Google joue à Frankenstein...

Publié le par Bernard Sady

Le Journal du Net de la semaine dernière affirmait que « Google a mis au point un algorithme d'un genre tout particulier. Elaboré sur la base de données RH (comptes-rendus d'entretiens individuels, promotions, évolutions salariales...), cet algorithme est en effet en mesure de fournir des indicateurs statistiques d'une pertinence rare. Avec pour objectif d'identifier parmi les 20 000 employés de Google ceux qui seraient les plus prédisposés à quitter le navire. »


« Algorithme d'un genre tout particulier »... C'est le moins qu'on puisse dire...



Dominique Filipponne, auteur de l'article du JDN, précise : « Bien sûr, le géant de la recherche est resté discret sur les formules mathématiques employées pour concocter cet algorithme RH. »



Et pourquoi cet algorithme ?


« Avec la pression de plus en plus forte exercée par d'autres moteurs, en particulier de Live Search, ses ingénieurs, designers ou encore responsables de vente peuvent être plus que jamais tentées de céder aux sirènes de la concurrence. Et de ses alléchantes propositions financières.


« Cela a d'ailleurs déjà été le cas pour plusieurs matières grises appartenant notamment à Tim Armstrong, un des vice-président de Google, ou encore à son designer en chef Doug Bowman, au directeur de l'ingénierie Steve Horowitz ou encore à son responsable qualité dédié à la recherche, Santosh Javaram. Autant de personnes - et de talents - ayant fui Google pour être accueillis à bras ouverts par des sociétés telles que AOL, Facebook ou encore Twitter. »


Et c'est sans aucun complexe, ni aucune gène que « le responsable des ressources humaines du groupe Lasxlo Bock interrogé à ce sujet par le Wall Street Journal » explique que "ce nouvel algorithme permet de nous glisser dans la tête des individus avant même que l'idée de partir ne les effleure".


Dominique Filippone montre quand même un certain trouble : « Mais si on peut comprendre les besoins d'une entreprise à déterminer le niveau d'adhésion de ses salariés à sa politique et à ses valeurs, cette méthode d'évaluation prospective des comportements individuels n'en reste pas moins sujette à caution. » C'est le moins qu'on puisse dire...


Sa conclusion : « Car la mise au point d'un tel modèle statistique permettant d'anticiper des comportements humains, certes catégorisables, peut voler en éclat par la nécessaire prise en compte d'un paramètre qui ne doit pas être sous-estimé : le libre-arbitre. » Heureusement... nous ne sommes pas encore des robots...


Il est dommage que Google ne précise pas ce que deviendraient les individus souhaitant "inconsciemment" quitter cette compagnie qui commence vraiment à sentir mauvais...


Vouloir mettre en formule Maslow, Herzberg et les autres... avec leurs théories sur les motivations humaines tient plus d'une gageure que d'un véritable travail scientifique... Car jusque maintenant, même s'il y a des tendances générales, personne n'a pu prédire de manière précise et infaillible le comportement de tel ou tel individu réel dans telle situation réelle. Hé oui, il y a encore le libre-arbitre...



On comprend très bien que Google « reste discret sur ses formules mathématiques »... S'il les dévoilait, ce serait vraisemblablement un grand éclat de rire dans toute la blogosphère...  


N'est pas Frankenstein qui veut...

Publié dans Faits et foutaises

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