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Changement

Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /2009 22:39
Terminons notre étude sur le changement par l’explication et la justification d’une certaine résistance au changement.

 

Je continue à commenter le chapitre du « Petit bréviaire des idées reçues en management » intitulé « Le changement, c’est bien. Y résister, c’est mal. »

 


Après avoir donné un long extrait de sa thèse sur France Télécom, Yannick Fronda en vient à l’explication de la résistance au changement : « Dans ce cas [France Télécom], comme dans d’autres, les salariés ne s’opposent pas au changement dans l’absolu ; ce qu’ils refusent, c’est d’aller dans le sens d’un changement imposé du sommet de l’organisation et dont ils ne partagent pas les finalités. C’est pourquoi des approches de la résistance au changement du type de celle proposées par l’Ecole des relations humaines nous paraissent réductrices : il ne suffit pas de “communiquer” pour que le changement ait lieu. Si les acteurs semblent résister – plutôt discrètement et en apparence passivement – au changement, c’est moins parce qu’ils “n’en veulent pas” et  qu’ils “n’y croient pas” (au sens de désir ou de valeurs qui les animent) que parce qu’ils ne le “peuvent” pas (au sens de compétence technique ou de capacité de mobilisation de ressources stratégiques). Cela ne fait pas de sens à leurs yeux. Les phénomènes de résistance au changement relèvent donc aussi, et parfois surtout, de dimensions culturelles et symboliques. » C’est un élément important à comprendre : la résistance au changement n’est pas qu’un caprice de salariés ne comprenant rien au progrès. Non, c’est aussi une réaction de défense face à une impossibilité psychologique de modifier sa vision du monde de l’entreprise.


Et « plus globalement, le changement perpétuel semble être perçu par l’individu comme un générateur de chaos, d’anomie, comme une perte de sens pour le sujet qui a vécu durablement dans un monde organisationnel et à qui l’on demande d’adopter des pratiques, normes et comportements issus d’un autre monde social. D’où la résistance que les salariés opposent et que les dirigeants perçoivent généralement comme antiprogressiste ou carrément irrationnelle. » Cette résistance est parfaitement compréhensible.

 

Notre auteur pose alors la question : « Pourquoi continue-t-on à observer de la résistance humaine face aux injonctions au changement permanent qui semblent caractériser notre époque ? » Je crois avoir assez montré cette rengaine du changement qui semble le maître mot du management actuel…

 

Voyons comment les managers répondent : « Dérangés dans leurs volontés réformatrices, les managers expliquent de tels phénomènes de résistance au changement au travers de rationalisations de type structuro-fonctionnalistessans prendre en compte le vécu, par essence subjectif, des individus qui sont en première ligne de ces changements annoncés. Pour ces derniers, il existe de “bonnes raisons” de résister au changement, y compris sur un plan purement économique. Le coût organisationnel (démotivation des salariés, perte de compétence, chaos organisationnel généré par le changement permanent, coût économique des préretraites, plans sociaux et autres mesures d’accompagnement, etc.) et social (conséquences sur la santé psychique et physique des salariés concernés et de leur entourage, coût de la prise en charge de ces problèmes de santé, coût social des mesures d’accompagnement, etc.) du changement n’est-il pas au moins aussi élevé que les gains potentiels, et toujours partiellement aléatoires, visés par le changement dogmatique à marche forcée ? » C’est une des questions que Pfeffer et Sutton suggéraient de se poser avant de décider d’un changement, dans “Faits et foutaises dans le management”. (insuffisances des outils de gestion ou des compétences techniques, faiblesse institutionnelle, complexité organisationnelle, etc.)


Et finalement, « au-delà du vécu des acteurs, du point de vue de l’organisation et de la société, la résistance au changement des salariés, y compris lorsqu’il s’agit de cadres, peut ainsi apparaître positive. »


Car « le changement a besoin d’une certaine stabilité pour pouvoir se faire ». C’est un point sur lequel j’insistais dans mon premier billet.


Et voici une nouvelle règle pour réussir le changement : « L’efficacité du changement organisationnel serait alors liée à un équilibre entre changement et maintien de l’identité de l’organisation. »

 

Notre auteur explique maintenant la manière dont une opération de changement devrait se dérouler : « On pense souvent que le changement social en général et le changement organisationnel en particulier se font “en bloc”, l’ensemble de l’organisation étant supposée se mouvoir simultanément. Or, il semble au contraire que le changement organisationnel et social pénètre d’abord par la partie que l’on pourrait qualifier de superficielle de la culture – langage, pratiques, comportements – avant d’en atteindre la partie plus profonde, à savoir le “socle” des valeurs partagées par un collectif humain. »


Et il distingue « différents niveaux de changement (discours, comportements, valeurs) et montre que ces différents niveaux évoluent de façon “dyschronique” ; le changement profond, culturel s’effectuant plus lentement que le changement des pratiques et discours. A vouloir changer trop vite, en “mettant la pression” sur les salariés de l’entreprise, les managers obéreraient ainsi les possibilités de changement en profondeur. En effet, la progressivité du changement ainsi que les marges d’appropriation (donc de déviance par rapport aux prescriptions initiales) laissées aux personnes “à changer” procurent l’espace nécessaire à l’acceptation et à l’intériorisation du changement. Alors que des formes plus brutales, radicales et chaotiques de changement risquent d’être respectées à la lettre sous la pression des dirigeants mais déniées à la première occasion de prise de distance entre dirigeants et dirigés. »

