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Wikipédia

Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /2009 21:37

Cela fait quelques temps que je n'avais pas parlé de la pseudo encyclopédie nommée Wikipédia.

L'occasion m'en est donnée par un article d'Alithia qui donne le témoignage de deux anciens wikipédiens.

 

 

C'est surtout le deuxième témoignage qui est intéressant.

Il s'agit d'un « wikipédien qui a choisi de manière éloquente le  pseudonyme de Giordano Bruno » qui explique pourquoi il donne sa démission de Wikipédia sur sa page personnelle.

 

Je vous en donne les meilleurs extraits en mettant en gras ce qui me semble important :

« Je mets en garde sur la nécessité de vigilance sur la déferlante irrationnaliste proche de l'anarchisme épistémologique et de la philosophie postmoderniste. L'argument du principe de neutralité des opinions est contre-rationnel, car la neutralité d'opinion est un moyen pernicieux de remplacer les faits. Sur le plan scientifique, Wiki prête à caution parce que souvent les sujets ne sont pas traités par des spécialistes. La démarche sceptique et critique est malheureusement souvent écartée, au profit de considérations personnelles selon l'inspiration de chacun. Wiki est une communauté qui considère que ses articles doivent être consensuels, et pas forcément vrais. La neutralité wikipédienne ne fait pas bon ménage avec la rigueur scientifique, ni même avec un minimum de rationalité. Si l'on vient à mélanger la recherche de connaissances scientifiques avec une vérité pseudo-scientifique ou irrationnelle, vous obtenez quelque chose qui n'a de valeur que celle de l'opinion consensuelle labellisée "wiki". Je vous laisse deviner la crédibilité de ce label auprès des gens doués de sens critique. Cette théorie de la collaboration relativiste, que je nomme conformisme postmoderniste, est totalement opposée à l'esprit de la collaboration scientifique, où chacun s'efforce d'apporter sa pierre dans un même but rationnel à travers des faits.

 

« J'ai décidé de me retirer définitivement de ces conflits de partialité inutiles et vains qui alimentent les discussions. Les opinions ne prévalent pas aux faits, c'est du moins la définition épistémologique de la science. Les consensus entretenus par des non-spécialistes, notamment les jeunes informaticiens qui maîtrisent très bien l'outil informatique mais dont les connaissances sont inadaptées aux sujets scientifiques, ne peuvent pas constituer un critère d'objectivité satisfaisant sur les sujets qu'ils connaissent mal. »
 

Voici un coup de plus donné à ce qui se voulait une belle aventure et qui va se terminer en un ramassis d'articles dont il sera impossible de démêler le vrai du faux... A côté, les actifs toxiques des banques risquent de paraître clairs comme de l'eau de roche...


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Vendredi 12 décembre 2008 5 12 /12 /2008 23:19

Alithia, l'opposante à la pseudo encyclopédie Wikipédia, a présenté sur son blog le 07 novembre dernier, l'étude publiée par Alexandre Serre sur Université Mag : « Former les étudiants à la maîtrise de l'information : sur quels contenus ? »



Pour Alithia, « cette étude est un plaidoyer pour une formation des étudiants à l'usage des outils informatiques et l'apprentissage d'une distance critique. » En effet « les étudiants par manque de formation aux recherches par les moyens de l'informatique abusent de Google et de Wikipedia. »

Elle cite Alexandre Serre pour appuyer son propos : « L'appropriation massive des TIC par les nouvelles générations et l'acculturation informatique spontanée des étudiants peuvent induire un certain nombre d'illusions, quant à leur maîtrise réelle des outils informatiques et leur autonomie informationnelle. Et un nouvel « allant-de-soi » est en passe de se répandre à l'université : le présupposé d'une maîtrise « innée » des TIC par les étudiants, qui seraient passés maîtres dans l'art de surfer sur le web, de chercher l'information et d'utiliser les outils numériques. Pourtant, aussi bien l'observation des usages informationnels à travers différentes études que l'expérience de nombreux enseignants, laissent voir une réalité plus problématique que le constat, parfois trompeur, de l'utilisation et de l'appropriation d'Internet par les étudiants. Nous en rappelons ici quelques aspects.

