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Mardi 28 juin 2011 2 28 /06 /Juin /2011 21:27

Après plusieurs billets commentant un article de Muriel Jasor paru dans les Echos du 22 février dernier (« Les consultants confrontés à la montée des critiques »), ainsi que l’article d’Andrew Hill paru dans le Financial Times du 14 février dernier et sa métaphore comparant les consultants à des virus, voici les avertissements que donne Andrew Hill aux consultants : le ciel s’assombrit…

 

 

Il écrit :

« Des consultants cyniques pourraient prendre la critique pour un compliment donné à leur capacité à pérenniser leur business. Mais il y a aussi beaucoup de raisons pour lesquelles ils devraient s’inquiéter. »

 

La première de ces raisons est que « le PDG n’est pas seul ». Il est entouré de nombreux conseillers internes

 

La seconde raison est que « le ralentissement incite les entreprises à couper dans les conseils extérieurs. Moins de clients succombent à l’idée que valeur de l’argent et valeur ajoutée sont mutuellement exclusives. Ils achètent des conseils spécifiques, à court terme, surtout moins chers, mais moins profitables pour les consultants. »

 

C’est toujours l’argent qui mène les affaires. Et nombre de dirigeants finissent par se rendre compte que les conseils n’ont pas la rentabilité espérée.

 

La dernière raison est très forte : les consultants ont fini par scier la branche sur laquelle ils étaient assis… « Enfin, le très récent succès des consultants pour aider les entreprises à formuler leur stratégie et réduire leurs coûts a familiarisé les entreprises avec leurs méthodes. La familiarité engendre le mépris. Le comité exécutif est maintenant le repaire d’anciens conseils et de MBA. Il est plus difficile pour les consultants de convaincre l'un des leurs qu'il ou elle ne peut pas gérer sans avis extérieur. Le savoir-faire stratégique et opérationnel est entré dans le système sanguin de la grande entreprise. »

 

La conclusion d’Andrew Hill :

« Sauf s'ils s'adaptent, les consultants se retrouveront à vendre des services » que personne ne voudra.

 

Andrew Hill ne dit pas ce que les consultants doivent changer dans leur offre. Ce n’est pas facile car toutes les critiques qu’il vient de faire portent sur le métier même de consultant. Changer pour un consultant reviendrait-il à ne plus donner de conseils ?...

 

 

Cependant, Muriel Jasor dans son article des Echos donnait quelques pistes.

 

« Soucieuses de proposer des solutions plus en phase avec la demande des clients, quelques sociétés de conseil repensent leur façon de travailler avec une clientèle de plus en plus avertie - de fait, les entreprises recrutent beaucoup d'anciens consultants. Leur objectif est de proposer une alternative au modèle anglo-américain, et de faire la démonstration de la réalité de leur valeur ajoutée via la réhabilitation de la créativité, de l'ouverture d'esprit et surtout du facteur humain. »

 

Créativité, ouverture d’esprit et facteur humain seraient-ils devenus les dernières tartes à la crème de nos virus ?

 

Commençons par le facteur humain, « que Francis Rousseau, le PDG du cabinet de conseil en stratégie et organisation européen Eurogroup Consulting, place justement au coeur même de son positionnement et d'un récent manifeste. Lui qui ne veut plus entendre parler de “page PowerPoint assortie de trois camemberts”, presse les consultants de se détacher de leur “boîte noire à "benchmarker"”. Autrement dit, qu'ils ne se contentent plus de regarder ce que font les meilleurs pour ensuite les copier. Traditionnellement, pour transformer leurs organisations et faire évoluer leurs métiers, les dirigeants d'entreprise s'appuient sur des projets, des outils et de l'innovation produit. “Mais ce qui conditionne leur réussite, c'est la capacité des organisations à mobiliser les équipes autour des projets”, assure le cabinet Oasys Consultants. “Seule la prise en compte de l'engagement des parties prenantes internes peut garantir la performance des projets engagés”, confirme Victor Waknine, associé gérant fondateur de Mozart Consulting. »

 

Il est vrai que dans tout projet les hommes sont le facteur le plus important. Mais comme le précisait Victor Waknine lors de la présentation de son IBET (Indicateur de Bien-Etre au Travail) à Troyes il y a quelques semaines, pour qu’un projet réussisse, il est préférable que ce soit l’équipe en interne qui se l’approprie, plutôt qu’une armée de consultants. Les consultants n’étant là que pour des interventions ponctuelles et très ciblées. Ce qui implique moins de journées facturées pour ces derniers…

Prendre réellement en compte le facteur humain, c’est très risqué pour un consultant…

 

 

Passons à l’ouverture d’esprit ou « l'élargissement du regard » : « chez Weave, une société de conseil en stratégie opérationnelle, on n'hésite pas à faire intervenir, en marge des missions, la romancière Alice Ferney ou le général Gil Fiévet, spécialiste des stratégies militaires, pour cultiver l'esprit d'ouverture. »

 

Que l’esprit de nos managers s’ouvre sur autre chose que les résultats à court terme de leurs entités est souhaitable. Mais je ne suis pas sûr que ce soit le rôle des entreprises et encore moins celui des consultants de s’en occuper. “Big Brother” n’est pas loin…

 

 

Quant à la créativité, nos consultants ont raison de revenir sur des certitudes bien ancrées.

 

« Tous ces pros du conseil ont compris qu'optimiser un processus d'achat, externaliser une fonction de l'entreprise ou encore investir dans un centre de profit partagé [il s’agit vraisemblablement d’un coquille : Muriel Jasor a certainement voulu écrire “centre de service partagé”] aident à la réalisation d'économies, mais pas nécessairement à la performance ou à l'augmentation de part de marché d'un groupe.

 

« “A trop vouloir optimiser ses process, on peut scléroser une entreprise”, prévient Didier Rousseau, le président de Weave, en déplorant les postures moutonnières de nombre de ses homologues, notamment d'origine anglo-américaine. Des concurrents auxquels Francis Rousseau est un des premiers à opposer une alternative européenne. “Réhabilitons le réel, l'utilité, le produit, le service”, tonne-t-il. »

 

Il faut effectivement laisser de la place à l’initiative et à la créativité et ne pas tout scléroser. Cependant, nos consultants, à l’affût de tout ce sur quoi leurs précieux conseils pourraient s’appliquer, n’ont pas manqué de se précipiter sur ce créneau en mettant en exergue le thème de l’innovation… qui devrait nous sauver de tous les maux actuels…

 

 

Mais on devrait en savoir un peu plus puisque « dans l'intervalle, le Syntec Conseil en management devrait rédiger, pour la fin de l'année, un Livre blanc sur la base d' interviews de dirigeants, d'acteurs institutionnels et d'experts. Avec l'espoir de mieux faire connaître “l'utilité économique et sociale du conseil” et de “valoriser une expertise commune”. »

 

Les “virus” expliquant leur utilité économique et sociale, ça doit valoir le détour…


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Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 21:22

Le Journal du Net propose un quiz sur la mémoire.

 

Pas facile… J’ai eu 7 sur 10. Mais il y a des informations intéressantes.

 

Et vous, quel est votre score ?


