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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 23:30

Florent Fouque m’a fait passer le livre qu’il vient d’écrire « A la découverte du Lean Six Sigma ».

C’est un livre qui se distingue des nombreux ouvrages, souvent rébarbatifs, qui vous exposent une méthode de manière théorique. Et qui va certainement marquer la diffusion du Lean Six Sigma en France et peut-être dans d’autres parties du monde francophone (en attendant une traduction dans d’autres langues ?).


Publié à compte d’auteur (actuellement sous forme d’e-book, mais bientôt sous forme “papier”), il aura peut être de la difficulté à étendre sa diffusion. Ce serait dommage, car c’est véritablement un très bon livre.


Ecrit sous forme de roman, “à la Goldratt”, il n’épuise pas le genre du roman industriel. Au contraire, très bien construit, il nous fait découvrir le Lean Six Sigma de manière très agréable, mais néanmoins sérieuse et de manière très pédagogique : il alterne le déroulement de l’histoire et les notions théoriques nécessaires à la compréhension du concept. Pour cela, il cite des passages du livre de “Mlle  NYX” qu’a entrepris de lire le héros.


Florent Fouque a un véritable don de scénariste. Et comme il connaît bien le monde de l’industrie, de la logistique et de la supply chain, son roman est parfaitement réaliste et chacun pourra s’y reconnaître.


Avant de lire cet ouvrage, je ne connaissais rien ou presque au LSS. Même si on ne peut affirmer connaître réellement une technique sans l’avoir utilisée et pratiquée,  j’ai beaucoup appris et je suis maintenant capable de m’en faire une bonne idée.



Sans révéler toute l’histoire et ses rebondissements, voici un bref résumé, qui j’espère, vous donnera l’eau à la bouche.


Bernard, (ça commence bien, c’est un prénom que j’affectionne particulièrement…), le héros du livre,  ne connaît rien au Lean Six Sigma (comme l’auteur de ce billet) lorsqu’il est propulsé, d’un poste de « Demand Planning Manager » à la responsabilité d’un projet d’amélioration de la satisfaction d’un client (un des plus importants) afin que son entreprise ne le perde pas. Situation pas si rare que ça…


Son meilleur ami lui conseille le livre « Les 7 voyages de l’innovateur » de Salomé NYX, en particulier le chapitre s’intitulant « Le voyage du Black Belt ».


Et tout de suite, dès ce premier chapitre, Florent Fouque nous fait entrer dans le monde du LSS en nous livrant l’intégralité du « Voyage du Black Belt ». C’est une bonne entrée en matière : Salomé NYX nous fait découvrir le DMAIC au travers de la mission Apollo 11. En plus de voir certains aspects inconnus de cette mission, c’est une première application, avant l’heure, du LSS. Très intéressant.


On découvre ainsi ce que veulent dire les termes Définir, Mesurer, Analyser, Innover, Contrôler.

J’ai lu ce qu’avait écrit Florent sur son blog au sujet du DMAIC, mais je n’en avais pas retenu grand-chose. Là, ce sont des choses qui me parlent beaucoup plus.


Puis, Bernard, après avoir dévoré le livre de Salomé Nyx, va prendre contact avec cette dernière. Mais elle se contentera d’être son mentor : « Pour l’ensemble du projet, je vous accorde 5 mails et 2 coups de téléphone. Le téléphone, c’est uniquement en cas d’urgence ! Je suis disponible pour vous répondre du mardi au vendredi ». Comme pour Jonah vis-à-vis d’Alex dans “Le But”, il est important que ce soit la personne en charge du projet d’amélioration qui se plonge dans la méthode et qui la comprenne au fond. C’est ce que j’avais fait avec succès lorsque j’avais mis en place les “5S” dans les usines que je dirigeais il y a plus de 10 ans. Pour cela, il faut le moins possible d’interventions de consultants, mais l’assistance très épisodique d’un mentor expérimenté. C’est une des clés du succès.


On suit donc pas à pas notre héros dans la progression des différentes étapes du DMAIC, démarche qui va lui permettre de récupérer finalement, le client au bord du clash. Mais également d’aller beaucoup plus loin… Je ne vous en dis pas plus, vous lirez le livre.


Tout au long de la démarche, on voit Bernard remplir et documenter les “livrables” que lui a transmis Salomé Nyx. Ces livrables et tous les fichiers de travail sont joints au livre sous forme numérique. Un plus non négligeable pour celui qui voudrait se lancer ou utiliser l’un des outils proposés.


Point important à signaler : Florent associe de manière fort pertinente la systémique au LSS. Cette association renforce l’efficacité de la méthode LSS.

Et au détour de certains chapitres, il nous livre quelques “trucs” permettant d’améliorer notre efficacité personnelle : le mind mapping, la lecture rapide… Ou encore l’innovation avec les six chapeaux de Bono ou la méthode ASIT d’Horowitz.

 

En conclusion, je dirais que l’objectif initial de Florent qui était de « rendre accessible la méthodologie du Lean Six Sigma » est parfaitement réussie. Comme il le dit lui-même : « Oui, le DMAIC et les outils qu’il intègre peuvent être d’une incroyable complexité en fonction des problématiques rencontrées. Mais dans la plupart des cas, cette méthode de gestion de projets se déroule très simplement et peut être mise en œuvre par n’importe quel manager, quel que soit son niveau de connaissance dans les statistiques. »

C’est donc un livre qui doit intéresser tout le monde : du novice en méthode de résolution de problèmes jusqu’au praticien confirmé du LSS. Chacun y trouvera de quoi progresser et alimenter sa réflexion.

Un très léger bémol : le style de Florent est très proche du “parler”, ce qui pourrait gêner les férus de littérature… mais on pardonne volontiers, tant l’intérêt est immense.

 


Vous pouvez commander ce livre sous forme e-book, (sous forme livre broché, il ne sera disponible qu’en mars) en cliquant ICI. Très gentiment, Florent fait bénéficier mes lecteurs d’une réduction de 4€. Il vous suffit d’indiquer le code AFFAGBERSA  dans la case « code » du pavé « Bon de réduction ». Vous aurez ainsi cet excellent livre accompagné du modèle de suivi de projet et des fichiers de travail pour la modique somme de 24 €.

 

 

Bonne lecture et longue vie au livre « A la découverte du Lean Six Sigma » !


Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Publié dans : Lean manufacturing - Recommander
Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /2009 23:36

Après avoir lu attentivement le billet sur les rudiments de la graphologie, vous devriez répondre sans problème à ce quiz proposé par le Journal du Net.


J’ai eu 10 sur 10, mais après avoir étudié les deux dossiers du JDN concernant cette technique.


Et vous, quel est votre score ?


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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 23:59

La graphologie n’est plus beaucoup utilisée dans le processus de recrutement, étant remplacée par les tests psycho techniques.

Mais cette technique permet toujours de cerner une personnalité pour peu qu’on ait une page de son écriture.

Si certaines caractéristiques sont évidentes, d’autres doivent être analysées avec prudence.

Sans vouloir faire de vous un expert en graphologie, le Journal du Net a publié deux dossiers sur ce thème. Le premier fin juin 2008 “Comprendre les bases de la graphologie” et le second fin novembre 2009 “Graphologie : ce que votre écriture révèle”.

 

 

Voici d’abord la définition : « Littéralement, la graphologie signifie science de l'écriture. Aujourd'hui considérée comme une branche des sciences humaines, la graphologie est avant tout une méthode d'approche de la personnalité qui s'insère dans le champ de la psychologie. Comme toute science humaine, il ne s'agit pas d'une démarche qui débouche sur une conclusion figée. » 

Puis l’utilisation et les précautions à prendre : « L'analyse commence par une observation méticuleuse de l'écriture, à travers l'expressivité du geste, la représentation de l'inconscient, le symbolisme des formes et de l'espace. "La graphologie n'est qu'un test parmi d'autres pour évaluer une personnalité, elle ne doit pas se substituer à l'entretien mais lui apporter un complément", explique la graphologue Céline Bailleul. "L'analyse graphologique se fait toujours en fonction d'un poste précis à pourvoir.[…] Il ne s'agit pas de juger la personne mais de voir si elle correspond à un poste. »


Il y a plusieurs éléments à observer lorsqu’on étudie une écriture.