 

On ne peut faire n’importe quoi avec les hommes. Ils ne sont pas malléables à l’infini, même s’ils semblent adaptables : « Si l’on s’approche des individus, considérés en tant que sujets et non seulement comme agents ou acteurs, l’être humain semble pouvoir s’adapter à la marge au changement, au sens d’un ajustement de son référentiel culturel et identitaire, d’un assouplissement de ses principes ou de ses valeurs, mais non changer radicalement de représentations (donc de comportements dans la durée).


Point très important à prendre en compte pour tout manager : « En effet, les individus sont ancrés dans des cultures nationales, dont les racines géographiques, démographiques, politiques ou encore religieuses sont profondes et structurantes. Les cultures organisationnelles constituent de plus un terreau dans lequel vont se forger progressivement, au fil des “frottements” avec les collectifs sociaux environnants, les identités professionnelles, composants à part entière de l’identité personnelle. C’est pourquoi, lorsque les situations socio-organisationnelles vécues semblent leur imposer “à marche forcée” un autre référentiel symbolique, au moins partiellement incompatible, apparaissent des phénomènes de résistance culturelle au changement. Aussi, des formes de changement “en douceur”, “équilibrées”, qui ne prennent pas le risque de brusquer et ainsi de rompre des équilibres humains souvent fragiles, nous apparaissent plus efficaces qu’on ne le pense.

 

Et la conclusion imparable de notre auteur : « Enfin, pourquoi ne pourrait-on pas retourner l’argument managérial ? Et si c’étaient aussi les dirigeants qui “résistaient au changement” ? Celui d’une meilleure éducation et de compétences sociales élargies de salariés qui demandent à participer aux débats sur le fond du changement, et pas seulement à être consultés pour en envisager les formes de mise en œuvre ?  Et si c’étaient les dirigeants qui refusaient de quitter leur position symbolique dominante, de lâcher prise sur leur autorité historique pour aller vers plus de management participatif ? Si c’étaient eux, en somme qui voulaient “tout changer” (pour les autres) afin de ne “rien changer” (pour eux-mêmes) ? »

 

Effectivement… Mais dans tout ça, il ne faut pas oublier les nombreux consultants qui vivent comme des parasites aux crochets de dirigeants naïfs et crédules en leur vendant le vent du changement…


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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 22:46
Nous avons commencé à aborder la résistance au changement à la lumière du « petit bréviaire des idées reçues en management » dans son chapitre : “Le changement, c’est bien. Y résister, c’est mal.”


L’auteur, Yannick Fronda, a inséré un extrait de sa thèse sur le changement organisationnel et la résistance identitaire, ayant comme objet l’entreprise Francopole… qui ressemble comme deux gouttes d’eau à France Télécom…



Voici cet extrait.


« Le changement étudié consistait pour cette organisation du secteur des télécommunications à passer, en une quinzaine d’années, d’une situation de monopole public national vers une logique de marché concurrentiel ouvert à l’international ainsi que, corrélativement, de modes de gestion techno-bureaucratiques à des modes de management par objectifs, d’inspiration anglo-américaine. Lorsque l’on interroge les acteurs de cette organisation sur les raisons de leur(s) résistance(s) au changement, ils avancent d’abord des explications techniques ou structurelles. Même si ces dernières semblent séduisantes car rationnelles et rassurantes, ces explications ne semblent pas essentielles dans la situation de blocage organisationnel observée. En particulier, limiter les sources de motivation des salariés de cette organisation aux seuls enjeux matériels et aux motivations externes (carrière, rémunération, promotion, etc.), paraît réducteur. Cette entreprise se caractérise en effet par une culture et une histoire fortes qui se traduisent par un attachement des personnels aux biens collectifs, une relative solidarité entre salariés, une mythologie liée aux réussites technologiques passées de l’entreprise, etc. Pour mieux comprendre la résistance au changement observée, nous avons été amenés à considérer la situation de blocage organisationnel étudiée sous d’autres angles : celui des jeux d’acteurs et surtout celui des référentiels de justification contradictoires mobilisés dans la situation.

« On relève en fait une résistance au choc culturel sous-jacent à la diffusion d’une invention organisationnelle (issue d’un contexte de société marchande anglo-américaine) sur le terrain opérationnel d’une entreprise ex-publique (fortement ancrée dans la culture civique et industrielle française). Nous avons en effet observé des cadres intermédiaires tiraillés entre trois “mondes”, rationalités ou systèmes de valeurs concurrents, aux référents symboliques difficilement compatibles et marqués par une prégnance croissante du monde “marchand”. Ce double constat signale le “choc culturel” lié à la mutation de cette organisation, passant d’un référentiel historique hybride entre monde industriel et monde civique à un univers marchand, de plus en plus focalisé sur une logique de rentabilité.

