Recrutement et e-réputation

Publié le par Bernard Sady

Je reviens encore une fois sur les risques liés à la diffusion non contrôlée d'informations personnelles sur le web et les risques lors de la recherche d'un emploi...

 

Un article de Pascale Colisson, sur le site CourrierCadre.com, annonçait la signature d’ « une charte pour encadrer les dérives sur Internet »

 

Elle explique : « Il était temps à la fois de sensibiliser les candidats à leur façon de communiquer sur le web et les recruteurs dans leurs pratiques de recrutement. La sélection d’un profil pour un poste donné ne devant reposer que sur les compétences et les qualifications et ne pas tenir compte des images de la dernière fête arrosée du candidat en question. »

 


Regardons cette charte de plus près.

 

Les deux premiers articles portent sur la limitation du recours aux réseaux personnels (Facebook, Copains d’avant) et l’utilisation préférable des réseaux professionnels (Viadeo, LinkedIn) pour leurs opérations de recrutement.


Mais ce sont surtout les deux articles suivants qui me semblent les plus importants. Je les cite dans leur intégralité :


« 3. ne pas utiliser les moteurs de recherche ni les réseaux sociaux comme outils d’enquête pour collecter, ou prendre connaissance, d’informations d’ordre personnel, voire intime, même si elles sont rendues accessibles par les utilisateurs eux-mêmes, ce qui serait constitutif d’une intrusion dans leur sphère privée et d’une source potentielle de discrimination.


« 4. sensibiliser et former les recruteurs, et toutes les personnes intervenant dans un recrutement, sur la nécessité de ne pas collecter ni tenir compte de telles informations. »

 


Alors qu’au même moment, le Journal du Net nous informe que :


« En France, 14 % des spécialistes du recrutement disent avoir déjà refusé un candidat à cause d'informations trouvées sur Internet, selon une enquête sur le rôle croissant de la réputation en ligne dans la recherche d'emploi publiée par l'institut Cross Tab.


« La proportion atteint 41 % en Grande-Bretagne et même 70 % aux Etats-Unis.


« Sont cités parmi les critères déterminants : les commentaires, photos ou vidéos “inappropriés”, laissant planer des inquiétudes sur le style de vie du candidat. »

 

 

Charte ou pas, qu’on le veuille ou non, il est tellement facile pour un recruteur de taper un nom sur Google, que beaucoup ne s’en priveront pas… même s’ils ne l’avouent pas officiellement.


Je ne crois pas beaucoup à ce type d’engagement impossible à contrôler…

 


Par contre, les deux derniers points me semblent plus réalistes, même si leur mise en œuvre ne sera pas facile :


« 5. alerter les utilisateurs de réseaux sociaux sur la nécessité de veiller à la nature des informations qu’ils diffusent et au choix des personnes à qui ils souhaitent y donner accès. Ils les encouragent également à vérifier, avant toute mise en ligne, la possibilité de supprimer ultérieurement ces données afin de faire valoir leur droit à l’oubli numérique.


« 6. interpeller les gestionnaires des sites internet hébergeant des réseaux sociaux, des blogs, des moteurs de recherches et toutes informations d’ordre intime en général sur l’importance d’informer très clairement leurs utilisateurs sur la finalité du site, les personnes y ayant accès ou encore la durée de conservation des données. »

 


J’ai déjà alerté sur cette prudence dans la diffusion des informations mises sur le Net. Je pense qu’il faudra y revenir régulièrement…

 


Mais il semble que la sensibilisation progresse.

 

Un très bon article de PCWorld explique que : « Si l'on en croit les résultats d'une enquête commandée par Microsoft aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et en France, les internautes sont toujours plus nombreux à se soucier de leur réputation en ligne, ou e-réputation. Par exemple, 77% des sondés français sont désormais conscients de l'importance de l'image qu'ils renvoient d'eux-mêmes sur Internet et en particulier sur les réseaux sociaux. En Allemagne, 90% de la population en est consciente. »

 

Et Mathieu Chartier, l’auteur de l’article prévient : « 65% des responsables des ressources humaines français interrogés avouent que dans les années à venir, la e-réputation sera un critère déterminant dans l'évaluation des candidats. »


A bon entendeur, salut !

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