Utilisation de l’espace


L’écriture grande

« Une écriture grande représente souvent une extériorisation amplifiée, un besoin de s'affirmer, de prendre de la place. 

« "Enthousiaste, il a le goût de la grandeur. Orgueilleux, il se sent supérieur en tout, appelé à une mission réelle ou fantasmée, ce qui dans le premier temps peut être une excellente motivation. Il faut juste faire attention à ce qu'il laisse un peu d'oxygène aux autres", explique Martine Tardy.

« Ainsi une écriture grande peut tout aussi bien être symptomatique d'une audace, d'une ambition que d'un orgueil mal placé, d'une vanité. Un tel jugement se fera sur la base de l'analyse des autres éléments de l'écriture. »


L’écriture petite

« Dans le cadre d'une petite écriture, on a souvent affaire à quelqu'un qui n'est pas obsédé par sa propre personne, quelqu'un qui se place plus dans l'observation que dans l'action, par opposition à une grande écriture. Cela dénote parfois une minutie, un travail plus important de la pensée.

« Ainsi, cela peut traduire "soit un sentiment de soi sous évalué, soit une prédominance des intérêts intellectuels, ce qui pousse l'individu à se concentrer", estime Martine Tardy. »

 

Les trois zones de l’écriture

Une chose essentielle à prendre en compte dans l'analyse graphologique est la situation de l'écriture dans l'espace. Le graphisme de l'écriture comprend trois zones.

« La hampe est la partie supérieure de l'interligne utilisée pour les lettres comme t ou d. Dans la symbolique graphologique, elle représente l'esprit. Si les hampes sont accentuées dans le graphisme, cela implique un intérêt certain pour le monde des idées, une quête vers l'intellect. Une hampe prononcée pourra ainsi être symbole d'un idéalisme, d'une ambition importante. »

« La zone médiane est la partie centrale qui comprend 13 lettres comme a ou r. Elle représente la sensibilité. Si elle domine, cela peut laisser penser que la personne agit davantage en fonction de ses sentiments et se montre réceptive aux autres. Elle correspond aussi au sentiment de soi.

« Le jambage, la partie inférieure (j ou p) symbolise l'aspect matériel, concret. Si le jambage ressort fortement dans le graphisme, cela peut signifier qu'on a les pieds sur terre, qu'on est plus réaliste qu'idéaliste. Le jambage accentué représentera le besoin de puiser dans des réserves, se ressourcer. »


L’écriture horizontale

« Une écriture horizontale et harmonieuse indique un certain équilibre et une maîtrise de soi. »


L’écriture montante

Une écriture montante « peut indiquer l'optimisme, la confiance en soi. » Et aussi « le signe, selon Martine Tardy, "d'un enthousiasme passager, d'une tendance à s'exalter si c'est fréquent, voire de l'utopie." » 


L’écriture descendante

Une écriture descendante permet de « déceler du pessimisme voire du découragement. » ou « de la fatigue ».


Les marges

« La norme scolaire définit une marge classique à un cinquième de la page. "La marge de gauche symbolise notre relation au passé et celle de droite notre relation avec l'avenir, le monde extérieur", explique Martine Tardy.

« Tout excès dans ces domaines peut donc être analyser comme une difficulté à tirer un trait sur le passé dans le cadre de la marge de gauche et à appréhender le futur dans le cadre de la marge de droite. Si un texte est long et a tendance à buter sur le bas de page, la marge inférieure peut aussi avoir une portée symbolique. "Lorsqu'elle est faible on peut avoir affaire à un impulsif, un passionné qui ne se donne pas le temps et bute sur le bas de page", ajoute Martine Tardy. »


Le blanc et le noir

« Dans l'étude spatiale, la place des espaces et des marges est significative. Ils font partie intégrante de l'écriture. L'analyse graphologique observe ainsi les noirs et les blancs, l'écrit et le non écrit. La façon dont l'écriture occupe la page (de manière dense ou aérée par exemple) représente l'espace personnel.

« Ainsi, "la dominance du noir montre le besoin de prendre possession de l'espace, d'agir, d'imposer sa marque. Lorsque le blanc l'emporte la vie inconsciente domine ainsi que le besoin de solitude, de rêve, cela peut aller jusqu'à l'isolement, la peur des autres et du monde", explique Martine Tardy, graphologue. »

« Un espace bien occupé, à savoir une écriture aérée, peut refléter une certaine rigueur dans le travail, la personne doit avoir les idées claires. Mais si elle est trop espacée, excessive, cela implique une tendance à l'isolement. Une écriture serrée reflèterait quant à elle une personne active, impulsive mais aussi attentive et sensible. »

 


La forme de l’écriture

« La forme de l'écriture a ceci de particulier qu'elle est la partie la plus consciente de l'écriture. Elle est en effet directement influencée par notre vécu. La forme de notre écriture se ressentira donc de l'apprentissage que nous avons fait de la vie et mesurera souvent l'originalité mais aussi l'esprit d'indépendance de la personne. »


L’écriture arrondie

« Dans ce cas, l'écriture arrondie, souple est plus accueillante. Elle reflète une personne plus affective. C'est d'ailleurs souvent une forme très féminine.

« Pour Martine Tardy, elle est synonyme de "charme, séduction, douceur, générosité quand le trait qui l'accompagne est nourri, chaud ou avidité avec des enroulements et un trait plus sec manquant de vie." »


L’écriture anguleuse

« "Une écriture anguleuse indique plutôt une tendance au courage, à la rigueur", expose Céline Bailleul. Mais aussi, souvent rigide, elle peut exprimer une grande combativité mais aussi une difficulté d'adaptation au changement. »

 

L’écriture en guirlande

« La forme des lettres est souvent ce qui saute le plus aux yeux, elle traduit aussi le degré d'affranchissement des modèles scolaires. L'écriture en guirlande, qui se caractérise par des m et des n tracés comme des u, en est un bon exemple.

« "L'effort d'écriture est ici moins important, se caractérise par une facilité, une aisance et une souplesse du geste. On associe souvent à ce type d'écriture des personnes se plaçant dans l'écoute, l'adaptation sans heurts", explique Catherine Dutigny.

« Ce geste d'accueil est ainsi symptomatique d'une grande faculté de réceptivité du scripteur. »


L’écriture continue

« L'école nous apprend à écrire en liant les lettres les unes aux autres. En grandissant, chacun fait évoluer son écriture et exprime ainsi sa personnalité. Dans le cas d'une écriture liée, on peut interpréter une certaine continuité dans la pensée, dans l'activité, mais peut-être aussi un besoin de convaincre.

« On observe parfois des personnes dont l'écriture est caractérisée par une liaison à outrance des lettres et même parfois des mots.

« "La liaison c'est le lien. Cela peut-être le besoin de lier les choses entre elles et/ou d'entretenir des liens avec les autres", explique Catherine Dutigny.

« Poussée à outrance, lorsque la liaison dépasse les 7 lettres, "on peut l'assimiler à une forme de sophisme, une volonté de ne pas casser le lien à tout prix, au risque de tomber paradoxalement dans l'illogisme", ajoute-t-elle. »

L’écriture juxtaposée

Une écriture juxtaposée (avec peu de liaisons entre les lettres) incite à penser que la personne est créative, intuitive et fait preuve d'une grande réflexion. On peut aussi l'interpréter comme une forme d'inhibition, de ralentissement dans l'activité. »

 

L’inclinaison

« En graphologie, la gauche représente souvent le passé et la droite l'avenir.

« Si une personne a tendance à incliner ses lettres vers la gauche, on pourra penser qu'elle est tournée vers son passé, qu'elle se base sur son vécu et a peut-être du mal à se projeter vers l'avenir.

« Si l'écriture penche vers la droite, cela indique une certaine ouverture sur le présent et l'avenir, mais aussi une ouverture sur les autres, un besoin d'aller de l'avant.

