Le management factuel
Après avoir lu, apprécié et commenté sur mon site le livre de Robert Sutton « Objectif Zéro-Sale-con », j'ai été plus que comblé par celui que ce même Sutton a écrit en collaboration avec Jeffrey Pfeffer « Faits et foutaises dans le management » qui vient d'être traduit en français aux éditions Vuibert. Il n'a fait que confirmer ma volonté de militer pour un management plus humain. Et comme je trépigne depuis de nombreuses années devant ces nouvelles modes de management qui se créent et se vendent comme des lessives à des managers de plus en plus gogos, j’ai complètement adhéré à l’argumentation de l'ouvrage.
Il est vrai qu'on assiste depuis quelques années à un raz-de-marée d'ouvrages traitant du management dont la qualité est plus que douteuse. Heureusement, il s'en trouve de très bons que je me ferai un plaisir de vous présenter.
Le dernier "douteux" en date que je viens de découvrir cet après-midi "Un peu de désordre = beaucoup de profits" est écrit par Eric Abrahamson, professeur de la "prestigieuse université de Columbia" et David H. Freedman, journaliste. Les quelques extraits donnés par le Journal du Net laissent à penser que c'est soit un canular, soit du foutage de g... Je pencherais plutôt pour la seconde hypothèse... J'y reviendrai pour lui faire un sort dans un prochain billet.
(A suivre)
Il est vrai qu'on assiste depuis quelques années à un raz-de-marée d'ouvrages traitant du management dont la qualité est plus que douteuse. Heureusement, il s'en trouve de très bons que je me ferai un plaisir de vous présenter.
Le dernier "douteux" en date que je viens de découvrir cet après-midi "Un peu de désordre = beaucoup de profits" est écrit par Eric Abrahamson, professeur de la "prestigieuse université de Columbia" et David H. Freedman, journaliste. Les quelques extraits donnés par le Journal du Net laissent à penser que c'est soit un canular, soit du foutage de g... Je pencherais plutôt pour la seconde hypothèse... J'y reviendrai pour lui faire un sort dans un prochain billet.
En 2004, le livre de Yan de Kerorguen et Anis Bouyad « La face cachée du management » chez Dunod, dénonçait déjà les « modes et modèles qui sont régulièrement jetés en pâture aux entreprises suivant une logique de consommation qui souffre peu la discussion ».
L’intérêt du livre de Pfeffer et Sutton est d’apporter des solutions après avoir fait une critique au vitriol.
J’ai donc décidé de suivre Pfeffer et Sutton dans leur entreprise de démolition des « demi-vérités pernicieuses et des croyances idiotes qui empoisonnent trop souvent la vie des entreprises ».
C’est pour cela que j’ai pris comme slogan (ou “accroche” dans le jargon internet) de mon blog : « Pour un management factuel et humain ».
J’ai donc décidé de suivre Pfeffer et Sutton dans leur entreprise de démolition des « demi-vérités pernicieuses et des croyances idiotes qui empoisonnent trop souvent la vie des entreprises ».
C’est pour cela que j’ai pris comme slogan (ou “accroche” dans le jargon internet) de mon blog : « Pour un management factuel et humain ».
Hervé Laroche explique dans l’introduction de “Faits et foutaises dans le management” que dans ce livre, il y en a en fait, trois : la présentation et définition de ce qu'est le management factuel ou management par la preuve, un florilège de 6 demi-vérités pernicieuses (ça décape...), enfin des recommandations pour mieux gérer nos entreprises, grâce surtout à l'« attitude de sagesse ».
Ce billet sera consacré à la définition et la présentation de ce qu’est le management factuel.
A la page 17, nos auteurs écrivent : « Le management factuel constitue essentiellement une manière de voir le monde et de penser le métier de manager. Il part du principe que l'utilisation d'une logique plus solide et l'exploitation de faits avérés permettent aux managers de mieux faire leur travail. Le management par la preuve repose sur une conviction : regarder en face les faits avérés quant à ce qui réussit et ce qui échoue, déceler les demi-vérités pernicieuses qui forment une grande partie des idées reçues sur le management et rejeter les foutaises totales trop souvent prises pour de bons conseils contribuera à améliorer les performances des organisations. »
A la page 17, nos auteurs écrivent : « Le management factuel constitue essentiellement une manière de voir le monde et de penser le métier de manager. Il part du principe que l'utilisation d'une logique plus solide et l'exploitation de faits avérés permettent aux managers de mieux faire leur travail. Le management par la preuve repose sur une conviction : regarder en face les faits avérés quant à ce qui réussit et ce qui échoue, déceler les demi-vérités pernicieuses qui forment une grande partie des idées reçues sur le management et rejeter les foutaises totales trop souvent prises pour de bons conseils contribuera à améliorer les performances des organisations. »
Plutôt que de se fier à son intuition ou au dernier gourou ou consultant en management, il faut absolument s’en remettre aux faits.
Les faits ! Les faits ! Les faits ! Il n’y a que cela de vrai.
Vous ne devez prendre des décisions que sur des faits avérés.
Le management factuel s’inspire essentiellement de la médecine factuelle qui existe depuis plus de deux siècles et qui a comme idée fondamentale que les pratiques médicales doivent être fondées sur des recherches solides. Un des premiers résultats de cette médecine factuelle a été l’abandon des saignées systématiques en 1836...
Citons à nouveau nos auteurs à la page 18 : « La médecine factuelle et le management factuel exigent un double état d’esprit : d’abord, accepter d’abandonner les demi-vérités dangereuses si répandues pour prendre connaissance des faits avérés et agir en conséquence ; ensuite, s’engager à rassembler les faits et les données nécessaires pour prendre des décisions plus avisées et plus intelligentes, ainsi qu’à se tenir au courant des nouveaux faits et à les exploiter pour mettre à jour ses pratiques. »
Mais parfois (souvent…), il n’y a pas de données solides disponibles. Dans ce cas, nos auteurs conseillent d’abord d’évaluer les idées proposées et ensuite d’expérimenter celle (ou celles) qui semble la plus sensée. Et selon les résultats avérés (factuels), vous déciderez de poursuivre ou d’arrêter.
(A suivre)
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