Réchauffement climatique : ça se calme…

Publié le par Bernard Sady

Lorsque j’ai publié un premier billet sur le réchauffement climatique en prenant timidement le parti des climato-sceptiques, je ne savais pas dans quel débat j’allais entrer...

 

Je ne m’étais pas intéressé au réchauffement climatique auparavant, car on ne peut tout suivre. C’et sur l’incitation d’un de mes fidèles lecteurs que je me suis lancé.

 

 

Et depuis ce billet du mois de février, la situation a quelque peu évolué.

 

Il y a eu le livre de Claude Allègre qui a provoqué une levée de boucliers impressionnante avec comme point d’orgue l’appel des 400 fin mars 2010 à Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement et de la recherche. Pour vous faire une idée du ridicule de cet appel, je vous conseille de le lire intégralement et de lire ensuite les conclusions qu’en tire Pascal Ordonneau dans “Les Cercles” de “LesEchos .fr”.

 

Pour vous mettre l’eau à la bouche, voici le “résumé” qu’il fait de cette lettre :

« Nous scientifiques du climat…nous les 400, rémunérés principalement par les crédits publics…nous dont les pairs sont les vrais juges, les seuls juges, les juges authentiques de la qualité de nos dires et de nos trouvailles, décrétons que sont indignes de toute considération scientifique, de tout honneur national, qu’il s’agisse de médailles, de mérite et de légion d’honneur, indignes de tout argent, sous forme de crédit, de bonus ou de CSD, les sieurs X, Y, et Z, ci-devant dénommés et identifiés, et requérons des pouvoirs publics et, en particulier, de notre tutelle, de laquelle pour notre propre cause nous nous sommes depuis longtemps affranchis, qu’ils les dégradent, déplacent et déportent, pour avoir tenu des discours non approuvés, non conformes, et contraires à notre conception de l’éthique et de la conscience scientifique….. »

 

 

Et puis, même Sarkozy (qu’est-ce qu’il y connaît ?) « a ardemment défendu les scientifiques du GIEC, en butte aux critiques des climato-sceptiques » selon Les Echos du 11 mars 2010

 

 

Mais depuis, le soufflé est retombé et c’est plus sereinement que le débat continue, mais ce n’est pas à l’avantage des “réchauffistes”…

 

 

Je ne peux citer tous les nombreux articles qui dénoncent la fragilité des hypothèses “réchauffistes” et la faible contre-argumentation des ennemis des climato-sceptiques… En dehors des insultes, il n’y a pas de véritables arguments…

 

 

J’ai retenu l’interview de Marcel Leroux dans un petit bulletin “Afrique réelle” que m’a fait passer un autre de mes fidèles lecteurs.

 

Marcel Leroux, décédé en août 2008 (donc avant toute cette polémique...) a été « professeur Emérite de Climatologie à l’Université Jean Moulin Lyon III, fut le directeur du LCRE (Laboratoire de Climatologie, Risques, Environnement) du CNRS (UMR 5600, Lyon). Membre de l’American Meteorological Society et de la Société Météorologique de France, il est l’auteur de plusieurs ouvrages climatologiques fondamentaux ».

 

Une première citation résume parfaitement son point de vue : « Le réchauffement global est une hypothèse issue de modèles théoriques et fondée sur des relations simplistes, qui annonce une élévation de la température, proclamée mais non démontrée. Les contradictions sont nombreuses entre les prédictions et les faits climatiques directement observés, l’ignorance délibérée de ces distorsions flagrantes constituant une imposture scientifique. »

 

Ensuite, ce qui est très intéressant, c’est qu’il donne l’origine de cette thèse “réchauffiste” :

« La manipulation, car il y a manipulation, débute en 1988, quand les Etats-Unis vécurent  dramatiquement une sécheresse accompagnée de vents de poussière, qui évoquaient pour eux les tristes années 1930 du dust-bowl (célèbre dans la littérature par “Les raisins de la colère” de J. Steinbeck). J. Hansen, de la NASA, présenta en juin 1988 devant le Congrès une courbe sur  laquelle il ajouta astucieusement a des moyennes annuelles, une moyenne établie sur les 5 derniers mois, ce qui eut pour effet de faire grimper artificiellement la courbe thermique des Etats-Unis. Ce procédé malhonnête déclencha alors la panique climatique (déjà préparée de longue date par les mouvements écologistes) qui conduisit rapidement (en 1989) a la création du GIEC. A partir de cette date, le nombre de prétendus climatologues augmenta de façon vertigineuse (le plus souvent autoproclamés, ou désignés par les gouvernements, comme cet expert national chargé du changement climatique qui est… physicien nucléaire !). Le climat devint l’affaire des organisations écologistes, de journalistes dits scientifiques, des médias et des politiques. Dans le même temps tout fut hyper simplifié, et devint même ultra simpliste : l’effet de serre, et notamment le CO2, est (sans discussion possible) le facteur unique du changement climatique et de tous les phénomènes météorologiques ! Il faut préciser que le GIEC, dans ses différents rapports (1990, 1995, 2001 et 2007), établit les bases scientifiques du climat (cf. www.ipcc.ch), mais de façon très orientée. Car il n’existe pas de consensus parmi les scientifiques, et tous les sceptiques sont  systématiquement écartés, ce qui évite ainsi officiellement tout débat. Ces rapports scientifiques servent à des délégués désignés par les gouvernements, et dénommés experts (donc des politiques ou des scientifiques politisés), a établir (comme a Paris en février 2007) le Résumé pour Décideurs (Summary for Policymakers). C’est à l’occasion de ces réunions que sont orchestrés, avec force simplifications et marchandages, voire mensonges éhontés, les coups médiatiques destinés à impressionner l’opinion, comme en 1995 lorsque fut introduite (hors débat scientifique) la phrase, toujours non prouvée, de la responsabilité de l’homme dans le changement climatique. On est alors très loin du climat lui-même ! Mais c’est ce document qui fait autorité, qui est diffusé et exploité par les politiques et par les médias qui surenchérissent dans le catastrophisme du réchauffement… avec la même assurance et la même vigueur que dans les années 1970 lorsqu’ils annonçaient le retour d’un nouvel âge de glace ! »