[...] Certaines enquêtes et études récentes ont montré par ailleurs l'importance des "mésusages" informationnels : phénomène du copier-coller, réflexe « Google-Wikipedia » pour toute recherche documentaire, problèmes d'identification de l'information pertinente, citations des sources de plus en plus approximatives, etc. »


Et pourtant, ces étudiants devraient être les représentants idéals de la génération Y, qui sont censés maîtriser Internet et les outils web 2.0... La réalité est quelque peu différente de l'image d'Epinal qui en a été faite, par exemple dans le document de blueKiwi : « L'Entreprise 2.0  - Comment tirer profit des Réseaux Sociaux Professionnels ? ». J'ai fait une critique de ce concept de "Génération Y" dans un billet précédent en commentant le document de blueKiwi. 


Voici ce qu'écrit blueKiwi dans le document cité ci-dessus sous le titre « La Génération Y n'est pas sur Internet, elle en fait partie. » : « Rompue dès son plus jeune âge à utiliser simultanément plusieurs médias, [la génération Y] est devenue multitâches et peut à la fois lire un document, participer à une discussion sur messagerie instantanée, discuter avec vous et écouter de la musique. [...] Le Y est un « surfeur » dans tous les sens du terme. Il surfe sur Internet, sur les réseaux sociaux, passe d'information en information et de contact en contact. Il surfe aussi sur les projets, les idées : conséquence de son pragmatisme il n'a pas d'à priori et sait s'adapter en permanence au contexte, ou changer de stratégie. » Il y a un écart important entre l'analyse d'Alexandre Serre et celle de blueKiwi...

« Le Y est impatient : il veut des résultats rapides. Il va droit au but, veut communiquer de manière instantanée avec la bonne personne, avoir une réponse immédiate et ne s'embarrasse pas des procédures et des intermédiaires qui lui font perdre du temps. » Cette impatience le conduit à utiliser de préférence les outils qui vont lui donner rapidement une réponse : Wikipédia et Google, même si ces réponses ne sont pas pertinentes...

 

« Habitué à un monde qui change vite et à baigner dans des flux d'information, il trouve logique d'avoir accès à toute l'information sans aucun cloisonnement. Il accorde d'ailleurs une grande importance au  fait de pouvoir s'instruire en permanence de ses expériences et se désengage rapidement lorsqu'il n'apprend plus rien. »

 

 

La conclusion d'Alithia : « Les enseignants ne peuvent que déplorer la restriction considérable du champ des recherches qu'entraîne l'omniprésence sur le net des monopoles Google - Wikipedia qui tendent à n'en faire plus qu'un, tant il va de soi que leurs ressources sont insuffisantes. »

La Génération Y est multiple et tous ses membres n'ont pas le même accès, ni la même facilité avec Internet. Par contre, ce qui est le plus inquiétant, c'est le manque d'esprit critique qui semble caractériser cette génération.
Si vous souhaitez approfondir cette question, n'hésitez pas à consulter l'ensemble de l'étude d'Alexandre Serre sur le site Université Mag.


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Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /2008 23:13

Une tribune très intéressante d'Alain Garnier sur le Journal du Net intitulée « Est-ce le début de la fin des Digg-Likes ? » livre une réflexion sur certaines pratiques du web s'appliquant aux blogs et qui peut parfaitement s'adresser à Wikipédia...

Cet article va donc me permettre, en plus, de répondre sur le fond à l'argumentation pro Wikipédia que Ceedjee a développée dans ses commentaires sur l'un de mes billets.

Je commente d'abord cet article et j'en viendrai ensuite à Ceedjee.

