Informatique : on n'a plus rien pour 100 balles...
J'ai lu il y a quelques temps, dans 01 Informatique, il me semble, un article qui expliquait que « pour 100 balles », on n'a plus rien en informatique. Il est vrai qu'entre le cahier des charges, les spécifications détaillées, les développements, les recettes d'intégration, les recettes utilisateurs, les retours de recette... il y a de nombreuses étapes avant de pouvoir disposer d'une nouvelle application...
Cependant, une tribune de Christophe Unrug dans le Journal du Net affirme que « Non, l'informatique n'a pas vocation à être chère et compliquée ! »
Le chapô pose le problème : « Si les grandes entreprises parviennent à bien négocier les prix des produits avec les éditeurs ou les constructeurs de matériel, les coûts de déploiement annexes ne cessent d'augmenter. Des solutions existent néanmoins pour faire face à cette problématique. »
Pour entrer dans le vif du sujet, Christophe Urung pose la question de manière « un peu provocante » : « Pourquoi faire cher et compliqué quand il est possible de travailler simplement et pour un coût modéré ? »
Il explique : « En effet, il est devenu fréquent voire normal que les projets informatiques d'une grande entreprise soient compliqués, longs et coûteux à mettre en place. [...] le discours est tellement habituel qu'il est presque suspect de prétendre déployer une solution informatique en peu de temps et avec un Retour sur investissement (ROI) quasi immédiat. "Ce n'est pas possible. Ce n'est pas un bon produit. Il n'est pas complet", argumentent les sceptiques ».
Mais il y a des possibilités de faire simple, court et pas cher : « si les grands logiciels ont leur place sur le marché et répondent à certains besoins, il existe parallèlement des solutions qui permettent d'optimiser la productivité informatique de l'entreprise sans que celle-ci soit obligée d'investir des fortunes dans leur acquisition, leur intégration et leur maintenance. Des solutions dont le ROI est quasi-immédiat et dont les effets ont des conséquences positives non seulement sur l'activité IT de l'entreprise mais sur tout son business en général. »
Quelles peuvent être ces solutions ? Des logiciels, « développés par des éditeurs de taille moyenne, spécialisés sur un secteur d'activité et fins connaisseurs de leur marché, [qui] se mettent en place rapidement et proposent aux utilisateurs une prise en main immédiate sans devoir passer par de longues semaines de formation. »
Leur avantage ? Ils réduisent « les temps d'intégration et les difficultés d'utilisation », et ils permettent « à l'entreprise de redéployer les ressources humaines de son service informatique vers d'autres tâches plus productives et à plus grande valeur ajoutée. Et in fine de diviser par 5, 10 voire 30 le TCO (Coût Total de Possession) du produit. » Ce TCO, c'est finalement ce qui est le plus important.
Notre auteur insiste sur deux évidences qui ne sont pas toujours perçues en France.
Tout d'abord, « un éditeur de logiciel n'est pas obligé d'être américain et de réaliser plusieurs milliards de dollars de chiffre d'affaires pour être leader sur son marché et faire de bons produits ».
Ensuite « l'entreprise n'est pas obligée d'investir des centaines de milliers d'euros dans une "usine à gaz informatique" quand elle a juste besoin d'un outil spécifique qui remplit parfaitement la tâche que l'on attend de lui. Les usines à gaz continuent d'enrichir les grands éditeurs de logiciels qui sous prétexte de proposer plus, vendent plus cher. »
Et Christophe Unrug donne l'exemple de Word et Excel : « Mais qui utilise toutes les fonctions de Word ou Excel ? » Il y a plusieurs mois, j'avais commenté un article de Yann Serra allant dans le même sens : « L'informatique reste un marché où l'on peut se moquer du monde ».
La conclusion est tranchée : « A l'heure où l'on parle de réduction des coûts et de recherche de productivité, il est temps que les directions informatiques mais aussi les directions générales, financières et opérationnelles mettent leur stratégie en adéquation avec les réels besoins de l'entreprise. »