un faisceau d'indices, constitué de l'observation des simplifications, des finales des mots, de la netteté des traits, permet d'y remédier. »


Ecriture lente

« Une écriture lente sera synonyme de recherche d'esthétique ou de laisser-aller », mais aussi « de précision, de prudence dans l'action, voire dans certains cas de nonchalance.»


Ecriture rapide

« Une écriture rapide symbolisera plutôt une forme de spontanéité, un dynamisme certain. » Mais aussi « une grande vivacité d'esprit, une culture développée. »

Par contre, « une écriture précipitée indique un manque de contrôle de soi. »

 

La signature

« Pour Céline Bailleul, "la signature est un concentré de soi-même, elle représente les espoirs, les doutes, les rêves, les projets." Elle a cette particularité d'être l'expression de sa propre personnalité en ce sens que l'on ne choisit pas sa façon de signer par hasard. "Si la signature est totalement différente de la façon d'écrire, on peut être amené à évaluer différemment la personnalité du candidat", estime la graphologue. Par exemple, si elle est plus inclinée que l'écriture, on y verra une personne plus passionnée qu'elle n'en donne l'impression, qui fait preuve de plus d'élan et de sociabilité qu'elle ne le laisse supposer. La signature est d'autant plus importante qu'elle est la dernière chose lue par le recruteur. Il faut donc qu'elle exprime au mieux la personnalité. S'il est très difficile de modifier son écriture, il est possible de réfléchir à sa signature et d'en élaborer une plus fidèle à soi-même. »

 

« La signature que nous avons est avant tout la projection de notre image, la trace que nous laissons socialement. Ainsi l'adolescent, en recherche d'identité, aura tendance à imiter celle de son père ou de sa mère, modèle en lequel il se projette pour le moment.

« Un autre aspect assez symptomatique de cet état de fait est le temps d'adaptation nécessaire à la jeune femme mariée entre le passage de sa signature de jeune fille à celle d'épouse. Catherine Dutigny explique que "parfois on retrouve la trace de son ancienne et nouvelle identité sociale dans sa signature, un mélange des deux noms." »


Simple

« Il faut d'abord analyser la composition de la signature, le texte et le paraphe (traits, dessins...). Une signature simple, sans paraphe, écrivant simplement le nom, s'observe comme un signe de simplicité, de modestie mais peut aussi être vue comme de l'orgueil. Tout dépend du texte qui précède, la signature seule ne permet pas d'établir une analyse complète. Si le prénom est présent, plus il prend de la place, plus le "moi" en prend aussi. »

Compliquée

« Ainsi, une signature compliquée, hormis le cas de personnes à responsabilités importantes qui craignent la falsification, cache souvent une volonté de donner un type d'image, un certain prestige. Cela peut être interprété comme un manque de confiance en soi ou une peur de se dévoiler. »


Enclavée

« Un autre élément d'analyse plutôt révélateur est l'étude de la finale de la signature.

« "Ainsi une ligne sur laquelle on écrit son nom, sur laquelle on s'appuie, peut traduire le besoin de soutien ou d'affirmation de ce que l'on dit être socialement", affirme Catherine Dutigny.

« De même, "le rail au sein duquel on intègre notre signature peut être une façon de se protéger, de se sentir guidé..."

« C'est la même symbolique que l'on retrouve dans la signature enclavée dans un cercle, pour laquelle le cercle fait office de protection face aux intrusions extérieures. »

 

La position

« L'endroit où l'on place sa signature peut être révélateur. En reprenant la symbolique gauche-droite, une signature trop à gauche pourra indiquer un attachement au passé qui peut conduire à manque d'autonomie et des difficultés à changer ou à s'engager. Si elle est située trop à droite par rapport au texte, elle peut représenter une forme d'enthousiasme et de dynamisme, mais aussi un excès d'impulsivité ou des difficultés à anticiper. »
« La distance par rapport au texte est également significative. "Une signature qui colle au texte va plutôt marquer un besoin du groupe. A l'inverse, une signature éloignée désignera une personne qui a moins besoin des autres, qui peut facilement s'isoler et prendre seule des décisions." »   

Mais cette position peut aussi être interprétée différemment : « Catherine Dutigny explique ainsi que "collée au texte elle peut être interprétée comme une manière de s'impliquer à l'extrême dans ce que l'on écrit".  A l'inverse si elle est plutôt éloignée du texte, cela pourra être considéré comme une prise de recul, "une manière de se mettre en retrait, une façon de se réserver le droit de revenir sur ce que l'on a dit", explique-t-elle. »

« Une fois encore, au-delà de la simple symbolique, le graphologue s'attachera à analyser ce positionnement de la signature à la lumière d'un ensemble d'éléments qu'il observe dans le texte. »

 

L’orientation

« Tout comme pour le texte, l'orientation ascendante ou descendante de la signature a une signification. Une signature montante caractérise davantage les natures actives, l'ambition. Si la montée est excessive, il peut s'agir d'une personne qui présume de ses capacités, qui se surestime. L'orientation descendante marque une tendance à la fatigue, à la lassitude, au découragement. Elle peut aussi indiquer un problème de confiance en soi. »

 


Vous en savez maintenant un peu plus sur la graphologie. N’hésitez pas à aller consulter les deux articles qui donnent des exemples d’écritures. Mais surtout, ne vous prenez pas pour un expert…


La graphologie est un peu plus compliquée…


Cependant, vous aurez l’occasion de vérifier vos premières connaissances demain avec un quiz sur la graphologie…

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Commenter cet article

Jean&graphologie 02/08/2016 14:33

Bonjours,
Tout à fait d'accord. Il s'agit quand même d'une belle approche de la graphologie, étant un peu plus compliquée.
Merci.

Alaligne 15/01/2010 16:55


je suis d'accord avec vous... c'est encore plus compliqué que cela...merci pour cet article sur OB...
Amitiés


Bernard Sady 20/01/2010 22:46


J'ai voulu simplement donner quelques rudiments... J'ai vu sur votre blog (très bien fait) que vous étiez une vraie graphologue... Ce que vous dites de mon article signifie que je n'ai pas raconté
trop de bêtises...
Depuis que je suis jeune, j'ai toujours été fasciné par cette "science".

Cordialement