Implication de la direction dans une démarche 5S

Publié le par Bernard Sady

Un jeune lecteur m'a demandé des renseignements sur « le degré d'implication de la direction et des managers de proximité nécessaire au lancement et pour le fonctionnement des 5S ». Il y a assez peu de livres et articles qui traitent de ce problème particulier, mais ô combien important. Voici quelques éléments de réponse extraits d'un article en préparation pour le site Man@g'R traitant de la mise en place des 5S.

 

En introduction, je ne résiste pas à citer Claude Barbier dans son livre sur la « Topomaintenance » (Maxima 1993) quand il explique les réticences de son directeur de l'époque à entrer dans les nouvelles techniques qualité :

« J'avais un directeur à qui je faisais part régulièrement de mes découvertes sur la nouvelle gestion de la qualité, les Plans d'Action Qualité, l'assurance qualité. Il m'écoutait d'une oreille distraite, m'assurait que c'était très intéressant, mais que l'on verrait plus tard. Un jour j'ai compris la raison de sa tiédeur lorsqu'il m'avoua :

- Tous vos trucs c'est très bien, mais cela donne beaucoup de travail pour le directeur, et je n'ai pas le temps. »

Cette citation est caractéristique des réticences des directeurs, mais si l'impulsion ne vient pas du plus haut, cela ne fonctionnera pas... Celui-ci au moins en était conscient et préférait ne pas se lancer dans l'aventure, sachant qu'il ne pourrait aller au bout.

  

Commençons par la direction.

Si on se réfère aux normes ISO 9000, ISO 14000 ou OHSAS 18000, il faut un engagement de la direction pour mener à bien ces certifications. Par exemple dans l'ISO 9001, on trouve au paragraphe 5.1 "Engagement de la direction" : « Afin de fournir la preuve de son engagement au développement et à la mise en oeuvre du système de la qualité, ainsi qu'à l'amélioration continue de son efficacité, la direction doit

a) communiquer au sein de l'organisme l'importance à satisfaire les exigences des clients ainsi que les exigences réglementaires et légales ;

b) établir la politique qualité ;

c) assurer que des objectifs qualité sont établis ;

d) mener des revues de direction ;

e) assurer la disponibilité des ressources. »

Tout ceci est certainement très bien, mais pour que la qualité soit réellement intégrée et digérée par l'ensemble de l'entreprise, un simple engagement ne suffit pas. Il y faut l'implication de la direction. Il en est de même pour l'environnement et la sécurité.

Et le fait que les normes prévoient un « représentant de la direction », à qui tout est pratiquement délégué, n'aide pas à cette implication.

 

Pour les 5S, c'est au moins aussi important. Pour qu'ils réussissent, les 5S devront être complètement digérés par l'entreprise, au point de faire partie des réflexes quotidiens de chacun de ses membres.

 

La différence entre l'engagement et l'implication n'est pas qu'une question de terminologie. L'engagement est une promesse de soutenir. L'implication est sur le terrain et dans l'action. Il ne s'agit de dire « allez-y, je vous soutiens », mais d'étudier et de comprendre ce qui doit être fait, de donner les orientations et les objectifs, de former, d'informer, d'animer et de faire avec les acteurs sur le terrain.

Je me rappelle l'histoire de cette équipe d'encadrement japonaise qui, arrivant dans une usine en difficulté et prenant le balai, commençait à nettoyer l'usine.

Comme disait Paul Ricard : « Il n'y a qu'une chose qui ne se délègue pas, c'est l'exemple. »

 

 

Dans les plus petites entreprises c'est le « patron » qui s'impliquera directement. Ce qui n'est pas sans présenter des difficultés pour ces personnes constamment « surbookées ».

Dans les grandes entreprises, ce seront les directeurs opérationnels des différents sites ou services qui devront s'impliquer. Il n'est pas nécessaire que ce soit la direction générale, car souvent, elle est loin du terrain. Par contre, elle devra soutenir l'action des directeurs opérationnels.

 

De Taylor à Ohno (fondateur du Système de Production Toyota), ce sont toujours des hommes en position de direction d'entités soutenus par leur direction générale qui ont fait faire les plus grands progrès aux entreprises.

