Les questions - réponses lors des entretiens d’embauche (3)

Publié le par Bernard Sady

Après avoir abordé dans un premier billet les questions portant sur l’accueil et le déroulement de carrière, puis dans un second la vision du poste et la mise en situation, voici d’autres points semés d'embûches lors des entretiens d’embauche.



Votre personnalité


Question à laquelle vous n’échapperez vraisemblablement pas : « Quels sont vos principaux défauts ? » Ou plus équilibré : « Citez-moi trois défauts et trois qualités. »


Les conseils du JDN : « Si la partie "qualités" vient assez naturellement - vous vous êtes obligatoirement posé la question pour rédiger votre candidature - celle des défauts est en revanche plus délicate. "Vous ne citerez en défaut que ceux que vous pouvez corriger", énonce Emilie Devienne. Et vous enchaînerez tout de suite sur le plan d'action corrective que vous allez mettre en place, ou mieux que vous appliquez déjà.


« Parmi les défauts "acceptables", pensez aux problèmes pour déléguer, à l'excès d'autorité, au goût un peu trop poussé pour le paraître, à la timidité, au besoin de toujours prendre du recul avant une décision... Vérifiez tout de même que le défaut n'est pas incompatible avec le poste brigué : un responsable de cellule de crise qui ne prend pas de décisions rapides aura bien peu de crédit... »


J’ajouterais comme autres défauts non rédhibitoires : le manque de rigueur dans le rangement, l’étourderie (mais vous avez une organisation parfaite).


Cependant, cette question est maintenant tellement devenue incontournable que le JDN suggère au recruteur d’essayer de détecter les qualités et défauts au travers d’autres questions.


Par exemple : « De quoi avez-vous besoin en termes de relations avec votre manager pour être bien dans votre travail ? »


Ou bien : « Quelles difficultés et contraintes avez-vous rencontrées dans votre poste ? »


Ou encore : « De quelle réalisation êtes-vous le (la) plus fier (ière) ? »

 


Autre questions portant sur vos motivations : « Qu'est-ce qui vous motive au quotidien ? » Et en complément : « Et dans un nouveau défi ? »

A vous de détecter vos propres motivations : pourquoi venez-vous travailler chaque jour et pourquoi acceptez-vous un nouveau défi ?

 


Et pourquoi pas sur votre capacité de travail : « « Avez-vous une grande capacité de travail ? »


Le conseil du JDN : « A priori, la réponse à ce type de question est sans ambages : oui. Pourtant, les conclusions que peut en tirer votre interlocuteur sont variées. Si vous restez tard le soir, cela veut-il dire que votre extrême motivation couplée avec une grande capacité de concentration vous permet d'en faire toujours plus ? Ou est-ce tout simplement que vous n'êtes pas assez efficace la journée ? Idéalement, renseignez-vous sur les pratiques de l'entreprise, en ayant un contact en interne.


« Dans tous les cas, expliquez que vous privilégiez l'efficacité au présentéisme mais ajoutez que vous savez assumer la pression et le stress si nécessaire : ce n'est pas quelque chose de souhaitable dans le fonctionnement normal d'une équipe mais le moment venu, vous savez preuve de sang-froid. Et terminez en donnant l'exemple de cet appel d'offres qui vous avez fait travailler tard pendant une semaine mais que vous avez mené à bien. »

 


Une question à la mode actuellement : « « Quelle place accordez-vous à l’équilibre entre vie pro et vie perso ? »


« Jusqu'où êtes-vous prêt à vous engager pour ce travail ? Telle est en substance la question. Se lancer dans une opération séduction en faisant miroiter une dévotion sans borne à votre recruteur est une stratégie à risque. A moins que ce ne soit un pré-requis du métier (fusions-acquisitions, avocats d'affaires, responsable risques...), n'essayez pas de jouer les supermans. On pourrait au mieux ne pas vous croire, au pire vous prendre au mot.