« Ce moment de compétition, d’affrontement entre mondes ou rationalités peu compatibles signifie en effet que le non-changement organisationnel observé relève d’un changement culturel, par essence long et difficile. La “résistance discrète” relevée chez de nombreux cadres intermédiaires, pourtant partie prenante du changement organisationnel poursuivi, peut alors se comprendre comme une résistance culturelle. Celle de sujets attachés à une culture d’entreprise publique à la française, refusant “comme ils le peuvent” la prédominance annoncée d’un autre référentiel symbolique, d’autres valeurs, issus d’une philosophie politique et de choix de société proprement anglo-saxons, qui se trouvent encastrés dans un système de contrôle de gestion financier ainsi que dans les modes de management qui l’accompagnent. Les instruments de gestion apparaissent alors porteurs des mondes sociaux qui leur ont donné naissance. Résister à l’instrument ou en détourner l’usage, ce serait alors résister aux valeurs, au référentiel symbolique sous-jacent.

« Le rythme de changement trop brutal, “à marche forcée”, adoptée par l’un des dirigeants de l’entreprise, génère de surcroit des déstabilisations identitaires, autour de phénomènes de “dyschronies” organisationnelles, c’est-à-dire de changements à des rythmes différents au sein d’un collectif social, donc de tensions induites, voire de situations anomiques. La résistance discrète que nous avons observée chez de nombreux individus au fil de cette recherche longitudinale peut alors se comprendre comme une résistance aux déstabilisations identitaires engendrées par la mutation, trop rapide du point de vue de ses salariés, de cette organisation. »


A suivre.



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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 20:43

Après avoir vu le changement au travers du chapitre consacré à ce sujet dans le livre de Pfeffer et Sutton “Faits et foutaises dans le management”, examinons une des principales réactions face au changement : la résistance.

 


Le « petit bréviaire des idées reçues en management » (La découverte) aborde cette question dans un chapitre très intéressant : “Le changement, c’est bien. Y résister, c’est mal.”

 

Yannick Fronda, l’auteur de ce chapitre commence par remettre les idées à l’endroit, à la manière de Pfeffer et Sutton : « Le progrès continu est un mythe fondateur de la modernité. L’innovation, technologique comme sociale, est par essence supposée apporter plus de bien-être. Changer, ce serait donc forcément aller vers plus de bonheur. Dans cette optique, résister au changement constituerait donc une attitude négative, allant à contresens de la direction postulée de l’histoire. »

Voilà le décor planté…


Mais le progrès infini a rapidement montré ses limites : « le monde occidental a aussi fait l’expérience, depuis les origines de la modernité, de facettes moins positives du changement, depuis l’aliénation des ouvriers postés sur les chaînes de fabrication issues de l’organisation scientifique du travail jusqu’aux délocalisations d’emplois générés par le processus de mondialisation économique à partir des années 1980. la société de consommation contemporaine, issue de la révolution industrielle et du rêve américain, a montré qu’elle n’avait pas produit que le bonheur de salariés au sein d’organisations hyperrationalisées. Tirant expérience des pratiques libérales des vingt dernières années un peu partout dans le monde, l’on s’est progressivement aperçu que les changements générés par le mouvement mondial de dérégulation ne présentent pas que des avantages et pas pour tous les acteurs. »

 

Et inéluctablement la question arrive : « Alors, changer certes, parce que la vie est mouvement et changement, mais changer pour quoi et au profit de qui ? »

 

Notre auteur prend l’exemple des entreprises : « Si l’on s’intéresse plus spécifiquement aux entreprises, on fera aujourd’hui souvent le constat de changements organisationnels perpétuels : une réforme étant à peine en voie d’achèvement qu’une suivante pointe son nez, et ainsi de suite, selon un mouvement qui paraît sans fin et dont le rythme semble continuer à s’accélérer. » Oui et maintenant, dans certaines entreprises, les employés (sauf les tops managers…) changent régulièrement de place, de bureau ou n’ont même plus de bureau fixe – ils prennent le premier bureau disponible quand ils arrivent… Et chez France Télécom, on a inventé le programme "Time to move"... Pourquoi ? Pour que les salariés ne “s’encroûtent” pas et qu’ils restent souples…


Les managers en sont pleinement responsables : « Le management semble considérer les salariés comme flexibles et adaptables aux desiderata, fussent-ils eux-mêmes fluctuants, des organisations et des marchés. Il n’y aurait donc pas de limite à la capacité humaine à se plier aux injonctions de changement dans une optique adaptative d’inspiration darwinienne, dans laquelle il serait nécessaire de changer tout le temps pour ne pas disparaître, même si cela doit se faire au prix de l’équilibre physique et psychique d’une partie des salariés. Assis sur une idéologie moderniste du progrès infini, le management ne pense ainsi le plus souvent la résistance au changement des salariés que comme un effet pervers. » Et non pas comme une réaction naturelle…

 

Cette résistance s’exprime de différentes manières chez ceux qui sont soumis à un changement :

