La crise économique : de pire en pire... jusqu'où ?

Publié le par Bernard Sady

Sur le front de la crise économico-financière, les mauvaises nouvelles se succèdent. Les mauvais chiffres du chômage, du moral des ménages ou des industriels, suivent ou précèdent les annonces de plans sociaux ou les pertes gigantesques des banques et des entreprises...

Et tous les plans de relance, aussi importants soient-ils, n'y changent rien.

 

L'article d'Eric Le Boucher dans les Echos du 13 février dernier "Récession ou dépression", que j'ai commenté dans un récent billet, expliquait que « le système financier occidental est sur le point de mourir. »

 

Début janvier, je vous avais présenté un communiqué publié par le "Laboratoire Européen d'Anticipation Politique" le 16 décembre dernier "Crise systémique globale : Nouveau point d'inflexion en Mars 2009" qui expliquait « que la crise systémique globale connaîtra en Mars 2009 un nouveau point d'inflexion d'une importance analogue à celui de Septembre 2008. »

Il y aurait en effet trois éléments majeurs « déstabilisateurs de l'économie mondiale » : « la prise de conscience de la longue durée de la crise, l'explosion du chômage dans le monde entier, le risque d'effondrement brutal de l'ensemble des systèmes de pension par capitalisation. »


Nous y sommes : la plupart des économistes et des dirigeants sont convaincus que la crise va durer (plus d'un an, deux, voire dix...) ; le chômage explose dans tous les pays du monde ; les inquiétudes sur les systèmes de pension commencent à se faire jour.

 


Après cette nouvelle inflexion dans la crise en mars, que peut-il se passer ?

Tout simplement la cessation de paiement des USA et du Royaume-Uni cet été !

 

 

Un premier communiqué du LEAP en janvier nous prévenait que « avec une estimation conservatrice des "actifs fantômes" mondiaux portée désormais à plus de 30.000 milliards USD, notre équipe considère que le monde fait désormais face à une insolvabilité généralisée frappant évidemment en premier lieu les pays et les organisations (publiques ou privées) surendettés et/ou très dépendants des services financiers. »

 

 

Mais c'est le communiqué du LEAP du 15 février "Début de la phase 5 de la crise systémique globale : la phase de dislocation géopolitique mondiale" qui donne cette vision d'apocalypse.

 

 

Voici leurs prévisions pour les mois qui viennent :


« Notre équipe estime dorénavant que l'incapacité des dirigeants mondiaux à prendre la mesure de la crise, caractérisée notamment par leur acharnement depuis plus d'un an à en traiter les conséquences au lieu de s'attaquer radicalement à ses causes, va faire entrer la crise systémique globale dans une cinquième phase à partir du 4° trimestre 2009 : la phase dite de dislocation géopolitique mondiale.


« Selon LEAP/E2020, cette nouvelle phase de la crise sera ainsi façonnée par deux phénomènes majeurs organisant les évènements en deux séquences parallèles, à savoir :


« A. Deux phénomènes majeurs :

« 1. La disparition du socle financier (Dollars + Dettes) sur l'ensemble de la planète

« 2. La fragmentation accélérée des intérêts des principaux acteurs du système global et des grands ensembles mondiaux


« B. Deux séquences parallèles :

« 1. La décomposition rapide de l'ensemble du système international actuel

« 2. La dislocation stratégique de grands acteurs globaux. »


Rien n'y fait : « Aux Etats-Unis comme en Europe, en Chine ou au Japon, les dirigeants persistent à faire comme si le système global en question était seulement victime d'une panne passagère et qu'il suffisait d'y ajouter quantité de carburants (liquidités) et autres ingrédients (baisse de taux, achats d'actifs toxiques, plans de relance des industries en quasi-faillite,...) pour faire repartir la machine. Or, et c'est bien le sens du terme de « crise systémique globale » créé par LEAP/E2020 dès Février 2006, le système global est désormais hors d'usage. Il faut en reconstruire un nouveau au lieu de s'acharner à sauver ce qui ne peut plus l'être. »

 

