Conseil du jour : savoir dire bonjour à ses collaborateurs

Publié le par Bernard Sady

Dans une des entreprises dans laquelle j'ai travaillé au début de ma carrière, j'avais un patron qui détestait serrer la main des ouvriers. Chez lui, c'était physique et il le reconnaissait. Mais pour les ouvriers, cela ne passait pas : « On a les mains trop sales pour lui ? ». C'était un patron plutôt "social", mais ce refus de serrer la main des ouvriers l'a coupé définitivement de son personnel.

 

La poignée de main est un signe relationnel très fort dans le monde ouvrier. C'est un élément important de convivialité. Pour un jeune cadre, sorti d'école et habitué aux rites étudiants, qui arrive dans une entreprise, cela peut être déstabilisant de serrer toutes les mains le matin en faisant le tour de l'atelier. Il peut même juger cela inutile et une perte de temps.

La poignée de main est un signe de reconnaissance de l'autre et permet un échange. Si l'ouvrier à quelque chose à dire, ce sera à ce moment. C'est comme cela que le chef est au courant de ce qui se passe dans son atelier. Ne pas dire bonjour en serrant la main de chacun de ses collaborateurs condamne tout responsable d'atelier.

 

Les relations dans les bureaux sont différentes et la poignée de main n'est pas toujours aussi importante. Un "bonjour tout le monde" à la cantonade peut suffire. Surtout s'il y a beaucoup de monde. Mais s'il y a peu de personnes, rien de tel pour améliorer la convivialité que de dire bonjour à chacun en serrant la main.

 

Il est nécessaire aussi que cette poignée de main ne soit pas hypocrite. Si vous êtes un "petit chef" ou un "sale con", ce signe perdra toute sa valeur et aura l'effet inverse.

 

Face à un effectif important, si vous êtes le n+2, voire plus, il n'est pas nécessaire de serrer la main de tout le monde. J'ai voulu faire cela au début de ma prise de fonction de directeur d'une usine textile. Le premier jour, j'ai fait le tour de toutes les couturières (une centaine...) pour leur serrer la main, mais j'ai vite abandonné les jours suivants, me contentant de serrer la main des contredames...

 

A éviter : ne serrer la main qu'au chef en oubliant le second qui se trouve à côté.

Ou ne serrer la main qu'au second en oubliant le chef... J'ai déjà vu. Démotivation assurée...

 

La manière de serrer la main a également son importance. La poignée de main doit être ferme, sans être serrée trop fort et vous regardez la personne dans les yeux en disant bonjour. Une poignée de main flasque montre un manque d'énergie, et ne pas regarder la personne à qui on dit bonjour montre au minimum du désintérêt, voire du mépris.

 

Une « aventure » de poignée de main qui m'est arrivée. Normalement, lorsque vous dites bonjour à un ouvrier qui a les mains pleines de graisse et que vous lui tendez la main, il vous tend son poignet que vous prenez. Mais, un jour, un jeune stagiaire du service entretien, manifestement ignorant de cette habitude, à qui je tendais la main pour dire bonjour, s'est contenté de me donner la sienne... pleine de graisse... Eclat de rire général de l'ensemble du service...

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Publié dans Relations humaines

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S
Bonjour,<br /> <br /> Je suis en poste depuis 3 ans ou je manage deux équipes de 6 agents sur deux structures.<br /> J'ai pour habitude de faire la bise à mes agents.<br /> Aujourdhui, je désirerai serrer la main afin de marqué le coup.<br /> <br /> Je rencontre des difficultés de management avec un agent à qui je fait la bise. Celle-ci m'a ouvertement manqué de respect et j'aimerai marqué le coup et faire preuve de plus de respect en serrant la main.<br /> <br /> Comment faire marche arrière sans me faire mal voir? Faut-il que je sers la main à l'ensemble de mes équipes, même les agents avec qui tout va bien?<br /> <br /> Merci pour vos retours.
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P
Je tombe sur votre site alors que je viens d'essuyer le refus de me serrer la main de la part d'un musulman nouvellement installé dans bureau. Sur le coup, j'ai pris la chose très mal d'autant que cela a fait rire mes collaborateurs masculins installés dans la même pièce. Aujourd'hui j'en rigole car j'ai vu sur Internet que d'autres se sont fait prendre comme le chef de la police Britanique et même le Roi d'Arabie saoudite.<br /> <br /> J'ai commencé ma carrière dans l'industrie et quand je lis votre site je me dis que heureusement que je suis passé aux bureaux. C'était déjà pas évident à l'époque d'être une femme. Aujourd'hui, avec l'intégration des minorités (que j'approuve) et la monté de l'intégrisme musulman j'aurais du, si j'étais devenue chef, à la fois serrer la main des collaborateurs et essuyer les refus de certains d'entre eux. Blague à part, je vous suggère de prévenir sur votre site que la situation peut se produire afin que vos lectrices puissent s'y préparer.
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B
<br /> Pain,<br /> Je suis vraiment désolé de ce qui vous est arrivé. Il est vrai qu'être une femme cadre en usine n'est pas aisé. Surtout lorsqu'il y a beaucoup d'hommes. Déjà avec des français, ce n'est pas facile,<br /> alors avec des musulmans intégristes qui n'ont pas du tout la même conception de la femme que nous, c'est pratiquement impossible.<br /> Je voyage beaucoup dans les pays de l'est et dans les pays nordiques. Il n'est pas rare de voir des femmes à des postes de responsabilité d'encadrement en usine et cela ne pose pas de problème. Les<br /> cultures sont différentes.<br /> <br /> OK, je ferai un billet sur ce thème.<br /> <br /> <br />
W
Bonjour Bernard,<br /> Ce genre de billet fait chaud au coeur. Je suis moi-même partisan d'un management à 100% humain. Malheureusement, et malgré les efforts déployés pour dispenser la bonne parole, des impératifs de productivité cannibalisent toute clairvoyance chez la plupart des managements que je croise. Il n'est pas rare que j'assiste à des actes de management par la terreur. Qui est sans conteste inefficace. A quoi bon manager si ce n'est pour faire grandir son prochain et prôner les valeurs du travail par l'exemplarité. On travaille ainsi à la source de la motivation plutôt que d’aborder le problème à l’envers id est déplorer la conséquence.<br /> A bientôt.
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B
<br /> Merci pour cet encouragement. C'est vrai qu'il y a du travail à faire pour "combattre la morosité ambiante" dans nos entreprises, comme tu le dis sur ton blog. C'est en faisant des petits<br /> gestes chaque jour qu'on arrivera à modifier l'ambiance de nos entreprises. Heureusement qu'il y a encore des personnes qui croient à un management 100% humain.<br /> <br /> <br />
D
François a dit : "même entre creuc on se sert pas la main..."<br /> <br /> Creuc ? C'est canadien ? Je ne parviens pas à trouver de signification sur le net.
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B
<br /> Je n'ai pas trouvé non plus...<br /> <br /> <br />
F
je confirme ce qu'a dit Alix: au Canada on se sert la main quand on est embauché et après plus jamais. y a des fois où ça me manque. on se dit bonjour comme ça, de loin. même entre creuc on se sert pas la main...<br /> c'est une autre culture.
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B
<br /> C'est effectivement une autre culture...<br /> <br /> <br />