  • La révolte qui « est la forme la plus explicite et active de résistance au changement. » Surtout présente dans les années 1960-1970.
  • Le retrait : forme de résistance passive « consistant à désinvestir psychiquement un espace professionnel perçu comme aliénant pour construire ou renforcer une identité dans la sphère privée, familiale ou associative. »
  • La résistance discrète au changement serait la plus répandue actuellement, et la grève du zèle en serait une parfaite illustration. « On fait “comme si”, dans des relations quotidiennes d’acteurs qui résistent officieusement, sans le clamer haut et fort, à des formes de changement que l’on voudrait leur imposer et auxquelles ils sont opposés. »

 

Les dirigeants interprètent cette résistance au changement de deux manières :

  • « Soit comme intrinsèque à la nature humaine. Le changement étant douloureux, l’homme le fuirait naturellement pour éviter la douleur. »
  • « Soit comme reposant sur de “mauvaises raisons” qui relèveraient de l’ordre du maintien des “avantages acquis” ».  

 

Mais « les phénomènes de résistance au changement sont plus complexes que cela. »

 

A suivre.


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Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /2009 20:38

Mon dernier billet sur le changement avait pour but d’expliquer, à la suite de Pfeffer et Sutton, qu’il fallait se poser un certain nombre de questions avant d’engager un changement afin de « prendre de meilleures décisions quant aux changements à opérer, à différer ou à éviter carrément. »

 

Une fois que vous êtes convaincu de la nécessité absolue de réaliser un changement, il faut y aller.

Vérifiez seulement auparavant que les quatre conditions de succès suivantes sont bien respectées.

 

 « Le changement se produit si :

 

  1. 1. « Les individus sont insatisfaits de la situation actuelle. » Nos auteurs ajoutent : « Si cette condition n’existe pas, créez-là. » Ce premier point est en effet crucial. Pourquoi changer si on est satisfait de la situation actuelle ? Mais attention à ne pas “manipuler” vos salariés… Cela se retournera un jour ou l’autre contre vous…

  2. 2. « La direction dans laquelle ils doivent agir est claire (du moins le plus souvent) et s’ils restent concentrés sur cette direction. ». Pfeffer et Sutton précisent : « N’hésitez pas à communiquer au maximum autour de ce changement, à expliquer le plus clairement possible en quoi il consiste, pourquoi il est nécessaire et ce que vous attendez dès à présent de vos collaborateurs. Si vous ne rabâchez pas le même message, verbalement ou par écrit, il ne restera pas gravé dans leur esprit. » Ce sera d’autant plus aisé que vous aurez bien pris le temps de réfléchir à la nécessité de ce changement à partir des huit questions vues dans le billet précédent…

  3. 3. « L’on montre que l’on a confiance dans ses chances de réussite, même si l’on affiche une confiance excessive (à condition de se remettre régulièrement en cause et d’actualiser son savoir). » Explications complémentaires : « Affichez une confiance insolente sur les chances  de réussite de ce changement pour montrer qu’il mérite les efforts, le temps et l’argent que vous et vos collaborateurs allez lui consacrer. Créer une prédiction autoréalisatrice est un puissant moyen d’augmenter vos chances de succès, indépendamment du taux de réussite des autres entreprises. Toutefois, pour éviter les risques d’une confiance aveugle, réunissez régulièrement vos collaborateurs afin qu’ils expriment leurs doutes et leurs incertitudes et intègrent les nouvelles données disponibles à leurs connaissances et leurs pratiques existantes. »
  4. 4. « L’on accepte que le changement soit un processus difficile marqué par des moments de confusion et d’inquiétude qu’il faut supporter. » Précisions : « Acceptez le fait qu’un changement s’accompagne inévitablement d’erreurs, de contretemps, de malentendus, d’énervements et de rumeurs effrayantes, aussi parfaitement planifié et exécuté soit-il. Considérez les pépins comme inévitables, tirez-en des enseignements, partez du principe que tout le monde a les meilleures intentions et attachez-vous à essayer de résoudre les problèmes au lieu de trouver des boucs émissaires. Préférez la recherche de solutions au jeu de massacre. »

 

 

Si vous voulez en savoir plus vous consulterez les pages 176 à 183 de « Faits et foutaises dans le management ».

 

J’en ai fini avec Pfeffer et Sutton.

 

Mais il y a d’autres aspects du changement que j’aborderai dans de prochains billets.


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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 22:16
Dans un précédent billet, nous avons vu les risques liés au changement… et au non changement, à la suite de Jeffrey Pfeffer et Robert Sutton dans leur livre “Faits et foutaises dans le management”.

J’avais conclu sur le fait que « la seule chose qui soit plus dangereuse que le changement est l’absence de changement ».

 

Continuons à suivre Pfeffer et Sutton, car ils ont encore beaucoup de choses à nous apprendre.