 
Alain Garnier fait part d'abord part de sa surprise lorsqu'il a vu à la place de la page d'accueil du site Blogasty.com le message suivant « du fondateur de Blogasty, Christophe Lefevre : "Blogasty fait la GREVE contre l'abus de l'exploitation des Digg-Likes dans le but de recevoir plus de trafic sur son blog  [...]" ».

Après avoir exprimé son étonnement sur cette grève dans le monde du web, il examine « le fond du problème », car « on ne peut que s'interroger sur la pertinence des résultats produits par les Digg-Likes ».

Il rappelle d'abord ce qu'est un Digg-Likes : « un site ou les internautes proposent des articles, site ou pages en les agrémentant - selon les sites - de tags, de catégories et de courtes descriptions. Ensuite, les visiteurs du site votent pour donner une appréciation aux articles proposés : soit de manière univoque en donnant un point aux articles, soit en qualifiant en "plus" ou "moins". » Cela peut sembler tout à fait neutre et parfaitement équilibré : « c'est l'idéal démocratique qui est mis au service de la collectivité pour donner le meilleur du Web à un instant T. »

Mais « là aussi, on retrouve l'angélisme habituel du Web de ses débuts. » Je ne suis pas sûr que ça ait beaucoup changé... Il y a toujours un certain angélisme autour du web...

Alain Garnier continue : « Car pour autant, il est clair qu'une communauté positive sans intérêts personnels peut jouer le rôle de régulateur - et encore faut il définir la valeur de jugement d'un groupe non qualifié sur une information qui l'est - autant, quand certains internautes ont des intérêts dans l'affaire alors le processus devient totalement faussé. » Oui, et c'est là qu'on retrouve Wikipédia... qui fonctionne exactement selon cette règle.

Alain Garnier précise : « Il l'est (faussé) de plusieurs manières. Tout d'abord, celui qui propose un contenu (site, blog , média...) a bien entendu intérêt à être lu. Que ce soit pour des raisons financières ou simplement narcissiques. Il aura donc à coeur de pousser son oeuvre. C'est là que l'e-Ver est dans l'e-Fruit du Net. » Je retiens la formule... « Car sur Internet comme dans certaines républiques bananières, on peut voter plusieurs fois, faire voter son cousin, son frère, sa soeur, ses collègues, voire payer des gens pour le faire à sa place. Bref, rien de très démocratique pour peu qu'on soit un tantinet organisé ou qu'on en ait les moyens. » C'est exactement ce qui se passe sur Wikipédia, entre administrateurs... « Aussi, l'idée selon laquelle c'est le bon peuple qui propose et met en avant les meilleurs contenus du Web est depuis quelques temps une gentille fable qui permet à tous de continuer à faire du trafic sous couvert d'un système démocratique donc obligatoirement positif. »

Alors pourquoi une grève ? Elle « est un cri du coeur qui revient à dire : le modèle des Digg-Likes n'est pas "bon" et "convergent" par essence. Il l'est si et seulement si la communauté qui l'anime est éduquée, autonome et pas en recherche d'avantages personnels. Voilà un aveu d'impuissance pour ces sites qui ne peuvent donc garantir la pertinence de leurs résultats. »

Il en est de même pour Wikipédia. Mais les wikipédiens ne le reconnaissent pas encore. A quand une grève de Wikipédia pour dénoncer les abus des administrateurs ?

Cependant Alain Garnier recommande de ne pas « pour autant jeter le bébé avec l'eau du bain ! Car ce qu'apportent ces sites, c'est avant tout la capacité de mettre en lumière ce qui est nouveau sur le Net, de pouvoir l'extraire de la masse immense que constitue le Web en croissance. Or cette fonctionnalité est essentielle et elle perdurera sous une forme ou sous une autre. »

Par contre, si ce dernier point concerne les blogs, il ne concerne pas du tout Wikipédia qui n'a pas pour vocation de « mettre en lumière ce qui est nouveau sur le web » ou ailleurs.

