Nouveau job : la candidature spontanée (2)

Publié le par Bernard Sady

Après avoir présenté les six premiers principes d’un candidature spontanée réussie dans un billet précédent, voici les six autres, qui combinés avec les premiers, vont éviter que votre candidature ne soit mise directement au panier…


Joindre un CV ciblé

Après la lettre de motivation, le CV doit être également très travaillé. Envoyer un CV bâclé, même avec une bonne lettre de motivation fera se retrouver l’ensemble au panier.

Et comme pour la lettre, il doit être personnalisé.

Voici les conseils de Séverine Leboucher :

« Indiquez votre métier en titre de votre CV : vous capterez plus vite l'attention de votre interlocuteur.

« La grande tentation d'une candidature spontanée est d'être la plus généraliste possible. C'est faire le pari que votre CV sera transféré, en interne, aux services les plus adaptés. Mais à moins de disposer d'un profil en or, la démarche risque d'être rarement effectuée.

« Outre le titre que l'on n'oubliera pas de donner à son CV, on fera en sorte de distiller les mots-clés de son métier tout au long de la page. Le tout en restant compréhensible : la candidature jargonnante peut être disqualifiante, surtout si elle comporte des erreurs. » 

Je rappelle que l’ordre des rubriques dans un CV est important. Si vous venez d’être diplômé, il faut commencer par votre cursus scolaire, suivi de votre expérience professionnelle (stages, travail pendant les vacances, etc.), vos connaissances linguistiques et enfin vos activités hors de la sphère professionnelle. Si vous avez déjà plusieurs années d’expérience professionnelle, il faut commencer par cette expérience en commençant par la plus récente.


Relancer : c'est permis et même indispensable

Une fois votre lettre et votre CV envoyé, il est nécessaire de suivre votre candidature.

Souvent, par timidité ou peur d’importuner un recruteur, on ne relance pas sa candidature. C’est une erreur, car comme le dit Séverine Leboucher : « Certains recruteurs attendent la relance pour prendre en compte une candidature. »

Elle précise : « La relance est un exercice tout à fait normal voire une démarche attendue : certains recruteurs ne s'intéressent véritablement à la candidature qu'après relance du candidat. "Si vous n'avez pas reçu d'accusé de réception sous huit jours, vous pouvez en prendre prétexte pour solliciter à nouveau votre contact, assure Thierry Verdier. Et on ne sait jamais, votre email a pu vraiment se perdre."

« Cela ne veut pas dire que vous aurez une réponse et a fortiori rapidement. Qui dit candidature spontanée dit imprévisibilité. »


Un relais en interne : le must

Je cite directement Séverine Leboucher :

« Connaître un salarié de l'entreprise à laquelle vous adressez votre candidature est un indéniable atout. Bien placé, il peut vous appuyer en direct et éviter que votre lettre ne parte immédiatement à la poubelle. Il peut surtout vous aider en amont dans la collecte des informations sur l'entreprise : à qui adresser votre candidature ? Quels projets phare mettre en avant ? A quel type d'arguments est sensible votre interlocuteur ? Dans quel département, quelle filiale est-il plus simple de rentrer ? Y a-t-il des postes à pourvoir en interne qui n'ont pas encore été rendus publics ? Autant de questions à lui poser en amont de votre candidature. »

 « Où trouver ces ambassadeurs de votre cause ? Dans les réseaux d'anciens prioritairement, y compris haut placés dans la hiérarchie. Mais aussi parmi les membres de réseaux professionnels en général, qu'on les rencontre sur le net, par une association, sur un salon ou à l'occasion d'une conférence. »  

Ou par connaissance. Dans un billet précédent, j’avais raconté l’histoire d’un fils de médecin qui avait réussi à décrocher un CDD grâce à un patient de son père qui avait transmis son CV dans son entreprise.