C'est lorsqu'il était Ingénieur en chef à la Midvale que Taylor, soutenu par Davenport alors directeur technique, a pu développer son système. Par la suite, il a toujours mis des personnes de confiance aux postes clés dans les entreprises pour lesquelles il travaillait.

Taichi Ohno, quant à lui, c'est quand il a été responsable du département n° 2 (atelier mécanique, carrosserie, assemblage) de l'usine de Kyoba qu'il a pu mettre au point le kanban. Et c'est lorsqu'il est devenu directeur de cette usine quelques années plus tard que le kanban a été appliqué dans toute l'usine et que le kanban a été étendu à l'ensemble du groupe Toyota. Pendant toute cette période, il a été soutenu par son directeur général contre les détracteurs qui ne manquaient pas. (Cf. « L'esprit Toyota » Taichi Ohno pp. 47-48).

 

Et c'est normal, car c'est le directeur opérationnel de l'entité qui détient les cordons de la bourse, qui a l'autorité et qui est le plus proche du terrain.

 

Voici ce qu'en dit Takashi Osada dans son livre "Les 5S" (Dunod) : 

« Rôle de la direction

« Les membres de la direction doivent être impliqués à chaque niveau et diriger l'action à leur niveau. Ils doivent faire connaître leur volonté et formuler un projet 5S auquel tout le monde puisse adhérer. » (p. 169).

 

Dans une grande entreprise, l'idéal est que ce soit la direction générale qui soit réellement convaincue de l'importance des 5S, pas comme d'un gadget, mais comme la condition préalable à une marche vers l'excellence industrielle. Ce sera un des axes de la stratégie de l'entreprise et donc suivi en tant que tel. Je préfère parler de stratégie que de « projet d'entreprise », même si les deux semblent proches, car la stratégie est au coeur de la préoccupation des directions générales, alors que le « projet d'entreprise » sera souvent vécu comme un gadget pour le « terrain »...

Ensuite, pour mener à bien le projet, la direction générale s'appuiera sur un directeur opérationnel convaincu et prêt à s'investir.

 

Si vous êtes en position de directeur opérationnel et convaincu de l'importance de la mise en place de ces 5S, vous pouvez y aller, mais sachez que vous aurez beaucoup de travail. Il vous faudra, par contre, obtenir l'aval de votre direction générale, car vous aurez de l'opposition...

 

Si vous êtes directeur ou responsable qualité, essayez de convaincre et de « convertir » soit votre direction générale, soit un directeur opérationnel, mais ce sera à ce dernier d'agir et de s'impliquer. Vous ne pourrez jamais de vous-même arriver au résultat escompté. Il vous faudra par contre soutenir l'opération et montrer l'exemple au sein de votre service.

 

Si vous êtes chef d'atelier, essayez de convaincre votre directeur opérationnel. Ensuite, vous pourrez être l'atelier « pilote ».

 

Venons-en aux "managers de proximité".

Toute la chaîne hiérarchique a son importance dans une telle démarche. Les managers de proximité devront, comme la direction opérationnelle, s'impliquer dans le projet.

Takashi Osada préconise l'organisation suivante :

« Constituer le comité d'animation

« La structure d'animation de la démarche 5S doit se calquer sur la structure hiérarchique. Elle doit rassembler au sommet des membres de la direction et fonctionner à la base au travers des cercles de qualité. Le responsable de chaque unité de travail sera responsable de l'animation des 5S de son unité. La structure doit être parallèle à celle du management ». (p. 167).

 

Ce qui veut dire qu'il n'y a pas de « chef de projet » étranger à la hiérarchie comme le conseille C. Hohmann dans son livre « Guide pratique des 5S pour les managers et encadrants » (Eyrolles) au pages 53 et 54. En particulier, il écrit : « Il est recommandé aux directeurs et chefs de service de déléguer la conduite du projet et de se cantonner à un rôle actif au sein du comité de pilotage ». C'est un point essentiel sur lequel je suis en désaccord (Osada aussi...) avec C. Hohmann. Par ailleurs, son livre est intéressant, car il donne de nombreux conseils pratiques.