« Martine Tardy note ce phénomène intéressant qu'est l'irrégularité dans les inclinaisons et dont on peut déduire que "l'individu est tiraillé entre plusieurs tendances contradictoires, n'arrivant pas à se positionner ni à prendre de franches décisions, préférant des solutions de compromis." »


La pression forte du trait

 « La pression que l'on applique sur la feuille en écrivant renseigne sur l'intensité des instincts, leur constance et leur orientation. 

« Si le trait est appuyé, on remarquera une certaine énergie, une forte personnalité, une volonté puissante. Si la pression est très irrégulière, cela peut se voir comme une résistance aux difficultés. »


La pression faible du trait

« Dans le cas d'une écriture légère, peu appuyée, on peut penser que la personne fait preuve de délicatesse, de discrétion mais on peut également l'interpréter comme un manque de tempérament.

« "L'écriture légère effleure le papier en douceur soit par manque de stabilité soit par souci de préserver son indépendance et de garder sa vitesse d'intervention ; il s'investit moins, mais réagit plus vite. Réceptif, hypersensible, il peut avoir une intuition développée", ajoute Martine Tardy. »


L’épaisseur du trait

« Dans l'étude de la pression, il convient aussi d'étudier la qualité du trait. S'il est épais, il reflètera plutôt la sensualité, une importance de l'instinct. S'il est fin, le scripteur maîtrisera davantage ses émotions. »


La calligraphie

« L'écriture calligraphique est cette celle que l'on nous enseigne à l'école. Ainsi, si l'écriture s'en rapproche beaucoup, cela dénote un certain "manque de personnalisation prouvant la docilité du scripteur face aux règles, sa soumission aux principes établis", analyse Martine Tardy. »

 

La typographie

« "La typographie correspond elle à un geste de simplification de l'écriture, une rationalisation qui, si elle devient excessive peut devenir trop schématique, désincarnée", pour Catherine Dutigny. »

La vitesse de l'écriture

Il n'est pas aisé pour le graphologue, qui n'est pas présent chronomètre à la main lorsque le scripteur se met à l'oeuvre, de juger de la vitesse d'écriture d'une personne. Néanmoins, un faisceau d'indices, constitué de l'observation des simplifications, des finales des mots, de la netteté des traits, permet d'y remédier. »


Ecriture lente

« Une écriture lente sera synonyme de recherche d'esthétique ou de laisser-aller », mais aussi « de précision, de prudence dans l'action, voire dans certains cas de nonchalance.»


Ecriture rapide

« Une écriture rapide symbolisera plutôt une forme de spontanéité, un dynamisme certain. » Mais aussi « une grande vivacité d'esprit, une culture développée. »

Par contre, « une écriture précipitée indique un manque de contrôle de soi. »

 

La signature

« Pour Céline Bailleul, "la signature est un concentré de soi-même, elle représente les espoirs, les doutes, les rêves, les projets." Elle a cette particularité d'être l'expression de sa propre personnalité en ce sens que l'on ne choisit pas sa façon de signer par hasard. "Si la signature est totalement différente de la façon d'écrire, on peut être amené à évaluer différemment la personnalité du candidat", estime la graphologue. Par exemple, si elle est plus inclinée que l'écriture, on y verra une personne plus passionnée qu'elle n'en donne l'impression, qui fait preuve de plus d'élan et de sociabilité qu'elle ne le laisse supposer. La signature est d'autant plus importante qu'elle est la dernière chose lue par le recruteur. Il faut donc qu'elle exprime au mieux la personnalité. S'il est très difficile de modifier son écriture, il est possible de réfléchir à sa signature et d'en élaborer une plus fidèle à soi-même. »

 

« La signature que nous avons est avant tout la projection de notre image, la trace que nous laissons socialement. Ainsi l'adolescent, en recherche d'identité, aura tendance à imiter celle de son père ou de sa mère, modèle en lequel il se projette pour le moment.

« Un autre aspect assez symptomatique de cet état de fait est le temps d'adaptation nécessaire à la jeune femme mariée entre le passage de sa signature de jeune fille à celle d'épouse. Catherine Dutigny explique que "parfois on retrouve la trace de son ancienne et nouvelle identité sociale dans sa signature, un mélange des deux noms." »


Simple

« Il faut d'abord analyser la composition de la signature, le texte et le paraphe (traits, dessins...). Une signature simple, sans paraphe, écrivant simplement le nom, s'observe comme un signe de simplicité, de modestie mais peut aussi être vue comme de l'orgueil. Tout dépend du texte qui précède, la signature seule ne permet pas d'établir une analyse complète. Si le prénom est présent, plus il prend de la place, plus le "moi" en prend aussi. »

Compliquée

« Ainsi, une signature compliquée, hormis le cas de personnes à responsabilités importantes qui craignent la falsification, cache souvent une volonté de donner un type d'image, un certain prestige. Cela peut être interprété comme un manque de confiance en soi ou une peur de se dévoiler. »


Enclavée

« Un autre élément d'analyse plutôt révélateur est l'étude de la finale de la signature.

« "Ainsi une ligne sur laquelle on écrit son nom, sur laquelle on s'appuie, peut traduire le besoin de soutien ou d'affirmation de ce que l'on dit être socialement", affirme Catherine Dutigny.

« De même, "le rail au sein duquel on intègre notre signature peut être une façon de se protéger, de se sentir guidé..."

« C'est la même symbolique que l'on retrouve dans la signature enclavée dans un cercle, pour laquelle le cercle fait office de protection face aux intrusions extérieures. »

 

La position

« L'endroit où l'on place sa signature peut être révélateur. En reprenant la symbolique gauche-droite, une signature trop à gauche pourra indiquer un attachement au passé qui peut conduire à manque d'autonomie et des difficultés à changer ou à s'engager. Si elle est située trop à droite par rapport au texte, elle peut représenter une forme d'enthousiasme et de dynamisme, mais aussi un excès d'impulsivité ou des difficultés à anticiper. »
« La distance par rapport au texte est également significative. "Une signature qui colle au texte va plutôt marquer un besoin du groupe. A l'inverse, une signature éloignée désignera une personne qui a moins besoin des autres, qui peut facilement s'isoler et prendre seule des décisions." »   

Mais cette position peut aussi être interprétée différemment : « Catherine Dutigny explique ainsi que "collée au texte elle peut être interprétée comme une manière de s'impliquer à l'extrême dans ce que l'on écrit".  A l'inverse si elle est plutôt éloignée du texte, cela pourra être considéré comme une prise de recul, "une manière de se mettre en retrait, une façon de se réserver le droit de revenir sur ce que l'on a dit", explique-t-elle. »

« Une fois encore, au-delà de la simple symbolique, le graphologue s'attachera à analyser ce positionnement de la signature à la lumière d'un ensemble d'éléments qu'il observe dans le texte. »

 

L’orientation

« Tout comme pour le texte, l'orientation ascendante ou descendante de la signature a une signification. Une signature montante caractérise davantage les natures actives, l'ambition. Si la montée est excessive, il peut s'agir d'une personne qui présume de ses capacités, qui se surestime. L'orientation descendante marque une tendance à la fatigue, à la lassitude, au découragement. Elle peut aussi indiquer un problème de confiance en soi. »

 


Vous en savez maintenant un peu plus sur la graphologie. N’hésitez pas à aller consulter les deux articles qui donnent des exemples d’écritures. Mais surtout, ne vous prenez pas pour un expert…


La graphologie est un peu plus compliquée…


Cependant, vous aurez l’occasion de vérifier vos premières connaissances demain avec un quiz sur la graphologie…


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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /2009 22:26

Comme je l’ai indiqué dans un billet récent, les risques sur le Net sont toujours présents et même augmentent. Il convient donc de se protéger. Les entreprises le font en général bien, mais les particuliers ne sont pas toujours conscients des risques. Il existe pourtant de nombreux logiciels gratuits qui offrent, chacun dans sa catégorie, une protection satisfaisante.


Régulièrement, les principaux médias du Net font le point sur ces logiciels qui évoluent rapidement.

En décembre 2009, c’est Pierric Marissal qui  présente un dossier dans le Journal du Net : « Les meilleurs logiciels de sécurité gratuits ».