Et notre auteur conclut : « La fin de la naïveté 2.0 peut-être ? Souhaitons le. » Oui souhaitons-le avec lui. Il est tellement vrai que "naïveté" se conjugue mal avec "naviguer sur le web"...

Question annexe : Fin de la naïveté chez Wikipédia ? Je n'en suis pas sûr... Les wikipédiens ne semblent pas mûrs pour une telle remise en cause...

 

Venons-en à la position de Ceedjee. Il soutient que :

« L'impossibilité de faire confiance à une encyclopédie ne relève pas de wikipédia mais du savoir même. Il y a des controverses sur tout.
En *théorie*, wikipédia solutionne le problème avec la NdPV (Neutralité de Point de Vue).
En *pratique*, wikipédia ne solutionne rien car l'essentiel des éditeurs n'en respectent pas les principes... » (post 27 de l'article Faits et foutaises : Wikipédia ou le règne de l'ignorance).

Et il précise dans le post 43 du même billet :
« * ce n'est pas wikipédia qui n'est pas fiable; c'est bel et bien internet et certains déséquilibrés qui y sévissent. Le projet wikipédia est conceptuellement excellent mais souffre certainement de son support.
* Si vous voulez utiliser wikipédia, et bien vérifiez que c'est sourcé et si c'est sourcé, vérifiez quelques sources pour vous évaluer la tenue du reste du texte. Seule wikipédia offre cela. Dans les autres encyclopédies, un article ne donne qu'un point de vue, celui du spécialiste qui a écrit l'entrée en question.
* la Neutralité de Point de Vue est un concept essentiel et unique à wikipédia qui l'a mit au-dessus de toutes les autres encyclopédies. Le texte sur l'antisémitisme du Mufti en est le parfait exemple car il n'existe nulle part, aucun autre support, aucune autre approche qui ne donne ainsi une *synthèse* des différentes visions sur le sujet. »

Je résume son argumentation. Wikipédia est très bien en théorie : le concept de la Neutralité de Point de Vue est théoriquement ce qu'il y a de mieux. Par contre, en pratique, c'est un "flop", car tout le monde ne joue pas le jeu. Ce serait dû aux « éditeurs (rédacteurs ?) qui n'en respectent pas les principes » ou à « Internet et aux déséquilibrés qui y sévissent ».

Opposer théorie et pratique ne tient pas la route, car une théorie qui ne se vérifie pas dans la pratique montre tout simplement que cette théorie est fausse... C'est en tous cas un aveu d'impuissance, comme le soulignait Alain Garnier et un fameux aveu d'échec.

Quant au « concept de la Neutralité de Point de Vue » qui, si j'ai bien compris, consiste à mettre toutes les théories sur un sujet donné, il est utopique. Car qui décide de ce qui est neutre et de ce qui ne l'est pas ? Les administrateurs qui n'y connaissent rien ? Comment présenter une théorie principale et les autres secondaires ? Qui décide de ce qui est important et de ce qui ne l'est pas ? Qui décide de mettre en avant ou de supprimer tel fait ? Toujours les administrateurs ?

 

Il est vraiment temps que les wikipédiens se réveillent de leur naïveté et admettent que Wikipédia est une utopie de plus qui ne tient pas face à la réalité...


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Mercredi 13 août 2008 3 13 /08 /2008 19:05

En test depuis décembre 2007, l'encyclopédie en ligne de Google, « Knol » a été mise à la disposition des internautes courant juillet.

Contrairement à Wikipédia, les internautes signeront leurs contributions et ne pourront modifier les articles des autres internautes. Ils pourront aussi bénéficier des publicités de Google Adsense.

Une concurrence sérieuse pour Wikipédia...

Knol est accessible à l'adresse http://knol.google.com/.


