Quand je serai grand(e), je ferai... - 2ème partie

Publié le par Bernard Sady

Après avoir commenté le premier chapitre de l'essai d'Alexandre Adjiman « Quand je serai grand(e), je ferai... », voici mes remarques concernant le deuxième chapitre qui a le même titre que celui de l'essai « Quand je serai grand(e), je ferai... »

 

 

L'objectif de ce chapitre est de « se doter de quelques atouts » pour gérer notre changement de métier.

A. Adjiman nous incite d'abord à remettre en cause nos comportements, « très en retard » sur l'évolution technologique de ces dernières années.

Selon Adjiman, ce retard viendrait de notre système éducatif « construit sur la relation "Maître à Elève" » qu'on retrouve dans la relation parents - enfants, à l'école, dans l'entreprise et dans les relations entre certaines professions et nous-même (médecins, avocats). « Cette situation a ancré en nous des croyances en un certain ordre économique et social, qui nous empêchent parfois de voir et de comprendre les changements intervenus dans nos relations avec notre travail, et d'une manière plus générale notre environnement. »

Je passe sur ce cliché qui ne me semble pas du tout démontré, malgré les trois exemples que donne Adjiman. Ce n'est pas parce qu'on a été "marqué" par la relation "maître - élève" qu'on ne peut se rendre compte de l'évolution de notre environnement...

Toujours selon Adjiman, les pays émergents n'auraient pas cette culture : « la population [des pays émergents] est moins soumise à la loi des acquis, à l'existence d'un ordre établi et inamovible. Le résultat est une plus grande liberté de pensée, une imagination débridée, une soif de changements et de conquêtes. »

Toujours ces clichés : ce qui est nouveau est bien par principe et ce qui est ancien est dépassé... Je passe, car ce n'est pas l'essentiel...

 

Par contre, ce que fait remarquer Adjiman, c'est que nous sommes en concurrence directe avec ces pays émergents. Les délocalisations en sont l'effet le plus visible.

 

Adjiman fait également remarquer qu'avec le progrès technique, il y a des métiers qui apparaissent et d'autres qui disparaissent. Il prend l'exemple des caissières, remplacées par des « caisses libre-service ».

 

Notre auteur ne fait pas le procès de tel ou tel système économique. Il se contente de constater ces faits incontestables, même si on n'est pas d'accord avec ce qui les a provoqués. Son « objectif est de proposer des idées au niveau individuel, sur ce que chacun peut faire pour lui-même ou ses enfants, à l'échelle d'une vie professionnelle ».

 

C'est terrible pour ceux dont les métiers disparaissent, mais pour Adjiman, c'est ainsi, on n'y peut rien : « Les crises correspondent généralement à la difficulté d'avoir au même moment, dans tous les secteurs, un équilibre de l'offre et de la demande. Ce sera sans doute toujours ainsi, et il faudrait peut-être se dire une fois pour toutes, qu'on n'y arrivera jamais. »

La solution ? « C'est à chacun de se positionner comme il faut, d'être attentif à ce qui se passe sur son "créneau" personnel. »

Donc, chacun devrait être prêt à se dire que son métier va disparaître demain et qu'il va falloir se réorienter.

Le constat d'Adjiman est juste dans notre société individualiste. Mais je ne peux être d'accord avec lui pour considérer qu'il en sera toujours de même. Les « corps intermédiaires » devraient venir adoucir ce que la règle individualiste a de trop rude. N'empêche que c'est bien cette règle qui prévaut actuellement. Il faut donc bien essayer de s'en sortir seul.

 

Avant de conclure ce chapitre, Adjiman fait part de son expérience des licenciements qu'il a été amené à effectuer. Il explique qu'il a « rencontré des gens finalement contents d'être licenciés. »

En fait, les réactions des personnes face à un licenciement sont de plusieurs types.

« Il y a ceux qui m'ont dit "merci, ça fait longtemps que j'aurais dû partir de moi-même, je sentais bien que je n'avais plus rien à faire ici, mais la vie..." ».

« Il y a ceux qui ont cherché à gagner un maximum d'argent en partant ».

« Il y a ceux qui m'ont déclaré que, dans ces conditions, ils préféraient démissionner plutôt que de suivre la longue procédure du licenciement ».

« Bien sûr, il y a ceux qui sont "choqués". Ils se demandent comment ils vont s'en sortir et pensent ne JAMAIS retrouver un travail. [...] C'est vrai qu'il y a des cas douloureux et difficiles, quasiment impossibles à résoudre. »

J'ai été également amené à faire des licenciements. Je suis complètement d'accord avec les types de réaction présentés par Adjiman. J'ai eu des personnes "finalement" contentes d'avoir été licenciées. J'en ai eu qui ont souhaité partir rapidement et d'autres qu'il a été pratiquement impossible de reclasser. Par contre, j'en ai eu un certain nombre, qui, "choquées" au départ, mais passées par les cellules de reclassement s'en sont au final bien sorties. Mais il leur a fallu l'aide de ces cellules, qui si elles sont animées par de véritables professionnels apportent véritablement un plus aux salariés licenciés.

 

En conclusion de ce chapitre, Alexandre Adjiman martèle son message essentiel : nous devons être prêts à changer de métier, soit en raison des circonstances, soit en raison de la volonté de faire autre chose. « Face à la multiplicité de ces causes, et pour mieux gérer notre vie personnelle et professionnelle, nous devrons à l'avenir être prêts à dire plus souvent et à tout âge « quand je serai grand, je ferai... ».

Ainsi, nous ne devrions que nous en porter mieux : « Si vous êtes prêt(e) à redire à tout moment "quand je serai grand(e) je ferai..." il ne devrait pratiquement plus rien vous arriver de négatif dans votre vie professionnelle, et encore moins dans votre vie personnelle. »

Et il termine en donnant un « témoignage de l'autre monde » : celui d'Astrid partie « vivre ses rêves » à l'autre bout du monde.

 

Dans un prochain billet, nous verrons le troisième chapitre : « Une pratique de l'évolution » dans lequel Alexandre Adjiman aborde les pistes possibles pour être prêt à « redire à tout moment "quand je serai grand(e) je ferai..."

Publié dans Nouveau job

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