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Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 20:54

Depuis le dernier billet que j’ai publié sur le réchauffement climatique il y a presqu’un an, la situation sur ce front a évolué dans un sens plutôt favorable aux "climatosceptiques".

 

Après les attaques virulentes des “climatosceptiques” du printemps 2010 et malgré la vigoureuse contre-attaque des “réchauffistes”, les preuves scientifiques d’un réchauffement climatique dû à l’activité humaine ne sont toujours pas établies.

 

Reprenons ces évènements.

 

A la suite du livre de Claude Allègre et "l’appel des 400", l’Académie des sciences, « saisie par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche », « a estimé, dans un rapport appelé à faire autorité en France, que la hausse des émissions de CO2 liée aux activités humaines est la cause principale du réchauffement. » (Les Echos du 29 octobre 2010).

 

Rapport appelé à faire autorité en France ? Peut-être, mais pas dans le sens prévu… D’ailleurs, Les Echos qui l’avaient mis en ligne l’ont retiré…

Heureusement, Le Monde le laisse (encore) à disposition.

 

Ce rapport se voulait une réponse définitive aux critiques des climatosceptiques. Mais malgré toutes les manipulations et secrets qui ont entouré la préparation de ce rapport, c’est au résultat opposé auquel on assiste. La ficelle est tellement grosse qu’elle se retourne contre les réchauffistes…

 

En voici le détail.

La page 13 donnant les conclusions du rapport est un chef-d’œuvre de désinformation… Et c‘est cette page que tous les journalistes sont allés lire directement en ignorant les 12 premières….

 

Je commente cette page 13 :

« Plusieurs indicateurs indépendants montrent une augmentation du réchauffement climatique de 1975 à 2003. » L’année 2003 est importante et est une première indication de la manipulation. En effet, à la page 3, le rapport donne comme fourchette d’augmentation de la température 1975 à 2000. En réalité, le maximum de température de ces dernières années est en 1998. Ensuite, c’est un plateau : la température n’augmente plus… Mais cela, le rapport qui avait comme objectif d’aller dans le sens de la théorie réchauffiste, ne pouvait en parler et tire au maximum la période de réchauffement… quitte à friser la malhonnêteté. 1998, 2000, 2003, c’est 5 années de réchauffement de gagnées et cela permet plus facilement de ne pas parler de l’arrêt de ce réchauffement. Comme souvent, c’est par omission que se fait la manipulation : on ne parle pas de ce qui gêne !

 

Ce qui permet d’asséner la deuxième conclusion « Cette augmentation est principalement due à l’augmentation de la concentration du CO2 dans l’atmosphère. »

Une erreur courante, mais dont les scientifiques devraient être prévenus, c’est, à partir d’une corrélation entre deux phénomènes A et B, de définir une cause et un effet. Rien n’est moins évident. Il y a trois possibilités : phénomènes parallèles mais sans relation de cause à effet, A est cause de B, B est cause de A.

Et si la corrélation cesse, il est certain qu’il n’y avait aucune relation de cause à effet…

Dans le cas qui nous intéresse, il y a eu effectivement une augmentation de température et une augmentation de CO2 dans l’atmosphère. Et nos réchauffistes en ont déduit que la cause du réchauffement était cette augmentation. Pourquoi pas l’inverse ?

Le seul problème qui met toutes leurs affirmations par terre, c’est que depuis plus de 10 ans, la corrélation a cessé : le CO2 continue à augmenter, mais pas la température !

 

Cette omission permet aux auteurs du rapport d’affirmer dans la troisième conclusion : « L’augmentation de CO2 et, à un moindre degré, des autres gaz à effet de serre, est incontestablement due à l’activité humaine. »

D’où la théorie de nos réchauffistes : le réchauffement climatique est dû à l’activité humaine….  

 

Et c’est ce qu’ont retenu la plupart des journalistes qui se sont contentés de lire cette 13ème et dernière page du rapport. Il est quand même désolant de voir le niveau de notre journalisme français : aucun esprit critique !

 

Car il n’est quand même pas difficile de constater que dans les 12 premières pages, ce sont surtout les doutes et la prudence qui prévalent au sujet du réchauffement et surtout des causes de ce réchauffement. Mais comme l’explique Vincent Courtillot, « le rapport est en fait la juxtaposition des points de vue contradictoires exposés au cours du débat, sans véritable synthèse ni conclusion. » C’est bien ce sentiment que donnent la lecture des premières pages. La 13ème page est un passage en force pour répondre à l’injonction des pouvoirs publics. Il ne faut pas oublier que même Nicolas Sarkozy s’était engagé du côté des réchauffistes…

 

 

Malgré (ou grâce à ?) ce rapport, de plus en plus de scientifiques et de personnalités de la société civile prennent leurs distances avec les réchauffistes.

 

 

C’est d’abord Luc Ferry qui fait de très bonnes remarques dans Le Figaro du 11 novembre 2010 quelques jours après la sortie du rapport de l’Académie des Sciences.

 

Dans une chronique intitulée « Pour y voir clair dans la querelle du climat », il conseille « ardemment à tous ceux qui voudraient se faire par eux-mêmes une opinion, la lecture du livre de Jean Staune La Scienceen otage (aux presses de la Renaissance). » Car « Staune nous offre enfin ce qui manquait à ce débat : une synthèse, sur une centaine de pages d’une clarté et d’une objectivité parfaites, des principaux arguments en présence. […] Il en ressort plusieurs éléments fondamentaux d’un très grand intérêt. ».

 

Et il explique : « D’abord, il est incontestable que la planète s’est réchauffée de manière extraordinairement rapide entre 1975 et, très exactement (le point, comme on va voir, est essentiel) 1998. Cela, nul le conteste, y compris chez les climatosceptiques les plus militants. » C’est exact.

 

Il continue : « En second lieu, il est possible, mais nullement certain, que ce réchauffement soit dû, comme le pensent les « réchauffistes », à l’augmentation des gaz à effet de serre. Là encore, personne ne peut exclure cette hypothèse, même si elle paraît hautement improbable aux yeux de climato-sceptiques. D’où vient alors leur scepticisme ? Pour l’essentiel de deux motif : d’abord, et là aussi le fait est incontestable, on sait que la planète fut au moins aussi chaude qu’aujourd’hui durant une longue période située au Moyen Age. Le nom du “Groenland”, la “terre verte”, en est un indice parmi beaucoup d’autres. Or à l’époque, ainsi plaident les climato-sceptiques, les gaz à effet de serre n’étaient certainement pas dus à l’activité humaine ! Le second argument est plus percutant encore : depuis 1998, selon les tableaux publiés par le GIEC lui-même, il n’y a plus aucun réchauffement climatique. Attention, il faut ici être précis : la période 1998-2010 est bien la plus chaude de l’histoire des 1000 dernières années, mais pour autant, il n’y a plus aucune augmentation de la température depuis douze ans, cette dernière ayant atteint un plateau. Pourtant les gaz à effet de serre ont continué d’augmenter comme jamais, ce qui tend à prouver qu’ils ne sont, pour le moins, pas la seule cause du réchauffement. »

 

La conclusion de Staune sonne le glas des légendes “réchauffistes” : « Jouzel, qui ne nie nullement la réalité de ce plateau, avoue que s’il devait durer encore dix ans, “c’est Courtillot et les climatosceptiques qui auraient raison”. Sic ! »

 

La conclusion de Ferry : « La bonne nouvelle, c’est que nous allons bientôt savoir qui a raison ou tort. Mais il est temps de reconnaître, à l’encontre de ce qu’affirmait Al Gore, dont le film a été condamné pour malhonnêteté intellectuelle en Angleterre, prétendait clore le débat, ce dernier méritait et mérite encore singulièrement d’avoir lieu. »

 

 

Débat qui devrait être alimenté par le livre de Joël Cambre « Le changement climatique est-il d’origine humaine ? »

 

C’est Yann Verdo qui fait un bref article sur ce livre dans Les Echos du 19 avril dernier.