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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /2008 06:15

Sur son blog, Alithia nous informait, samedi dernier que Laurent de Boissieu, journaliste à « La Croix » se plaignait de plagiat de la part de Wikipédia.

Je suis allé voir le billet en question.

Laurent de Boissieu se plaint à juste titre que Wikipédia pille ses blogs sans jamais donner la source des informations.

Mais ce qui est beaucoup plus significatif, ce sont les commentaires. La confrontation entre les wikipédiens purs et durs, ceux plus conciliants, les anti-wikipédia primaires, les anti-wikipédia plus mesurés, est digne des guerres picrocholines... Et Laurent de Boissieu qui dans tout ça essaie de conserver son calme en s'accrochant à son argumentation de base concernant le plagiat...

Cela montre bien que la critique de Wikipédia porte. Si ce n'était pas le cas, il y aurait ignorance du phénomène et ce serait la loi du silence. Mais il est vrai que cette critique prend de l'ampleur et que les fans de Wikipédia commencent à prendre peur et à perdre leur self contrôle. Je les comprends, car constater que ce pour quoi on a consacré une bonne partie de sa vie, des soirées complètes, voire des nuits est en passe de s'effondrer est plus que stressant...

Hélas, ce n'est ni la première fois, ni la dernière que de tels évènements se produiront.
Comme toute utopie, Wikipédia finira dans les toiles d'araignées de l'histoire...

 


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Jeudi 22 mai 2008 4 22 /05 /2008 06:00

Le phénomène anti Wikipédia s'amplifie et les articles, après être partis des blogs, se propagent dans les journaux les plus sérieux et sur les sites d'information les plus importants sur le net.

C'est ainsi qu'une tribune du Journal du Net du 19 mai signée de Henri Tcheng et Jean-Michel Huet de BearingPoint pose la question : « Web 2.0 et utopie : faut-il brûler Wikipédia ? »

Les auteurs élargissent le débat et veulent dépasser la critique de base (critique de la valeur des articles et de la base technique) en posant le problème de l'utilisation « en soi » de Wikipédia.

Tout d'abord ils nous rappellent la taille gigantesque du "monstre" : « 7,5 millions d'articles en 253 langues dont 650.000 notices en français à comparer aux 27.000 de l'encyclopédie Universalis et même aux 72.000 de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. Avec plus de 1.000 modifications par heure sur le Wikipédia français la force de l'oeuvre collective et collaborative est indéniable. » C'est impressionnant !

Pour nos auteurs, les limites de Wikipédia seraient les suivantes :

  • - La construction des articles par «accumulation chronologique» qui «ne permet pas de mettre en relief la richesse de certains faits ainsi décrits.»
  • - L'utilisation des sources: «Wikipédia ne peut être l'unique source; si le Web 2.0 se nourrit des échanges, c'est aussi dans la variété des sources, distinguant les sources primaires des sources secondaires.»
  • - L'absence de médiation: «l'accumulation de données anecdotiques ne fait pas une pensée construite, hiérarchisée. Il manque le travail de professionnels (journaliste, historien, scientifique, linguiste ou tout type de médiateur) permettant de synthétiser, de hiérarchiser et de guider la réflexion des lecteurs des différentes pages proposées.»

 

Leur conclusion : « Ces limites ne sont pas des critiques de Wikipédia mais montrent juste ce que Wikipédia n'est pas. »

J'ajoute que cela montre aussi ce que Wikipédia est : une addition de pages de valeur totalement inégales sans aucune structure et surtout sans aucune garantie de véracité, même sur des sujets scientifiques, malgré ce que semblent dire nos auteurs. Et ce n'est pas le label « article de qualité » créé depuis 2003 qui peut donner de la crédibilité. Quant on sait que ce label s'obtient par  le vote des internautes... on ne peut être que dubitatif : la somme des ignorances n'a jamais fait une connaissance...

 

Ils continuent : « Le risque réside donc bien dans l'usage qui en est fait et non de Wikipédia en soit. »

Comme de continuer à manger des pommes vertes qui vous rendront malade...