 

Dans une sous-partie du chapitre consacré au changement, intitulée « Le changement en vaut-il la peine ? », nos auteurs expliquent :

« Les dirigeants, les salariés, les analystes, les universitaires et les journalistes économiques semblent avoir la certitude qu’une fusion, un nouveau produit, un licenciement, une réorganisation ou l’application d’un progiciel va sauver, stimuler, mutiler ou tuer une entreprise. Mais au moment où une entreprise décide d’opérer un changement majeur, nul ne sait vraiment s’il va réussir ou échouer. Même si personne ne peut prédire l’avenir, les dirigeants et leurs collaborateurs peuvent prendre certaines mesures pour augmenter leurs chances d’effectuer le bon changement, se fixer des objectifs pour pouvoir tirer continuellement des enseignements et faciliter l’abandon du processus de changement s’il se révèle nuisible à l’entreprise. »

Pour cela, ils ont proposé huit questions à se poser pour « prendre de meilleures décisions quant aux changements à opérer, à différer ou à éviter carrément. »

 

Voici ces huit questions :

« La pratique envisagée est-elle meilleure que ce que vous faites actuellement ?

« Le changement mérite-t-il vraiment le temps passé, l’argent dépensé et la désorganisation occasionnée ?

« Des changements symboliques sont-ils préférables à des changements profonds ?

« Ce changement est-il bon pour vous, mais mauvais pour l’entreprise ?

« Avez-vous les moyens de concrétiser ce changement ?

« Vos collaborateurs sont-ils déjà submergés par les changements ?

« Vos collaborateurs seront-ils capables d’apprendre et d’actualiser les informations sur le projet en cours de route ?

« Serez-vous capable de stopper net le projet de changement ? »

 

Pour plus de détails sur ces huit questions, vous irez consulter le livre “Faits et foutaises dans le management” aux pages 164 à 174.

 

Chacune de ces questions est importante, mais j’en retiens particulièrement deux : “la nouvelle pratique est-elle meilleure que ce qui se fait actuellement ?” et “vos collaborateurs sont-ils capables d’absorber un nouveau changement ?”

 

La première question est fondamentale et permet de s’interroger sur les motivations du changement. Pour quoi (en deux mots) voulons-nous vraiment changer ? Très (trop) souvent, les managers décident de changements qui ne vont pas apporter de réelle amélioration. C’est le cas des changements lus dans les livres de management ou préconisés par des consultants en mal de conseils…

 

La deuxième question a pour but de ne pas donner d’indigestion à son équipe. Avant d’envisager un changement, il est nécessaire que cette équipe ait bien assimilé le précédent changement et ait repris ses repères. Sinon, ce sera la confusion et le changement risque de se terminer en “bouillie pour chat”…

 

En bref, ces questions ont pour but de ne vous faire engager un changement que si celui-ci en vaut vraiment la peine. Sinon, gardez votre argent et laissez vos équipes faire leur travail en toute sérénité.

 


Avant de terminer ce billet, je voudrais tordre le cou à une autre foutaise qui a court chez les managers : le changement aurait sa propre vertu intrinsèque. C’est-à-dire que quel que soit le changement, il serait bénéfique… Il éviterait aux équipes de s’encroûter…


Je me souviens d’un consultant (que j’appréciais par ailleurs) qui m’expliquait dans les années 90 que le changement, c’était comme changer de sous-vêtements, une question de santé… Il entendait par là qu’il était indispensable de changer régulièrement et que ce changement était systématiquement une bonne chose. Je me suis fait prendre au piège, mais je manquais d’expérience et j’ai complètement déstabilisé mes équipes à force de modifications permanentes… J’en tiré de bonnes leçons…


Il est vrai qu’un changement permet de remettre en question un certain nombre de certitudes. Par exemple, un nouveau chef de service va voir les choses différemment et pourra permettre de faire certains progrès. Mais au final, les changements apportés sont souvent superficiels, sont de faible importance et ne débouchent que très rarement sur des résultats tangibles. De plus, au bout de quelques mois, le nouveau est dans le moule et sauf à changer de manager tous les six mois, cette "vertu intrinsèque" du changement s’estompe rapidement.

Il est nettement préférable d’avoir des managers et des équipes stables, parfaitement au courant de leur activité et de leur business et qui entreprendront de véritables changements en toute connaissance de cause, en réagissant aux réelles évolutions de leur environnement.

Ce qui ne veut pas dire, encore une fois, qu’il faut être contre le changement, mais simplement qu’il faut être vigilant sur ce qu’on veut changer.

 

A suivre…


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Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /2009 22:26
Après avoir vu que le changement n’est pas ce qu’il y a de plus répandu et l’objet du changement, abordons le changement dans les entreprises. Et pour cela, je m’appuierai sur l’excellent chapitre 7 du livre de Jeffrey Pfeffer et Robert Sutton : « Faits et foutaises dans le management » intitulé : « Changer ou mourir ? »

 


Dès le début du chapitre, nos auteurs nous mettent “dans le bain” de ce qui se passe dans les entreprises :


« Dans le monde des entreprises, personne ne vous dira que vous êtes suffisamment bon pour pouvoir vous reposer sur vos lauriers. » Cela fait penser aux paroles des dirigeants de Carglass ou Fenwick… Il faut effectivement toujours être meilleur…


« Le message implicite est le suivant : si vous ne vous améliorez pas constamment en créant de nouveaux produits, de nouveaux services et de nouveaux modèles économiques, ou si vous n’empruntez pas et n’instaurez pas les meilleures pratiques, vous méritez d’être raillé et viré, et votre entreprise mérite une mort rapide et certaine. Si vous résistez à de nouvelles façons de penser et d’agir, passez la main et laissez la place à ceux qui sont prêts à accueillir les bras ouverts le changement et l’innovation : tout le monde y gagnera, à commencer par vous. On glorifie les entreprises qui réussissent à conduire le changement, on déifie leurs dirigeants, et on diabolise les autres, celles qui restent accrochées au passé. Il semblerait que la seule alternative possible soit “changer ou mourir”.


