Stress au travail : les NTIC – quelques solutions.

Publié le par Bernard Sady

Après avoir présenté les risques liés aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, voici le moment de proposer quelques solutions 

 

 Informatique

 

 

Le rapport « Bien-être et efficacité au travail » fait quelques propositions limitées pour réduire le stress au travail liés aux NTIC.

 

D’abord dans sa proposition 3, le rapport préconise de « systématiser les marges d’autonomie dans l’organisation, y compris dans l’application des process (notamment les ERP) et dans les métiers les plus répétitifs et contraints. »

 

Et dans sa proposition 7, il préconise de « ne pas réduire le collectif de travail à une addition d’individus : valoriser la performance collective pour rendre les organisations de travail plus motivantes et plus efficientes. »

 

Le rapport détaille :

« Les collectifs de travail tendent à céder la place à un management extrêmement individualisé, voire virtuel et délicat.

« Les NTIC peuvent être un formidable outil de communication et de collaboration. Mais leur usage sans limites et à mauvais escient génère une certaine déshumanisation des rapports humains, qu’il convient de réguler et d’équilibrer par davantage de proximité, d’écoute et de dialogue.

« La disparition des espaces et temps de dialogue dans le travail, qui ont une utilité sociale et économique, accroît l’isolement physique et psychologique des salariés et peut casser le lien social.

« Les entreprises peuvent développer le collectif de différentes façons :

- par des marges de manœuvre dans l’organisation collective du travail : il s’agit de valoriser les solutions collectives apportées aux difficultés dans le travail ;

- par une valorisation collective de la performance, en introduisant dans la rémunération variable des managers des critères collectifs et pas seulement individuels. »

 

A mon sens, même si c’est important, c’est un peu léger. Il y a d’autres solutions plus terre à terre qui peuvent être mises en œuvre assez rapidement et qui soulageront réellement les salariés.

 

 

D’abord la gestion des mails. Le mail est l’outil numérique le plus répandu et le plus utilisé, aussi bien dans les entreprises que dans le privé (même si les réseaux sociaux lui font une forte concurrence dans le privé…). Mais c’est celui aussi qui est le plus perturbateur pas son intrusion et son sentiment  de temps réel.

Un cadre reçoit environ 85 mails par jour… dont une bonne partie complètement inutiles.

L’application d’une charte des bonnes pratiques des mails devrait déjà faire baisser sensiblement le niveau de stress des cadres.

Dans cette charte, on trouverait pêle-mêle : la manière de définir les destinataires des mails, la précision de l’objet, l’entrée en matière et la conclusion, la forme de l’écriture d’un mail, ce qui ne doit surtout pas transiter par mail, le traitement des urgences, l’inutilité d’un appel téléphonique après l’envoi d’un mail, etc…

J’ai traité ces points sur mon site Manag’R. J’y reviendrai.

 

 

Ensuite, la maîtrise de l’outil. Par expérience, les utilisateurs “lambda” ne comprennent pas grand-chose à leur ordinateur et encore moins à tout ce qui est réseau, serveurs, routeurs, proxy, Internet… Même la génération Y n’est pas si “technophile” que ça…

Une formation simple de quelques heures ne fait jamais de mal.

Si en plus les utilisateurs peuvent disposer d’une “hot line” efficace et de forums ou de clubs d’utilisateurs, c’est un plus.

 

 

Puis la fiabilité des applications. Bien sûr, dans toute nouvelle application ou lors d’une modification, il y a des bugs. C’est malheureusement pratiquement inévitable, sauf à tester tous les cas de figure possibles et imaginables, dont le délai et le coût seraient prohibitifs…

 

 

Et aussi l’ergonomie des applications. Certains ERP un peu vieillots continuent toujours à être utilisés. Ils sont source de stress dans la mesure où les erreurs sont difficilement détectables. Mais même dans des applications récentes, l’ergonomie n’est pas toujours prise en compte...

 

 

Enfin, la disponibilité des applications. C’est un point sur lequel il faut être vigilant. Rien de tel que d’avoir l’impression de perdre son temps à attendre qu’une transaction se termine… Lorsque les tuyaux ne sont pas assez dimensionnés et / ou que les applications sont gourmandes en bande passante, c’est la galère assurée pour les utilisateurs.

 

La validation d’une transaction ou un changement de fenêtre doivent prendre moins d’une seconde… Au-delà, on a l’impression de perdre son temps…

 

Et je ne parle pas de pannes… Bien sûr, une panne peut toujours arriver, mais il convient de prendre le maximum de précautions (eu doublant par exemple les réseaux et les serveurs) et de prévoir “à froid” les procédures dégradées au cas où…

 

 

Ces quelques points sont prioritaires sur le “collaboratif assisté par ordinateur”. Il vous faut d’abord un système d’information fiable, rapide et ergonomique avant de pouvoir aller plus loin et en récolter tous les fruits…

 

Pour ceux que ce thème intéresse et qui souhaitent approfondir, je conseille le site “Stress au travail et TIC

Publié dans Stress au travail

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stress au travail 04/02/2016 10:19