Le risque n'est pas dans les pommes... mais dans le fait de les manger...

Ne vaut-il mieux pas renoncer à utiliser Wikipédia qui n'offre aucune garantie ? C'est pourtant bien ce que nos auteurs suggèrent lorsqu'ils écrivent qu'il peut y avoir « une nouvelle fracture numérique non basée sur l'accès aux outils et à leur maîtrise, mais sur une distanciation que peuvent prendre les utilisateurs par rapport à ces outils ». C'est exactement cela, il y aura ceux qui prendront leurs distances avec cette pseudo encyclopédie et ceux qui croiront dur comme fer, tout ce qui y est écrit.

 

Enfin, « c'est ici que réside l'enjeu majeur pour le Web 2.0 : formidable support aux échanges, les outils tel que le wiki doivent s'accompagner d'une pédagogie d'usage et de comportement pour être bien utilisé tant par les internautes que par les entreprises. »

Et cela nous ramène au monde de l'entreprise, où le Web 2.0 ne démarre que très lentement.

Il faudra certainement de la pédagogie pour apprendre à utiliser correctement ces outils, mais ce sera surtout une question d'état d'esprit. Ce que font très bien ressortir nos auteurs, c'est que les outils sont une chose et que leur utilisation est une toute autre chose. Cela a toujours été. Un outil est "neutre". C'est l'usage qui en est fait qui donne le sens.

Si les gens n'ont pas envie de collaborer et de partager, ce ne sont pas les meilleurs outils du monde qui les feront changer d'attitude. La solution est à rechercher dans le mode de management adopté.

 

Un autre problème qui est rarement soulevé sur Wikipédia, c'est la gratuité des contributions. Les véritables experts professionnels sont en général "surbookés" et n'ont pas le temps, ni d'écrire, ni de modérer les articles. Surtout à titre gratuit... C'est le modèle même de Wikipédia qui est faux dès le départ.

Pour les entreprises, cela doit servir de leçon : il ne faut pas croire que les salariés vont aller spontanément passer leurs temps libres pour déposer leur savoir et collaborer sur un outil, même s'il est "up to date"... C'est une des raisons de l'échec patent du "Knowledge Management".


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Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /2008 06:00

Dans les commentaires qu'il a fait sur mes billets concernant "Wikipédia ou le règne de l'ignorance" et "Larousse contre Wikipédia", Lustucri vient de donner plusieurs adresses intéressantes. Merci Lustucri.

 

Son dernier commentaire donnait trois articles du site Knoler.eu.

Le premier article daté du 22 janvier 2008 a comme titre : « Wikipédia, anonymat et manipulation ». Il est intéressant, car il explique comment se fait la manipulation sur un tel outil. Mais sans plus.

Je vous conseille le second article : « Critique de Wikipédia » daté également du 22 janvier 2008. Il explique très bien, de manière simple et sans polémique ce qu'est Wikipédia et son mode de fonctionnement.

Enfin, le troisième article, du 27 janvier 2008, que je vous conseille également « Knol, Larousse, Quid et la fin annoncée de Wikipédia » explique pourquoi Wikipédia va disparaître. L'auteur donne trois raisons :

  • - le modèle économique est inadapté (gratuité, bénévolat, mais besoins financiers grandissants);
  • - le logiciel sur lequel s'appuie Wikipédia est rudimentaire;
  • - la concurrence des autres vraies encyclopédies le fera disparaître des premières pages de recherche des moteurs.

 

J'en ajouterais une quatrième qui est que Wikipédia est construit sur du sable : la somme d'ignorances n'a jamais fait un véritable savoir. Les nouvelles encyclopédies du web qui sont en train d'arriver l'achèveront.

 

Ce n'est pas une raison pour ne pas continuer à dénoncer cette pseudo encyclopédie, car pour le moment, elle fait beaucoup de mal, en particulier chez les plus jeunes dont le sens critique est encore peu développé.