 


Il présente une vingtaine de logiciels et donne à chaque fois le lien pour les télécharger.

Il est clair qu’il ne faut absolument pas tous les télécharger, sinon, vous allez avoir des problèmes de conflit entre ces différents logiciels et ce sera pire que d’être infecté…

 

Il vous faut d’abord un bon anti-virus. Pierric Marrissal conseille AVG, mais comme il le reconnaît, il est «Difficile de trancher, de conseiller plutôt AVG, Avast ou Antivir. C'est une question de goût, chacun ayant leurs atouts et défauts spécifiques. Nous avons du coup opté pour AVG : des mises à jour plus fréquentes et une légèreté tout à fait louable. »

Si vous en avez un autre suffisamment efficace comme Avast, il est inutile de changer.


Ensuite, il vous faut un firewall (ou pare-feu), qui  « protège votre ordinateur en empêchant les utilisateurs non autorisés de s'y connecter, que ce soit depuis un réseau ou via Internet. »

Pierric Marissal conseille PC Tools Firewall Plus. « En surveillant les applications se connectant au réseau, Firewall Plus est capable de bloquer les chevaux de Troie, les portes dérobées, les enregistreurs de frappe et autres logiciels malveillants qui risquent d'endommager l'ordinateur et de voler vos informations personnelles. »


C’est le principal.



Ensuite, Pierric Marrisal propose d’autres logiciels qui peuvent vous être utiles. Certains semblent plutôt des gadgets. En voici quelques-uns qui me semblent intéressants :

Secunia Personal Software Inspector qui « vous indique les failles de sécurités dans vos logiciels installés et les mises à jours à effectuer pour y remédier »


Glary Utilities qui est un véritable « pack clé en main d'utilitaires pour optimiser son poste de travail. Il s'occupe des tâches diverses : nettoyage et réparation du système, optimisation et amélioration du fonctionnement de l'ordinateur, protection des données personnelles et sécurité du poste de travail, gestion des fichiers et des dossiers, et outils systèmes. »


Panda USB et Autorun Vaccine qui « vaccine de façon simple et sûre toute clé USB ou disque dur externe que vous branchez à votre PC. Autrement dit, il s'assure que celui-ci sera totalement sûr pour votre ordinateur. »

Voici  l’explication qui justifie pleinement l’installation de ce logiciel : « Le danger est le fichier Autorun.inf, qui permet l'exécution automatique dès le branchement dans un port USB. C'est par là que les virus débarquent. Et donc non seulement cet outil protège votre PC de clés vérolées, mais en plus il vaccine vos propres périphériques. Autrement dit, il empêche qu'un programme malveillant modifie l'Autorun.inf et que vous deveniez, contre votre gré, porteur de virus. »


Hotspot Shield qui protègera « votre connexion de tous les voleurs et pirates potentiels » lorsque vous vous connecterez « à une borne Wi-Fi dans un lieu public ». Car la connexion sur ce type de borne présente des risques : vous vous exposez « automatiquement à une possibilité de vols de données personnelles par un autre utilisateur connecté à ce même réseau. » A ne pas négliger.


Si malgré toutes vos précautions, votre PC est infecté, Pierric Marissal propose deux logiciels pour tenter de le "désinfecter"...

F-Secure Easy Clean : « Quand un PC est infecté jusqu'au cou, Easy Clean tente de le sauver.
Ce n'est pas un anti-virus, ni un pare-feu. Ce logiciel n'intervient qu'une fois le mal fait, et que votre protection habituelle a rendu l'âme.
Il est extrêmement simple d'utilisation : on clique deux fois sur le fichier télécharger, on accepte les conditions d'utilisation, et Easy Clean tente de sauver le PC des vers, virus et autres rootkits. » Le dernier espoir…


Et Shardana Antivirus Rescue Disk Utility qui « se met sur une clé USB ou un CD, [et qui] contient tout ce qu'il faut pour sauver un PC profondément infecté. Sardu, le diminutif de Shardana Antivirus Rescue Disk Utility) intègre ainsi pas moins de 25 logiciels de sécurité. »


Enfin, si vous avez des problèmes de spam avec votre messagerie, vous pourrez installer Spamihilator. « Ce logiciel anti-spam puissant et entièrement gratuit est compatible avec la majorité des clients mails (Outlook 2000/XP/2003/Express, Eudora, Mozilla, Netscape, IncrediMail, Pegasus Mail, Phoenix Mail, et Opera). Le système de filtrage est basé sur deux types de filtres : une technologie de reconnaissance des spam appelée filtre Bayesien (ou filtre à apprentissage) et un outil qui permet de détecter les mots clés présents dans les spams. »

Bonne navigation en toute sécurité sur le merveilleux mais très dangereux outil qu'est le Net...


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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 21:49

S’il y a bien un anniversaire dont la France n’est pas fière, c’est celui des 35 heures.

Les médias ont été très discrets sur cet évènement.


Le Figaro en a cependant fait une page complète dans son édition du 14 décembre 2009.

Le titre n’est pas glorieux : « La France paie toujours la facture des 35 heures ».

 

 

Revenons sur cet évènement qui a marqué (pas toujours en bien) la vie de millions de salariés français.


C’est effectivement le 15 décembre 1999 que « le parlement faisait entrer définitivement la Franc dans l’ère des 35 heures en adoptant la seconde loi Aubry sur la réduction du temps de travail. Les entreprises de plus de 20 salariés avaient jusqu’au 1er février suivant pour se mettre en règle ; les plus petites obtenant deux ans de sursis. »

Mais finalement, cette réforme s’est vite avérée « ce que Lionel Jospin avait fini par qualifier d'“erreur économique” et que Nicolas Sarkozy estime aujourd'hui être une “erreur historique”. »

 


Car ces 35 heures n’ont pas répondu aux promesses… Loin s’en faut.

 

« D'après l'institut de recherche COE-Rexecode, les 350 000 emplois créés ­entre 1997 et 2002 ne l'ont été que grâce à la croissance, et pas grâce à la réduction du temps de travail. »


« Côté finances publiques, les 35 heures ont coûté cher : 15 milliards d'euros par an, à partir de 2002, en allégements de charges, pour compenser en partie l'augmentation de 11 % du coût horaire du travail. »


Et finalement, ce sont les salariés qui en ont pâti : « Ces aides n'ont pas suffi, car les entreprises ont dû piocher dans leurs gains de productivité et geler les salaires pendant plusieurs années pour régler la note. » En clair, cela veut dire que les salariés ont dû travailler plus… pour gagner moins…

C’est bien la réalité vécue par bon nombre de salariés. Au moins pour ceux qui ont conservé leur travail…


En effet, la France a perdu en compétitivité : « Selon COE-Rexecode, la perte de plus de 3 points de parts de marché de la France dans la zone euro depuis 1999 serait ainsi largement imputable aux 35 heures, qui handicapent les entreprises françaises par rapport à leurs concurrentes. “Nous avons peut-être évité l'effondrement, mais pas l'affaiblissement, concluait Laurence Parisot en 2007 dans Besoin d'air. Nous avons toujours le droit de jouer dans la compétition économique mondiale, mais plus en première division !” »


Il faut bien constater que ces 35 heures sont une spécificité française. Aucun pays n’a suivi…

Alors, pourquoi la France conserve-t-elle une mesure aussi néfaste ?


Depuis 10 ans, les différents gouvernements n’ont pas osé revenir dessus. Cela aurait pourtant été possible, mais d’abord Chirac, puis Sarkozy n’ont pas eu le courage de revenir en arrière. Il est vrai que du côté des entreprises, il y avait une demande de pause, car la négociation pour la mise en place des 35 heures et les modifications d’organisation les avaient laissées épuisées. Elles ne voulaient pas recommencer un tel marathon qui détournait leurs forces vives vers des tâches étrangères à leur business.


Certaines entreprises s’y sont cependant attelées et sont revenues à 39 heures. Mais c’est marginal.


Beaucoup d’autres en ont profité pour augmenter le rythme du travail et réduire les pauses, d’où l’augmentation de la pression et du stress chez de nombreux salariés.