 

 

Autre article : j’ai été frappé par la calme assurance de Michel Wohrer, normalien, agrégé de physique et ingénieur des mines, démontant la thèse centrale des réchauffistes de manière implacable dans Les Echos du 21 mai dernier


Si vous êtes pressé, vous lirez le très bon résumé publié par Les Echos. Mais si vous êtes très intéressé par le sujet, vous lirez tout le dossier de Michel Wohrer dans lesechos.fr/lecercle.

 

Je résume rapidement.

 

Son introduction : « En tant que membre de la société civile et “honnête homme” sans idée préconçue sur le sujet, j'ai tenté de comprendre et d'apprécier la démarche et les conclusions du Giec sur le changement climatique. Dans un contexte de débats enflammés, je me suis attaché à lire les travaux du groupe de travail n° 1 du Giec - relatif aux aspects scientifiques -et de nombreuses contributions techniques sur les conclusions de ce groupe de travail. Cette masse de textes est imposante mais scientifiquement pas inaccessible. J'en suis sorti étonné de la fragilité des conclusions du Giec et par contraste frappé du poids des décisions publiques qui ont été prises sur une base aussi fragile. »

 

Après avoir dénoncé les simplifications excessives du GIEC, voici son argumentation principale : « Le point le plus fragile et pourtant le plus essentiel de ces systèmes a trait à leur analyse du cycle de l'eau dans l'atmosphère. En effet, dans les modèles, le réchauffement est la conséquence non seulement de l'augmentation de la teneur en CO2, mais surtout de la modification du cycle de l'eau, vapeur d'eau et nuages, qui est supposée constituer une “contre-réaction positive” qui vient amplifier le réchauffement de la planète. Au terme d'une analyse détaillée, je suis parvenu à la conviction que l'existence de cet effet amplificateur n'est pas démontrée par les travaux du Giec. Privé de ce point, tout l'édifice est fragile : si la modification du cycle de l'eau a au contraire pour effet d'atténuer les effets du CO2, c'est l'écroulement de la thèse du Giec. Or, les modèles sont trop imprécis pour que l'on puisse vraiment savoir dans quel sens va la “contre-réaction” globale du cycle de l'eau. C'est dire que les prévisions alarmistes du GIEC pour le XXI e siècle sont probablement infondées. »

 

Et voici qui rejoint les propos de Marcel Leroux : « La démarche du Giec est avant tout une démarche “top-down”, où le diagnostic, établi par la résolution du 6 décembre 1988 des Nations unies, a précédé les mesures détaillées et le travail approfondi des climatologues. Elle consiste à dire, en se fondant sur la théorie, que les gaz à effet de serre (notamment le CO2) émis par les hommes ont forcément un impact sur l'évolution de la température moyenne de la Terre. Cette approche n'a pas varié depuis la création du Giec et depuis le premier rapport (FAR) en 1990 : le Giec a une thèse et ses travaux depuis vingt ans ont consisté à l'étayer. » Surprenante démarche “scientifique”…

 

La conclusion est empreinte d’une grande sagesse : « récents “compagnons de route” des défenseurs des économies d'énergie et du développement des énergies renouvelables, les tenants des thèses du Giec, en monopolisant l'attention sur le CO2, ont fait perdre de vue les raisons beaucoup plus solides et essentielles qui justifient aujourd'hui, comme il y a trente ans, au lendemain des chocs pétroliers, de chercher à brûler moins d'hydrocarbures : c'est un “gâchis”, car on brûle des molécules complexes, que la nature a mis des millions d'années à produire, c'est cher car la ressource est devenue rare, et enfin cela rend vulnérable stratégiquement.

« Il faudra donc veiller, si la thèse de la responsabilité des gaz à effet de serre dans le réchauffement climatique venait à perdre sa crédibilité, à ce que “le bébé ne soit pas jeté avec l'eau du bain”, et pour cela rappeler publiquement que c'est indépendamment de toute considération sur le CO2, qu'il est impératif de brûler moins d'hydrocarbures. »

 

 

Le réchauffement climatique va faire encore couler beaucoup d’encre, mais c’est certainement avec plus de prudence que les tenants de cette thèse vont maintenant s’exprimer… et prendre du recul…

Commenter cet article

Jean-Michel 01/06/2010 23:43



Bonsoir Bernard,


Je ne peux qu'être d'accord avec la conclusion de votre article, la prise de conscience vieille de 30 ans reste plus que jamais validée par l'état des lieux planétaire.


Il faut veiller au grain devant certaines manœuvres de diversion voulant nous faire croire que tout est à nouveau permis pour faire des affaires en hypothéquant l'avenir...Reçu 5 sur 5.




Bernard Sady 02/06/2010 21:26



Bonsoir Jean-Michel,


Finalement, nous nous retrouvons autour des mêmes préoccupations, mais débarassés de toute manipulation et foutaises qu'on essaie de nous faire avaler. c'est le principal.


En tous cas, merci de tous vos commentaires qui font avancer le débat.