 

Il présente d’abord l’auteur : « Joël Cambre n'est pas climatologue et ne cherche pas à se faire passer pour tel. Saint-Cyrien et passionné de science, il se présente comme un citoyen éclairé, intrigué par la thèse communément admise de l'origine anthropique du réchauffement climatique et qui a voulu mener sa propre enquête, indépendamment des chapelles et des lobbies. »

 

Puis, il présente son travail : « Cette investigation lui a pris trois ans. Elle est, c'est incontestable, rigoureuse et solidement documentée : l'auteur se réfère toujours à des études publiées dans des revues à comité de lecture et cite systématiquement ses sources. L'ouvrage qui en résulte regorge de graphiques, de chiffres, d'explications - parfois ardues -de questions scientifiques souvent méconnues mais centrales pour le débat, à l'instar du long chapitre consacré à l'indicateur de « sensibilité climatique » (qui mesure de combien de degrés la température moyenne s'élèverait si l'on doublait le taux de CO2 présent dans l'atmosphère). »

 

Puis sa thèse : « Difficile de dire à quel moment Joël Cambre s'est forgé son opinion. Elle est, en tout cas, nette et tranchée. Dans la grande bataille qui oppose depuis quelques années les « réchauffistes » du GIEC aux hétérodoxes « sceptiques », l'auteur du « Changement climatique est-il d'origine humaine ? » a choisi le camp du scepticisme. » 

 

Sa conclusion reste prudente, mais continue d’ouvrir la brèche déjà bien entamée dans le camp des réchauffistes : « Ses arguments (ou plutôt ceux qu'il emprunte aux climatologues hétérodoxes) sont dans l'ensemble assez convaincants. Il y a fort à parier que le lecteur ne refermera pas le livre sans avoir au moins révisé à la baisse son degré de confiance dans les rapports du GIEC, cette organisation onusienne dont la mission « n'est pas d'étudier le changement climatique en tant que tel, mais "les risques liés au changement climatique d'origine humaine" » - ce qui signifie qu'elle est juge et partie ! Et si, in fine, ce lecteur se dit que le peu qu'il croyait savoir est sujet à caution, et qu'il ne sait plus quoi penser du tout, Joël Cambre aura gagné son pari. »

 

C’est vraisemblablement ce qui est arrivé à Yann Verdo. Mais le doute est déjà le début d’une vraie démarche scientifique.

 

Si vous voulez en savoir plus sur les travaux de Joël Cambre , vous pouvez consulter le document publié ici.


Ma conclusion :

Ce n’est pas la première fois que la science se met au service d’une idéologie dominante.

Un exemple récent en a été la datation du Suaire de Turin au carbone 14 organisée par le British Museum en 1988. Maintenant tout le monde reconnaît qu’il y a eu au minimum des erreurs sinon des fraudes… 

 

Il est à souhaiter que les scientifiques qui interviennent sur le réchauffement climatique le fassent maintenant de manière réellement scientifique et non pas au service de l’idéologie dominante. Sinon, le risque c’est que dans quelques années, c’est toute la science qui sera déconsidérée aux yeux du public. Et alors il n’y aura de place que pour les idéologies les plus brutales…


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Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 19:55

De manière générale, j’apprécie les articles qu’Eric Albert rédige dans Les Echos.

Mais son dernier article intitulé « Comment assimiler le changement ? » dans Les Echos du 12 avril dernier m’a laissé pantois.

 

Il est vrai que je suis sensible à ce thème du changement… J’ai écrit plusieurs billets pour dénoncer cette dictature. Et ce n’est pas l’article d’Eric Albert qui va me dissuader de mener cette lutte.

 

En effet, Eric Albert, après avoir fait le constat qu’« un projet de transformation n'est pas encore terminé qu'un autre commence », et que « la gestion du changement est souvent faite de façon séquentielle », il assène que le changement n’est pas « une exception » et « qu'il est devenu la norme du fonctionnement de l'entreprise. »

 

Donc, pour lui « la question n'est plus comment faire “passer” le prochain changement, mais comment former ses équipes à vivre les cycles du changement de façon régulière. »

 

Et il nous explique qu’il y a plusieurs pistes pour y arriver. D’abord, « il faut ralentir et intégrer dans l'évaluation de la charge de travail, le temps consacré aux évolutions. » Ensuite, « le sujet n'est plus d'atteindre à tout prix un but puis un autre mais d'intégrer dans son fonctionnement habituel les différentes étapes des mutations en cours. »

Ce qui veut dire que « les équipes ont à mener de front la réalisation de leurs tâches pour des résultats à court terme et la conduite d'évolutions dans leur façon de faire pour des améliorations à moyen terme. »

 

Et par cela, « les managers » garantiraient « le développement durable de l'entreprise. » Et voici ce fameux développement durable mis à une nouvelle sauce !

Mais c’est aussi favorable aux salariés. C’est « la seule vraie garantie sur leur avenir : leur propre capacité d'adaptation. » On va vous chambouler en permanence, mais c’est pour votre bien !

 

En conclusion, il pousse les entreprises dans cette voie du changement perpétuel : « il ne faut donc surtout pas s'arrêter de changer, mais il faut, conduire le changement autrement pour ne pas épuiser les équipes. »

 

Comme très souvent dans les démonstrations, c’est dans les prémisses qu’il y a erreur. Dès lors les conclusions ne valent rien.

 

Si je synthétise la pensée d’Eric Albert sous la forme d’un syllogisme, voici ce que cela donne :

Majeure : Le changement est la norme du fonctionnement de l’entreprise

Mineure : Or ce changement est fait de manière séquentielle et en surcroît des tâches habituelles

Conclusion : Donc il faut conduire le changement autrement.

 

Si on peut tous être d’accords sur la mineure, il est tout autrement de la majeure.

 

Le changement serait la norme du fonctionnement de l’entreprise ?

 

Je pense avoir montré, en particulier dans ce billet, que dans la vie courante, le changement est plutôt rare et que c’est le non changement et la stabilité qui la caractérise.

 

Pourquoi en serait-il différemment pour l’entreprise ?

 

Pour critiquer cette dictature du changement perpétuel, j’avais fait appel à Sutton et Pfeffer dans leur livre “Faits et foutaises dans le management”. Et également à Yannick Fronda dans le chapitre 11 du “Petit bréviaire des idées reçues” intitulé ironiquement “Le changement c’est bien. Y résister c’est mal”.