Plus grave, il semble que nous assistions à un nouveau phénomène : l'apparition devant nos yeux d’un nouveau sous-prolétariat, sous couvert d’auto-entreprenariat…


C’est un article du Monde du 10 décembre qui évoque cette crainte.


Après avoir constaté le succès de l’auto-entreprenariat, dû cependant beaucoup plus à la crise qu’au “chef d’entreprise” qui sommeillerait dans chaque français, Jérôme Fénoglio, auteur de l’article, cite Florence Lefresne « coauteur, avec d'autres chercheurs de l'Institut de recherches économique et sociales, de La France du travail (Editions de l'Atelier) : "Il y a deux évolutions possibles. Soit l'engouement a formé une bulle : il y aura autant de destructions que de créations d'autoentreprises, et le dispositif finira par se tarir. Soit le phénomène prend de l'ampleur et finit par mordre plus largement sur le salariat." »


Mais voici le détournement de la mesure qui montre son nez : « Pour la socio-économiste, les entreprises pourraient alors être tentées de se séparer de certains employés, sans supporter le coût d'un licenciement, et de les convaincre de continuer à effectuer leurs tâches pour leur propre compte, comme une sorte de filiale individuelle. "Ces créations d'autoentreprises n'auront pas créé de richesse supplémentaire, dit-elle. Elles auront juste rejeté les risques vers le salarié, qui n'aura pas beaucoup gagné en autonomie et devra prendre en charge sa propre protection et sa retraite. Ce serait un degré de plus dans l'émiettement de l'emploi et la remise en cause de la protection sociale." »


Un procès d’intention ? Non, car « déjà remontent du terrain les premiers constats qui donnent corps à ces craintes. Ces clercs de notaire, mis en préretraite à cause de la crise immobilière, qui reviennent travailler dans leurs études pour des missions ponctuelles, en tant qu'autoentrepreneurs. Ces petites annonces qui imposent l'affiliation à ce régime pour obtenir le travail proposé. Ces autoentrepreneurs, dans le secteur du bâtiment notamment, soumis à la pression de clients uniques. »


Et la conclusion de l’article n’est pas réjouissante : « Si ces dérives et ces effets d'aubaine devaient se généraliser, le régime ressemblerait davantage à l'officialisation d'une nouvelle forme de précarité et de sous-salariat qu'à la "fin de la lutte des classes" prédite par Hervé Novelli. »


Un effet “collatéral” de plus imputable à la réforme des 35 heures, qui a ouvert la boite de pandore des pires solutions pour “gagner en productivité”, c’est-à-dire “exploiter les hommes” de la part de patrons sans scrupules…


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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 23:42

Hier, lundi 14 décembre, le cabinet Technologia a remis et commenté son rapport concernant les conditions de travail chez France Télécom.

 


Les titres de nos grands quotidiens ne sont pas tendres pour l’opérateur téléphonique.

« L'enquête de Technologia accable la direction de France Télécom » pour Les Echos

 

« La grande enquête sur le stress accable France Télécom » pour Le Monde

 

« Stress : l'enquête qui accable France Télécom » pour Le Figaro


« France Télécom: le questionnaire révèle “une photographie très noire” » pour Libération

 

« Deux salariés de France Télécom sur trois se plaignent de leurs conditions de travail » pour La Croix


« France telecom, rapport accablant » pour L’Humanité



Après avoir lu le rapport mis en ligne par Le Figaro, le meilleur résumé me semble être fait dans l’article des Echos ci-dessus.


C’est hier matin et devant « une quarantaine d'élus du personnel et de membres de la direction du groupe, dont Olivier Barberot, le directeur des ressources humaines, et son bras droit, Laurent Zylberberg » que Technologia a présenté ce premier rapport intitulé « France Télécom - Etat des lieux sur le stress et les conditions de travail - Première analyse du questionnaire ».


A noter de suite que ni Didier Lombard, ni Stéphane Richard n’avaient jugé utile d’assister à cette présentation… Ce qui en dit long sur l’importance qu’ils accordent à ce sujet… J’y reviendrai un peu plus loin.

« Ils ont toutefois réagi en fin de journée, reconnaissant "une photo sans concession, mais sans surprise qui confirme les constats" établis par la direction » selon Le Monde. Autant dire qu’ils n’ont rien appris…


Entrons dans le vif du sujet, car nous, nous allons découvrir la face cachée de France Télécom.


Je cite Guillaume de Callignon dans Les Echos : « Le verdict est sévère pour la direction de France Télécom. Dans les présentations faites hier par le cabinet, les consultants ayant analysé les réponses au questionnaire jugent que “l'ambiance de travail est tendue, voire violente” chez l'opérateur et pointent “la grande défaillance du management”. Face à l'absence “d'une colonne vertébrale solide de management, les personnels de France Télécom semblent plus que jamais orphelins de sens, de leaders”, estiment-ils. »

C’est un bon résumé du résultat de l’étude.


Voici les détails. Premier constat important : « Technologia estime que la “fierté d'appartenance au groupe France Télécom est perdue”. Seuls 25 % des non-cadres, 34 % des agents de maîtrise et 52 % des cadres sont fiers d'appartenir à France Télécom. Soit en moyenne, 39 % des salariés. A la question de savoir si les salariés étaient fiers il y a cinq ans, 95 % répondent par l'affirmative… »

Le Monde précise : « La fierté d'appartenance est "un indicateur fort, dont Technologia nous a dit que c'est le dernier qui se dégrade. Cela en dit long sur le ressenti du système de management", a souligné M. Beldjoudi. »…


Je reprends Les Echos : « “Le résultat à cette question a été un véritable choc pour la direction”, explique un participant. »

Ah bon ? J’avais cru lire que la direction n’avait rien appris de neuf…


« Le climat social au sein de l'entreprise apparaît ainsi toujours très tendu. “Le ressenti général est très dégradé, notamment en ce qui concerne les conditions de travail, la santé, le stress…”, notent les consultants de Technologia. »


« Les conditions de travail, jugées difficiles, entraînent “une fragilisation de la santé physique et mentale” de certains salariés, “un fort sentiment d'insatisfaction” ainsi que “des problèmes de reconnaissance au travail face à la pression managériale”. 75 % des non-cadres, 70 % de la maîtrise et 55 % des cadres considèrent que ces conditions de travail se sont dégradées au cours des cinq dernières années. “Le système managérial est très mal ressenti au sein de l'entreprise et les conditions de travail sont jugées moins bonnes qu'ailleurs”, résume un syndicaliste faisant partie du comité de pilotage de ce questionnaire. »


Mais ce ressentiment n’est pas identique dans tous les secteurs : « Les métiers dans lesquels les salariés sont en contact avec les clients sont les plus mécontents de leur sort. Ce sont dans les boutiques, dans les centres d'appels et dans les unités d'intervention chez les clients que les conditions de travail sont ressenties comme étant les plus difficiles. En cause, “l'exigence au travail couplée parfois à une complexité des produits” et “l'environnement de travail et des moyens inadaptés”. »


Mais il y a aussi un problème général de management au plus haut niveau : « Un autre problème pointé par le questionnaire est que la direction semble écartelée entre les directeurs exécutifs et ses directeurs métiers, qui n'arrivent pas à se mettre d'accord. Technologia préconise donc d'améliorer le système d'information et de coordination et de revoir l'équilibre des responsabilités et des modes de fonctionnement entre la direction centrale, les directeurs territoriaux et les directions métiers. » C’est le B-A BA du management… Mais ça n’intéressait pas Didier Lombard (voir ci-après)…


L’article se termine par un souhait qui, hélas, risque d’être un vœu pieu… : « Le plan d'action que le nouveau numéro deux de France Télécom, Stéphane Richard, compte annoncer en janvier devrait en tenir compte. »

Car autant Didier Lombard que Stéphane Richard ne semblent avoir pris la mesure de l’ampleur du problème…


Une omission étonnante : c’est l’impuissance des syndicats face à ce phénomène. Ce point était évoqué dans le rapport de ce cabinet concernant le Technocentre de Renault. Il y a exactement le même problème chez FT : les syndicats sont désarmés face au stress au travail. J’espère que cet oubli n’est pas dû au fait que ce sont les syndicats qui ont choisi Technologia pour ce contrat représentant… plus d’un million d’euros… (le huitième du CA du cabinet…).