« Sans compter qu'un candidat qui n'a d'autres passions dans la vie que travailler peut inquiéter le recruteur. "Expliquez-lui que vous êtes suffisamment bien organisé pour maintenir un équilibre de vie, que c'est important pour votre moral et que cela ne peut que lui être bénéfique. Nuancez le tout en précisant que s'il y a besoin d'un coup de collier, vous êtes là", conseille la coach. »

 


Et la question piège par excellence : « « Quelle est votre situation familiale ? »

 

Commentaire et conseils du JDN : « Question très délicate, notamment dans le cas d'une jeune femme en âge d'avoir des enfants, et qui ne devrait légalement pas être posée. Pour autant, faut-il se braquer et refuser de répondre ? C'est assez dangereux. "On peut répondre ainsi : 'C'est un sujet assez sensible juridiquement mais je comprends qu'il est important de l'aborder.' On embraye ensuite sur l'importance d'équilibre vie privée / vie pro avant de répondre à la question, sans entrer dans les détails", propose Emilie Devienne.


« La réponse, justement, quelle doit-elle être ? Là encore, difficile de savoir. 'Oui, je veux un enfant' et vous deviendrez un congé de maternité potentiel. 'Non, je n'en veux pas' et on trouvera étrange votre choix de vie. Plutôt que d'essayer de concilier l'inconciliable, botter en touche en disant que rien n'est encore arrêté dans votre tête. Et si vous êtes inspiré(e), tentez un brin d'humour et expliquez que vous avez déjà du mal à vous occuper de votre chat ! »

Mais ce n’est pas facile…

 


Et si vous avez laissé traîner des photos “compromettantes” sur Facbook, il y a des chance pour que vous ayez droit à la question plus que gênante : « Que dois-je penser de vos soirées festives dont vous exposez les photos sur le Net ? »


J’ai déjà abordé plusieurs fois la question. Le JDN insiste : « C'est devenu un réflexe de bien des recruteurs : entrer le nom du candidat dans un moteur de recherche et voir ce qui ressort.


Si vous avez pris soin de maîtriser votre image, privilégiant le contenu professionnel, pas d'inquiétude. Si cela sort du champ du travail, attention : dans le cas où l'on vous découvre sous l'angle d'une de vos passions, tournez cela à votre avantage en expliquant qu'effectivement, vous avez une personnalité riche et que vous n'en montrez pas toujours toutes les facettes au bureau. Cela ne devrait pas poser de problème tant que l'image de l'entreprise n'est pas en cause.


« Et c'est bien là que le bât blesse. Son e-réputation doit toujours être évaluée en fonction des conséquences potentielles pour son employeur, que l'on soit dans un métier de représentation ou non. "Si vous avez eu des comportements inadéquats, inutile de discuter : il a vu, le mal est fait", estime la coach. Reste à assumer et faire le ménage sur Internet. »

 


Les questions volontairement déstabilisantes.


Il se peut que vous rencontriez un recruteur voulant absolument vous déstabiliser…

Par exemple la question inattendue : « Pourriez-vous me faire rire ? »


Le conseil (précieux) du JDN : « Il est un certain nombre de questions qui visent avant tout à voir comment le candidat réagit quand il est déstabilisé face à une demande incongrue. Elle peut être parfaitement hors sujet et il s'agit alors pour le candidat de garder sa bonne humeur et ne pas tomber dans l'agressivité ou claquer la porte.


« La question de l'humour reste très bon enfant. Il faut garder en tête que ce n'est pas la qualité de la plaisanterie racontée qui est en jeu mais bien la manière dont vous percevrez sa demande. Conserver votre naturel - ce qui évidemment plus facile si vous avez une histoire drôle ou une anecdote risible en stock. Et gardez le sourire même si votre interlocuteur ne se déride pas d'un iota après la chute. Après tout, l'entretien d'embauche, c'est un exercice sérieux ! »



Bon courage à tous les ex-étudiants en recherche d’emploi !

Publié dans Nouveau job

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