 

 

Cette fois-ci, je vais faire appel à un philosophe actuel André Comte-Sponville. Dans une critique aussi acerbe que pertinente de la notion de “Développement Durable”, il a quelques mots cinglants pour cette mode du changement.

 

Je cite : « Il y a une espèce de mode, dans l’idéologie managériale du moment, que j’appellerais volontiers “l’idolâtrie du changement”. Dès qu’un chef d’entreprise peut changer quelque chose, il est content. Dès qu’il ne change pas tout, il se demande s’il n’y a pas déjà un problème. “Tout va bien, me disait l’un d’eux : il faut que je change quelque chose !” Qu’il faille changer, parfois ou souvent, j’entends bien ; mais de là à en faire un absolu… Peut-être allez-vous changer de femme ou de mari dans les prochaines années ; mais est-ce que vous en serez forcément fier ? Est-ce que vous changez d’amis comme vous changez de chemise? J’espère que non. Est-ce que vous changez d’idées comme vous changez de chemise? J’espère que non. Et s’il faut toujours tout changer, pourquoi vous battez-vous pour la pérennité de votre entreprise, la fidélisation de vos clients ou la stabilité de votre actionnariat ? Bref, il ne s’agit pas de changer pour changer ! Le changement est parfois une nécessité, une contrainte ; mais la fidélité est une vertu et une force. La persévérance aussi. La fidélité, la persévérance, c’est-à-dire, en gros, ce qui résiste au changement. Cela veut dire qu’il faut changer, certes, mais pour durer. Le changement, ce n’est pas un but, c’est un moyen. Le but, c’est de durer. […] Il faut changer, il faut s’adapter, pour ne pas mourir, pour “persévérer dans l’être”, comme dit Spinoza. Non pas changer pour changer, donc, mais changer pour durer. »

 

 

Dans l’entreprise, ce qui est plutôt stable, ce sont les usines, les bureaux, les matériels, l’environnement géographique (une nouvelle route ne se crée pas tous les matins devant l’usine), le climat, la législation… Ce qu’on voudrait qui soit stable ou du moins qu’on cherche à stabiliser, ce sont les clients, les fournisseurs, les actionnaires, le personnel, l’équipe de direction… Ce qui change plus ou moins vite et de manière plus ou moins importante en fonction  des secteurs, ce sont les goûts des consommateurs (même si souvent ce sont les entreprises elles-mêmes qui par le dieu “marketing” font évoluer ces goûts et envies…), les concurrents, l’environnement économique (le yoyo des cours des changes, des cours de bourse), les prix des énergies et des matières premières...

 

Ce qui caractérise la vie de l’entreprise, en-dehors du secteur très étroit et en partie artificiel des nouvelles technologies où on court en permanence d’une innovation à une autre, c’est plutôt l’incroyable stabilité. Il y a bien sûr des évolutions, mais ce n’est pas tous les jours qu’on change de logiciel, ni qu’on déménage ou qu’on lance un nouveau produit. De temps en temps il y a aussi des coups de Trafalgar, mais qui sont aussi soudains qu’imprévus.

 

Mais me direz-vous, ce n’est pas ce qu’on constate dans les entreprises : tout semble bouger en permanence. Un des problèmes dans cette impression du changement permanent, c’est que ce qui ne bouge pas ne se voit pas, justement parce qu’il ne bouge pas… Et que ce qui bouge se voit mais c’est par rapport à tout ce qui reste stable. Pour constater une évolution, il faut la voir dans un environnement où de très nombreux éléments restent stables. Vous ne vous faites pas la réflexion que ce tableau est toujours à sa place sur le mur à chaque fois que vous entrez dans votre salon. Par contre, si un jour il n’y est plus, vous aurez vraiment l’impression que quelque chose a changé… Le changement se constate par rapport à la stabilité du reste : les meubles, la décoration, etc… Et vous courrez au commissariat le plus proche pour porter plainte pour vol…

 

Oui, il y a des choses qui changent dans les entreprises, mais il y en a beaucoup plus qui restent stables.

 

L’important, c’est de stabiliser tout ce qui peut l’être pour que justement l’ensemble du personnel soit capable de mener à bien les véritables changements nécessaires à la survie de l’entreprise. C’est parce que la décoration de votre salon reste stable (même si vous la changez tous les deux ou trois ans…) que vous constatez rapidement la disparition de votre tableau et c’est parce que vous n’êtes pas occupé par le déménagement de votre chambre du 1er étage au sous-sol que vous pouvez réagir immédiatement...

 


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Vendredi 8 avril 2011 5 08 /04 /Avr /2011 21:32

Dans un premier billet, j’avais commenté un article de Muriel Jasor dans les Echos du 22 février dernier : « Les consultants confrontés à la montée des critiques ».

 

J’expliquais que Muriel Jasor y noyait le poisson et ne reprenait que quelques faibles reproches faits aux consultants sans remonter aux véritables problèmes de fond et surtout sans reprendre l’argumentation centrale d’Andrew Hill, auteur d’un article retentissant dans le Financial Times du 14février 2011, article qu’elle citait.

 

Et je terminais en disant que Muriel Jasor avait presque réussi à désamorcer cette belle bombe venue d'outre-Manche.

 

Dans un second billet, j’ai repris l’article d’Andrew Hill et sa métaphore comparant les consultants à des virus. Et pour illustrer, j’ai donné l’exemple actuel de la contamination de l’université française par les consultants à l’occasion de la mise en place de l’autonomie des universités et des appels d’offre pour le grand emprunt.

 

 

Il nous reste à voir d’autres points de la métaphore d’Andrew Hill, en particulier la résistance de ces virus…

 

Andrew Hill écrit dans son article :

 

« Les virus sont résistants. Les cabinets-conseil survivent aux scandales et même à l’échec de leurs clients. Mais ils ont besoin de leurs sociétés hôtes pour survivre et garantir leurs revenus sur le long terme. Ebola Consulting Group serait une opération de courte durée. Influenza & Company pourrait se prolonger indéfiniment. »

 

C’est vrai que la résistance des virus-consultants est impressionnante.

 

D’abord, en cas d’échec ou de semi-réussite de la mission, ils n’ont jamais tort…

 

Comme l’explique Stéphane Lefrancq dans le chapitre « Il nous faut un consultant » (du “Petit bréviaire des idées reçues en management” – La Découverte) : « Le succès est par essence partagé et repose autant sur les épaules des salariés de l’entreprise conseillée que sur celles du cabinet effectuant la prestation. Symétriquement, le client peut dans cette perspective, être tenu comme responsable de l’échec d’une mission, car s’il “n’obtient pas ce qu’il attend d’une relation de conseil, il est bien plus vraisemblable que cela soit symptomatique d’une incapacité du client à être conseillé que le reflet des [in]compétences du consultant.” »

 

Et le piège ou la manipulation, comme vous voulez, se referme sur le malheureux donneur d’ordre : « Admettre un échec va de ce fait être difficile car la responsabilité va en incomber au donneur d’ordre et l’amener ainsi à se déjuger alors même que des sommes importantes auront été engagées. » D’où le peu d’évaluation des prestations de conseil…

 