« Ces slogans ne sont pas faux, mais ne sont que des demi-vérités. Le changement et l’innovation sont des armes à double tranchant. Lorsque les entreprises tentent quelque chose de nouveau, c’est généralement un échec. Et il n’est pas facile d’éviter le mauvais changement – notamment parce que la plupart des individus ont de bonnes raisons, qui en sont en fait de mauvaises, de minimiser le risque d’échec et de surestimer les avantages des nouveaux modèles économiques, produits et technologies. »

 


Et à la suite de cette introduction, nos auteurs font une liste de tous les risques liés au “changement organisationnel” :

  • « Fusions et acquisitions
    « Malgré des études de cas de fusions réussies comme celles qui ont été conclues entre Exxon et Mobil et entre Wells Fargo et Norwest, la fusion type entre deux entreprises cotées en Bourse se répercute négativement sur la performance financière à long terme de la société acquérante. De plus, il n’existe aucune preuve que les fusions dans le secteur de la santé diminuent les coûts.
  • « Mise en œuvre d’un nouveau logiciel d’entreprise
    « La mise en œuvre est généralement beaucoup plus longue et coûteuse que prévu. Les mises en  œuvre bâclées entraînent souvent de graves problèmes et des échecs organisationnels.
  • « Adoption de meilleures pratiques de ressources humaines
    « Adopter les “meilleures” pratiques de ressources humaines peut se révéler si perturbant que le jeu n’en vaut pas la chandelle.
  • « Efforts d’amélioration de la qualité
    « La méthode Six Sigma et la gestion de la qualité totale peuvent améliorer la qualité et l’innovation incrémentale. Mais les managers qui se focalisent sur des améliorations insignifiantes à apporter à d’anciens systèmes risquent de perdre de vue l’objectif fondamental de l’entreprise et de monopoliser inutilement les ressources nécessaires à la réalisation de cet objectif. De plus, de nombreux efforts d’amélioration de la qualité restent lettre morte.
  • « Reengineering
    « Bien que ce concept managérial, très en vogue à une certaine époque, ait promis aux entreprises de réduire le gaspillage et d’améliorer leur efficacité, il est apparu clairement au milieu des années 1990 que la plupart des projets de reengineering étaient loin d’atteindre leurs objectifs et entraînaient des licenciements massifs de salariés qui, en réalité, étaient indispensables à l’entreprise.
  • « Licenciements massifs
    « Les licenciements massifs ne sont pas suffisants pour aider les entreprises à améliorer leurs profits ou leur performance à long terme et ne réduisent pas les coûts administratifs autant qu’on le pensait au départ. Ils ont des coûts cachés, comme les procès et les compétences perdues, et détériorent le moral, l’engagement, ainsi que la santé physique et mentale des salariés qui restent au sein de l’entreprise. » Cf. France Télécom…
  • « Lancement d’un nouveau produit
    « Développer de nouveaux produits et améliorer les anciens sont indispensables à la survie à long terme des entreprises. Mais la plupart des efforts de R&D n’aboutissent à aucun produit, bon nombre de nouveaux produits sont des échecs et ces échecs mènent souvent les entreprises à la faillite.
  • « Création d’une nouvelle organisation
    « Le taux de faillite des nouvelles et des jeunes organisations est nettement plus élevé que celui des organisations établies. »

 

(Je n’ai donné ici que le résumé de ces risques ; pour plus de détails, se référer à l’ouvrage pages 156 à 162).

 

Après cette liste qui inciterait plutôt à “mettre un frein à l’immobilisme”, nos auteurs précisent cependant : « Pourtant, malgré ces coûts, ces risques et ces histoires horribles, refuser de changer n’est pas non plus la solution. Même les changements les plus risqués peuvent réussir s’ils sont bien menés. […] Oui, les opposants au changement et à l’innovation ont raison la plupart du temps. Mais les entreprises qui ne tentent jamais rien de nouveau, qui ne lancent jamais de nouveaux produits ou qui n’explorent jamais de nouvelles stratégies sont presque sûres de finir par mourir parce que les goûts des clients changent, de meilleures technologies apparaissent et les concurrents finissent par leur rafler leur clientèle. »

 

Et je vous laisse sur ce qui pourrait servir de conclusion à cette partie : « Tel est le problème fondamental du changement organisationnel : la seule chose qui soit plus dangereuse que le changement est l’absence de changement ! »

 

A suivre…


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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /2009 21:40

Après avoir constaté dans un précédent billet, que dans notre quotidien, nous ne changeons pas tant que cela et que la caractéristique de notre environnement est plutôt la stabilité, nous allons examiner maintenant les différents objets de ce qui peut changer.