 

S'adresser en direct à un cabinet de recrutement

L’envoi d’une candidature spontanée à un cabinet de recrutement peut se faire : « Les cabinets de recrutement et les chasseurs de têtes ne sont pas à négliger lors de vos envois de candidatures spontanées. Sur les postes de cadres, ils sont souvent sollicités par les entreprises, a minima pour effectuer un premier tri de candidats. Etre référencé dans leur CVthèque n'est donc pas négligeable. »

Mais il faut respecter certaines règles : « Si les règles sont globalement les mêmes que pour des candidatures auprès d'entreprises, elles doivent être suivies d'encore plus près : être concis et percutant est indispensable pour attirer l'œil de recruteurs qui reçoivent plusieurs milliers de CV tous les mois. »

Autre règle importante : « Si votre candidature ne peut être ciblée sur une entreprise, elle doit en tout cas l'être sur un métier. Pensez dans votre lettre à indiquer quels sont vos objectifs professionnels, vos motivations, ce qui vous pousse à chercher un nouvel emploi. Ce sont ces informations qui permettront au consultant de mieux orienter votre candidature. »

 

Postuler auprès d'une grande entreprise

Les grandes entreprises sont souvent très bien organisées pour les recrutements. Les candidatures spontanées ne sont donc pas utiles : « A l'ère d'Internet, l'information sur les postes à pourvoir étant plus accessible, les grands groupes sont de moins en moins friands des candidatures spontanées, considérées comme plus passives : on envoie son profil en espérant qu'il corresponde à un besoin. »

En fait, pour postuler dans une grande entreprise, « tout se passe sur Internet : "Le candidat se crée un dossier, soit en téléchargeant son CV, soit en le recréant à partir d'un formulaire, explique Jérôme Eymery, pour Areva. Cela lui prend une vingtaine de minutes. » 

Ensuite, il vous faudra faire un travail de veille en utilisant les nouvelles technologies (programmation d’alertes sur les types de postes qui vous intéressent), de manière à répondre aux offres existantes.


Les erreurs disqualifiantes

Venons-en maintenant aux erreurs à ne pas commettre dans vos candidatures.

« En-tête, adresse, phrase d'accroche, relance... certaines formulations pourraient discréditer votre candidature. »

Par exemple : « "Madame, Monsieur" en en-tête : si vous devez commencer ainsi votre lettre, c'est que vous n'avez pas suffisamment ciblé votre destinataire. A minima, indiquez à quel service vous vous adressez. » Mais essayez de savoir qui est le chef de service. C’est souvent possible en demandant au standard de la société.

« "Je me permets de prendre contact avec vous car je suis au chômage depuis plusieurs mois et je trouve le temps long" : vous n'êtes pas là pour soumettre vos problèmes mais pour proposer vos solutions. » Au-delà de la caricature, la leçon est très importante : dans une candidature spontanée, on propose une solution. Il ne faut surtout pas parler de ses problèmes. Lors d’un entretien, c’est également vrai.

« "Je m'étonne de ne pas avoir eu de vos nouvelles" : une relance ne doit pas "accuser" votre interlocuteur. Il reste libre de vous répondre ou non. » S’il ne faut pas hésiter à relancer, il est nécessaire d’y mettre la forme…

Autre erreur fatale : « Mélangez vos candidatures : une erreur si vite arrivée lorsque l'on envoie de nombreuses candidatures coup sur coup... »



Maintenant, vos candidatures spontanées ne devraient plus aller directement au panier... Ce n'est pas gagné, mais c'est un bon départ.


Bon courage !

Publicité

Publié dans Nouveau job

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
F
<br /> Une erreur que j'avais toujours faite, relancer ma candidature par téléphone, chose à ne pas faire car la personne peut être occupée ou tout simplement qu'il n'a pas encore eu le temps de voir<br /> les candidatures, ça arrive souvent. Le mieux s'est d'envoyer un mail de relance avec les pj pour lui éviter de rechercher votre dossier parmi les centaines qu'il a reçues. Et merci pour les<br /> conseils sur les candidatures spontanées, j'ai jamais pensé à appeler l'entreprise pour connaître le nom du responsable au poste auquel on veut postuler.<br />
Répondre