Mais ce plan diabolique (après tout, le premier consultant a été le Serpent conseillant Eve au jardin d’Eden…) est encore plus vicieux : « La prestation est de toute façon vouée à donner satisfaction. En effet, non content d’échapper à l’évaluation pour préserver les intérêts du donneur d’ordre, le consultant peut en outre plaider que l’efficacité des prescriptions formulées repose sur les attentes du client lui-même et non sur leur mise en œuvre par le cabinet : “Une solution de conseil ne sera donc considérée comme efficace que dans la mesure où les dirigeants des entreprises clientes croient dans son efficacité.” »

 

Vous n’êtes toujours pas convaincu ? C’est alors l’argument d’autorité : « La démarche aboutit nécessairement à une amélioration  de la situation, puisque tel fut le cas chez de nombreux autres clients. »

 

De toutes manières, vous n’aurez jamais le dernier mot : « La dynamique du changement dans laquelle se place délibérément la démarche de conseil rend de toute façon le jugement déplacé, puisqu’il se réfère à une situation passée dont la seule obsolescence justifie le statut d’infériorité. Comment aller contre le sens de l’histoire ? »

 

 

Un conseil à mes lecteurs qui seraient tentés de faire quelques remarques pertinentes et néanmoins désobligeantes sur la qualité des prestations de quelque consultant sévissant dans leurs entreprises : à moins de vouloir changer d’entreprise ou d’avoir une vocation de bouc émissaire, il ne faut jamais porter la moindre critique envers un consultant sauf si vous êtes le donneur d’ordre ou le grand patron… Le consultant le saura forcément et comme lui, il a l’oreille du donneur d’ordre (qui ne l’oublions pas ne saurait se déjuger), il lui sera facile d’expliquer que vous êtes réticent au changement et qu’il faut vous éliminer ou au minimum vous neutraliser… J’ai déjà vu… Parois, il faut savoir tenir sa langue ou sa plume, même si on vous demande votre avis… Il faut le savoir, un consultant ne peut accepter la critique ou la contradiction : c’est lui qui sait…

 

 

Vous pourriez penser qu’une fois terminée (plus ou moins bien) la mission confiée, le consultant vous dira “au revoir” et ira voguer vers d’autres cieux. Hélas non, bien au contraire. Comme tout virus, une fois installé, il cherchera à renforcer ses positions. C’est ce qui est demandé à chaque consultant des cabinets conseil : une mission terminée doit déboucher sur une autre mission chez ce même client. Tous les arguments sont bons. Car très souvent, les consultants sont meilleurs dans ce genre de sport (vous persuader de la nécessité d’une nouvelle prestation) que dans le conseil lui-même…

 

Et comme pour les virus les plus virulents, il n’est pas facile de se séparer d’un consultant : vous le sortez par la porte, il entre par la fenêtre. Vous le virez par la fenêtre, il revient par la cheminée… déguisé en Père Noël…

 

Une autre marque de sa résistance, c’est qu’il sait trouver l’équilibre entre le fait de vivre aux crochets de son hôte, tout en le maintenant en vie. Il doit donc donner les conseils suffisants pour que son hôte survive – ou au minimum ne pas lui donner de conseils qui pourraient le mener à la faillite – mais pas trop pour que le consultant continue à justifier la nécessité de nouveaux conseils…

 

 

Nous verrons dans un prochain billet qu’Andrew Hill explique cependant aux consultants qu’ils ont quelques raisons de s’inquiéter.


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Vendredi 1 avril 2011 5 01 /04 /Avr /2011 00:01

Poisson avril « Jour saint pour tous les blagueurs, le 1er avril est traditionnellement synonyme de farce. Les professeurs sont souvent les victimes d'élèves ingénieux, les médias diffusent allègrement des canulars et tout le monde y va de son piège. » C’est ainsi que L’Internaute présente le 1er avril dans un très intéressant article expliquant les origines de ce « facétieux poisson d’avril ».

 

Et voici : « Si l'origine du poisson d'avril est controversée, l'hypothèse la plus courante le fait naître au 16ème siècle. En 1564, le roi Charles IX a décidé que l'année ne commencerait plus le 1er avril mais le 1er janvier. Un changement a également décalé les échanges de cadeaux et d'étrennes qui marquaient le passage à la nouvelle année. Pour semer le doute au sujet de la date réelle du nouvel an, certains ont persisté à offrir des présents en avril. Avec le temps, les petits cadeaux d'avril se sont transformés en cadeaux pour rire, en blagues, puis en stratagèmes pour piéger les autres. »

 

Mais n’hésitez pas à aller consulter tout l’article, il y a d’autre informations passionnantes…

   

 

L’Internaute n’en reste pas à cette simple explication, mais il publie un dossier avec « Les plus gros canulars du 1er avril ».

 

De Domenech annonçant le 1er avril 2008 que la France renonçait à disputer l’Euro 2008 (ça n’aurait pas changé grand-chose…), en passant par l’annonce le 1er avril 1999 sur la BBC que l’hymne britannique serait remplacé par un hymne européen chanté en allemand, ou le déplacement de la Tour Eiffel déplacée chez Mickey annoncé le 1er avril 1986, jusqu’au remplacement des aiguilles de Big Ben par un affichage électronique le 1er avril 1980, ce sont 15 canulars parmi les plus célèbres et les plus gros que nous fait revivre L’Internaute.

A lire sans modération…

 

Et attention aux canulars de ce 1er avril 2011…


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Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 18:04

Dans un billet précédent, j’ai commenté un article de Muriel Jasor dans les Echos du 22 février dernier : « Les consultants confrontés à la montée des critiques ».

 

 

J’ai expliqué que Muriel Jasor y noyait le poisson et ne reprenait que quelques faibles reproches faits aux consultants sans remonter aux véritables problèmes de fond et surtout sans reprendre l’argumentation centrale d’Andrew Hill, auteur d’un article retentissant dans le Financial Times du 14février 2011, article qu’elle citait.

 

Je terminais en disant que Muriel Jasor avait presque réussi à désamorcer cette belle bombe venue des US.

 

 

Voyons donc ce qu’Andrew Hill écrit dans son article (les traductions sont de votre serviteur – il peut y avoir quelques imperfections…).

 

Il commence effectivement très fort : « Les consultants agissent comme un virus : vous en laissez entrer un et ils infectent toute une organisation. Ainsi s’exprime un capitaine d’industrie respecté. Cela semble extrême. Cependant, plus vous observez les cabinets-conseil, plus ils apparaissent virulents. »

 

Et il approfondit sa métaphore :

 

« Les virus ne peuvent exister seuls. Ils ont besoin d’un corps vivant. Un cabinet-conseil sans clients est une contradiction dans les termes. » […]

 

« Les virus peuvent muter en souches différentes. Les cabinets-conseil en management ont commencé comme mutations d’autres sociétés. […] Maintenant, il y a des souches dans les souches : stratégie, marketing, opérations, service client, technologie de l’information – tout ce que vous voulez. Ou plus souvent, tout ce qu’ils veulent et ensuite, ils vous le vendent. »

 

« Les virus se multiplient […]India’s Tata Consultancy Services aura embauché plus de 65 000 personnes en un an. »

 

« Tout ce qui vit est susceptible d’être contaminé. Le secteur privé et le secteur public, celui du profit et celui du non-profit, ont attrapé le virus du consultant. La pandémie des cabinets-conseil à l’ouest est maintenant en train d’étendre son emprise en Chine, en Inde et dans les autres économies à croissance rapide. »

 

« Les virus sont résistants. Les cabinets-conseil survivent aux scandales et même à l’échec de leurs clients. Mais ils ont besoin de leurs sociétés hôtes pour survivre et garantir leurs revenus sur le long terme. Ebola Consulting Group serait une opération de courte durée. Influenza & Company pourrait se prolonger indéfiniment. »

 

Cette métaphore est très intéressante et féconde.

