Lundi 23 novembre 2009
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Initiés par Nicolas Sarkozy, les états généraux de l’industrie viennent d’être lancés. L’Usine Nouvelle du 19 novembre y est
consacrée en grande partie.
Ces états généraux seront-ils un coup d’épée dans l’eau de plus et un immense gâchis, comme de nombreuses actions menées
jusqu’ici en faveur de l’industrie?
En tous cas, les moyens sont à la hauteur des ambitions.
C’est ce qu’explique le site dédié à ces états généraux www.etatsgeneraux.industrie.gouv.fr :
« Les Etats Généraux de l'Industrie sont conçus de façon à mettre en place une concertation très large,
permettant de recueillir les contributions du plus grand nombre afin de définir les mesures d'une nouvelle politique industrielle en France. Ils s'appuient sur trois volets :
-
Un volet national, piloté par le comité national des Etats Généraux de l'Industrie (CNEGI), il est composé de
groupes de travail thématiques (5 thématiques transverses, 5 groupes « filières ») ;
-
un volet territorial, s'appuyant sur des ateliers régionaux qui permettront d'apporter une vision
territorialisée des forces et faiblesses de l'industrie en France, et des actions en faveur de l'industrie en conséquence ;
-
un volet participatif, via un site internet permettant des contributions libres.
Ce dispositif permettra de déterminer, avant le 15 décembre, les forces et faiblesses de l'Industrie en France puis de
définir un plan d'actions détaillées en faveur d'une nouvelle politique industrielle en France. »
L’Usine Nouvelle précise : « La concertation doit se dérouler en deux phases. Jusque mi-décembre, les groupes de
travail vont dresser le bilan de santé de l’industrie française. Un point d’étape est prévu à l’issue de cette première étape le 14 décembre. Du 15 décembre au 27 janvier 2010, les états généraux
devraient entrer dans le vif du sujet, en formulant des “propositions d’actions”. L’ensemble de ces travaux sera ensuite présenté lors d’une convention nationale, clôturant les états généraux
début février 2010. »
L’ambition de ces états généraux n’est ni plus ni moins que de définir une nouvelle politique industrielle pour la
France !
Le volet participatif permettra à tous ceux qui le veulent de donner leur avis sur l’industrie française. Un forum est à
leur disposition sur le site de ces états généraux.
L’Usine Nouvelle n’est pas en reste avec son propre site www.imaginerlindustriedufutur.com. Sur ce site se trouvent tous les articles de ce numéro consacré aux états généraux.
Voici les 5 thèmes transversaux :
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Biens intermédiaires, biens d'équipement et environnement
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Industries de santé
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Industries des TIC
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Matériels de transport
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Biens de consommation
Et voici les 5 thèmes “filières” :
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Innovation et entrepreunariat
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Emploi et formation
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Accès au financement
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Compétitivité et croissance verte
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Politique de filières : décloisonnement et partenariats
Revenons à L’Usine Nouvelle.
L’éditorial de Laurent Guez est consacré à ces états généraux.
Il explique que « nous avons réuni cette semaine douze présidents de fédérations pour inaugurer notre
rubrique: la mécanique, la métallurgie, l’aéronautique, l’espace, l’automobile, la plasturgie, l’électronique, le textile, l’ameublement…Un brainstorming totalement inédit de patrons qui
représentent près de 90%de l’industrie. Que nous disent-ils? Qu’il faut aimer les usines, les choyer, les respecter, les admirer. Sur un registre moins émotionnel, ils nous envoient un
message unanime: si la nouvelle politique industrielle de la France devait se résumer en un mot, ce serait “compétitivité”. Leur rêve: un consensus national sur ce sujet. C’est
difficile. Améliorer la compétitivité, c’est jouer sur le coût du personnel, la protection sociale, la fiscalité, le code du travail, dossiers sur lesquels syndicats et patronat sont
traditionnellement en opposition frontale. A moins de trouver des solutions «gagnant-gagnant », comme on dit désormais. Si à l’occasion de ces états généraux et au nom de l’industrie, patrons et
syndicats parvenaient à un compromis pour sauver le "made in France", ce serait une victoire historique pour tous. »
C’est peut être optimiste, voire naïf, mais pourquoi pas ?
Il est vrai que l’industrie est mal aimée en France. Mais il est encore plus vrai que ce thème de la “compétitivité” est
piégé. Surtout après les tentatives catastrophiques menées pour améliorer la compétitivité de France Télécom… avec le résultat qu’on connaît. Et le reportage sur France 3 “La mise à mort du
travail” n’a certainement pas participé à réconcilier les français avec la notion de “compétitivité” dans les entreprises… Avant de vouloir remettre ce thème à l’honneur, il faut absolument
déminer le terrain. Et pour cela, il est indispensable de faire le tri entre les différentes méthodes de management. Toutes ont comme objectif d’améliorer les résultats de l’entreprise, mais
toutes n’y arrivent pas (du moins sur le long terme), surtout quand elles ne respectent pas les hommes et les femmes de l’entreprise. Les industriels et leurs organisations professionnelles
doivent rejeter ces méthodes de management ou la manière de les mettre en œuvre quand elles n’aboutissent qu’à augmenter le stress de manière insupportable chez les employés.
Autres points importants évoqués par nos 12 présidents de fédérations :
D’abord, si les entreprises demandent à leurs employés d’être en permanence prêts à changer, pour elles-mêmes, elles
réclament de la stabilité… « En matière d’investissement industriel, les process de mise en route et le retour sur investissement sont très longs. Nous sommes donc ceux qui avons le plus
besoin de stabilité et de visibilité. » Pour les hommes, c’est exactement pareil… Ils ont besoin de stabilité et de visibilité…
Et au sujet de la “croissance verte”, nos présidents de fédérations ne sont pas enthousiastes : « Ces débats
autour de la croissance verte comportent une part de manipulation. On évite de s’occuper des problèmes d’aujourd’hui en disant : “La croissance verte va tout résoudre.” Ce n’est pas vrai. Il
y a des problèmes structurels comme le temps de travail ou la fiscalité qu’il faut traiter dès aujourd’hui ! »
J’avoue être assez dubitatif sur les résultats de ces états généraux… Mais je tenterai de les suivre car certaines pistes
de progrès peuvent quand même se dégager. En particulier, je suis curieux de connaître le sort du lean dont certains des 12 présidents de branches professionnelles ont parlé comme un des facteurs
de compétitivité.
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