A la découverte du Lean Six Sigma (2)

Publié le par Bernard Sady

img pdt colonne droiteDès la sortie en version numérique du livre écrit par Florent Fouque “A la découverte du lean six sigma”, j’en avais fait une recension sur mon blog et je recommandais chaudement ce livre. En effet, Florent explique de manière très simple et très didactique tout ce qu’il faut savoir sur le lean six sigma.


Depuis quelques jours, “A la découverte du lean six sigma” est disponible en édition papier. Ce qui complète les moyens de diffusion de l’ouvrage : ceux qui ont de la difficulté à lire directement sur écran seront satisfaits.

 

 

 


 

A l’occasion de cette sortie, Florent a été interviewé par le site “Manager Go !” et par Alexandre Delivré sur son blog.

 

 

Ces deux interviews sont intéressantes, car en plus des informations données sur son livre, on en apprend plus sur la personnalité de Florent.

 

 

Commençons par l’interview fait par “Manager Go !”.

 

Notre auteur se présente : « Je suis Florent FOUQUE, j’ai 31 ans et j’exerce une activité de consultant. J’ai commencé ma carrière comme développeur d’applicatifs en ligne. Après 3 ans, la société a périclité avec l’éclatement de la bulle internet. Je suis rentré comme responsable informatique dans une plateforme logistique de la grande distribution (Chez l’enseigne GammVert). Comme mon cursus universitaire était orienté gestion, petit à petit mon poste à migré sur du contrôle de gestion. Après plusieurs années, j’ai repris mes études en cours du soir et à distance pour passer une maitrise de gestion au CNAM. Ensuite j’ai finalisé ce cursus avec un Mastère Spécialisé sur le management de la technologie et de l’innovation à l’EM-Lyon, ce qui m’a permis de me réorienter sur le consulting. J’ai réalisé quelques missions au sein de Black & Decker où j’ai été formé à la méthode du Lean Six Sigma. A présent, je suis consultant au sein d’Axsolu Conseil qui est une société de conseil spécialisée dans la supply chain. » C’est effectivement un bon parcours pour devenir consultant. Contrairement à beaucoup de consultants, Florent a une expérience des entreprises associée à une bonne formation de base. Ces éléments ressortent d’ailleurs très bien dans son livre.

 

Mais ce n’est pas tout,  « à côté de cette activité principale, mon passe-temps favori se trouve dans les livres de management. J’en lis un par semaine et à mes heures perdues j’essaie de passer à l’exercice plus difficile de l’écriture. » Nous partageons la même passion pour les livres de management, même si j’en lis beaucoup moins…

 

Et voici qu’elle a été sa motivation pour écrire ce livre : « Lorsque je me suis intéressé au Lean Six Sigma mon premier réflexe fût de me tourner vers la littérature existante pour comprendre un peu ce qui se cachait derrière cette terminologie obscure. J’avoue que le premier livre ne m’a pas beaucoup éclairé, le deuxième non plus… Il m’a fallu lire 7 livres pour commencer à cerner un peu de quoi il s’agissait, mais c’est vraiment la formation et la réalisation du projet qui ont été les plus formateurs. Bref, tous les livres qui existent sur la méthode sont à mon sens assez peu accessible malgré que cette méthode soit dans la plupart des cas relativement simple à mettre en oeuvre. Ce livre est donc venu naturellement en constant qu’il n’existait aucun livre d’initiation sur le LSS malgré les titres accrocheurs de certains livres qui laissent penser le contraire. Enfin ce livre c’est pour moi la suite logique du travail de démocratisation de la méthode que j’ai entrepris depuis plus d’un an sur mon blog http://leansixsigma.free.fr »

 

Je suis d’accord avec Florent sur l’“indigestibilité” de certains livres de management, en particulier sur certaines méthodes ou techniques. Et pas seulement sur le lean six sigma…

 

En conclusion de cette interview, Florent donne quelques « défis que devra relever le héros de l’ouvrage » : « Notre cher Bernard (le héros du livre) a beaucoup de défis à relever…
Le premier sera d’identifier le bon interlocuteur sur l’ensemble de la chaine logistique. La voix du client n’est pas toujours à identifier… Est-ce l’acheteur, est-ce la plateforme logistique du distributeur, est-ce le magasin qui vend les produits, est le consommateur final, ou même est-ce simplement son supérieur qui est son client directe même si celui-ci est en interne.
Ensuite les problèmes rencontrés par les clients sont à la fois très nombreux , ce sont des problèmes de délais de livraison, d’erreur de saisie, de gestion de litiges, d’erreur de prévisions de vente qui débouche à la fois sur des rupture de stock et de surstock, d’écart de tarifs entre le client et le fournisseur… Bref de nombreux problèmes de gestion courante auxquels la plupart des entreprises qui travaillent en B to B (Business to Business) se retrouvent confrontés. Mais tout ca n’est que le début, beaucoup d’aventures et de mésaventures arrivent à notre héros… »

De quoi mettre l’eau à la bouche…

 

 

Passons maintenant à celui fait par Alexandre Delivré.