Mais réglons d’abord le cas de Didier Lombard. C’est un article très bien documenté de Solveig Godeluck dans Les Echos du 15/12/09 qui va nous permettre de le faire : « Didier Lombard, un visionnaire trop éloigné du terrain ».


Solveig Godeluck explique que Didier Lombard n’a aucun charisme de leader. C'est dommage pour le PDG d'un grand groupe : « Devenu le numéro un, Didier Lombard est resté dans l'ombre, comme à l'époque où il était conseiller du président Thierry Breton. Si ce dernier affectionnait les tournées en région, Didier Lombard préfère parler avec les capitaines d'industrie, passer des alliances de haut niveau, définir la stratégie internationale. »

Et il décrit cette stratégie internationale menée « avec succès »…


Mais la stratégie, si elle est importante n’est pas le tout de l’action d’un PDG. Il faut au minimum qu’il veille à ce qui se passe chez lui en interne.


Un témoignage : « En 2002, avec une dette de 67 milliards, nous avons accepté de donner un coup de collier. En 2006, quand le groupe a été redressé, nous avons cru que l'on reviendrait à un autre style de management. Mais les restructurations sont reparties de plus belle ! ». Et notre auteur ajoute : « Cette année-là, Didier Lombard a lancé le plan Next, prévoyant 22.000 suppressions de postes en trois ans. »


Tout en laissant les mains libres à Louis-Pierre Wenes, « le coupeur de coûts sans coeur, celui qui a supprimé l'accompagnement financier qui permettait de faire passer la pilule des mobilités. “Didier Lombard a complètement délégué le management à des gens qui ont appliqué des recettes. Quand l'affaire des suicides a éclaté, il a été catastrophé pour de vrai », estime un cadre de France Télécom. » C’est certainement vrai, mais quel aveu d’échec…


La conclusion de l’article est terrible pour notre PDG : « Ce n'était pourtant pas faute d'avoir écouté les doléances des syndicats. Mais il y a des messages durs à entendre pour un patron épris de transformation. »



Venons-en à son second, Stéphane Richard. Il nous donne lui-même les bâtons pour se faire battre dans l’interview qu’il a accordée le 10 décembre dernier au Figaro sous le titre : « Une vraie remise en cause à la tête de France Télécom »

 

Lorsqu’il a remplacé Louis-Pierre Wenes, ses premières déclarations et actions (en particulier ses visites sur le terrain) m’avaient fait espérer qu’il puisset effectivement “sauver” France Télécom.


Ses propos rapportés par Le Monde du 14 octobre 2009 allaient dans le bon sens : « Stéphane Richard, nouveau numéro 2 du groupe, a estimé, mercredi 14 octobre, que l'entreprise était "sans doute allée trop loin" dans le contrôle de ses salariés. M. Richard a estimé qu'il fallait leur redonner davantage d'autonomie dans leur activité.[…] M. Richard a justifié l'utilisation des "outils de contrôle" des salariés. Ces derniers, a-t-il tempéré, "ne sont pas destinés à contrôler la personne, mais plutôt la qualité des services que nous offrons à nos clients. [Ils] peuvent procurer chez certains salariés un sentiment d'étouffement", et c'est "ça qu'il faut certainement revoir". M. Richard a également reconnu que l'organisation du groupe était "sans doute trop centralisée", et qu'il y avait une "nécessité de redonner de l'autonomie et des marges de manœuvre au niveau local".



Mais là, je suis déçu.

Voici un florilège de ses dires qui trahissent sa pensée profonde :


« Nous avons déjà marqué beaucoup d'avancées au fil des semaines. Par exemple [vous allez voir!], nous avons donné vingt minutes par jour à chaque salarié sur les centres d'appel pour se connecter et déconnecter. »


Comme me le disait une amie, salariée de FT, cela ne représente que quelques secondes de plus entre chaque appel… Mais Stéphane Richard présente cette mesure comme exceptionnelle : « Cela représente un élément de confort important dans la vie quotidienne des téléopérateurs. » Pour aussitôt ajouter « Chez France Télécom, il ne faut jamais oublier l'effet de masse, vingt minutes par salarié, c'est énorme ! » Effectivement, si on multiplie 20 minutes par 90.000 employés, on arrive à 1.800.000 minutes par jour, ce qui fait 30.000 heures et l’équivalent de plus de 4.000 ETP… A côté de ces chiffres, que sont quelques suicides et un peu de stress ?...


Autres mesures : « Nous avons déjà commencé aussi à recruter 150 RH de proximité , 410 emplois additionnels dans la relation clients et l'intervention technique. » Sur un effectif de plus de 90.000 employés, je n’ose calculer le pourcentage… Si, il le faut pour bien montrer le cynisme de l’individu : 0,6%. Mais il faut mettre également ces chiffres de créations de postes en face des 22.000 emplois qui devaient être supprimés dans le cadre du plan Next …


Continuons la lecture instructive de l’interview. Il parle des syndicats : « Quant à la CGC, j'ai le sentiment qu'il y a un vrai malentendu. Il est anormal qu'un des principaux syndicats de cadres de l'entreprise ne soit pas moteur dans la dynamique que nous voulons imprimer. » Je suis désolé, mais un syndicat de cadres n’a pas à être à la botte du patron de l’entreprise ! Si les méthodes de management sont néfastes, il doit être en première ligne pour les dénoncer.


Mais le meilleur est à venir. A la question : « Toutes ces mesures ont un coût. Les marchés vont-ils vous sanctionner ? », sa réponse montre que ce qui est essentiel pour lui, c’est la performance économique : « Le stress et la souffrance au travail représentent un coût considérable pour l'entreprise, ne serait-ce que du fait de l'absentéisme qui est élevé et en augmentation. Les surcoûts opérationnels liés aux différentes mesures que nous avons prises sont raisonnables, de l'ordre de quelques dizaines de millions d'euros. Les analystes savent bien qu'un climat apaisé et des équipes motivées sont les meilleures garanties d'une bonne performance économique. »

On peut bien donner quelques miettes aux employés des centres d’appel et embaucher quelques “RH de proximité”, tant que cela reste “raisonnable”. Mais si il souhaite un climat apaisé et des équipes motivées, ce n’est pas pour le bien des employés, c’est pour le cours de bourse…

Et si un jour le cours de bourse exige l’inverse ?…


A noter en passant, qu'un syndicaliste a fait la même remarque : « Mais le problème, c'est que le business pour le business, ça ne marche pas s'il n'y a pas de cohésion sociale dans l'entreprise. » (relevé innocemment par Les Echos). Cela en dit long sur l’analyse de la situation faite par nos syndicalistes…

 

Je termine en n’osant ni interpréter ni qualifier ce qui suit : « En revanche, le choc est rude sur l'image de l'entreprise. France Télécom a dégringolé de 20 places dans le classement des entreprises préférées des Français. Cela me préoccupe beaucoup. Nous allons devoir recruter des jeunes dans les années à venir pour remplacer les départs en retraite, et il nous faut retrouver notre attractivité. Cela passera aussi par la mise en valeur des actions que l'entreprise mène dans le domaine sociétal, par exemple en direction des personnes handicapées ou à faible employabilité. »

Il ne manquait plus que les “personnes handicapées ou à faible employabilité” pour redorer le blason de FT quelque peu écorné !

Stéphane Richard tenterait-il un concours de communication de mauvais goût avec Didier Lombard ?


En conclusion, hélas, il n’y a vraisemblablement rien de bon à attendre ni de l’actuel, ni du futur PDG de FT…


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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 19:43

KPMG vient de publier une enquête selon laquelle « les vols et pertes de données en entreprise sont en nette recrudescence. » (Cette enquête est en anglais).


Régis Marti a commenté cette enquête dans Les Echos du 10 décembre dernier.