 

Lorsque j'ai mis en place les 5S dans une usine que je dirigeais il y a quelques années, je me suis impliqué personnellement, j'ai étudié la méthode, j'ai formé et motivé mon équipe d'encadrement puis l'ensemble du personnel et j'ai animé directement ce projet.

Avec succès.

 

Vouloir faire des changements importants sans impliquer directement l'ensemble de la hiérarchie ne fonctionne pas. Le mode projet avec chef de projet dédié et extérieur à cette hiérarchie marche dans les cas où il n'y a pas besoin d'un profond changement d'attitude des hommes (nouveau logiciel, nouvelle machine, etc...).

 

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Publié dans 5S

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F
<br /> <br /> merci d'avoir pris la peine de me répondre. Leschoses semblent s'apaiser un peu. Je pense que notre staff a pris conscience que les choses devaient arriver doucement et a calmé un peu le jeu<br /> devant nos réticenses. Il a donc été convenu que nous allions mettre en place les cinq S sans parler pour l'instant du reste de la méthode "Takashi Osada".  En fait, je pense que nos chefs<br /> ont peut-être un pêu culpabiliser de mettre cela en place trop rapidement, et se cachant derriere le "c'est notre gros client qui nous oblige", ont tout fait malgré eux pour que cela soit mal<br /> vécu. J'en ai personelement parlé ouvertement avec mon chef et avec le DG, et il semble que nous allons mettre en place les cinq S a notre rythme en adaptant la methode à la culture de<br /> l'entreprise. (le coup des gomettes oranges, vertes et rouges, on peu s'en passer). Pour le reste de la methode, en ce qui concerne les rapports entre service etc, nous serons vigilent face à ce<br /> que l'on voudra nous imposer. Je me permetrais de vous comuniquer la suite des évènements si vous le permetez, afin qu'un autre son de cloche du côté "dirigeant" puisse nous parvenir et ce sans<br /> le caractaire passionnés qui polluent parfois les échanges à chaud, et que peut-être vous ayez de votre côté des ressentiments d'un homme de la base<br /> <br /> <br /> Avec mes sincères remerciements.<br /> <br /> <br /> <br />
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B
<br /> <br /> Bonsoir Franz,<br /> <br /> <br /> Tant mieux si les choses se calment. Vous allez mettre en place les 5S. Vous verrez, c'est très bien et très utile à tout le monde. Mais pour moi, Takashi Osada a écrit un livre sur les 5S. Je ne<br /> sais pas s'il a préconisé une autre méthode. Que mettez-vous derrière le "reste de la méthode "Takashi Osada""?<br /> <br /> <br /> C'est vrai qu'il est préférable de personnaliser les 5S et de les adapter à votre entreprise. Pour ma part, comme j'étais dans l'agro alimentaire, j'ai adapté ces 5S en les baptisant VITAL,<br /> chacune des lettres de Vital correspondant à un des S. Mais chez vous, qui va adapter la méthode à votre culture? Un consultant? Ou quelqu'un en interne?<br /> <br /> <br /> Pas de problème pour que vous continuiez à donner des informations sur l'avancement de cette mise en place. Je vous dirai ce que j'en pense, même si ce n'est pas toujours facile, car je ne suis<br /> pas sur place.<br /> <br /> <br /> Au plaisir de vous lire.<br /> <br /> <br /> <br />
F
<br /> bonjour, vous ne recevez sans doute pas souvent des commentaires d'ouvriers, mais ma boite met actuelement en place ce système des trois S et trés franchement, notre équipe vit assez mal ces<br /> changements. Nous sommes sous-taitants pour une grosse société qui nous impose (c'est ce que nous ont dit notre chef d'atelier et notre responsable qualité) cette methode. Les non conformités<br /> représentent un pourcentage infime et nous nous sommes toujours investis dans notre fabriquation, considérant que cette entreprise était un peu la notre, et malgrés de nombreux défauts (salaires,<br /> etc) nous avons toujours éprouvé une certaine fierté que notre petite boite (a peine 40 personne) sortent des produits de qualité, avec la confiance de notre staff. cette brusque arrivée de cette<br /> methode japonaise nous aparait plus comme une volonté de controler, surveiller, brimer, et surtout effacer nos différences, squiser nos personnalités, bref, Uniformiser au maximum l'individu, au<br /> détriment du travail dans la bonne humeur et de la satisfaction du travail bien fait. quand je lis votre article ventant les mérites de cette méthode, je suis hauri!!! De plus on nous dit qu'entre<br /> service, il ne faudra plus se considérer comme collègue, mais comme client-fournisseur, et le tout agrémenter d'auto évaluation avec gomettes multicolores!