Site web grand que vous avez ici .. Il est difficile de trouver de haute qualité d'écriture comme le vôtre ces jours.
Je vous remercie de sérieux des personnes comme vous! Prend soin de toi!
!
http://koondal.fr/

plomberie paris 12eme 29/01/2015 16:57

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 03/10/2011 17:25



Blog(fermaton.over-blog.com),No-29, THÉOREME DU STRESS.



fix 04/07/2010 23:47



Article interressant, mais je ne suis pas d'accord. Voici quelques elements:


- les mails. Dans beaucoup (la grande majorite) de cas c'est outil est contre-productif. La principale raison est la deresponsabilisation. Je m'explique: avant, monsieur A rencontre un probleme.
Il sent qu'il a besoin d'une information. Mais il n'a ni mail, ni internet. Il faut aller a la bibliotheque pour trouver qqch. Conclusion, il se gratte la tete et trouve finalement une reponse,
dans la plupart des cas. Aujourd'hui, un probleme se pose, hop un mail a monsieur B qui transmet a tout le monde en esperant que quelqu'un reponde, our tout le monde pense que quelqu'un va
repondre donc personne ne repond. Monsieur A renvoie d'autres mails etc... Pire encore, Monsieur A a un probleme, mais n'en n'est pas un si il y reflechit 30 secondes, mais non, hop un mail...


le paradigme des systemes d'informations, ce n'est pas d'avoir l'information, mais de trier l'information, et ca ne se fait pas par la communication, au contraire ca empire.


C'est la vieille histoire des attentats du 11 septembre (aller hop un robot de echelon qui va venir visiter le site): des agents de la CIA avait deja prevu l'attentat plusieurs jour auparavant et
avait essayer de faire remonter l'info en vain: il y a des centaines d'informations sur des attentats qui arrive par jour, comment trouver le vrai du faux. Il s'agit d'ailleurs d'une technique de
camouflage d'informations des entreprises, et meme des services de renseignement: des qu'il y a une fuite, balancer pele mele plein d'informations vrai et fausses. Dieu y reconnaitra les siens !!


la convivialite des applications: Aussi bizarrement que cela puisse paraitre, un systeme pas conviviale est mieux utilise que s'il l'est: dans la societe de l'information, on ne l'utilise que
quand c'est necessaire. Je ne vais pas vous refaire le coup de l'A400M, mais la principale raisons de l'echec c'est d'avoir utiliser des outils d'organisations trop puissants (bases sur la norme
UML), qui ont noye le poisson, si bien que plus personne ne se retrouvait, et que les systemes finaux ne communiquait pas entre eux (en plus de la l'abberation de devoir utiliser un systeme
de chaque pays, pour des raisons purement politiques...)


Aux etats-unis, il y a certaines techniques de management qui remettent en question les poncifs actuels techniques agiles, scrum.


Mon prefere vraiment tres fort: http://37signals.com/rework/


en vrac: underdo your competition, meeting is toxic, fire workaholics, don't listen your customers, planning is guessing...


Des remarques tres intelligentes a consommer sans moderation.... Une precedente version du livre est disponible gratuitement en ligne: http://gettingreal.37signals.com/


Au plaisir



Bernard Sady 31/08/2010 21:01



Bonsoir Fix,


Ouf, j'ai enfin une bonne connexion Iternet, ce qui me permet de répondre à mes lecteurs. Tu es le premier...


D'abord merci de cette réaction qui permet d'approfondir la question.


Concernant les mails, je suis en fait en grande partie d'accord avec toi : le mail peut faire perdre beaucoup de temps. Mais il faut reconnaître (qu'on le veuille ou non) que c'est l'outil de
communication le plus utilisé dans les entreprises. Voir :


http://www.journaldunet.com/solutions/intranet-extranet/etude-collaboratif-kelton-research-avanade/


L'exemple que tu donnes est un cas qui peut arriver, mais quel que soit le moyen de communication utilisé, il peut y avoir des dérives. C'est pourquoi je préconise de "dompter" cete technique en
définissant une "charte" de gestion des mails. Si chaque membre de l'entreprise respecte ne serait-ce que le fait de n'envoyer des mails qu'aux personnes concernées et non à la "terre entière",
ce serait déjà un grand progrès... 


Et tu as raison : avant d'envoyer un mail pour demander une solution à "la terre entière", il vaut mieux réfléchir 30 secondes... A ajouter dans la charte!


Il est vrai aussi que je n'ai pas abordé le problème de la trop grande quantité d'informations, style "11 septembre", qu'il faut trier pour pouvoir l'exploiter.


Dans nos entreprises, il me semble que c'est le rôle de ce qu'on appelle le "décisionnel" : l'analyse des données venant de toutes part et stockées dans un "data warehaouse". C'est actuellement
le défi que beaucoup d'entreprises tentent de relever après s'être épuisées à mettre en place des ERP... Ce n'est pas facile de faire le tri...


Quant à la remise en question des "poncifs" actuels du management, j'en suis un fervent partisant, mais à condition que cela ne devienne pas une nouvelle mode... et que ce soit sérieux.


J'avais il y a quelques temps dénoncé sur mon blog un livre qui vantait les mérites du désordre...


Mais je vais suivre les liens que tu donnes, car il y a souvent des choses intéressantes dans ces remises en question, même si on ne peut tout accepter sous prétexte de non-conformisme...


Au plaisir.


Bernard Sady