 

Inutile de revenir sur les mutations de ces virus : tout ce qui peut se vendre comme concept le sera un jour ou l’autre. Vous avez lu dans mon billet précédent celui du “changement 2.0”. J’avais pronostiqué celui de “qualité 2.0”, mais à ma connaissance, ce n’est pas encore arrivé. C’est que l’imagination des consultants est sans limite pour faire du business. J’en avais dénoncé certaines initiatives qui me semblaient ridicules, voire néfastes : le management poker et le management culinaire entre autres… Et le pire, c’est qu’il y a des organismes qui se laissent encore infecter.

 

Et effectivement tout ce qui vit est susceptible d’être contaminé.

 

Un exemple très récent d’une infestation d’un corps qui était resté sain est donné par Le Monde du 18 mars 2011. Il s’agit de l’université. Le titre de l’article : « Les consultants s’installent sur les campus ».

 

A partir d’une initiative qui pouvait sembler intéressante – l’autonomie des universités et le grand emprunt – les pouvoirs publics ont fait entrer ce virus dans ce corps qui pouvait sembler insensible ou immunisé…

 

Je cite : « Ils y sont presque tous, Deloitte, Ernst & Young, Eurogroup, Bearing Point, Kurt Salmon, mais aussi McKinsey, Algoé ou Alcimed… En quelques années, les cabinets de conseil ont multiplié les interventions pour les universités. »

 

Etonnant… Mais que peuvent bien faire des consultants dans les universités ? « C’est la mise en place de la loi d’autonomie en 2007 qui a tout changé. “Les universités ont commencé à se poser des questions d’ordre existentiel dans un nouveau contexte concurrentiel, reprend M. Jouenne. Elles nous ont demandé de les aider à formaliser leur stratégie pour les années à venir.” »

 

« Ainsi l’université de Picardie a-t-elle eu recours l’an dernier à des consultants pour coordonner la réflexion sur sa stratégie 2020. De même, la vague actuelle de fusions d’établissement est accompagnée par des consultants. » Mêmes axes d’attaques que pour les entreprises…

 

« Avec leurs nouvelles compétences en matière de comptabilité et de ressources humaines, les universités revoient leur organisation et leurs procédures. Elles doivent faire certifier chaque année leurs comptes. Des marchés de plusieurs centaines de milliers d’euros pour les sociétés conseils. »

 

Et voici le processus de contamination décrit par un virus lui-même : « “Nous sommes effectivement entrés sur ce marché avec la certification des comptes, explique Patrice Lefeu, associé chez Ernst & Young. Depuis, nous avons étoffé nos services.” “Nous sommes intervenus sur ce nouveau marché pour aider les universités lors du plan campus, en 2008. Depuis, nous les avons aidés à se doter de schémas immobiliers et numériques.”, ajoute Marie-Joëlle Thénoz, associée chez Kurt Salmon. Le tout souvent financé par la caisse des dépôts et consignations, qui croit à l’apport des consultants au sein des universités. » C’est bien le rôle de cette Caisse ?

 

Mais rassurons-nous, les cabinets conseils n’ont pas les chevilles qui gonflent : « “Nous restons extrêmement modestes, car les universitaires n’attendent pas que nous réfléchissions à leur place, mais que nous les aidions à s’organiser”, résume Mme Thévenoz. »

 

Et tout cela avec la bénédiction (complicité ?) des pouvoirs publics : « De fait, résume-t-on au ministère de l’enseignement supérieur, “les cabinets sont devenus des acteurs du changement. C’est pour cela que, malgré certaines réticences les universitaires les acceptent.” » Autant dire qu’après la lutte des anticorps, le virus a été le plus fort…

 

Donc, une fois ce corps infecté, le virus n’a eu qu’à attendre la première occasion pour se développer… Et cela n’a pas tardé avec le grand emprunt…

 

« Alors que  le jury international des initiatives d’excellence (IDEX) – appel d’offres des investissements d’avenir doté de 7,7 milliards d’euros- auditionne, jusqu’à vendredi 18 mars, les dix-sept projets, rares ont été ceux qui ont été rédigés par des universitaires seuls. “Dans le cadre des appels d’offre, le temps était tellement contraint que nous avons dû nous faire aider, explique Jean-Claude Colliard, le président de Paris-I et d’Hésam (Hautes écoles-Sorbonne-Arts et Métiers). Nous avons fourni les projets scientifiques, les consultants les ont mis en forme. »

 

Il faut le lire pour le croire… Des universitaires faisant appel à des gratte-papiers pour « mettre en forme » leurs projets !

 

Et cela n’est pas gratuit… « De la définition de la stratégie à la rédaction de projets, les prestations facturées par les diverses sociétés oscillent de quelques dizaines de milliers d’euros à 300 000 euros. »

 

Il y a quand même des voix qui s’élèvent : « “C’est un scandale, juge Stéphane Tassel, le secrétaire général du Snesup-FSU. Alors que les universités tirent financièrement la langue, des millions d’euros ont été utilisés pour monter ces dossiers. Le pire, c’est que tout se fait dans l’opacité la plus totale.” »

 

Mais les présidents des universités rassurent : « “C’est relativement cher par rapport à nos budgets, convient Laurent Batsch, président de Paris-Dauphine. Mais tout le monde a bien compris que sans cette aide, il était impossible de répondre aux appels d’offres, car ils apportent des compétences que nous n’avons pas.” »

C’était une telle usine à gaz, qu’il faille faire appel à des “gaziers” ?

 

« A Strasbourg, “au vu des appels d’offres déjà remportés, nous devrions rentrer dans nos frais”, assure M. Perrin, qui a dépensé près de 125 000 euros. »

 

Ce qui veut dire clairement qu’une partie du grand emprunt aura servi à nourrir les cabinets-conseils… Il sera intéressant de voir ce qu’en dira la Cour des Comptes…

 

 

Il nous restera à voir dans un prochain billet, la résistance de ces virus et les limites (il y en a toujours…) de cette belle métaphore.


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Samedi 26 mars 2011 6 26 /03 /Mars /2011 21:49

FirefoxMon navigateur préféré vient de s’offrir une nouvelle version : Firefox 4.

 

Il y a quelques semaines, Le Journal du Net présentait la dernière RC1 de cette version et en donnait les principales avancées.

 

 

 

Tout d’abord, Firefox 4 propose un nouveau bouton orange regroupant tous les menus.