 

Il y a d’abord les éléments qui concernent chaque individu.

 

Le savoir :

J’acquiers un nouveau savoir, soit pour ma culture générale, soit pour que je puisse l’utiliser dans mon travail. Ou bien je modifie ou complète une connaissance erronée ou incomplète.

C’est aussi une première étape dans le changement d’attitude : je sais que je dois changer et je peux le dire ; je veux le faire, même si je n’y arrive pas encore.

On rencontre ce phénomène dans les audits internes au début d’une démarche de certification. Vous demandez à une personne ce qu’elle fait et elle va vous expliquer parfaitement ce qu’elle devrait faire. Et si ensuite vous lui demandez de vous montrer la manière dont elle réalise sa tâche, vous vous apercevez qu’il y a un écart entre les deux.

Ce type de changement est le plus facile à réaliser, car il nous engage peu et ne nous gêne en rien.

 

La manière de faire :

Je faisais une tâche de telle manière et maintenant, je dois la faire d’une autre manière.

L’exemple typique est l’adoption d’une protection sécurité. Qui n’a eu de la difficulté à porter un nouvel EPI (équipement de protection individuel) ?

Je me souviens très bien de l’obligation de porter la ceinture de sécurité en voiture dans les années 80. Tout le monde râlait. J’en étais. Mais maintenant, je ne peux plus rouler sans ceinture, cela me met mal à l’aise, il me manque quelque chose.

Dans les secteurs administratifs, un changement de logiciel sera dans cette catégorie.
Il s’agit ici d’un changement d’habitude qui pose des problèmes au début, mais en se forçant, on intègre ce changement avec un peu de temps.

On considère qu’il faut 21 jours pour acquérir une nouvelle habitude.

 

La manière d’être :

Un exemple est le changement de poste ou de statut : l’ouvrier qui devient contremaître.

Un autre exemple qu’on retrouve chez France Télécom, c’est le fait de passer d’un rôle de technicien à celui de vendeur.

Ce changement est difficile et nécessite un fort accompagnement individuel. La formation est rarement suffisante et il faudra souvent ajouter du coaching. Le groupe peut avoir une importance déterminante pour soutenir l’individu.

 

 


Après avoir vu le changement individuel, il faut examiner le changement collectif. On pourrait considérer la collectivité comme une somme d’individus, mais en fait, elle est plus que cette simple somme.

 

Le changement de culture d’une organisation :

C’est le plus difficile, car à la résistance au changement de chaque individu s’ajoute le poids social.

L’exemple dans l’actualité est encore France Télécom qui est passée « du 22 à Asnières à la Livebox internet », selon l’expression de Wenes…

Lorsqu’on parle de changement dans les entreprises, c’est souvent de ce type de changement dont il s’agit.

Il est la plupart du temps, lié à une modification de la stratégie de l’entreprise.

 


A suivre.


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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 23:00

Je voulais aborder depuis longtemps le thème du changement. Car il s’agit là d’une de ces foutaises dénoncées par Pfeffer et Suton dans leur excellent livre « Faits et foutaises dans le management ».

 

L’occasion m’en est donnée par ce qui se passe chez France Télécom.

En effet, selon Louis-Pierre Wenès (ex directeur général de FT) les malheurs de FT viendraient du fait qu’«une petite partie des employés n'arrivent pas à changer de culture : passer du 22 à Asnières à la Livebox internet » (interview au Nouvel Obs du 24 septembre 2009).

 

Et maintenant, pour réparer ces dégâts, Didier Lombard (PDG de FT) parle aussi de changement dans Le Figaro du 16 octobre 2009 : « Quand on décide de changer le contenu du message en donnant la priorité à l'humain, il faut aussi changer le porteur du message. Ce dernier doit incarner symboliquement ce changement. C'est pourquoi Louis-Pierre Wenes a quitté ses fonctions. Aujourd'hui pour porter le changement le plus rapidement possible auprès de tous les salariés, les membres du comité de direction du groupe se mobilisent. »

Quatre fois le mot changer ou changement en trois phrases, il faut le faire… Ce doit être très important…

 

A chaque fois qu’il y a un problème, c’est soit dû au fait que certains n’ont pas voulu changer, alors on va engager un nouveau changement qui sera différent du précédent. Soit c’est parce qu’on n’a pas suffisamment changé, on va donc faire un nouveau plan de changement.


Ce qui semble le plus important actuellement, ce n’est pas le but du changement, non, c’est simplement le fait de changer.

 

Le changement aurait une vertu intrinsèque.

Parler de changement est devenu une rengaine chez les consultants et dans certaines entreprises. Il faudrait changer en permanence pour ...simplement changer…

 

Voici par exemple un courrier que j’ai reçu il y a quelques jours venant d’une représentante de la société “Belle Aventure” :

 

« Bonjour,

 

Je suis Sandrine XX, de la société Belle Aventure (http://www.belleaventure.com) et j’aimerais vous parler de notre offre d’accélération des transformations d’entreprises.