Et voici ce qui risque de se passer selon le LEAP : « il ne reste plus qu'une toute petite fenêtre de tir pour tenter d'éviter le pire, à savoir les quatre mois à venir, d'ici l'été 2009. Très concrètement, le Sommet du G20 d'Avril 2009 constitue selon notre équipe la dernière chance pour réorienter de manière constructive les forces en action, c'est-à-dire avant que la séquence cessation de paiement du Royaume-uni, puis des Etats-Unis ne se mette en branle. Faute de quoi, ils perdront tout contrôle sur les évènements, y compris, pour nombre d'entre eux, dans leurs propres pays, tandis que la planète entrera dans cette phase de dislocation géopolitique à la manière d'un « bateau ivre ». A l'issue de cette phase de dislocation géopolitique, le monde risque de ressembler à l'Europe de 1913 plus qu'à la planète de 2007. »


« Il est donc temps pour les personnes comme pour les acteurs socio-économiques de se préparer à affronter une période très difficile qui va voir des pans entiers de nos sociétés telles qu'on les connaît être fortement affectés, voire tout simplement disparaître provisoirement ou même dans certains cas durablement. Ainsi, la rupture du système monétaire mondial au cours de l'été 2009 va non seulement entraîner un effondrement du Dollar US (et de la valeur de tous les actifs libellés en USD), mais il va aussi induire par contagion psychologique une perte de confiance généralisée dans les monnaies fiduciaires. »


Mais à cet effondrement financier et économique, succédera l'effondrement de certaines entités politiques : « Last but not least, notre équipe considère désormais que ce sont les entités politiques les plus monolithiques, les plus « impériales », qui vont être les plus gravement bouleversées au cours de cette cinquième phase de la crise. La dislocation géopolitique va ainsi s'appliquer à des états qui vont connaître une véritable dislocation stratégique remettant en cause leur intégrité territoriale et l'ensemble de leurs zones d'influences dans le monde. D'autres états, en conséquence, seront projetés brutalement hors de situations protégées pour plonger dans des chaos régionaux. »



On pourrait penser que ces prévisions ne sont pas réalistes : imaginer la cessation de paiement des USA et du Royaume-Uni semble absolument impossible. J'avais hésité à vous présenter ces textes.


Mais Claire Gatinois commentant ce même communiqué dans "Le Monde" du 27 février, se pose la même question : « Cette perspective apocalyptique pourrait faire sourire »... et elle enchaîne de suite « si ce groupe de réflexion n'avait, dès février 2006, prédit avec une exactitude troublante le déclenchement et l'enchaînement de la crise. Il y a trois ans, l'association décrivait ainsi la venue d'une "crise systémique mondiale", initiée par une infection financière globale liée au surendettement américain, suivie de l'effondrement boursier, en particulier en Asie et aux Etats-Unis (de - 50 % à - 20 % en un an), puis de l'éclatement de l'ensemble des bulles immobilières mondiales au Royaume-Uni, en Espagne, en France et dans les pays émergents. Tout cela provoquant une récession en Europe et une "très Grande Dépression" aux Etats-Unis. »

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Publié dans Economie

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B
Salut!<br /> En fait, ce sont les conséquences de la cessation de paiement quil faut regarder, que les USA ne remboursent plus leurs prêt, c'est une chose qui existe depuis un moment déjà puisqu'ils se creusent un puit sans fond de dettes. <br /> Alors la cessation de paiement ne serait-il pas plutot l'impossibilité de financement des projets pharaoniques qui ont été lancé par les plans de relance? Et ce serait l'effet de la fermeture des robinets par les pays qui détiennent le cash... comme la Chine, quand on voit l'état actuel de leur société, l'inverse serait étonnant non?
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B
<br /> En fait, la cessation de paiement implique pour un pays de ne plus pouvoir rien payer : ni ses fonctionnaires, ni ses projets pharaoniques.<br /> Cela paraît improbable, mais c'est déjà arrivé... Par exemple, la Californie a été sur le seuil de la cessation de paiement il y a quelques semaines et la Russie d'Eltsine l'a été réellement. Alors<br /> pourquoi pas les USA dans leur totalité?<br /> <br /> <br />
F
je voudrais juste bien comprendre:<br /> "la cessation de paiement" veut dire que qu'il n'y a plus rien dans le porte monnaie et qu'on peut plus rembourser les créancier malgré les emprunts? c'est bien ça?<br /> et donc ça veut dire que les US et le UK sont les pays les plus endettés du monde?
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