<br /> mes collègues et moi même, sommes affecté par ce manque de confiance soudain et vivons cela plus comme une volonté de nous controler à tout prix que comme un progrés. A quand les caméras de<br /> surveillance et les pointages pour aller faire pipi?<br /> Je voulais vous donner l'avis d'un ouvrier qui subit cette methode "Takashi Osada" de manière que vous puissiez peut-etre tenir compte d'un point de vue "de l'autre coté" et que peut- être vous me<br /> répondiez sur la façon éronnée de ma compréhention de cette mise en place.<br /> avec mes remerciements.<br /> <br /> <br />
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B
<br /> <br /> Bonsoir Frantz,<br /> <br /> Si, si, il m'arrive d'avoir des commentaires d'ouvriers... Je suis moi-même de milieu ouvrier.<br /> <br /> Je suis désolé de la manière dont les 5S vous ont été présentés et imposés. J'ai vu des entreprises dans lesquelles les 5S apportaient à tous et étaient très bien acceptés. Les ouvriers des<br /> usines dans lesquelles je les ai mis en place les ont également bien acceptés et en ont été très satisfaits.<br /> <br /> Je ne sais pas ce qu'on vous a dit sur ces 5S, mais les 5S apportent surtout aux ouvriers. L'objectif de ces 5S est d'avoir des ateliers dans lesquels rien ne traîne, propres et bien rangés. Je<br /> ne vois pas pourquoi les ouvriers seraient contre. Les 5S font progresser les conditions de sécurité, améliorent les conditions de travail et évitent de perdre du temps.<br /> <br /> Les relations client-fournisseur entre services ne font pas partie des 5S. Elles se rapportent plus à une démarche "processus". Je comprends parfaitement que dans une usine de 40 personnes, ce ne<br /> soit pas le plus urgent à mettre en place. Mais ce n'est pas en opposition au fait de se considérer comme collègues. On pourra en reparler si vous voulez.<br /> <br /> Les 5S n'ont pas non plus comme objectif de contrôler ce que font les ouvriers. Il y a d'autres méthodes pour cela...<br /> <br /> Je vous conseille de lire la description des<br /> 5S que j'ai présenté sur mon site manag'R.<br /> <br /> Par expérience, je suis persuadé que les 5S ne peuvent que vous apporter des bonnes choses. Mais attention, car d'autres techniques ou objectifs peuvent se cacher derrière et ce sera moins<br /> positif.<br /> <br /> Vous en êtes à quel point dans cette démarche? Vous avez eu simplement une information ou vous avez commencé la mise en place?<br /> <br /> Au plaisir de vous lire.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
И
ВЪРВИ,<br /> <br /> За тези, които не вярват в Господ, техните произведения наподобяват на пепел, която използва в деня, в вятърна буря. Те ще бъдат без власт над това, което те са изпълнени<br /> Исмаил
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B
<br /> ?????????????<br /> <br /> <br />
S
Бернард,<br /> 5S являются пять глаголов действия (Избавление, Ranger, чистая, стандартизации, Прогресс), что все японские начинают с буквы S (Seiri, Seiton, Seiso, Seiketsu, Shitsuke) и образуют метод или подход, известный под этим именем .<br /> <br /> 5S способствовать созданию функциональной рабочей среды регулируется с помощью простых правил, точной и эффективной.<br /> Слободан
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B
<br /> <br /> A part 5S et le nom de chaque S, j'avoue que je ne comprends rien... Do you speak english???<br /> <br /> <br /> <br />