Le moral des français au plus bas...
Deux articles consécutifs du Journal du Net nous rappellent les dures réalités de la crise qui nous rattrape.
Le premier article du mardi 27 mai titre : « Chute du moral des industriels français, rattrapés par la crise mondiale ».
La « bonne surprise » des chiffres de la croissance de 2007 et du premier trimestre 2008 est maintenant loin et c'est plutôt la douche froide : « Les carnets de commandes des industriels se sont ainsi nettement dégarnis, à la fois en France et à l'étranger, "confirmant que la dégradation de la conjoncture internationale est en train de rattraper une économie française dont la consommation s'essouffle depuis le début de l'année". »
L'INSEE explique que « les "perspectives personnelles" et générales de production sont en effet très mal orientées ». Et ce qui beaucoup plus grave, c'est que « les industriels anticipent une perte de vitesse notable de leur propre activité au cours des semaines à venir, le tout dans un contexte économique particulièrement dégradé ». Ce qui ne fera qu'amplifier la crise. Mais on ne peut leur en vouloir d'être prudents. Jusque là, ils ont été surpris de la bonne conjoncture française qui contrastait avec ce qui se passait dans le monde. Mais, ils ne croient que ce qu'ils voient. Et ils sont bien obligés de constater que leurs carnets de commandes se vident.
« La palme de la déconvenue revient à l'industrie automobile dans laquelle les perspectives de production s'effondrent de 55 points sur le seul mois de mai", relève Marc Touati (Global Equities) pour qui "la baisse de la consommation des derniers mois n'était pas un accident mais un mouvement durable". »
Les causes sont hélas, connues : « Vigueur excessive de l'euro, hausse des prix du pétrole, inflation, ralentissement de la croissance mondiale: tous les facteurs contribuent à présent au pessimisme des industriels et des ménages. »
Venons-en justement aux ménages.
Le deuxième article du mercredi 28 mai a comme titre : « France : le moral des ménages plonge à nouveau en mai, au plus bas depuis 87 »
Après les mauvais résultats d'avril, « le moral des ménages a poursuivi sa chute en mai, établissant un nouveau plus bas et renforçant encore les craintes pour la consommation et la croissance après une série de signaux déjà très préoccupants pour l'économie française. »
Dans ces dernières années, c'était la consommation des ménages qui soutenait la croissance. Et même si « au premier trimestre, la croissance vigoureuse (+0,6% du PIB) avait été soutenue pour une fois par les entreprises (investissements et commerce extérieur) », c'est un phénomène qui ne devrait pas se reproduire.
Les causes : « cet effondrement du moral est étroitement lié à la flambée des prix enregistrée ces derniers mois ». Il est vrai qu'une telle flambée aussi rapide de tous les prix, tant pétroliers que de toutes les matières premières a de quoi inquiéter.
Il semble que nous entrions dans un cercle vicieux où le moral des ménages étant au plus bas, ils consommeront moins, ce qui provoquera une baisse d'activité des entreprises qui ajusteront rapidement leurs effectifs, d'où une augmentation du chômage, qui inquiétera les ménages, etc... « C'est la crise, tout va de plus en plus mal » résume Marc Touati...
Pour les entreprises, il leur reste à faire le dos rond, à suivre leur business au plus près et... à être à l'affût des opportunités qui ne manqueront pas dans ces temps de crise.