Comment rédiger une synthèse professionnelle...

Publié le par Bernard Sady

La rédaction d’une synthèse est un exercice important dans le monde professionnel. Or, peu de cadres y sont préparés et sont à l’aise avec cet exercice. Un rapport de 10 ou 20 pages ne sera pas lu. Par contre, une synthèse bien faite de quelques pages peut être d’une efficacité redoutable.

 

Aurélie Fardeau arrive donc à point nommé en donnant quelques conseils dans le Journal du Net : « De la méthode et quelques astuces suffisent pour se prêter à l'exercice » de la synthèse.

 

 

Elle commence par préciser que cette synthèse professionnelle est différente de la synthèse des concours, car son genre est assez libre et doit surtout s’adapter à l’entreprise. Inutile donc de se précipiter sur les nombreux ouvrages qui expliquent comment réussir sa synthèse dans les concours…

 

 

Cible

La première question à se poser est : « Pour qui écrivez-vous cette synthèse ? »

Comme pour tout exercice de communication, il est primordial de bien définir sa “cible”.

Autre point important : « Connaître le degré de connaissance du sujet de son interlocuteur est indispensable avant de commencer. »

 

Il est également important de « savoir à quelle fin l'on vous demande de rédiger ce document. » La finalité du document en orientera le fond et la forme. « Votre synthèse va-t-elle servir à se faire une opinion sur un sujet ? S'agit-il de prendre une décision ? De chercher une solution à un problème ? Sera-t-elle suivie d'un rapport plus approfondi ? Cherche-t-on à vérifier une information ou à remettre à niveau quelqu'un ? »

Il est préférable à cette étape de bien cerner le besoin de la personne pour qui vous rédigez cette synthèse.

 

 

Recherche et hiérarchisation de l’information

Après avoir bien défini sa cible et ses besoins, il convient maintenant de s’attaquer au contenu.

Ala suite de Michelle Fayet, Aurélie Fardeau nous propose un mind mapping constitué de 8 branches « qui répondent aux 8 questions suivantes : qui, quand, quoi, comment, combien, pourquoi (les causes), pour quoi (les objectifs), où. » Ce map s’enrichira au fur et à mesure des recherches. Attention de bien respecter une règle de base du mind mapping : les mots clés. Ne mettez pas de longues phrases, mais choisissez soigneusement le ou les mots clés pour synthétiser une idée. Vous pouvez mettre un référence à laquelle vous pourrez vous référer lors de la rédaction.

 

Une fois l’information récoltée, il est nécessaire, au sein de chaque branche de la hiérarchiser. Vous pouvez surligner les mots clés les plus importants.

 

 

Construction du plan

Maintenant, il est temps de construire le plan de votre synthèse.

Il doit se dégager visuellement de votre synthèse : « Les plus grosses cases méritent une attention particulière ».

Parmi les plans possibles, en voici quelques-uns.

 « La synthèse thématique qui donne une vision d'ensemble. 

 « La synthèse causes-conséquences qui permet d'arbitrer entre plusieurs choix.

  « La synthèse force de propositions qui se conclut par des propositions de solutions. Ce format est moins objectif que les autres car il donne de l'importance à l'avis du rédacteur. "Cela rend néanmoins votre synthèse plus percutante : il est habile de proposer plusieurs solutions en justifiant leur pertinence", estime Michelle Fayet. » 

 

 

Rédaction

Une fois le plan bien défini, il faut commencer à rédiger. Et c’est par l’introduction que vous commencez cette rédaction. Elle est « courte, et doit permettre de préciser le cadre dans lequel est rédigé le document. » Et de manière plus précise, « il faut expliquer le problème ou le besoin qui justifie la synthèse et éventuellement la problématique, s'il y en a une ».

Mais Aurélie Fardeau précise que cette problématique « en aucun cas, elle n'est systématique, la synthèse étant un document plutôt factuel et descriptif ».

 

Pour les paragraphes, il est inutile de vouloir « faire de jolies phrases : visez plutôt la clarté de vos propos. […] Pour cela, faites des phrases courtes. "Je recommande d'éviter les relatives et de limiter les mots de liaison qui donnent l'impression que l'on a fait un travail d'analyse", ajoute Michelle Fayet. Restez factuel et le plus concret possible. »


Concernant la mise en page, Aurélie Fardeau suggère le tableau : « Divisez votre page en trois colonnes. Vous commencerez par le plan détaillé (à gauche), puis l'information présentée de façon synthétique mais rédigée. Dans la troisième colonne vous ajouterez des chiffres clés, des images, des graphiques, des exemples... qui viendront étayer vos propos. » Mais ce n’est pas une obligation.


Et « si vous choisissez une présentation classique, pensez à mettre en valeur les informations clés (chiffres, noms) en utilisant les outils de traitement de texte à votre disposition : encadrés, surlignage, gras... "Votre document offrira ainsi plusieurs degrés de lecture", commente Michelle Fayet. »

Une attention particulière doit être portée aux titres. C’est ce qu’on voit en premier. Ils « donnent la première impression de votre travail. Bâclés, ils peuvent ternir un travail de recherche et de synthétisation conséquent. Ainsi, évitez les titres de cadrage du type 'Contexte' ou  'Historique', trop pauvres. "Au contraire, on peut conférer de la puissance aux titres en donnant de l'information sur le contenu du paragraphe", recommande Michelle Fayet. Limitez votre créativité néanmoins. Sauf culture d'entreprise spécifique, mieux vaut jouer la carte de la sobriété et éviter les titres trop journalistiques, avec des jeux de mots par exemple. »

 


Voici ces quelques conseils qui devraient vous permettre d’améliorer sensiblement votre prochaine synthèse.


Bon courage.

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