 

Florent donne son explication sur le fait que le LSS ne soit toujours pas incontournable dans les entreprises : « C’est un problème de marketing ! La méthode a été construite autour d’une communauté d’experts. Au démarrage ça a très bien fonctionné, car le phénomène communautaire a pris une ampleur importante aux Etats-Unis. Les gens se sentaient valorisés par leur certification green belt, black belt etc. Le problème c’est que ce qui a fait le succès de la méthode hier est devenu un frein aujourd’hui, car lorsqu’on parle aux gens de Lean Six Sigma et qu’on appelle les praticiens green belt ou black belt (ceinture verte, ceinture noire) on a le sentiment que c’est une méthode qui demande beaucoup d’apprentissages avant d’être mise en oeuvre : c’est une erreur fondamentale ! Ensuite il y a une raison culturelle, aux états unis, ils lancent des programmes et regardent ensuite si ça fonctionne. Ils se posent moins de questions que nous autres français. Et dès qu’on commence à se poser des questions, on revient sur le premier argument “C’est trop compliqué ! Ce n’est pas fait pour nous !”

« C’est pour ces raisons que je m’évertue à désacraliser la méthode. Pour moi le LSS n’est pas réservé aux experts et il n’est pas utile d’avoir une certification pour lancer de tels projets. »

 

C’est bien vu ! C’est très vrai que “C’est trop compliqué ! Ce n’est pas pour nous !” est courant dans nos entreprises françaises. Que ce soient les 5S, la TPM, le lean six sigma, ou une autre méthode, c’est souvent la même réponse. Il y a certainement des aspects marketing et culturel, mais ce n’est pas tout. Il y a également un problème de disponibilité : comment un manager peut-il étudier une nouvelle technique, alors qu’il est déjà surbooké ? Une bonne solution mais qui ne portera ses fruits qu’à long terme, c’est la formation des étudiants en école d’ingénieur à cette technique.

 

Plus en avant dans l’interview, Florent aborde la question de la systémique, une autre de ses passions : « Pour moi la systémique est un cadre de perception très puissant qui peut être utilisé dans tout ce que nous faisons. Il aurait donc été dommage de s’en priver. Par nature le Lean Six Sigma intègre une formalisation systémique des processus, mais quand on arrive dans la phase d’analyse je trouve que les outils du LSS ne sont plus aussi efficaces sur des problématiques complexes comme la gestion des flux d’information et les contraintes organisationnelles, que sur des processus de fabrication très linéaires. Comme mon livre présente un projet d’amélioration de processus de service, la modélisation systémique venait naturellement apporter un plus dans le récit. »

 

Au passage, il accroche les « praticiens du LSS » : « Ils sont devenus archiconvaincus que le LSS s’adapte à toutes les situations sans se poser la question de la légitimité de son utilisation dans certains contextes. Et l’apport statistique du 6 Sigma n’arrange pas les choses puisque les vieux praticiens ne jurent que par Y=f(x), alors leur expliquer que X1+X2+Xn est à la fois supérieur et inférieur à Y, ça fait un peu beaucoup. D’ailleurs, j’ai déjà eu des remarques assez virulentes d’un master black belt (un gourou au milieu de la secte du LSS), sur ma légitimité à intégrer la systémique à la méthode. »

 

Mais Florent travaille pour l’intégration de la systémique au LSS au travers de son blog et… dans un futur livre : « Ce sera la suite d’A la découverte du Lean Six Sigma et il portera sur la mise en oeuvre de l’organisation apprenante et s’appuiera sur les concepts de systémique. Comme je l’ai déjà dit, mon premier livre intègre déjà des notions de systémique, mais j’avoue que j’étais frustré de ne pouvoir m’étendre davantage sur le sujet. En y consacrant tout un livre, je pense que cette frustration disparaitra ! A côté de ça j’ai été sollicité par une consultante qui souhaitait coécrire un livre avec moi. Je travaille donc en parallèle sur le troisième tome de la saga. J’ai aussi quelques projets plus importants, mais je dois avancer dans la concrétisation pour pouvoir en parler plus précisément. »

 

S’il est aussi réussi que le premier, cela nous promet un bel ouvrage.

 

En attendant, n’hésitez pas à commander le premier livre si ce n’est déjà fait, vous ne serez pas déçu. Un plus non négligeable : vous aurez un CD qui regroupe les fichiers de travail.

 Et Florent fait bénéficier mes lecteurs de 4€ de réduction en indiquant le code AFFAGBERSA  dans la case « code » du pavé « Bon de réduction ».

 

Pour commander le livre, vous pouvez vous rendre sur le blog de Florent.

 

 

En conclusion, je ne peux que reprendre celle de mon billet précédent : Bonne lecture et longue vie au livre « A la découverte du lean six sigma » en attendant le suivant !

 

Publié dans Lean manufacturing

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