 

Il décrit la situation : « Depuis sa mise en place en 2005, le Data Loss Barometer du cabinet d'audit a recensé quelque 2.300 incidents liés au vol ou à la perte de donnés affectant un total de quelque… 700 millions de personnes dans le monde. Mais comme la plupart des incidents ne sont pas rendus publics, ces chiffres pourraient ne constituer que “la partie émergée de l'iceberg”, selon la même source.

« Entre janvier et juin 2009, 110 millions de personnes ont été directement ou indirectement affectées par ces “cyber-malversations”. Une large proportion étant représentée par les victimes du piratage du Heartland Payment Systems, qui, au début de l'année, a touché en janvier plus de 100 millions de détenteurs de cartes de crédit ou de débit. Une fraude massive qui demeurera dans les annales comme la plus importante de l'histoire des Etats-Unis. Et qui désigne également les institutions financières comme l'une des premières cibles des fraudeurs informatiques, après l'administration, qui représente le quart des incidents recensés au cours du premier semestre, contre “seulement” 15 % pour les banques et services financiers. »

Impressionnant et inquiétant…

 

Face à ce constat, les entreprises réagissent. Mais si « l'une des principales préoccupations des entreprises en matière de sécurité consiste à protéger les informations sensibles dont pourrait faire un mauvais usage un concurrent mal intentionné », il ne faut pas se tromper de cible : « plus que les attaques menées de l'extérieur par piratage des réseaux et des systèmes informatiques, les vols de données en provenance de l'intérieur même de l'entreprise sont en très forte augmentation. Ils ont en effet augmenté de 50 % sur les six premiers mois de l'année, toujours selon l'étude de KPMG. »

S’il faut, bien sûr, se protéger contre des attaques venant de l’extérieur, il faut également prendre en compte les risques internes : « Dans 10 % des cas, les vols de données ont été perpétrés par des employés des entreprises concernées. » Ce n’est donc pas négligeable…

Et voici les circonstances : « dans une majorité de situations, ces actes étaient commis à l'occasion de leur départ vers un concurrent (70 % des cas) ou de la création de leur propre affaire (23 % des cas). »


Les méthodes utilisées : « la messagerie électronique (46 % des cas), suivie par les copies papier (22 %) et, dans seulement 9 % des cas, par les supports de copie tels que CD, DVD, clef USB ou disque externe. » Mais « l'évolution technologique devrait cependant permettre de démocratiser l'usage des outils permettant de recueillir et stocker des informations sensibles tels que les “smartphones”, les appareils photo numériques, voire les baladeurs MP3. »

Et nous en arrivons au fameux maillon faible : « “Les individus sont le plus souvent le maillon faible de la sécurité dans l'entreprise”, relève Laurent Gauby, associé de KMPG et responsable du secteur systèmes d'information. »


Les solutions ? Simples à mettre en œuvre selon KPMG : « Elles consistent principalement dans le renforcement des politiques de sécurité avec la classification des informations et la définition de niveaux de protection adéquats. »

C’est effectivement le point de départ : quelles sont les données réellement sensibles ? Celles qu’on ne voudrait pas voir entre les mains d’un concurrent ou encore celles qu’on ne voudrait pas voir affichées sur la place publique… Car il est impossible de protéger toutes les données. Il est donc nécessaire de les classer par ordre de confidentialité.

Ensuite, il est effectivement nécessaire de définir le niveau de protection en conséquence : accès limité à l’information, protection par mot de passe ou par des moyens biométriques (iris de l’œil, empreinte de la main, etc…)


Et il ne faut pas oublier « la sensibilisation des utilisateurs ». Effectivement, par expérience, les utilisateurs ne sont pas conscients des risques encourus. Ils donneront sans aucun problème leurs mots de passe à la moindre personne se faisant passer au téléphone pour une personne du service informatique sous prétexte de vouoir vérifier leurs profils…


Il faut également veiller à « la limitation du stockage de données sensibles sur des supports amovibles. » Car ils peuvent facilement être perdus ou volés ou conservés…


Un point que n’a pas évoqué Régis Marti mais qui se trouve dans le rapport KPMG, c’est le risque lié aux réseaux sociaux. Ce point est vraiment important, surtout pour les jeunes qui ne se rendent pas compte des conséquences que peut avoir l’étalage de leur vie privée… Les criminels du web peuvent facilement faire le profil d’un internaute grâce à Facebook (pour les données concernant la formation et les relations) et à LinkedIn (pour les données concernant la carrière). Les fraudeurs savent très bien que la plupart des mots de passe viennent de la proche famille ou des proches relations : date de naissance, nom des enfants, nom de l’animal de compagnie… Et quand on a oublié son mot de passe, on doit répondre à une question… souvent proche de la vie personnelle… Ou encore lorsqu’on appelle sa banque ou sa compagnie d’assurance, notre interlocuteur nous pose des questions… également personnelles pour vérifier que nous sommes bien la bonne personne… N'importe quel personne mal intentionnée, ayant fait votre profil personnel et ayant récupéré toutes les données que vous avez consciencieusement laissé sur le web tel le Petit Poucet, pourra aisément se faire passer pour vous avec toutes les conséquences qu'on peut imaginer...


Donc, vigilance avec les informations personnelles que nous semons à la volée sur le web… sans possibilité de les effacer


Je sais bien que c’est la xème fois que j’aborde cette question, mais c’est vraiment très important autant pour la vie privée des internautes que pour la sécurité des entreprises dans lesquelles ils travaillent ou travailleront.


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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 22:47

Linternaute propose un quiz sur les créations des constructeurs automobiles.


Il est intéressant de revoir 10 de ces innovations et ce n’est pas trop difficile, j’ai eu 9 sur 10.


Et vous ?


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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 23:22

J’ai commenté il y a quelques jours l’article d’Isabelle Mathieu « De nouvelles obligations en matière de stress au travail ? » Il y avait plusieurs éléments intéressants dans cet article : la définition du stress, les facteurs de stress au travail et les obligations pour les employeurs.

 

Dans la continuité de son premier article, Isabelle Mathieu a publié un second article très intéressant répondant à la question : « Stress : quels outils pour remplir les obligations à charge de l’employeur ? »

 


Elle présente la problématique : « En matière de stress, l'entreprise doit adopter une démarche préventive permettant de mesurer l'existence, mais surtout le niveau de stress, et d'adopter une série d'actions selon les niveaux détectés. »

Cette obligation vient du code du travail, en particulier de l’article L 4121-2 qui précise que « la planification des risques doit intégrer “dans un ensemble cohérent, la technique, l'organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l'influence des facteurs ambiants, notamment les risques liés au harcèlement moral, tel qu'il est défini à l'article L. 1152-1” ».

Le plan d'actions devra être articulé avec le document unique d'évaluation des risques.

 

Elisabeth Mathieu explique la démarche : « commencer par un diagnostic de l'entreprise, qui s'appuiera sur l'analyse d'un ensemble d'indicateurs, permettant de repérer des situations à risque ou éventuellement d'identifier une situation déjà dégradée exigeant la mise en place d'une intervention. »

 

Et elle précise quels peuvent être ces indicateurs. C’est un point très intéressant, car il permet d’"objectiver" une notion qui est souvent ignorée ou « mal comprise des entreprises », comme le titrait un article du JDN du 1er décembre 2009 (“Les risques psycho-sociaux mal compris des entreprises”).

 


Cet article explique : « Les risques psycho-sociaux restent un sujet tabou dans bon nombre d'entreprises. Pour comprendre ce qui freinait les entreprises dans la gestion de ces risques, le Centre des jeunes dirigeants de Rhône-Alpes a mené une enquête auprès d'une vingtaine d'entreprises. Parmi la dizaine de freins mis en lumière, la méconnaissance importante du phénomène renforce la crainte suscitée par la terminologie ("psycho-social"). Par ailleurs, les dirigeants ont tendance à mettre en avant des situations personnelles difficiles. Globalement, les dirigeants associent peu ces risques au travail, tant dans l'origine de ces troubles que dans leurs conséquences sur la productivité. D'après le CJD, dépasser ces freins permettrait aux entreprises de mieux prévenir ces risques psycho-sociaux au sein des salariés. »

 


Examinons donc quels indicateurs permettraient de « dépasser les freins » des entreprises.