 

A mon sens, c'est certainement Larousse qui est le meilleur challenger, du moins en France. Cela grâce à son image et au fait d'avoir mis en ligne la plupart des articles de son dictionnaire encyclopédique.

Quid, dont l'édition papier a été supprimée songe aussi à créer une encyclopédie collaborative. Quand on connaît le sérieux de cet ouvrage, on ne peut qu'être confiant.

 


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Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /2008 06:00


Larousse vient de lancer ce mardi 13 mai 2008 « la première encyclopédie contributive » sur internet : larousse.fr.

Dans cette encyclopédie, Larousse met à la disposition des internautes environ 150.000 articles de son dictionnaire encyclopédique et réserve un espace pour les articles écrits par les contributeurs volontaires du web.

Contrairement à Wikipédia où les auteurs sont anonymes, peuvent raconter n'importe quoi et peuvent modifier n'importe quel article, Larousse ne publiera des articles que de personnes identifiées qui resteront propriétaires de leurs articles. Eux seuls pourront les modifier.

 

Grâce à sa réputation, Larousse espère attirer des contributions de qualité et ainsi attaquer le monopole de Wikipédia.

C'est une très bonne nouvelle, car critiquer (à juste titre) Wikipédia sera vain s'il n'y a rien pour remplacer. Même ceux qui sont les plus critiques envers Wikipédia considèrent que ce site (ce n'est pas une encyclopédie...) peut avoir un intérêt pour débroussailler le terrain d'une recherche. Il est nécessaire de vérifier les informations, sinon, gare aux mauvaises surprises...

Si Larousse arrive véritablement à percer avec des articles fiables et de bonne qualité, je ne donne pas cher de la peau de Wikipédia. Cela aura été une expérience malheureuse telle qu'on en voit à chaque innovation technologique majeure. Mais vouloir jouer à Diderot en croyant créer une encyclopédie à partir de l'ignorance de chacun est un doux rêve qui ne peut durer très longtemps.

Un signe avant-coureur : le lendemain du lancement de larousse.fr, le site n'était plus joignable tellement il y avait de visites.


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Lundi 5 mai 2008 1 05 /05 /2008 22:43

Au hasard de mes navigations sur le web, je suis arrivé sur un site internet "anti wikipedia".

Dans ma grande naïveté, j'étais assez favorable à ce type d'encyclopédie construite par l'ensemble des internautes, chacun venant apporter sa pierre. J'étais même prêt à rédiger et proposer quelques articles sur le management (5S en particulier, où je pensais avoir une "petite" compétence).

Mais ce que raconte notre blogueuse a plutôt refroidi mes ardeurs.

Le nom de son blog : wikipedia.un.mythe.over-blog.com.

Sa page d'accueil annonce la couleur : « Observatoire de Wikipedia : mythe de la neutralité ou Socrate contre les sophistes ». Il est tenu par Alithia (son pseudo) une professeur de philosophie qui se présente de la manière suivante : « Outre le contenu des bibliothèques je dévore avec délectation Charlie-hebdo, la bonne cuisine. J'aime les idées, l'humour, tout ce qui lave la tête des puanteurs qui émanent de cette chose qui se prend au sérieux. » On voit déjà la personne...

Ce blog se veut un « observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun est libre d'écrire ce qu'il veut grâce à l'anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospère la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture. » Ni plus ni moins...

Les thèmes abordés montrent son ancrage idéologique...

Et on ne peut faire n'importe quel commentaire : elle valide avant diffusion...

Autant dire que nous ne sommes pas du même bord...

 

Cependant, son blog est intéressant. Mais pas tout. En particulier, je trouve que l'argumentation de sa page de présentation est mal construite et montre une obsession pour la dénonciation d'un pouvoir occulte (de droite, bien sûr) qui serait contre la culture (de gauche, bien sûr). Ce qui ne me semble pas du tout démontré.