 

 

Bouton FireFox4

 

Vous avez ce bouton par défaut avec Windows Vista ou Seven, mais vous pouvez quand même l’avoir avec Windows XP. Le JDN explique : « Pour profiter de la nouvelle [interface], plus épurée, il faut se rendre dans le menu affichage, barre d'outil, et décocher : Barre de menus. Le joli bouton orange rassemblant toutes les options apparaitra alors. A l'inverse, si vous y êtes allergiques et que vous voulez retrouver les anciens menus, allez dans ce bouton orange Firefox, menu options, et cochez barre de menus. »

 

Ensuite, Firefox 4 est beaucoup plus rapide que sa version antérieure. « Firefox intègre JägerMonkey, un outil Javascript (compilateur) censé le rendre bien plus rapide. C'est le cas, avouons-le. Le chouette outil Peacemaker de Futuremark teste les navigateurs sur pas mal de points : rendus graphiques complexes, calculs, formulaires, chats et Internet social, mise à l'échelle de texte... Il indique que sur un PC sans carte graphique, Firefox 4 est globalement 25% plus puissant que le 3.6. Une performance qui s'accroit avec carte graphique (Direct X et Open GL), puisque Firefox 4 est accéléré matériellement. » Même si le JDN précise que « le très véloce Chrome 10 dépasse largement FF4, en traitement des données notamment. »

 

J’ai installé cette version et c’est effectivement impressionnant…

 

Et Firefox 4 est moins gourmand en mémoire vive de l’ordinateur. Alors que Firefox 3 « était capable (souvent avec l'aide de Flash) de saturer complètement les PC les moins résistants, immobilisant la machine », « Firefox 4 va mieux. Malgré tout ce qu'on lui a fait subir, il n'a pas planté, ni monopolisé plus de 50 % du processeur. »

 

Autres points à noter : le nouveau gestionnaire d’extensions, les groupes d’onglets permettant d’en gérer plusieurs par ensembles, la barre intelligente, les onglets au-dessus de la barre d’adresse,…

 

 

La conclusion du JDN : « du mieux mais pas du neuf. »

« Firefox 4 constitue réellement un mieux : plus rapide, plus stable, compatible avec les nouvelles technologies, le gestionnaire de modules plus pratique...

 

« Mais en même temps, il ressemble aussi de plus en plus à la concurrence. Et à Opera et Chrome en particulier. Firefox 4 est toujours aussi pratique, mais c'est aussi devenu le navigateur le moins particulier. Comme s'il avait perdu un peu son identité. Il innove peu, mais donne plutôt l'impression de suivre la concurrence. »

 

« Pour finir sur une note complètement subjective, à la rédaction, si on ne misait pas grand d'espoir sur cette version finale après avoir testé les bêtas de Firefox 4, on est maintenant sûrs que ce n'est pas lui qui nous fera abandonner Opera 11. »

 

Un peu sévère… Mais certainement très vrai…

 

Pour moi, en fonction de ce que je fais sur le Net, Firefox me convient bien et j’apprécie surtout la rapidité de cette nouvelle version.

 

Cependant, il faudra bien qu’un jour je teste Opera…


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Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 21:49

Un  article de Muriel Jasor dans les Echos du 22 février dernier a failli bousculer le monde des consultants : « Les consultants confrontés à la montée des critiques ». Mais qu’ils se rassurent, Muriel Jasor a bien travaillé en tentant de désamorcer une belle bombe venue d’outre-Atlantique…

 

Ceux qui me lisent régulièrement savent que je ne porte pas les consultants dans mon cœur… Et avec quelques raisons… légèrement confirmées par Muriel Jasor, mais surtout par Andrew Hill, auteur d’une petite bombe anti-consultants dans le Financial Times du 14 février : « A doctor’s note for virulent consultants » (Une ordonnance pour consultants virulents…)

 

Il commençait son article en citant un capitaine d’industrie : « Les consultants agissent comme un virus : vous en laissez entrer un et ils infectent toute une organisation. »

 

Cette citation est reprise par Muriel Jasor en début d’article, et elle commente : « A n'en pas douter, nombre de consultants ont dû juger ces propos caricaturaux, voire blessants. La phrase témoigne néanmoins d'une réalité, celle d'une incompréhension grandissante entre entreprises et cabinets de conseil. Le dernier baromètre du syndicat patronal Syntec Conseil en management indique que seulement 37 % des consultants considèrent que leurs relations avec les entreprises ont évolué positivement, contre 61 % auparavant. »

 

Et elle émet des hypothèses : « Les cabinets paient-ils les excès de la période faste, où certains affichaient morgue, arrogance et honoraires hypertrophiés ? Ou bien leur reproche-t-on un manque d'innovation dans un monde devenu très complexe ? »

 

Sa réponse laisse perplexe et on a la nette impression qu’elle botte en touche : « Soucieuses de proposer des solutions plus en phase avec la demande des clients, quelques sociétés de conseil repensent leur façon de travailler avec une clientèle de plus en plus avertie - de fait, les entreprises recrutent beaucoup d'anciens consultants. Leur objectif est de proposer une alternative au modèle anglo-américain, et de faire la démonstration de la réalité de leur valeur ajoutée via la réhabilitation de la créativité, de l'ouverture d'esprit et surtout du facteur humain. » En fait, elle répond à côté des questions posées, tactique classique quand on veut éviter les questions qui fâchent et qu’on veut “noyer le poisson”…

 

Il est quand même surprenant de lire que « quelques sociétés de conseil » (uniquement quelques !) sont « soucieuses de proposer des solutions plus en phase avec la demande des clients. »

Depuis quelques années, les consultants veulent vous expliquer comment être en phase avec les désirs de vos clients, mais seulement quelques-uns commencent à s’appliquer à eux-mêmes ce principe…

 

Le problème est de savoir pourquoi les consultants n’appliquent pas ce principe. Et là, Muriel Jasor n’apporte aucune réponse.

 

Cependant, un encadré en fin d’article donne quelques indications sur « ce qui est reproché aux consultants » :

« -des solutions standardisées sur la base d'études comparatives ;
-un manque d'écoute des besoins spécifiques et terrain des clients ;
-pas assez d'assistance à la mise en oeuvre des solutions préconisées ;
-une transmission insuffisante de leur savoir-faire ;
-des profils trop formatés ;
-des honoraires qui ne sont pas à la hauteur de la qualité des prestations fournies.
 »

 

Tout ceci est exact, mais loin d’être exhaustif et ce ne sont pas les reproches les plus fondamentaux… On est loin des reproches faits par Andrew Hill.

 

Dans la suite de son article Muriel Jasor présentera « une alternative européenne » qui se veut apporter des solutions aux dérives du modèle anglo-saxon.  

