La lecture rapide

Publié le par Bernard Sady

C’est un constat que nous faisons tous : il y a des personnes qui peuvent lire un livre de 200, voire 500 pages en une soirée, et d’autres qui n’arrivent pas à lire 10 pages en 2 heures…

 

Je profite d’un dossier du Journal du Net sur « Les méthodes pour lire plus vite » pour aborder ce problème de la vitesse de lecture.

 

Car j’ai été longtemps un lecteur très lent, alors que j’avais une véritable attirance par tout ce qui est écrit. En première et terminale, j’avais toujours un livre en poche et je profitais des moindres pauses pour “bouquiner”. Hélas, je mettais un temps fou à terminer un livre et si j’ai lu entièrement « Mme Bovary » ou « Le rouge  et le noir », c’est plus par volonté de m’accrocher que par plaisir… Personne ne m’avait expliqué comment “lire”.

 

Ce n’est que très tard, au cours d’une de mes pérégrinations dans une librairie, que j’ai découvert le livre de Bettina Soulez « L’art de lire vite et bien ! ». Je l’ai acheté avec un peu de scepticisme, mais je me suis appliqué à en suivre les leçons étape par étape. Et très rapidement, même si je ne suis pas devenu un lecteur hyper rapide, j’ai considérablement amélioré ma vitesse de lecture et le plaisir qui va avec. Par la suite, je me suis procuré plusieurs livres sur les techniques de lecture et à chaque fois, je me suis amélioré. Je suis maintenant un lecteur très correct …

 

 

Le dossier du Journal du Net est bien fait et je vais le commenter à la lumière de ma propre expérience.

 

 

Première remarque  l’attention des lecteurs lents qui désespèrent de lire un jour plus vite : il est parfaitement possible d’augmenter de manière significative sa vitesse de lecture, tout en comprenant et mémorisant l’essentiel du texte lu. Assez facilement et rapidement, on arrive à doubler sa vitesse de lecture.

 

 

Venons-en maintenant au dossier du JDN.

 

Le JDN précise d’abord qu’en fonction de l’objectif qu’on se donne, les techniques utilisées seront différentes. C’est effectivement la première chose que j’ai apprise du livre de Bettina Soulez : selon ce qu’on se propose de lire, on doit d’abord se donner un objectif de lecture et en fonction de cet objectif, on adaptera la technique. Un poème ne se lit pas comme un article de presse, ni comme un document technique de 200 pages, et encore moins comme l’article d’un dictionnaire…

 

 

Le survol, pour saisir une idée

 

C’est la première technique proposée.

 

« Le survol est particulièrement bien adapté à la lecture des articles de presse dont on souhaite simplement retenir l'essentiel.

 

« Cette technique consiste par exemple à ne lire que le titre, le chapeau, l'introduction, les intertitres et les conclusions. […] Bien évidemment, si le lecteur y trouve de l'intérêt, le survol d'un texte peut très bien être un préalable à une lecture plus en profondeur. »

 

C’est comme cela que j’arrive à lire en une heure lorsque je voyage en avion : Les Echos, Le Monde, Le Figaro, Libération et La Tribune…

 

 

Le repérage, pour connaître l’information qui compte

 

« Comme c'est souvent le cas dans un cadre professionnel, le lecteur peut être amené à rechercher une information précise dans un texte plus général. Dans ce cadre, la technique du repérage peut se révéler utile. Elle évite de s'imposer la lecture de l'intégralité du texte. "En recherchant un mot en particulier, il est possible de balayer un texte jusqu'à ce qu'il saute aux yeux du lecteur, explique Charline Licette. Le lecteur peut ensuite lire les phrases qui entourent ce mot pour en saisir le sens."

 

« Si cette méthode est naturellement utilisée lorsque l'on consulte un  dictionnaire, elle peut se révéler particulièrement utile au bureau. En lisant un document sur votre secteur d'activité, vous recherchez le nom de votre entreprise afin de lire ce qui est écrit à son sujet. »

 

En dehors de la recherche dans un dictionnaire, ce n’est pas une technique qui sera très utilisée…

 

 

L’écrémage, pour saisir le sens global

 

« Comprendre l'essentiel du texte sans en lire chacun des mots, c'est ce qui s'appelle la lecture en diagonale ou l'écrémage. En parcourant un texte, notre regard est naturellement attiré par certains mots-clés qui se dégagent. "Cela correspond davantage à une recherche intuitive de l'information, à une lecture exploratoire, explique Charline Licette. A la différence du repérage, on ne sait pas à l'avance quels seront les mots que nous allons trouver."