Je préfère les exemples tirés de la catégorie « mythe de l'écriture collective ».

L'article titré « Wikipedia, une publication d'amateurs ignorants » ou « Comment sont rédigés les articles de sciences humaines » traite d'un sujet parfaitement neutre : « L'organisation de la Mongolie sous la domination Mandchoue »...

Les échanges entre le rédacteur de l'article "Mandeville" et son contradicteur "Chino-a" sont très savoureux et symptomatiques de ce qui se passe sur Wikipedia :

Un brave type lit un bouquin et en fait un article qui se veut "scientifique". Manque de chance, ce bouquin est un des moins bons, il a été mal compris et mal digéré par Mandeville. Et Chino-a, qui lui au moins connaît son sujet, explique à Mandeville qu'il devrait corriger certaines choses. Peu importe à Mandeville qui est certainement déjà parti étaler son ignorance sur un autre sujet : Chino-a n'a qu'à modifier l'article. Mais Chino-a n'a pas que cela à faire, car il faut tout reprendre. Il donne cependant de nombreux conseils et signale les non moins nombreuses erreurs. Réponse de Mandeville (je laisse les fautes d'orthographe...) : « Je vous remercie de vos conseils, mais je n'ais moi non plus pas l'intention de me consacrer plus à cet article dans l'imédiat. J'apose le bandeau "recycler" dans le chapitre concerné en attendant ».

La conclusion d'Alithia que je partage totalement : « Voilà qui éclaire sur l'écriture collective  et le mythe selon lequel une technique sans règle autre  que le laxisme le plus total pourrait produire au final une encyclopédie, comme si la somme des ignorances et le manque d'expérience des règles du travail intellectuel -jusqu'à ignorer qu'il faut lire avant d'écrire-, pouvait aboutir à une somme du savoir organisé : ce qu'est une encyclopédie. »

Cet exemple n'est, hélas, pas le seul. Il montre qu'on ne peut pas avoir la moindre confiance envers ce qui est écrit dans Wikipedia.

Cette encyclopédie ne sert donc à rien.

Car, soit vous connaissez le sujet et vous n'avez pas besoin de lire ce qui est écrit (vous en savez certainement beaucoup plus), soit vous ne connaissez pas le sujet et vous ne pouvez donc pas juger de la pertinence de ce qui est écrit.

 

Le pied de page du blog d'Alithia résume tout : « une mise en garde...pour éviter de perdre son temps avec Wikipedia ».

J'ai parfois mis Wikipedia en référence dans certains de mes articles. Je vais les retirer au plus tôt pour éviter de vous faire perdre votre temps...


Quelles leçons en tirer pour nous, managers ?

D'abord, c'est que le monde du "2.0" où chacun vient collaborer et donner son avis, ne tiendra que si ce sont les compétences qui s'expriment et non pas les "grandes gueules". Sur un wiki ou un blog en entreprise, si ceux qui donnent leur avis le font pour "épater la galerie" et se mettre en avant, ce wiki ou ce blog ne servira à rien. Il faudra donc prévoir de véritables modérateurs.

La deuxième leçon, c'est que les outils les plus aboutis ne modifieront pas les hommes, ni leurs attitudes. Avec des silex, une lampe à pétrole ou internet, un "sale con" reste un "sale con". Il est nécessaire d'abord de pratiquer un management humain et factuel, avant de pouvoir espérer bénéficier de l'effet des dernières technologies en matière de communication.

La troisième leçon, c'est qu'écrire un article ou réagir à un article sur un sujet donné prend du temps. Il sera nécessaire de laisser du temps aux personnes compétentes pour faire cette tâche. Croire que les gens vont venir d'eux-mêmes, pendant leur temps libre, mettre par écrit leurs connaissances est un leurre. C'est une des raisons de l'échec du "knowledge management".


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