 

Mais elle n’échappe pas à de nouvelles “tartes à la crème” :

Par exemple « l’élargissement du regard » : « Chez Weave, une société de conseil en stratégie opérationnelle, on n'hésite pas à faire intervenir, en marge des missions, la romancière Alice Ferney ou le général Gil Fiévet, spécialiste des stratégies militaires, pour cultiver l'esprit d'ouverture. Eurogroup Consulting héberge des résidences d'artistes et passe volontiers par le truchement du théâtre pour mobiliser les équipes salariées de ses clients. »

C’est quand même incroyable qu’il faille que ce soit dans le cadre de l’entreprise que de nombreux cadres « élargissent leur regard »… C’est parce qu’ils sont surbookés qu’ils n’ont pas le temps de lire, d’aller au théâtre ou aux concerts, ou de faire des activités sociales ? « Ne vous en faites pas » leur dit l’entreprise ou plutôt les consultants infiltrés dans ces entreprises, « je m’en occupe »…

 

Je continue de citer Muriel Jasor qui poursuit sur une nouvelle tarte à la crème : le retour de l’humain dans les entreprises. « Mozart Consulting, lui, s'appuie sur trois indices maison (le bien-être au travail, la dissipation de l'efficacité collective et la conduite collaborative du changement) pour “appréhender l'humain dans l'économique” et non l'inverse. »

 

Louable ce retour de l’humain. Géniale cette conduite du changement 2.0 ! Mais au fait, une question, pourquoi l’humain a-t-il quitté l’entreprise ? Et si c’était parce que certains consultants avaient  préconisé des méthodes qui l’ont chassé (ré engineering, downsizing, valeur pour l’actionnaire, et j’en passe...) ? Nous verrons plus loin que c’est une des tares profondes du monde des consultants : pour se donner du travail, ils vont d’un extrême à un autre. Vous êtes centralisé ? Ils préconiseront de décentraliser. Vous êtes décentralisé ? Il vous faut centraliser…

Du travail pour encore quelques siècles…

 

Terminons  avec Muriel Jasor qui veut complètement nous rassurer, car « tous ces pros du conseil ont compris qu'optimiser un processus d'achat, externaliser une fonction de l'entreprise ou encore investir dans un centre de profit partagé aident à la réalisation d'économies, mais pas nécessairement à la performance ou à l'augmentation de part de marché d'un groupe. » Il serait temps…

 

C’est finalement un écran de fumée qui cache les véritables tares du monde des consultants.

Le résultat ? C’est que l’article de Muriel Jasor a été repris dans de nombreux blogs (tenus souvent par… des consultants…), mais sans qu’aucun n’aille à la source consulter l’éditorial du Financial Times. Les consultants peuvent remercier Muriel Jasor : elle a presque réussi à désamorcer une belle bombe…

 

Nous verrons dans un prochain article ce que dit Andrew Hill.


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Mardi 22 mars 2011 2 22 /03 /Mars /2011 23:24

Après avoir proposé deux vidéos la semaine dernière pour préparer son public, Florent Fouque lance aujourd’hui son dernier ouvrage : “L’AntiBible du Contrôle de Gestion”.

 

antibible 3d

Je ne peux que vous conseiller d’aller voir ces deux vidéos si vous ne l’avez déjà fait.


La première traitait du problème des coûts de revient et proposait un exercice très intéressant. Les connaisseurs de la TOC s’en sont donnés à cœur joie. Les commentaires sont là pour en témoigner. Vous pouvez ajouter les vôtres.

 

La seconde vidéo traitait des prévisions et des risques liés à une croyance trop rigide dans ces prévisions. En effet, les prévisions sont rarement réalisées… Et si faire des prévisions peut être utile pour orienter l’action, vouloir les suivre les yeux fermés peut conduire à de grandes déconvenues… Le cygne noir est toujours à l’affût…

 

Enfin une troisième vidéo revient sur les différents commentaires qui ont été faits. Et Florent explique son parcours et comment il en est venu à reprendre ces 10 principes fondateurs du contrôle de gestion à la lumière de la systémique. Pour enfin proposer d’autres principes.

 

Vous découvrirez également sous cette troisième vidéo un diaporama présentant les dix commandements faisant l’objet des chapitres du livre.

 

 

Florent m’ayant envoyé son livre il y a quelques semaines, j’ai eu le temps de le lire et de l’apprécier.

 

Je ne suis pas contrôleur de gestion et même si je m’intéresse à cet art, certains chapitres m’ont intéressé plus que d’autres. Il en sera vraisemblablement de même pour de nombreux lecteurs. C’est un des grands intérêts de cet ouvrage : chacun, contrôleur de gestion, fonctionnel ou opérationnel sera concerné directement par l’un ou l’autre des chapitres du livre, et plus sûrement par plusieurs...

 

Voici ceux qui m’ont le plus intéressés.

 

Le premier commandement portant sur les indicateurs (« Sur le résultat des indicateurs, tu te focaliseras ») ainsi que le huitième qui le complète (« Dans l’abondance d’indicateurs, ta capacité d’analyse étincellera ! »).

En effet, « avant de construire ton premier tableau de bord, de la compréhension du mécanisme de fonctionnement de l’indicateur tu t’assureras ! Et ensuite seulement sur le résultat de l’indicateur, tu te focaliseras. » Voilà pour le premier commandement remis à l’endroit. Quant au huitième, voici : « Par la qualité de l’information et la clarté du message, l’efficacité de tes tableaux de bord passera ! »

 

Bien sûr le quatrième portant sur les coûts de revient (« Sur la base des coûts de revient, ton arbitrage se fera ! »). En tant que fan de la TOC, je ne peux qu’approuver. Et j’ai beaucoup appris, car la TOC ne se contente pas de préconiser des méthodes de gestion de production (gestion de goulots) ou encore une approche des problèmes avec les “thinking process”, elle se fraie un chemin dans la manière d’évaluer correctement les résultats et donc de prendre les bonnes décisions.

Florent préconise : « Sur la base du débit d’argent, ton arbitrage se fera ! » Ceux qui sont familiarisés avec la TOC auront reconnu le “throughput”.

 

Le deuxième commandement (« Dans les prévisions, tu excelleras ! »), objet de la deuxième vidéo, remet également en cause certaines certitudes ancrées dans les esprits. Et à la place d’un « management au rétroviseur », Florent préfère : « Entre le passé et l’avenir, un pont tu construiras ! »

 

Le troisième commandement (« Au respect du budget, jamais tu ne dérogeras ! ») donne un peu d’air. Quand on constate ce que coûte la construction des budgets dans les entreprises, alors qu’ils ne sont bien souvent, à l’image des prévisions, qu’une reconduction éventuellement réactualisée des résultats de l’année précédente, et qu’à peine commencé le nouvel exercice le budget est déjà dépassé, on peut réellement se poser la question de son utilité. Florent y voit également un frein à l’innovation, mais il ne va pas jusqu’à sa suppression : « Chaque année, pour construire ton budget, de zéro tu partiras ! Et quand l’heure de l’analyse des écarts sera là, aux aléas tu t’adapteras ! »

 

 

 

Conclusion

 

"L’AntiBible du Contrôle de Gestion" est un livre allant dans le sens de la remise en question d’un certain nombre de certitudes qui peuvent s’avérer néfastes pour nos entreprises. Il s’inscrit dans la ligne de tous les ouvrages qui depuis une dizaine d’année n’hésitent pas à s’élever contre les “certitudes” qui plombent nos résultats.


Qu’on soit d’accord ou non avec « les 10 nouveaux commandements du contrôleur de gestion », ces derniers ne peuvent laisser indifférents.


Donc un livre qui apporte des réponses, mais qui doit surtout inciter à se poser des questions pour une performance accrue de nos entreprises.

 

N’hésitez pas à le commander. Pour le moment, il est en version numérique. Et pour ces deux jours, Florent fait une remise exceptionnelle de 8€ sur son livre…


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