 

« Cette sélection naturelle des mots pertinents permet de saisir le sens d'un texte au fur et à mesure de la lecture. Charline Licette se veut rassurante sur le risque de passer à côté d'un point important. "Lorsque différentes personnes parcourent en diagonale un même texte, ils retiennent en général la même chose." En revanche, au terme de ce type de lecture, il peut se révéler utile de reformuler pour soi l'idée du texte. Cela permet de favoriser la mémorisation d'un texte lu rapidement. »

 

Contrairement à la technique du repérage, l’écrémage est très utilisé.

 

La difficulté consiste à la détection des mots-clés. J’y reviendrai plus tard.

 

 

La lecture intégrale rapide, pour avaler les textes

 

« Lire tous les mots ne signifie pas nécessairement lire lentement. "En lisant, on a l'impression que l'œil suit la ligne du texte, explique Charline Licette, formatrice et auteur du "Guide de la lecture rapide, efficace" aux éditions Studyrama. En fait, le regard avance en saccades par série de deux ou trois mots. Si on élargit ses points de fixation, en englobant par exemple cinq mots d'un coup d'œil, on accélère la lecture." Cette compétence est bien souvent acquise par les grands lecteurs de manière inconsciente.

 

« Evidemment, cela nécessite un peu d'entrainement. "En deux jours de formation, certains participants parviennent à passer de 250 mots par minutes à 400", souligne la formatrice, ce qui accélère considérablement la vitesse de lecture. Ce travail visuel peut donc rapidement devenir une habitude qui n'altère en rien la qualité de la lecture. »

 

C’est un peu rapide comme explication, et c’est dommage, car c’est le cœur du problème de la vitesse de lecture.

 

Il y a pourtant des “trucs” que le JDN aurait pu donner :

 

Par exemple, l’utilisation d’un guide visuel : stylo, petite baguette ou doigt. Je sais que certains auteurs ne le conseillent pas, mais j’en utilise parfois un pour m’aider et aller plus vite.

 

Ou bien le fait qu’il ne faille jamais revenir en arrière quand on lit.

 

Et également le fait de ne pas labialiser (prononcer les mots à voix basse).

 

Ensuite, il est vrai que pour lire vite, il faut de l’entraînement.

 

 

L’approfondissement, pour les gros documents

 

« Vous recevez un rapport technique de 200 pages dont vous devez prendre connaissance avant une réunion qui commence dans 30 minutes. Evidemment, il n'est pas envisageable de le lire en intégralité. "Dans ce cas, il faut s'autoriser à varier la lecture au cours d'un document important sans être obligé de tout voir", conseille Charline Licette. Ainsi, on peut alterner un survol des grands titres avec une lecture intégrale des passages qui nécessitent de s'y arrêter.

 

« "Le lecteur doit avoir un comportement actif, il doit se questionner sur ce qu'il recherche et faire des choix" souligne la formatrice. Cette combinaison des différents type de lecture, appelée approfondissement, dépend bien évidemment des priorités que l'on donne à sa lecture. »

 

Cette technique combine effectivement l’écrémage et la lecture intégrale. A utiliser au maximum dans le monde professionnel.

 

 

Conclusion

 

« Pour acquérir ces méthodes de lecture, rien ne vaut un peu d'exercice. "Le plaisir de la lecture est un élément important pour progresser", souligne Charline Licette, qui évoque son histoire personnelle pour expliquer son intérêt pour la lecture rapide. "Quand j'étais enfant, je faisais des concours avec une amie pour savoir laquelle des deux lira la plus vite." »

Remarque importante : il ne faut pas vouloir faire lire trop rapidement les enfants. A mon sens, ce n’est qu’une fois que les enfants lisent avec aisance qu’ils peuvent acquérir les techniques pour lire plus vite. A mon sens, ces techniques devraient être enseignées à partir de la seconde. C’est une erreur dénoncée par Elisabeth Nuitz que de vouloir faire lire rapidement les enfants dès le CP. 

 

« Bien évidemment, il n'est jamais trop tard pour s'y mettre. De nombreux livres sur le sujet offrent aux lecteurs de perfectionner leurs techniques. Des modules de formation peuvent aussi être suivis pour se perfectionner, par exemple dans le cadre du Droit individuel à la formation (Dif). Cependant,  dans tous les cas, seule une pratique régulière des méthodes acquises permettra d'améliorer ses performances durablement. »

 

Pour ceux qui n’ont ni le courage, ni le déclic pour se lancer dans l’étude d’un livre, la formation est tout indiquée. Le DIF est une bonne solution, à défaut de pouvoir bénéficier de cette formation dans le cadre du plan de formation de son entreprise. En général, ces formations sont de 2 ou 3 jours. C’est suffisant pour avoir le premier déclic et constater que lire plus vite, c’est possible.

 

Mais le suivi d’une méthode de lecture rapide à partir d’un livre est possible. Vous pouvez commencer par n’importe quel livre, et ensuite vous pourrez en étudier d’autres (par exemple la méthode Richaudeau ou celle de Tony Buzan).

 

 

Bon courage ! Mais ça vaut le coup !

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