 

Comment en période de crise aller vite en qualité et de manière performante et durable pour transformer vos contraintes en opportunités business ?

 

Il n’est en effet plus question de « changement » à un instant t, mais bien d’une nécessité business de transformation continue et en profondeur des modes de fonctionnement de nos entreprises en raison des nombreuses contraintes auxquelles elles doivent faire face : besoin d’innover, globalisation des marchés, compétitivité, productivité, contraintes réglementaires, fusions/acquisitions, pressions financières, intégration de nouvelles technologies, … »

 


Même la CEGOS propose des formations pour « apprivoiser le changement ».

Voici un extrait de son catalogue :


« Formation : Apprivoiser le changement

 

Vers l'acceptation du changement permanent

L'environnement économique entraîne une accélération du rythme des changements pour les entreprises et les personnes. La difficulté à vivre les changements n'est pas tant liée à l'acquisition de nouveaux savoir-faire, qu'aux craintes que suscite chez chacun d'entre nous le fait d'avoir à changer.

Par une approche pédagogique qui place chacun en situation de changement, cette formation permet de prendre conscience des mécanismes en oeuvre et favorise les changements de représentation pour s'adapter en permanence. »


Il faudrait donc changer en permanence.



Mais regardons d’abord ce qui se passe dans la “vraie vie”.

 

Si on regarde comment nous agissons dans la vie courante, il faut reconnaître que nos actes sont faits beaucoup plus souvent par habitude et routine que par réinvention d’une nouvelle action ou d’une nouvelle solution à chaque fois. Notre cerveau fonctionne de telle manière que lorsqu’il a appris quelque chose, il sait très bien et très vite le reproduire.


Prenons quelques exemples dans nos tâches quotidiennes : dans la plupart de nos tâches quotidiennes, nous reproduisons les mêmes attitudes. 

Nous nous levons la plupart du temps à la même heure et nous faisons chaque matin les mêmes gestes : nous prenons notre petit déjeuner à la même place et bien souvent nous mangeons et buvons la même chose. Ensuite, nous partons au travail, par exactement la même route tous les matins. Nous garons notre voiture en général toujours à la même place sur le parking. Nous nous installons souvent à la même place (même bureau ou même poste de travail). A midi, si nous allons à la cantine, nous mangeons bien souvent à la même table ou du moins dans la même salle avec les mêmes personnes. Si nous allons en réunion, nous nous mettons souvent à la même place (observez bien, et vous verrez que les personnes prennent bien souvent exactement la même place en réunion…). Le soir, nous repartons à la même heure et toujours par le même chemin. Lors du dîner, nous nous mettons toujours à la même place autour de la table ou devant la télé… Et si nous regardons la télé, c’est dans notre fauteuil favori…

Conclusion, dans une journée, nous réalisons au moins 90% de nos tâches de manière habituelle, sans aucun changement.

Nous changerons, soit temporairement, soit définitivement si un incident vient perturber l’habitude et là, nous savons nous adapter et trouver une solution. Si des travaux bloquent ma route habituelle, je saurai trouver le bon détour et j’adopterai ce nouvel itinéraire le temps des travaux. Si je me suis fait prendre par un radar mobile à l’entrée d’un village, je ralentirai systématiquement les fois suivantes, et cela peut-être de manière définitive (pas si sûr…).

Parfois, nous changerons tout simplement pour couper la routine et l’ennui : ce midi j’irai manger une crêpe en ville plutôt que d’aller à la cantine.

 

C’est parce que nous agissons la plupart du temps de manière habituelle que nous sommes capables de mettre toute notre énergie à trouver des solutions en cas d’incident.

 

Mais bien sûr, et heureusement, nous faisons des choses nouvelles au cours de la journée et il y a toujours quelques imprévus qui maintiennent notre esprit en éveil.

Cependant, le bilan des centaines de tâches réalisées chaque jour est largement en faveur de l’habitude et de la routine.

 


Alors pourquoi cette frénésie de changement dans les entreprises ? L’environnement serait-il aussi différent ? Il serait stable dans notre vie quotidienne et serait en mouvement perpétuel dans le monde du travail ?

 

Non, c’est bien le même monde… Et en fait, il y a beaucoup plus d’éléments stables que d’éléments en mouvement ou en modification.

 

Lorsqu’on aborde le thème du changement il est donc nécessaire de relativiser la fréquence et l’importance de ce qui change.

 

Vous ne me croyez pas ? Faites vous-même le bilan des actions d’une de vos journées.

Ce qui nous induit en erreur la plupart du temps, c’est qu’un seul élément peut avoir d’importantes répercussions. Par exemple, si votre voiture tombe en panne et que vous deviez la changer, c’est une toute petite partie de votre environnement qui est modifié, mais les conséquences vont être importantes : vous allez devoir choisir un nouveau modèle, prévoir le financement et gérer la période jusqu’à ce que votre nouvelle voiture soit entre vos mains. Mais pendant tout ce temps, le reste de votre environnement sera stable.

Autre exemple, la mondialisation ou une évolution technique peut très rapidement faire se tarir les commandes dans une entreprise. Mais tout le reste est stable.

 


A suivre.


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