L'art de donner son avis.

Publié le par Bernard Sady

Un billet très intéressant de Gilles Martin sur le site « Envie d'entreprendre » a pour titre : « Consultant : l'art de donner son avis ».


Gilles Martin a son blog : « Zone Franche - Autres regards sur le management et la performance ». C'est un des blogs que je consulte régulièrement, car ses billets sont en général très intéressants.


Ici, Gilles Martin écrit pour le site « Envie d'entreprendre » dont il est "chroniqueur exclusif".

J'ai été très sensible à cette lecture, car si je n'apprécie pas particulièrement les consultants, il m'arrive parfois de donner des conseils...



L'introduction de Gilles Martin pose le cadre : « Pour beaucoup, un consultant c'est quelqu'un qui donne (ou disons plutôt qui vend) des conseils. Il est payé pour donner son avis sur les questions qu'on lui soumet. Cela a l'air tellement simple que nombreux sont ceux qui pensent qu'ils peuvent devenir consultant comme ça : après tout des avis ils en ont, alors pourquoi pas ? Et bien justement, ce n'est pas si simple. »

Car d'abord le client est anxieux face au consultant : si ça ne marche pas, c'est bien le client qui porte la responsabilité et non pas le consultant.


Par ailleurs, Gilles Martin donne l'exemple d'un jeune consultant parfaitement à l'écoute de ses clients, à l'opposé d'un vieil "expert" qui veut imposer son avis...

C'est bien sûr le jeune qui aura la confiance du client, alors que "l'expert" sera rejeté.


L'explication ? « Certains croient que pour bien se faire comprendre du client, il faut tout lui expliquer en détail, comme si on parlait à un enfant. Grave erreur. Ceci ne fera que rendre plus anxieux et méfiant votre interlocuteur. »

Et Gilles Martin donne le truc infaillible : « Au contraire, un bon truc de comportement c'est justement d'imaginer que vous ne parlez pas à un enfant mais à votre père ou à votre mère. Cela consiste à donner un avis mais en étant respectueux. L'attitude n'est pas de critiquer, de montrer sa science, mais de démontrer, par le simple comportement, que vous cherchez vraiment à aider et à être utile. »


Je suis complètement d'accord avec Gilles Martin.

Combien de consultants ai-je vu passer qui vous promettent monts et merveilles avec des mots que vous ne comprenez pas et qui vous prennent de haut. Par contre, j'en connaît d'excellents qui savent se mettre à votre portée, qui vous expliquent comment fonctionnent les choses et dont on a le sentiment qu'ils feront tout pour vous aider.


Gilles Martin ajoute : « Car c'est une chose de vouloir donner un avis, cela en est une autre d'avoir la bonne intention.

Pourquoi voulez-vous donner un avis à cette personne ? Pour lui montrer que vous êtes plus intelligent, et que lui il est vraiment trop bête, pour lui en mettre plein la vue ? Pour lui faire payer le maximum d'honoraires ? En bref, vous le conseillez, lui, mais vous ne pensez qu'à vous. Et vous êtes sûr, dans ce cas, de faire tout ce qu'il ne faut pas faire, et que font tous les consultants amateurs.

Ou bien vous voulez vraiment l'aider, comme vous voudriez aider votre père à se sortir d'une situation, mais tout en restant le plus respectueux possible.

Dans cette attitude juste, tout compte : le choix des mots, le ton de la voix, le sourire, la posture,...

Ça a l'air simple, et pourtant combien l'oublient ? »


J'ai dit qu'il m'arrivait parfois de "jouer au consultant". J'espère avoir été plutôt dans la deuxième catégorie que dans la première...


En tous cas, je retiens la leçon.

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Publié dans Relations humaines

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G
Laurent,<br /> la pertinence de votre argumentation vous honore...<br /> <br /> Bernard,<br /> je suis entièrement d'accord avec vous sur le fait que le périmètre de la mission doit être parfaitement délimité.<br /> De plus, il est INDISPENSABLE que la mission soit jugée au résultat, c'est à dire que le consultant ne quitte pas les lieux tant que "ça ne marche pas !". Définir en préliminaire, avec le client, des indicateurs permettant de le mesurer. Pour ma part, je ne pratique que ce mode de fonctionnement, et si j'en juge par la fidélité des clients, il doit être fiable.
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B
<br /> <br /> Mais souvent, il est difficile de juger de la responsabilité sur le résultat. Un "bon" consultant retombe toujours sur ses pattes. Si ça ne marche pas, c'est parce que le client n'a pas bien<br /> appliqué ses recommandations...<br /> Quant à dire que le consultant doit rester jusqu'à ce que ça marche, c'est parfois ce que recherchent certains consultants pour faire durer les missions...<br /> Définir des indicateurs n'est pas toujours possible. Il me semble que ce doit être en fonction des domaines. Par exemple, mettre un indicateur dans un projet de "changement" ne me semble pas<br /> évident.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
Z
Merci pour ces échanges qui viennent poursuivre les conversations sur mon blog et "envie d'entreprendre".<br /> Je ne vous connais pas, monsieur "laurent",ni vous monsieur "guillaume", mais ma chronique sur "envie d'entreprendre" est précisément pour sortir de tous ces préjugés et jugements racistes sur les consultants( les consultants sont comme ci ou comme ça; ça fait un peu "sale arabe" non ?); j'ai choisi d'exercer ce métier depuis plus de vingt ans avec passion et au service de mes clients; je dirige aujourd'hui une entreprise de conseil qui me permet de le transmettre à une nouvelle génération; et je trouve particulièrement blessant ces histoires de mouettes et cette condescendance vis à vis de ce métier; le consultant n'est pas un trafiquant de drogues, ni un proxénète, mais un rouage trés pertinent de la performance des entreprises, à condition, comme tout métier, d'être exercé par des professionnels honnêtes et compétents; je comprend que vous avez vécu de mauvaises expériences; ce n'est pas une raison pour dénigrer ainsi toute une profession; <br /> Maintenant il y a des milliers de gens qui se prétendent "consultants" rien qu'à Paris, et c'est sûr que, comme il n'y a pas de système de normalisation (comme pour être expert comptable ou architecte) ça attire des amateurs qui cassent l'image du métier; heureusement que nous sommes dans une société libérale concurrentielle, permettant ainsi au marché de les empêcher de nuire trop longtemps.
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L
Sans rire, un consultant dans des domaines TRES spécifiques où vous n'avez pas les compétences ou pour des occasions particulières soit. Un consultant en RH ou en management pour vous dire comment diriger votre boîte beuuurk... Si vous n'êtes pas capable, aller vendre des pizzas... <br /> Je pense que le problème fondamental du consultant c'est qu'il ne travaillera jamais que pour lui au final...Ses intérêts passeront toujours avant ceux de la boîte. Il y a peut-être quelques exceptions mais j'en doute...
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B
<br /> Laurent,<br /> Je serais moins sévère. On peut avoir besoin de conseils (donc de consultants) même en organisation ou en gestion des hommes. Cela permet de prendre de la hauteur. La difficulté est de bien<br /> délimiter la mission de ce consultant. Et savoir arrêter une mission.<br /> Si, si, il y a de très bon consultants...<br /> <br /> <br />
L
Je dis ça et puis le jour où je vais être consultant... :-)
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B
<br /> Laurent,<br /> J'espère que tu te souviendras du "truc" de Gilles Martin!<br /> <br /> <br />
L
argghh! J'ai oublié : "passe à la caisse"... :-)
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