Conseil du jour : savoir dire bonjour à ses collaborateurs
Dans une des entreprises dans laquelle j'ai travaillé au début de ma carrière, j'avais un patron qui détestait serrer la main des ouvriers. Chez lui, c'était physique et il le reconnaissait. Mais pour les ouvriers, cela ne passait pas : « On a les mains trop sales pour lui ? ». C'était un patron plutôt "social", mais ce refus de serrer la main des ouvriers l'a coupé définitivement de son personnel.
La poignée de main est un signe relationnel très fort dans le monde ouvrier. C'est un élément important de convivialité. Pour un jeune cadre, sorti d'école et habitué aux rites étudiants, qui arrive dans une entreprise, cela peut être déstabilisant de serrer toutes les mains le matin en faisant le tour de l'atelier. Il peut même juger cela inutile et une perte de temps.
La poignée de main est un signe de reconnaissance de l'autre et permet un échange. Si l'ouvrier à quelque chose à dire, ce sera à ce moment. C'est comme cela que le chef est au courant de ce qui se passe dans son atelier. Ne pas dire bonjour en serrant la main de chacun de ses collaborateurs condamne tout responsable d'atelier.
Les relations dans les bureaux sont différentes et la poignée de main n'est pas toujours aussi importante. Un "bonjour tout le monde" à la cantonade peut suffire. Surtout s'il y a beaucoup de monde. Mais s'il y a peu de personnes, rien de tel pour améliorer la convivialité que de dire bonjour à chacun en serrant la main.
Il est nécessaire aussi que cette poignée de main ne soit pas hypocrite. Si vous êtes un "petit chef" ou un "sale con", ce signe perdra toute sa valeur et aura l'effet inverse.
Face à un effectif important, si vous êtes le n+2, voire plus, il n'est pas nécessaire de serrer la main de tout le monde. J'ai voulu faire cela au début de ma prise de fonction de directeur d'une usine textile. Le premier jour, j'ai fait le tour de toutes les couturières (une centaine...) pour leur serrer la main, mais j'ai vite abandonné les jours suivants, me contentant de serrer la main des contredames...
A éviter : ne serrer la main qu'au chef en oubliant le second qui se trouve à côté.
Ou ne serrer la main qu'au second en oubliant le chef... J'ai déjà vu. Démotivation assurée...
La manière de serrer la main a également son importance. La poignée de main doit être ferme, sans être serrée trop fort et vous regardez la personne dans les yeux en disant bonjour. Une poignée de main flasque montre un manque d'énergie, et ne pas regarder la personne à qui on dit bonjour montre au minimum du désintérêt, voire du mépris.
Une « aventure » de poignée de main qui m'est arrivée. Normalement, lorsque vous dites bonjour à un ouvrier qui a les mains pleines de graisse et que vous lui tendez la main, il vous tend son poignet que vous prenez. Mais, un jour, un jeune stagiaire du service entretien, manifestement ignorant de cette habitude, à qui je tendais la main pour dire bonjour, s'est contenté de me donner la sienne... pleine de graisse... Eclat de rire général de l'ensemble du service...