 

« Deux types d'indicateurs sont à prendre en compte : ceux liés au fonctionnement habituel de l'entreprise, et ceux liés à des changements organisationnels.

 

« L'entreprise doit s'appuyer sur des indicateurs liés au fonctionnement habituel de l'entreprise. L'absentéisme peut ainsi révéler un dysfonctionnement s'il est élevé ou en augmentation. Dans le secteur privé, le taux d'absentéisme annoncé varie entre 5 % et 7 %. »

Après les polémiques sur l’interprétation du nombre de suicides chez France Télécom,  c’est le taux d’absentéisme qui a montré de manière irréfutable qu’il y avait bien un malaise… Le taux d’absentéisme est donc bien le premier indicateur à prendre en compte.

 

Isabelle Mathieu précise cependant : « une distinction doit toutefois être faite entre le type d'absence (maladie, maladie professionnelle, accident du travail, accident de trajet, cas de suicides avérés) et une attention particulière doit être portée aux maladies pour lesquelles le stress est l'un des facteurs causal (TMS, hypertension, burn out, troubles psychiques attribués aux conditions de travail). »

 

Ensuite, « le médecin du travail peut relever le nombre de salariés sous antidépresseur, et/ou anxiolytiques, de façon régulière/occasionnelle.

« Les moments d'absences peuvent également être distingués (vacances scolaires, lundi ou vendredi, voire mercredi...).

 

Un autre indicateur intéressant : « la durée du travail peut constituer un indicateur si, notamment pour la population des cadres en forfait jour, les jours de congés ne sont pas pris. Le risque d'une surcharge de travail est alors à prendre en compte. »

Ainsi que « le travail en horaires atypiques induit un décalage par rapport aux rythmes sociaux, qui peut être facteur de stress. » 

 

Autre indicateur : « l'existence de postes non pourvus peut également révéler l'existence d'une surcharge de travail. »

Et « le turn over, qui sera éventuellement décomposé par service pour une étude plus fine, avec l'analyse des motifs de départ, est un indicateur révélateur de malaise. »

 

« Un indicateur “incidents” rassemble les incidents, agressions physiques ou verbales, nombre de sanctions disciplinaires relevant de comportements fautifs. Cet indicateur peut également être alimenté par l'analyse des procès-verbaux signalant des problèmes de santé et sécurité, voire de violences, d'agressivité, de mésententes.

« Le nombre de grèves renseignera également sur le climat social. »

 

Abordons maintenant les « indicateurs liés à des changements organisationnels. L'existence de plans sociaux dans le passé, ou en projet, l'introduction de nouvelles technologies, de nouveaux outils, la modification de l'organisation du travail, un rachat ou une fusion, un déménagement de l'entreprise… sont autant d'indicateurs mettant à jour une situation de déstabilisation. »

 

 

Une fois les données regroupées et les indicateurs créés, le diagnostic peut être analysé par le CHSCT. Et « si une démarche de prévention s'avère nécessaire, un groupe de travail doit être constitué aux fins de réaliser une analyse plus fine et de prévoir les actions à mettre en place. Ce groupe pourrait rassembler un représentant de l'employeur, des membres du CHSCT, la médecine du travail et un psychologue du travail. »

 

En conclusion, Isabelle Mathieu va à l’encontre des « préconisations gouvernementales », car « la négociation ne constitue pas l'outil adéquat pour gérer un problème de stress dans l'entreprise. Le stress est, en effet, une notion d'ordre médical, qui met en jeu des différences interindividuelles, puisqu'il est avant tout question de ressenti, d'évaluation que fait chaque individu en fonction d'éléments de sa vie professionnelle, mais également de sa vie personnelle. C'est donc avant tout le personnel de la santé qui doit être associé à la démarche préventive. »

 

La dernière étape sera de faire « un plan d'actions, engagement unilatéral de l'employeur. » Il faudra qu’il soit suivi d’ « une évaluation des résultats ». Et « cette démarche doit, bien entendu, s'inscrire dans la durée. L'efficacité des mesures entreprises sera mesurée grâce à la mesure de l'évolution de chacun des indicateurs choisis. »

 

Maintenant, les entreprises ne peuvent plus dire qu’elles n’ont pas les moyens d’analyser le stress.


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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 22:32

La Foncière des Régions a demandé à TNS Sofres de mener une enquête sur « les Français et leurs bureaux ».

Les résultats viennent d’être publiés sous forme de trois documents sur le site de la Foncière des Régions : un communiqué de presse, une note de synthèse et l’enquête complète.

 

Au moment où les Open Space sont à la mode, cette enquête apporte des réponses intéressantes.

 

En voici les principaux résultats (extraits de la note de synthèse).

 

D’abord, « l’immobilier d’entreprise est stratégique, tant dans l’influence qu’exercent l’aménagement et l’organisation des espaces de bureaux sur la productivité de leurs utilisateurs, qu’en tant que vecteur d’image de l’entreprise. » Et aussi bien les dirigeants que les salariés sont convaincus de ces éléments.

 

« Les salariés sont plutôt satisfaits de leurs bureaux, essentiellement en termes de localisation, de desserte et de services à proximité. » Il s’agit de 70 % des salariés interrogés.

« Localisation, moyens d’accès et services à proximité sont les piliers de cette satisfaction. » A noter que ce « niveau de satisfaction est corrélé à la taille de l’entreprise : 83%des salariés d’entreprises de 100 à 249 salariés se disent satisfaits quand ils ne sont que 66% au sein de structures de 1000 salariés et plus. » La grande entreprise n’est vraiment pas un lieu d’épanouissement. Il y avait un constat similaire dans l’enquête TNS Sofres pour Altedia sur les Français et leurs entreprises dont j'ai parlé il y a quelques jours.

 

« Les entreprises se montrent à l’écoute de leurs salariés, et les dirigeants placent le bien-être de leurs équipes en tête des critères de choix d’un immeuble de bureaux. » En effet, « on observe une relative convergence de points de vue entre salariés et entreprises concernant les critères essentiels, à savoir les thématiques de localisation/accessibilité et d’aménagement des espaces de travail, individuels et collectifs. » Heureux constat, car ce n’est pas souvent que les entreprises écoutent leurs salariés.

Cependant, « malgré ce consensus et cette écoute, on note, de la part des entreprises, un certain décalage de perception des priorités réellement exprimées par les salariés. En effet, les dirigeants sous-estiment notamment les aspects liés à la notion de “vie autour du bureau” : 50% des dirigeants estiment que les commerces et services à proximité sont prioritaires pour leurs salariés, alors que ces derniers sont 73% à considérer ce critère comme essentiel ; 64% des salariés jugent la présence de services personnalisés (salle de sport, crèche…) au sein de l’entreprise importante et seuls 43% des dirigeants sont conscients d’une telle attente. »

 

« La qualité environnementale est un critère déterminant pour tous les utilisateurs. En matière d’immobilier responsable, les entreprises privilégient la généralisation des éco-gestes et la limitation des charges et consommations à la réalisation de lourds travaux. »

 

En conclusion, voici comment les Français voient « Le bureau idéal »… qui « n’est pas si éloigné du bureau actuel. Les critères qui définissent le bureau idéal correspondent en effet aux caractéristiques que les salariés plébiscitent dans leurs bureaux actuels. »

Plus précisément, voici ce qui est plébiscité :

86%des salariés interrogés considèrent important le critère de la desserte

67%privilégient un petit bâtiment plutôt qu’une tour

58%des salariés préféreraient occuper un bureau privatif contre 20% pour un Open Space

 

Quant à la localisation, les souhaits sont partagés : 36 %préfèrent des bureaux en-dehors de centre-ville et  33%privilégieraient un bureau en centre-ville.

 

Enfin, si une majorité préfère que l’équipe soit rassemblée sur un seul lieu de travail, une proportion non négligeable, 27%, se déclare intéressée par le télétravail.


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